La petite vieille,

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Peintre du dimanche, scribouillard de petits textes 1,2 maxi 4 pages, drôle en société, ai beaucoup aimé R.Lamoureux puis le grand Coluche, aime la lecture SF, Thriller ainsi que des plus anciens  [+]

Elle était là, la petite vieille, là devant son armoire, elle qui sentait si bon la naphtaline avec un petit mélange de lavandes en petits sachets, oui, elle était là avec son grand châle sur ses épaules voûtées, un grand châle avec des carreaux de toutes les couleurs, et ses mains qui furetaient dans cette armoire, mais pour y chercher quoi au travers de ses piles de linge, blanches et qui s’alignaient méthodiquement, sur une étagère, les serviettes et les mouchoirs, sur une autre les chemises et les tricots,dans un des deux tiroirs, les bas et les chaussettes puis dans le deuxième les photos anciennes et les papiers divers avec en prime tout un tas de petits bric-à-brac d'objets, puis tout en haut les draps...
D'une rangée de serviettes, quelque chose s'échappa et tomba lourdement au sol.
Avec lenteur, les rhumatismes étant là, la petite vieille se baissa et ramassa l'objet, une petite boîte en bois avec sur le couvercle un petit carton blanc collé sans rien dessus, à l'intérieur de cette petite boîte un carton blanc avec deux lignes d'une écriture à l'ancienne, pleins et déliés, des arabesques compliquées et, sur l'autre face, une photo...
La petite vieille ramena sur son nez sa paire de lunettes qu'elle portait en sautoir, et la photo à la main s'avança vers la fenêtre pour avoir un peu plus de clarté, elle regarda de ses yeux aux sourcils froncés la photo au bout de sa main, mais combien de temps contempla-t-elle ce visage d'homme...
Le blanc d'un joli foulard autour du cou, qui se détachait nettement avec le noir de son caban d'officier de marine, les ancres sur le épaulettes, les boutons dorés, le col relevé et les mains dans les poches, qu'il était beau cet officier au regard bleu acier, mais qui était-il pour elle, il y avait tellement d'années entre cette photo et aujourd'hui ?
Peut-être ne regardait-elle plus cette photo, longue et immobile silhouette, confuse dans la semi-obscurité du gris d'un soir mourant, son profil tout en finesse, avec les rides de l'âge et qui paraissait perdu dans son admirable chevelure que la clarté argentait...
La pendule du salon tinta soudain, six coups réguliers et tristes dans le grand calme de la pièce, ils la sortirent de son rêve et elle alla en trottinant vers un grand fauteuil Voltaire, installé comme un chevet à côté de son lit, il offrait un large siège de velours rouge, elle s'y assit , prise d'un subit petit coup de froid, elle s'enveloppa un peu frissonnante dans son ample châle et comme cela, bien installé, elle allait tout à son aise, songer à ce passé ravivé par cette vieille photographie..
Et là les ami(e)s de short édition je vous laisse avec, chacun chacune,
votre esprit, finir cette petite tranche de vie de « la petite vieille »...
Merci à vous de me lire.
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