La Relique

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Rapace je suis et je bat l'air au-dessus de La Fontaine, je cherche une proie, ce corps me convient mais la faim me tenaille, un rongeur me satisferait ou quelque plus petit que moi. Mais les affaires qui courent en ce moment sont autrement d'importance et j'en viens à m'approcher sur un vieille complice millénaire : la Tour Grande, et de sa plus haute pierre je regarde la ville Nomosa la fière, s'activer en bas. Fille des antiques elle a traversé le temps . Ses calcaires séculaires venus du grand empire étaient si nombreux en ce vaste domaine qu'ils ont permis à la ville de s'y fournir selon ses besoins pour la construction, pendant des siècles .Les anciens acheminèrent l'aqua , manifestation du ciel, d'aussi loin que la source y sourit, pour les besoins de ses thermes et de son sol entre ses sept collines . Les représentant de la cité ont pris bien soin de payer le bracié (manute journalier) du Magna Tholo'' pour qu'il sonne les cloches, au temps des récoltes, afin d'épargner, du ciel les exés, et que ne fasse pourrir aux fruits de la terre. Les manants, futurs miliciens de la citée, paient dimes et fermages. Ces peines de prospérité, adonnées aux ruraux, les jettent dans les bras grands ouverts des pratiques du Tholo soucieux du produit des acres. Sacerdos en tête, portant la goutte d'or au bout de son manche, grand prêtre de l'aïgue , suivi de ses ouailles qui demandent au ciel par leurs vocalises d'épargner leur sueur avant que d'engranger car il serait dommage que le ciel de trop lacrime .. Point seul est le danger d'un manque alimentaire, il en est aussi de la peste que l'on redoute plus que tout et le saint service, saint Sabatan appelé en renfort ne manquerait pas de plaider en faveur auprès du grand dispensateur de bienfaits. Et sire Guillaume, Episcopus ne s'y est pas trompé il en a même appelé en sus auprès de saint Bastides, Diaconus, laboureur adulé par nos anciens pour ses dons de guérisseurs..............
............Je ressens une vive douleur dans les côtes, le dos cassé par la roue de la charrette contre laquelle je m'étais endormi et la bourrade du tondu : je sors de mon sommeil . Mes yeux de buse ont cligné et de ses prunelles fixes et me voilà incarné au milieu de la fête du saint, à l'occasion de laquelle s'organise la foire aux bestiaux la plus fréquentée de la saison . Plomb fondu au crâne, je blasphème mon réveil.« Ho là crapaud» c'est ainsi qu'on m'appelle par chez moi «ne voudrais-tu gagner quelques sols , j'ai du travail pour toi, s'il t'en convient à déterrer mortaille» «pour sûr» répondis-je,« je prends et de bon aloi, car mon ventre crie et dormir ne le calme point ». Je me lève éreinté, la fatigue est ma soeur et le goitre me mange l'air. « Ce n'est pas pour l'heure» me dit-il «que la fête s'épuise et bestiaux à l'enclos, nous reparlerons » « mais la faim m'use» dis-je« il faut que je restaure » « viens, tu auras du pain et quelques olives , tu pourras dormir en paille, sus porcas, attendant » . Je le suis donc, et au dessus de la porcherie, m'installe en attendant mon pain.Ce lieu est Dondelaïgues au sud de Nomosa et c'est là auprès du Sinistre (cour d'eau et d'égoûts ) que la ville se déplace pour les festivités. Le tondu dans sa robe grise ceinte d'un cordon-bleu me tend son visage propret, agrémenté d'une barbiche bien taillée, « tiens» me dit-il« prend, ceci est à toi » une miche au bout de son bras puis de l'autre un pot rempli d'olives « si tu veux boire tu as le sceau dans la cour à jeter en citerne» et il se signe faisant allusion au dispensateur. Ses mains sont trop blanches et ses yeux trop noirs.« Je reviendrai plus tard parler de l'ouvrage ».et il s'en retourne me présentant son dos. Je me mets à la tâche de calmer ma panse et doucement je mâche du côté de mes dents, car passer la barrière pour avaler, c'est peine à préparer. Mais mon coeur se remplit de contentement de même que mon ventre, maudit, que je ne peux distraire, sinon lui donner ce pain bienvenu ,venu du ciel, pour ne citer vertu. Un bruit se faufile, d'esgourdes en esgourde, fleurit en bouches, que j'ai ouie. Notre saint Bastides indispensable à nos murs aurait été dispersé loin de notre cité, dans l'Aurelianensis et ceux du Tholo ont bien peur qu'entier, il n'est été soustrait. Serait-ce de cela, que le tondu s'occupe ? mais bien secret,...... ses mains.......,ses yeux ! En ce jour béni et anniversaire du Magna Delta, de retour à Nomosa le tondu me joint à son affaire et nous sommes allés les outils à la main au pied d'un grand tombeau, « c'est le besoin, qui m'anime, de l'ouvrage aux nécessiteux » qu'il susure. Effectivement mes yeux constatent que de solides bras allaient m'accompagner dans cette tâche. Les chausses et pourpoints propres et chaudets sous les grandes robes de civilité était là aussi pour officialiser. Je donne de ma personne autant que je peux .Les reposés qui sont là nous surveillent depuis leurs trappes de pierre surmontées de la goutte de vie. Ils hantent mes épaules et mes bras si bien que je ne sens pas la fatigue cette parasite, cliente habituelle de mon corps perclus et voilà qu'apparait le saint, la relique tant désirée dans ses restes vestimentaires mangés par le temps . Perdu dans mes pensées et heureux de m'être oublié pendant l'ouvrage, une montagne de muscles me prodigue.. son haleine « Tu reviens de loin crapaud» me dit le bracier, désignant la milice férraillée derrière les conseillers « si nous ne l'avions trouvé c'eût été ton fait....... le Sacerdos... t'appelle sorcier d'avoir survécu...... ainsi fait » . L'émotion m'emporte loin de tout cela,..........des petites billes viennent à mes yeux et s'explosent en rideau dans le creux de ma tête...............
...........Le regard fixe, à couper au couteau en haut du Tholo je me suis posé . J'observe en bas, les hommes d'armes. Les mains sur le fer, ils emplissent l'air du cliquetis de leurs armures tant ce surplace les contrarient car ils gardent le sépulcre, serti en quelque jour, d'une grille en fer. Depuis l'élévation solennelle des reliques du saint , malgré les précautions prises par le conseil, la ville,il ne put empêcher, galopper sur ses murs, l'affichage des lettres de la Rénovamen. Depuis toujours nous savions que l'eau perlait à travers la roche, la voute hérissée des piques de pierre ainsi que de nos pieds... signe divin à notre existence, le ciel et la terre à se rejoindre. Nous sommes comme ces pierres qui reçoivent l'eau bénie du ciel pour le rejoindre dans le grand dôme , le Tholo. Et nous l'avons investi de nos esprits. A l'aniversaire de Spring irrigationes lorsque nous fêtons au printemps le retour des perles d'eau sous la voûte, des réjouissances civiles accompagnent les fêtes d'aqua, et on y voit d'immenses mangeailles où les consuls distribuent une charette de pain à la plèbe et la tenancière du bordel public, après avoir léché la joue du premier consul pour cinq sols, offrir gourmandise panée à la cité . Dans mes serres depuis longtemps le mulot ne bouge plus, et mon bec le déchiquette à ce que mon gésier soit repus.
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