La première fois de Simon

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Simon se réveille. Sa mère n’a pas bien tiré les rideaux, le soleil en chapelet lui dessine des pastilles dorées sur l’oreille et les yeux. Dehors, Rex, le chien de la ferme jappe après sa pitance. Tant pis pour la grasse matinée.
Simon s’étire et se dit qu’il a envie de pipi, il rejette ses draps froissés par la sueur de la nuit et se dirige vers le cabinet que son père lui a installé l’an passé. Il baisse son pantalon de pyjama, qui accroche sur son petit zizi.
— Qu’est-ce que c’est que ce bazar ? s’exclame-t-il.
Simon ne comprend pas, il vient de libérer une chose étonnante qui palpite dans sa main comme le carpillon qu’il a péché l’été dernier avec son pépé ! Elle est difficile à manier et presque aussi longue que sa trousse d’écolier ! Ce n’est plus le petit robinet qui amuse tant sa sœur, mais un tuyau un peu épais qu’il dirige maladroitement vers la cuvette. Il lâche un jet dru qui s’écrase sur la porcelaine en projetant de fines perles blondes sur le papier peint de récup que son père a collé là. Troublé, Simon se demande s’il n’est pas malade, il a eu les oreillons l’an passé, et de gros boutons blancs que Maman a percé, ça a fait mal, y avait du pus. Il secoue la chose raide qu’il ne reconnaît plus contre sa cuisse, il prend bien soin d’en décalotter et d’en recalotter l’extrémité afin d’en exprimer les dernières gouttes comme lui a montré Maman... pour l’hygiène. Comme il est inquiet, il s’applique davantage. L’hygiène c’est important ! Il a comme des fourmis dans son zizi comme quand il s’endort sur son bras, c’est étrange. Maintenant c’est une vibration sourde, comme quand il a écarté la barrière électrique pour aller jouer avec les vaches, avant hier. La sensation devient plus intense, plus agréable, il a tout un coup un spasme, ses joues s’empourprent, les battements de son cœur s’accélèrent, ça y est, c’est sûr il est malade ! Ses yeux se remplissent de larmes, il va mourir, il meurt ! Il pousse un petit cri comme un râle !
... Une soupe poisseuse et odorante gicle en saccades brûlantes sur le papier peint, il en a encore plein les mains quand remontant son pyjama, il se précipite dans les escaliers en hurlant : Maaamann ! bobo !

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