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La putain d'Aldébaran.

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Antadriel

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Soir de septembre. Le genre de soir où Bacchus descend tel un éclair bleuâtre sur le monde pour abreuver les prolétaires ratatinés et in­continents. J'avais du temps à étriper, bien qu'il ne soit jamais tué comme il faut pas vrai ? et je comptais bien me pinter à en perdre mes der­niers axones. Les mains moites, la démarche nauséeuse, j'avais là tous les signes évi­dents d'un retour brutal à la so­briété (j'y retournais rarement pour vous dire) et qui dans mon cas étaient de mauvais signes ; papa avait besoin de sa gnôle. J'ai commandé sans vraiment commander, d'un geste abusif (désabusé qu'on dit ?) de la main. La barmaid me connaissait, je connaissais son nom et c'était suffi­sant, voire trop. Jennie. Une écervelée complète­ment catatonique que j'avais pilonnée deux ou trois fois entre l'exigu espace des chiottes du bar et du local poubelle. À défaut de tenir d'intenses discus­sions de comptoir en compagnie de cer­veaux creux, on s'amusait comme on pouvait et on trempait le biscuit, rappel de notre animosité crasse.

« Comment tu vas aujourd'hui, Jack ?
– Pas envie de causer. Sers-moi mon essence. »

J'ai attrapé le verre et l'ai fait parader dans mon jeune quoique déjà usé gosier. Le premier shot fait toujours l'effet d'un obus qui éclate mal dans une tranchée bondée de cadavres. Suffit de ro­ter un bon coup, ou de péter, si vous êtes du genre à vous détendre du sphincter. Après quoi on s'habi­tue. C'est valable pour toutes les merdes de la vie, en fait. J’enchaînais donc, grimace aux lèvres, quelques pots de spiritueux coupés aux -merdes de la vie- quand un type s'est approché de moi. Yeux fuyants, comme s'il était traqué par la bête du Gé­vaudan. Un début de Parkinson sur les phalanges et les épaules. La gueule marquée, lisse, coupée par les éternuements des néons du comp­toir. Une vraie tronche de légion­naire. Il a posé ses miches à côté des miennes et a commencé à m'alpa­guer comme on le ferait pour appâter un clébard rétif.

« Pcht. Eh. Pcht. Hm ? T'veux remuer l'bout, l'ami ? Pcht. Eh. J'ai c'qu'il t'faut.
– Non merci.
– Pcht. T'vas regretter d'décliner l'ami. J'connais une pute qui... »

Encore un maquereau désespéré qui es­sayait de refour­guer sa sale marchandise avariée. Complète­ment toqué, à jargonner et toussailler comme un vent d'hiver. Et ça couine, et ça schlingue. Bref, j'en étais revenu à mon temps as­sassiné et enter­ré quelque part entre deux verres de cognac, sauf que le type me scratchait aux basques. Sangsue. Il a même com­mencé à me filer des tapes dans le dos, à me payer des coups, à user de la carte fra­ternelle jusqu'à la moelle. On aurait dit qu'il me faisait du gringue. Foutu pour perdu.

« 'lle a une particularité, t'vois.
– Cool.
– Non sans dec. T'vas prendre ton panard, t'auras les mirettes incendiées. »

Il lâchait pas le morceau de barbaque, j'ai eu le temps de descendre quatre cervoises assez dou­teuses, son charabia lubrique venant me cha­touiller les esgourdes comme une bruine dégueu­lasse quand on fait de l'auto-stop ; impossible de se la coller en silence. Aux grands maux...

« Alors l'ami, partant ?
– Écoute, déjà, on est pas potes. Et puis tu me fais chier. Je suis pas d'humeur à niquer, je veux juste me murger après quoi je rentrerai tran­quillement. Alors retourne dans ton baisodrome sans clientèle.
– Meeeec, j'suis pas proxo. J'te dis juste qu'j'ai croisé une fille d'joie carrément cosmique !
– Hm, ok.
– Mais genre vraiment. La môme vient pas d'ici.
– Moi non plus. Un problème avec les étrangers ?
– Non mais c'que j'te cause, c'est qu'elle est pas d'ce monde. C'est une extraterrestre mon gars ! »

DIEU QU'IL ETAIT CHIANT.
Et voilà qu'il se payait ma tête. Bah, pas étonnant, le gars devait voyager sous acide, à bord de sa soucoupe imaginaire, d'assommoir en assom­moir, à la recherche de crédules ou juste de vieux marins prêts à écouter ses fables de toxico.

Le con aux tremblements intempestifs me rabâchait son histoire de catin venue d'un autre astre tout aussi puant que le nôtre, et moi, dépi­té et pourtant un peu plus curieux qu'auparavant, j'écou­tais à demi, la langue pendue dans le désert de mon verre.

« OK.
– C'mment ça, OK ?
– Présente-moi ta miss sidérale. J'veux être sidé­ré.
– Suis-moi p'tit bonhomme. »

J'ai emboîté son pas. Ce salaud (doué ne vous méprenez pas) m'avait eu. Moi et ma curiosi­té à la limite du morbide, j'allais en payer les frais. Mais bon, j'avais pas mieux à foutre, pour vous (re)dire. Il devait être minuit. Les habitués étaient déjà tous sous la table.

Nuit septembrale, fange où se débattent des anges brisés. Un SDF me toisait de loin, la barbe pleine de chips et de bière de supermar­ché. À quelques mètres, des putes édentées ca­quetaient, les bottines incrustées de mégots. Au sor­tir du bar, deux loubards se co­gnaient mécanique­ment les tempes, chavirant sur une mu­sique mexicaine lointaine et satu­rée. Le jukebox, sans doute trop fatigué d'exister, ne vomissait plus que par in­termittence. Pouvait-il être aussi lassé que je l'étais, à trop connaître les vicissitudes ? On mar­chait dans la boue. L'autre, toujours aussi tremblo­tant, continuait d'avancer, avec ses zé­zaiements si­byllins jetés (à qui ?) dans l'obscurité. On est arrivé dans un hall d'hôtel, tenu par per­sonne. Pas un rat crevé. On a monté les marches, clope à la gueule, et après deux étages maratho­niens, on a traversé un couloir à en faire pâlir Thésée. Devant la porte 201, deux vieilles âmes en permission, au-delà de leur Géhenne, en train de se toucher le paquet en fredonnant des in­sanités, m'ont accosté vaguement.

« Belle soirée, m'a lancé l'un des deux Dante tout ridé en toussotant ses poumons en chantier.
– Ouais, si on veut. »

On les a laissé à leurs fou-rires de pervers à l'article de la mort, (ils n'avaient plus que le rire pour se consoler) sans autre formalité. Puis je me suis ar­rêté sec.

« Au fait, c'est quoi ton petit nom ?
– Appelle-moi Zouz. »

Zouz le souffreteux légionnaire qui n'a ja­mais fait la légion. Va-t-en-guerre malgré lui, sa croisade était en son for inté­rieur. Zouz le maque­reau-client, bave collée aux joues, Zouz le cher­cheur d'or qu'avait pas un rond, le rôdeur de putes aux airs pu­tassiers. Où est-ce que j'avais foutu les pieds ?

L'alcôve était enténébrée. Une seule petite lumière de chevet éclairait, rose faible et valétudinaire, comme une auréole christique s'empalant sur les draps charbonneux. À la fenêtre, une sil­houette phosphorescente, cheveux en cascade jusqu'aux ge­noux, une garo dans le bec.

Qu'est-ce que...

Bordel, la gamine luisait comme un feu-fol­let dans les bocages. L'autre Zouz m'avait forcé­ment envoyé une pilule pas nette dans ma mousse. L'en­culé avait plus d'un tour dans son sac. Com­bine de Mathusalem. Mauvais délire.

Les volutes de fumées envahissaient la pièce comme autant de cauchemars. Je me suis avancé dans la lueur mystique et martyrisée du petit Jé­sus rose, timidement, Zouz toujours der­rière mon ombre, timide elle aussi.

« Suis pas doué pour les présentations. Good luck, à la proch' ! »

Il s'est tiré aussitôt. Et moi, planté là comme un pétunia branlant, je fixais la chose avec anxiété. Elle s'était enfin retournée. Ses pu­pilles, comme une encre chinoise ayant lancé l'ancre dans tout le périmètre du regard (et quel regard né des profon­deurs du ciel biblique de mes burnes, vous voyez l'genre !) débordaient des or­bites, sans mé­taphore aucune. L’œil était spec­tral, hanté par d'inson­dables démons. Pourtant aucun soupçon de vice à l'horizon, étrange, ja­mais ressenti ça. Elle avait les loches adipeuses qui gravitaient dans un soutif' en soierie. Quant au reste du corps, il était assez banal. Hormis son séant boursouflé. Un mis­sile soviet' tombé sur Los Angeles.

« Heu salut... C'est combien la baise ?
– Tu te sens seul chéri ?
– Combien ?
– 100 boules.
– Je suis fau­ché. J'veux juste cracher et je taille.
– 50 pour toi. T'es plutôt mignon. Tu te sentiras moins seul d'ici quelques minutes.
– Du calme. Tu viens d'où, grognasse ? »

Il y eut un long silence. Un ravin de si­lence. Les murs, exempts de meubles, vibraient, comme apeu­rés par la possible suite des événements. J'étais toujours tétanisé, même si je subodorais l'ar­naque. Ou j'étais en plein trip, ou la gonze s'était tapissée l'épiderme de peinture fluo. Ou les deux. J'allais fourrer un pot d'acry­lique.

« Paraît que t'es pas terrienne.
– C'est tout à fait vrai.
– Et donc ?
– Et donc quoi ?
– Quelle planète ?
– C-568-25AE
– Merde, C'est un nom de planète ça ? Elle est où ta carlingue ? Tu baragouines dans ta langue na­tale ?
– On baise ou pas ? »

Tant pis s'il s'agissait d'une crapulerie d'enquilleuse. J'ai retiré mes godillots et mon t-shirt avec nonchalance. Je faisais ça toutes les se­maines après tout. M'approchant un peu plus de la séduisante créature, je lui ai glissé un gros billet dans la paume. Elle était flasque comme une compote ras­sise. Bah... après quoi elle s'est désa­pée à son tour, dégrafant son soutien-gorge, reti­rant le peu qu'elle possédait sur elle. J'ai foutu mes gros doigts à son entrejambe et j'ai commen­cé à la tripoter comme une manette de NES. Pas d'extase, mais ambiance extatique. Je l'ai allon­gée sur le plumard comme un bloc de marbre et j'ai commencé à taper dans le trou, frénétiquement. Et même si la pose était très for­melle, missionnaire de l'ennui, bordel, c'était l'éden de la nique. Elle frissonnait de la vulve comme un avion de chasse, son mont Vénus s'est changé en mont Vésuve. C'était dingue. Son con douillet, on au­rait pu y crécher ad vitam æter­nam. Je sentais mon cœur pulser jusqu'à ma queue de billard, mon esprit communiait avec mon sang, il lui causait, ''t'arrête pas mec'' et mes incessants balan­cements (oléolé) étaient autant de jouissances. L'or­gasme à la seconde se­couée au bout de la pendule de la mortalité et re­belote. Des lustres que je m'étais pas autant amusé durant un échange mono­game, et voilà que la pre­mière des salopes mar­tiennes m'invitait à goûter les mets dans son palais d'éternité, hop hop. Même un ché­rubin ne m'aurait pas mieux baisé au paradis de la fesse.

Elle m'a poussé sur le côté et a entamé une masturbation effrénée. Une ou deux interrup­tions. Me suçant comme un cornet de glace un après-midi de cagnard. (SLURP SLURP CONNASSE JE VAIS TE DEBOIT­ER LES RATICHES.) J'ai déchargé mon mor­tier sans prévenir sur ses lèvres granu­leuses. Puis, ven­touse en guise de langue, promp­tement, elle a fait disparaître ma semence dans l'abîme de sa gorge tel un aspirateur Dyson der­nier cri, sans un cri, sans un gémissement ni même un glousse­ment. J'étais en train de délirer, pour sûr...

Durant notre coït, des stomoxes paradaient dans la chambre, probablement en vol nuptial eux aus­si. De rares Michael Phelps séminaux (de mon cru) me coulaient sur la cuisse. Elle a pris soin de me net­toyer après turbinage. Charmante atten­tion. J'étais tellement caisse que j'en avais oublié la contracep­tion d'usage. Enfin...

Après quoi elle m'a filé une clope sans marque. On en a grillé une sur le matelas, pensifs et muets. Les paroles sont superflues, erronées, tou­jours. Re­marquant ses jambes croisées boi­sées, (oui oui) j'ai été le premier à briser la glace et sortir de mon mutisme, souriant, demeuré.

« T'as des troncs à la place des guiboles ?
– Je sup­porte mal la gravité terrestre. J'ai dû improviser, histoire de pouvoir me mouvoir sans incident. Cela dit, ça ne t'a pas dérangé durant notre af­faire.
– Oh... Non.
– Ton prénom ?
– Jack. Mes pa­rents n'ont aucun mérite.
– D'accord. Moi c'est Stasie.
– Je m'en fous. Enchanté.
– De même.
– Que tu t'en fous ?
– Non.
– Tu as quel âge ?
– L'âge que tu me donnes, la relativité est capricieuse.
– 24.
– C'est très flatteur de ta part.
– Tu en as com­bien ?
– On ne pose pas ce genre de question aux femmes.
– Merde, combien ?
– En années humaines, 224.
– Ouais ouais. Subterfuge de bonne femme qui s'assume pas.
– Je t'assure.
– Pourquoi t'es venue dans ce cloaque si­non ?
– Disons que sur ma planète, qui s'apparen­terait plus à une lune dans votre système solaire, la prostitution est vue d'un très mauvais œil.
– Hm. Avec un cul pareil, je comprends pas, tu devrais faire fureur chez les natifs de ton caillou stel­laire.
– Pourquoi ?
– Bah attends, il est cyan. C'est d'jà un argument à lui tout seul. Une lune aux reliefs turquoises. »

Elle a ri. Pas moi. Elle devait penser que j'étais un porc. Ce qui était le cas. On a continué à fu­mer sans interruption, dans le calme. J'ai vu deux tuyaux de part et d'autre reliés à ses poi­gnets. Il m'a fallu un moment pour les apercevoir, le mécanisme était discret. Un liquide y perlait en cataracte. La curiosité a fini par l'emporter.

« C'est quoi ce bidule qui charrie tes veines blanches ?
– Oh, ça, c'est du whisky qui recharge et booste mon métabolisme. Et me donne du to­nus.
– Hein ?
– Disons que c'est ma façon à moi de prendre un verre. Moins courtoise, plus immé­diate. Ma consti­tution m'oblige à m'alimenter en éthanol.
– Ah, cool. La même. Sauf que je préfère y mettre les formes, que ça passe dans le larynx. T'aurais pas un peu de bibine par ici , pour mes papilles ?
– Bien sûr. »

Elle m'a tendu une bouteille poussiéreuse (elle devait avoir trois siècles à en juger par sa tronche, mais rien à foutre) sortie de sous son lit poussiéreux (il devait avoir trois ans mais en parais­sait trois siècles, le genre de bricole IKEA qu'on dé­monte avant même d'avoir pu démonter la minette, éton­nant qu'il ait tenu, mais passons) va savoir de quelle liqueur il s'agissait, j'en ai pris plu­sieurs ra­sades. L'amertume m'anesthésiait la glotte et me pi­quait le blair. Connu pire. Elle de­vait avoir un sacré stock mine de rien, vu ce qu'elle se foutait dans les globules. Je n'étais tou­jours pas convaincu de sa soi-disant origine extra­terrestre mais bon. Je suis d'ailleurs, elle est d'ailleurs. D'ailleurs, qui est d'ici ? On a chaviré ensemble et c'était cool. Rien d'autre ne comp­tait. Deux naufragés au sein de ce trou de balle d'univers.

« T'es un bon coup.
– Merci.
– Mais pas le meilleur. Le bougre à la tremblote qui m'a projeté ici m'a promis une copulation inou­bliable.
– Reviens me voir. Je me bonifie. Question d'expé­rience. Tu n'es que mon second client.
– Le premier en terme d'endurance je parie.
–...
– Tu parles bien le français pour une métèque.
– J'apprends vite. »

C'était bizarre. Vraiment bizarre. D'une bizar­rerie ineffable. Déstabilisé par la situation, je suis devenu subite­ment taciturne. On a encore trin­qué, pétu­né parmi les rayons lunaires giclant dans la piaule nue, suite à quoi je me suis levé, rhabillé sur le pas de la porte. On s'est salué comme deux servants de messe fraîchement dé­froqués et un peu honteux, j'en ai profité pour lorgner une der­nière fois sa cambrure, sa poitrine laiteuse, ses hanches d'Aphrodite. (Ou de Lilith, au choix.) Et me voilà expédié dans les rues mortes de la ville... Je me caillais les couilles comme un ours polaire famélique, seule satisfac­tion, elles étaient vides.

Il me restait tant d'interrogations dans la caboche, et plus un sou dans les guenilles. D'où venait-elle vraiment ? Comment ? Par quel moyen ? Était -ce la vérité ? Chacun détient sa vérité, comme un flambeau prométhéen de chez Carre­four. La réalité est un songe vaporeux. Et le songe du réveil qui s'étiole fait partie de la réalité tan­gible, qu'on ne s'en souvienne plus ou presque, c'est autre chose, s'égarer en branlette philo', très peu pour moi. Qu'importe. J'avais gardé sous le coude la bouteille qu'elle m'avait offerte. Je sif­flais ça comme du petit lait à la cannelle. Et mon pèlerinage dans les coupe-gorges du coin, interminable, devenait un vertige, un tourbillon de pas incontrô­lés. Je suis ar­rivé chez moi. (Dieu sait comment. Dieu ne sait rien, il se paluche sur son trône et les galaxies jaillissent.) Pas pris la peine de retirer mes habits poisseux et odorants. Au­cune pensée envahis­sante, pour la première fois depuis longtemps, juste ces questions qui me martelaient, avant de s'en aller peu à peu au loin dans le trouble crépusculaire ; j'étais néantisé au­tant que vidé, serein, approchant la félicité, empoignant ma couverture aussi ferme­ment que j'ai pu percuter ce corps lumineux et cé­leste. Tout du moins je m'en persuadais. Supercherie ou non. Je me suis pieu­té.

Le monde se modernisait.
J'ai baisé un alien. Un alien m'a gobé les bourses cette nuit-là, dans un appart froid et visqueux. Ouais, le monde se modernisait.
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