La promesse

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Mes thèmes de prédilection, les sujets de société, le fantastique, le "détournement de réalité", les histoires locales et abracadabrantesques, même si pourtant ... Nota Bene : « Les  [+]

Image de Hiver 2018
Paris, juillet 2017

Vincent observait Léa endormie sur le lit de cette chambre d’hôtel, théâtre de leurs ébats fougueux. Il l’avait rencontrée au bar Le Louxor, ou à La Luna, il ne savait plus très bien. L’alcool et quelques substances légères avaient eu raison de sa lucidité qu’il réservait à son job de trader, activité dans laquelle il excellait par passion du jeu et un sang-froid hors du commun. L’argent coulait à flot sur son compte en banque. Il tentait vainement de l’éponger dès que l’occasion se présentait en plaisirs faciles. Du haut de ses quarante ans, Vincent avait parfaitement conscience que cette fille tout juste sortie de l’adolescence n’avait cherchée qu’une séquence « trash » pour apporter un peu de relief à la vacuité d’une existence vouée au consumérisme.

Dans sa séquence de vie actuelle, Léa vivait le sexe comme un bien de consommation courante. Le rêve et l’espoir avaient peu de place dans sa vie sentimentale. Elle prit goût au packaging. Un trader à la fleur de l’âge fut pour elle une aubaine conciliant les plaisirs de la chair au lustre de l’argent. Elle était pour son amant une gourmandise. En contrepartie, il comblerait ses désirs quelques semaines voire quelques mois. Vincent rêvassait sur ces considérations qu’il connaissait par cœur. Il en profitait grassement dans la jouissance du moment.

Cependant, les lendemains, quand il n’était pas occupé à pianoter sur son ordinateur des ordres de placement, le renvoyaient vers les abîmes d’une doucereuse mélancolie. Elle prenait la forme de la vision iconique du doux visage de Sophie. Cette amie d’enfance qui avait partagé ses premiers mais aussi ses derniers moments d’insouciance. Ce temps révolu où il avait l’âge de Léa qui sortait progressivement de son sommeil. Des années d’un bonheur qu’il croyait infini, abandonné sur le quai d’une gare par une étrange promesse. Émanation d’une euphorie de l’instant qui, insidieusement, ne l’avait plus jamais quittée.

Marseille, juillet 2017

Sophie toisait avec lassitude le corps nu d’Olivier affalé sur le sofa du living-room de leur duplex douillet, perché sur les hauteurs d’un quartier tranquille de la cité phocéenne. La chaleur insupportait Sophie. L’air y était devenu irrespirable. Seul le mistral ou la tramontane pouvaient venir à bout de cet enfer. Elle ne l’aimait plus, d’ailleurs l’avait-elle un jour aimé ? Olivier, comme les autres, n’avait jamais cherché à s’intéresser à ce qu’elle ressentait. Au mieux, nota-t-elle quant au bilan de sa carrière de concubine, ils avaient tenté, sans grand succès d’ailleurs, d’exprimer un peu de tendresse ou tout au moins un peu d’attention. La vie de couple était-elle la panacée du bonheur ?

Face à cette masse inerte, elle s’interrogea sur la sempiternelle mécanique du couple. Les premiers mois, voire dans le meilleur des cas les premières années, ils s’étaient aimés de manière presque bestiale avec comme besoin primaire celui de se dévorer les corps. Ensuite, s’installait une forme de maturité dans le fonctionnement du couple qui, si l’on n’y prenait garde, sombrait dans la monotonie. Ce moment coïncidait le plus souvent avec l’émergence de nouveaux besoins. Le désir de maternité, l’épanouissement social, les projets immobiliers, l’évolution professionnelle s’invitaient dans l’organisation du couple. Enfin, survenaient les égarements occasionnels même si cette voie, pour Sophie, apparaissait plus systématique chez les hommes. Au bout de son raisonnement, elle décida sur un coup de tête de rassembler ses maigres affaires personnelles. Elle prit ses cliques et ses claques avant qu’Olivier ne se réveille.

Étourdie par la rapidité de son geste, elle se rendit compte en fermant sans bruit la porte d’entrée qu’elle avait oublié sa carte bancaire de « secours » enfouie dans le pot qui accueillait la collection de cactus d’Olivier. Pourtant, elle n’en était pas à son coup d’essai. Trop tard, elle ne pouvait plus faire machine arrière. Il était hors de question pour elle de sonner et de l’affronter. Elle fuyait sa vie pseudo conjugale de ménagère. Où pouvait-elle se rendre ? Toutes ses connaissances appartenaient de près ou de loin au microcosme de son « ex-colocataire avec qui elle partageait le lit ».

A quarante ans, Sophie venait de réaliser qu’elle était en train de passer à côté de sa vie. Elle toujours sage, effacée et disons-le, soumise au cocon qu’elle finissait toujours par reconstruire, avait décidé de se jeter dans le grand bain de l’aventure. Frissonnante d’excitation, enfin seule face à elle-même, Sophie se remémora un souvenir d’enfance resurgissant de manière aussi brutale qu’absurde. Celui d’une promesse promulguée sur le quai d’une gare à un ami d’enfance dont elle avait toujours été secrètement amoureuse. Comment avait-elle pu l’oublier ? Les affres de l’existence avaient probablement la faculté de nous écarter de l’essentiel.

Paris, août 2017

Vincent, figé devant son écran d’ordinateur, faisait l’objet de railleries depuis qu’il boudait ces soirées orgiaques vitales selon ses collègues pour évacuer le stress et l’adrénaline accumulés dans les salles de marchés. L’impérial Vincent arbora progressivement les habits du trader « has been ». Cela lui était totalement égal. Il tapa dans le moteur de recherche les coordonnées de Sophie. Le résultat fut décevant. Seul Facebook présenta une liste consistante avec au moins la moitié des comptes sans photo. Il lui fut donc impossible d’établir une quelconque ressemblance avec l’image immaculée du visage de Sophie estampillé dans sa mémoire. Sa quête était perdue d’avance. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin.

Il décida de prendre les services d’un détective privé. Le doute l’assaillit au moment de l’appeler. Que s’imaginait-il en retrouvant Sophie vingt ans plus tard ? Il s’accrocha à la promesse qui sonna comme une évidence. Plus qu’une promesse, ces derniers mots prononcés par cette bouche qu’il avait tant chérie, sans jamais oser lui avouer, constituaient un pacte fondé sur la seule chose qu’il restait quand on avait tout perdu : l’espoir. Le détective avait carte blanche pour retrouver Sophie. La seule chose que Vincent ne pouvait maîtriser, c’était l’objet même de cette promesse, l’autre moitié du pacte. Sophie ne devait donc d’aucune manière être mise au courant.

Paris, août 2017

Un abandon de poste était considéré comme une faute grave et non une faute lourde. Aussi Sophie toucherait-elle si nécessaire ses indemnités de chômage. Dans sa situation, cela fut une bonne surprise. Il lui fallut aussi accéder rapidement à ses moyens de paiement et trouver un logement bon marché. Un sourire ravageur et une tenue à son avantage facilitèrent ses démarches. Le directeur de banque qui la reçut se découvrit subitement des qualités d’agent immobilier qui lui ouvrirent les portes d’un studio certes sommaire mais très fonctionnel en plein cœur de Paris. Le regard émoustillé, il lui serra la main avec insistance. Approchant dangereusement ses lèvres des siennes, Sophie subit au-delà de cette haleine fétide un pathétique « Peut-être vous reverrai-je un jour ? ». « Aux calendes grecques », se promit-elle tout en conservant ce sourire dont elle avait le secret.

Paris sonna comme une évidence à Sophie pour changer de vie. Elle ne supportait plus cette idée d’une vie confortable et linéaire à l’ombre de son concubin. Elle allait se jeter dans les grands bras d’une vie aventureuse sans lendemain formaté. Enfin, elle se promettait de brûler la vie par les deux bouts. Elle voulait jouir de chaque instant comme s’il était le dernier. Ce qu’elle vivrait dans le train la menant à Paris serait le point de départ de sa nouvelle vie.

Un jeune homme troublé par la longueur de ses jambes bronzées soutint son regard après qu’elle les eut décroisées avec langueur. Elle ne put s’empêcher de le provoquer avec une insolence toute nouvelle. Prise au piège de son cinéma, elle en devint spectatrice. Elle se retrouva dans la cabine très exiguë des toilettes où le jeune homme timide était devenu un mâle en rut. Elle se laissa prendre debout, goûtant tout son plaisir comme un volcan endormi entré en éruption. Ce fut dans cet état d’esprit libre et insouciant qu’elle s’apprêtait à vivre Paris. Pourtant, lorsqu’elle posa les pieds sur le quai de la Gare de Lyon, ses premières pensées se dirigèrent vers cette promesse faite à Vincent, amour transi d’enfance qu’elle avait enfouie au plus profond de son inconscient. Comme une résurgence, elle était réapparue le jour même où elle avait fermé la porte de l’appartement d’Olivier.

Paris, septembre 2017

L’enquête piétinait. Ce détective était un incapable. Sophie avait disparu de la circulation depuis son premier job en tant que comptable dans une entreprise familiale en plein cœur de la Normandie. Elle y était revenue après ses études sur Grenoble. Vincent fut étonné de cette orientation. Sophie avait quitté sa terre natale pour intégrer une grande école de commerce. Un poste de comptable au sein d’une petite structure locale ne lui ressemblait pas. Elle avait très tôt ambitionné de faire carrière dans un grand groupe. Elle était prédestinée à accéder aux plus hautes fonctions dans le monde des affaires.

A côté de Sophie, Vincent paraissait idéaliste et rêveur. Quand elle partit, le monde de Vincent s’était alors totalement effondré. Lui rêvait de fonder une famille, habiter une maison à colombage retirée dans la campagne normande où ils passeraient l’essentiel de leurs temps à faire l’amour, s’occuper des enfants et élaborer leurs projets de voyage. Aussi, sa vie ne tenait plus qu’à cette promesse, transformée progressivement en chimère d’adolescent. Plus elle s’éloignait de sa réalité, plus Vincent s’enfonçait dans les méandres d’une vie artificielle, où les plaisirs faciles comblèrent les manques d’une existence dévoyée. Toutes ces filles qu’il amenait dans son lit pour baigner dans le lustre de leur chair ne remplaceraient jamais la magie d’un unique baiser, celui que Sophie ne lui avait jamais donné. Elle avait préféré lui jeter à la face l’espoir d’une promesse qu’il s’était efforcé d’oublier.

Selon les informations recueillies par le détective, Sophie avait travaillé dans l’entreprise familiale selon la volonté de son compagnon de l’époque. Rencontré à l’école de commerce, elle s’en était amourachée. Ils se mirent en ménage dès la fin de leurs études. Les fiançailles avaient a priori scellé son destin. Cette famille de notables avait beaucoup d’ambitions pour Sophie. Assurer leur descendance leur paraissait plus judicieux que l’accès à un poste à responsabilité au sein de l’entreprise. A la surprise générale, Sophie disparut un matin sans laisser d’adresse. Un courrier reçu par le jeune fiancé éconduit mit une fin définitive à toute cette histoire que la famille se dépêcha d’oublier. Ce fut à ce moment que le détective perdit la trace de Sophie.

Paris, septembre 2017

Sophie s’était très bien intégrée à Paris. Elle n’eut aucune difficulté à trouver un emploi d’assistante au sein d’un grand groupe. Elle prit soin d’apporter son curriculum vitae en main propre au recruteur, passant plus de temps à l’identifier qu’à travailler sa lettre de motivation. Sa technique fonctionna dès la troisième candidature. Le chargé de recrutement perçut au premier regard ses qualités de présentation. L’image et la notoriété du groupe ne pouvaient se passer de profils comme l’incarnait si bien Sophie. Elle s’y retrouva comme un poisson dans l’eau.

Dès son arrivée dans l’entreprise, elle entretint une relation sans lendemain avec son responsable. Non seulement il était marié mais elle avait la farouche volonté de vivre sa vie sans contrainte autre que la satisfaction de ses plaisirs. On lui proposa rapidement un poste d’assistante de direction dans une filiale où elle se pourléchait par avance des nouveaux avantages. En quelques semaines, elle avait réussi le pari de suivre ses instincts et d’accéder à ses envies. Elle allait changer de logement, en choisir un plus grand. Par la même occasion, elle éviterait de devoir supporter les avances de son ancien directeur de banque qui ne l’avait certainement pas oubliée.

Sophie était très occupée entre son déménagement, ses aventures amoureuses et sa nouvelle prise de poste. C’était une rampe de lancement pour atteindre ses nouvelles ambitions professionnelles qu’elle aiguisait au fur et à mesure de la confiance qui la gagnait. Elle replongea avec vigueur dans ses lectures d’étudiante. Elle reprit contact via LinkedIn avec des camarades de promotion, concrétisant avec certains ce qu’elle avait désiré à l’époque. Le monde de Sophie s’emballait. Elle vivait à cent à l’heure. Elle mordait la vie à pleines dents, réduisant son ancienne tendance à la procrastination à la recherche de Vincent, dernière attache à sa vie d’avant qu’elle tentait de fuir ou peut-être oublier.

Paris, décembre 2017

Cet imbécile de détective était revenu benoîtement vers Vincent avec un air mi-résigné mi-enthousiaste. Ce fut finalement par le numéro de sécurité sociale qu’il comptait remonter le fil de l’histoire de Sophie. Vincent aurait bientôt le résultat de l’enquête. Le détective se rendait sur Marseille qui semblait être le dernier lieu de résidence de Sophie.

Vincent savait qu’il avait perdu de sa superbe depuis son changement de comportement et sa frustration à ne pas avancer sur l’enquête. La chance l’avait quittée. Il avait ces derniers temps réalisé des investissements hasardeux qui avaient généré des pertes substantielles, amputant fortement les prises de bénéfices engrangées en début d’année. Sa baisse de confiance avait également influencé son aura naturel et sa popularité. Il avait la désagréable sensation de perdre en attractivité au regard des jeunes femmes de son entourage qu’il côtoyait à la machine à café, dans les salles de détente, les séances de jogging collectives et les after work où il rentrait ces derniers temps irrémédiablement seul. L’appel téléphonique du détective lui redonna un peu de vigueur. Il souhaitait fêter l’événement.

Vincent fut convoqué par son responsable qui lui somma de réagir. Il était pour lui hors de question de subir ses errances. S’il le savait en difficulté, dans le monde des affaires, cette situation avait un nom, c’était de l’incompétence. Il termina l’entretien par une mise en garde renforcée. Il allait être muté suite à la promotion d’une nouvelle recrue aussi séduisante qu’intelligente. Une réputation de mante religieuse la précédait. Elle prenait ses fonctions en janvier. Elle n’aurait pas la même mansuétude.

Le responsable termina l’entretien par une invitation à son pot de départ à La Luna, située à quelques encablures de l’entreprise. Vincent était ravi de pouvoir se rincer le gosier sur le compte de ce « minable » qu’il ne regretterait décidément pas. Il se promettait cette fois-ci de ne pas rentrer seul ; si son charme naturel n’opérait plus, il chaufferait la carte.

Décembre 2017

Sophie se rhabilla avec l’élégance qui la caractérisait. En sortant discrètement de cet hôtel en plein milieu de l’après-midi, elle souriait au bonheur d’avoir fait l’amour sans rien attendre en retour. Elle était loin la petite comptable de province au service de son concubin. L’assistante de siège social avait fait exploser en quelques mois tous les clichés de l’entreprise dans ses rapports de force et ses zones d’influence. Sa force de persuasion ainsi qu’une savante combinaison de narcissisme, de soumission et d’initiatives eurent raison de toutes les logiques d’entreprise plus à l’aise dans cette jungle que dans l’antre d’un foyer.

Les dirigeants la courtisaient pour intégrer leur staff de proximité. Sophie souriait à la vie. Elle le lui rendait bien depuis quelques temps. Bien sûr, quelques concurrents, parfois d’autres femmes aussi féroces, tentèrent de bloquer cette ascension magistrale. C’était sans compter l’ingéniosité et la capacité de séduction de Sophie qui supplantait ses rivaux au point d’avoir parfois provoqué quelques démissions fracassantes.

Sa réputation était faite, cela lui était complètement égal. Les collègues pouvaient jaser sur son dos, elle avançait ses pions sur l’échiquier en maîtrisant chacune de ses pièces. Sa prochaine prise de fonctions l’excitait tout particulièrement. Elle représentait la dernière étape avant le Graal : intégrer le comité de direction. Elle allait fêter cet événement avec quelques collègues dans un bar à la réputation sulfureuse situé à proximité du site de ses prochaines fonctions, l’occasion de joindre l’utile à l’agréable. Elle savait qu’elle était à l’aube d’une nouvelle vie.

Paris, décembre 2017

Le détective avait essayé en vain de joindre Vincent sur son téléphone portable. Il lui laissa un message laconique. Il avait retrouvé la trace de Sophie. Il préférait le rencontrer pour lui exposer le résultat de l’enquête, tant cela lui paraissait invraisemblable. Vincent écoutait le répondeur quand il entra guilleret dans le bar.

S’approchant d’un pas ferme du groupe de ses collègues, ses yeux se fixèrent subjugués sur une créature tout de rouge vêtue. Elle glissait discrètement sous la table ses mains sur les genoux de son séduisant voisin. La sensualité sauvage de ce geste fit vibrer toutes les veines de son corps. A l’instar d’un zombie, il s’avança, titubant vers ce point de mire qui l’attirait comme un aimant. Il se posa devant elle sans exprimer le moindre mot, se contentant de la contempler comme une déesse qui l’aurait envoûtée.

La situation s’éternisa et devint pathétique. La jeune femme finit par s’en apercevoir. Gênée, elle ne savait pas trop comment réagir. Elle se tourna désemparée vers son compagnon comme pour le supplier d’intervenir. Elle allait changer de place voire quitter le bar quand les larmes lui montèrent irrépressiblement aux yeux. Ce visage impassible et incrédule resurgit d’un coup de son inconscient. Les traits fins de cette face mi-béate, mi-moqueuse refirent surface dans l’océan de ses souvenirs tout comme ces yeux noirs profonds qui l’avaient si souvent troublée quand elle était enfant.

— Vincent, murmura-t-elle sonnée par l’instant. Elle se redressa doucement et l’enlaça langoureusement. Vincent se laissa faire. Il ne put à son tour retenir ses larmes. Elle approcha ses lèvres de ses oreilles et lui susurra :
— Il était une fois une promesse entre deux adolescents éperdument complices dont les vies se séparèrent sur l’autel des destins : à quarante ans, ils n’auraient d’autre choix, si leur cœurs étaient encore libres, de s’unir pour le meilleur et pour le pire...

Vincent caressa les épaules de Sophie et l’enserra vigoureusement dans un tonitruent :
— Je le veux.

Sophie se retourna et jeta un ultime regard vers le monde qu’elle avait dompté en quelques mois.

Elle posa ses lèvres sur celles de Vincent. Elle lui prit la main et se mit à courir groggy l’entraînant vers la sortie – « Oh que oui je le veux Vincent, vite fuyons » –, emportés par la force d’une promesse qui bousculera le cours des choses dans un mouvement de grand balancier.

C’était juste une question d’équilibre !

J'ai besoin de toi pour vivre
C'est une question d'équilibre
Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes
Et depuis le plancher m'appelle*


* Une question d’équilibre, Francis Cabrel

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Nadine Gazonneau · il y a
Excellente nouvelle sur deux histoires de vie qui se retrouvent. Très bien écrit et agréable à la lecture. +5 avec plaisir. Je vous invite à découvrir mon haïku
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/grand-noir-du-berry en finale du prix.

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Pensées Légitimes · il y a
merci pour votre passage
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Zou zou · il y a
...on n'oublie jamais son amour d'enfance en général ( moi j'avais 12 ans ! ) mes voix ! si vous avez 2 mn venez goûter à mes ' vendanges tardives' et vous plonger dans mes ' de ses eaux profondes '!
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Pascal Depresle · il y a
Des synchronicités pour des existences qu'on pense éparpillées. Un superbe texte.
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Pensées Légitimes · il y a
Merci, bonne journée
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Utilisateur désactivé · il y a
Très beau texte bien mené en parallèle. Il faut parfois que les âmes soient vraiment prêtes pour pouvoir se retrouver ;o)
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Pensées Légitimes · il y a
On ne pouvait pas mieux dire, merci, bonne soirée
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Solenn Emmvrique · il y a
Très beau texte :)
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Pensées Légitimes · il y a
Merci beaucoup, ravi que cela vous ait plu
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Keith Simmonds · il y a
Bravo pour cette belle histoire si bien écrite, Pensées légitimes ! Mes votes !
Une invitation à lire et soutenir “Gros père Noël” si le cœur vous en dit !
Merci d’avance et bonne soirée !

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Pensées Légitimes · il y a
Merci pour votre soutien, bonne journée
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Iméar · il y a
Excellent ! Joliment écrit ! Mes votes. Si vous avez du temps passez lire ma nouvelle http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/les-derniers-instants-d-arizona-kidd-1 ou mon très très court http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/de-l-autre-cote-de-la-fenetre
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Pensées Légitimes · il y a
Bonjour, merci pour votre soutien, je passerai vous lire pour découvrir votre univers
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Geny Montel · il y a
Des adolescents qui se retrouvent parfois des dizaines d'années après et font leur vie ensemble ça existe ! Une très belle histoire !
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Pensées Légitimes · il y a
Le destin a contrarié leurs existences, ce jeu des vies et comportements croisés renforce l'idée qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, quant à la question si cela existe ???????
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Geny Montel · il y a
J'ai vu une fois un témoignage là dessus... Deux veufs, anciens amours d'adolescence qui se sont retrouvés. C'est très chouette !
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Abi Allano · il y a
Une belle histoire, peut être un peu trop belle pour moi....Mais très bien menée donc mes voix!
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Pensées Légitimes · il y a
Bonjour Abi, je vous rassure, Sophie retombera peut-être dans l'ennui de son ancienne vie et après avoir goûté à la nouvelle, fuir rapidement Vincent qui lui aussi au bout de quelques jours se rendra peut-être compte qu'il avait idéalisée Sophie à force de s'accrocher à cette image comme une bouée de secours dans sa dérive permanente.
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Abi Allano · il y a
Ça me paraît plus réaliste d'un coup. Merci beaucoup Pensées Légitimes. Et surtout ce n'était que mon avis personnel. En aucun cas une critique.(-:
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Pensées Légitimes · il y a
je sais bien, je ne l'ai pas pris comme tel, it's just a joke, à bientôt
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Arlo G · il y a
Deux singulières histoires de vie qui se séparent pour mieux se retrouver. Les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir son dernier poème *sur un air de guitare*, http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/sur-un-air-de-guitare-1
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Pensées Légitimes · il y a
Merci Arlo, il y a quelque chose d'entropique dans cette histoire..., à bientôt

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