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La petite souris

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Gildas

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FINALISTE
Sélection Jury

Ça y est, elle dort. Ça n'a pas été facile car elle était toute excitée avec cette histoire de petite souris.
Pourquoi lui avoir raconté les mêmes conneries que l'on m'a racontées ? Pourquoi reproduire ce mensonge stupide qui donne un tel sentiment de domination et de gouvernail à l'adulte ?
J'y réfléchirai plus tard. Mais là, elle dort, c'est bon. Je vais lui mettre une pièce de 2€ sous l'oreiller. Ça lui fera plaisir. Un peu de gaieté dans nos vies.
Mince, j'ai pas de monnaie ! J'arrive juste à 0,85€ en petite ferraille.
Ça ne va pas faire une petite souris très classe ça, mettre des petites pièces jaunes !
Et puis, l'oreiller de ma fille, ce n'est pas une urne pour Bernadette Chirac !
Bonjour la souris fauchée...
À l'image de la maman ! Pas génial...
Je vais aller retirer de l'argent. Je mets un manteau et je prends ma carte bleue. Heureusement qu'il y a un distributeur au coin de la rue.
Mais, tant que j'y pense, où vais-je faire de la monnaie à une heure pareille ? Le distributeur ne distribue que des billets de 20€ ou 50€ et tout est fermé alentour.
Une petite souris qui met 20€ sous l'oreiller, c'est un peu too much, pas cohérent avec son éducation et surtout, les 20€, j'en ai vraiment besoin...
Il y a un rade deux rues plus loin, je pourrai toujours aller y faire de la monnaie. Mais surtout me dépêcher parce que je n'aime pas la laisser seule, même si elle dort profondément.
Si elle me voit absente, elle s'inquiétera et elle aura peut-être de sérieux soupçons sur l'existence de la bestiole et je perdrai prématurément beaucoup de crédibilité.
Il fait un peu froid. Je vais me dépêcher.
J'insère la carte.
Le solde de vos retraits est épuisé. Veuillez essayer ultérieurement. Ou un truc dans le genre.
Mince, je ne peux pas retirer la moindre tune ce soir. Pourquoi n'ai-je pas prévu le coup plus tôt ?
On n'est même pas à la moitié du mois et je n'ai déjà plus rien sur mon compte. Quand j'étais gamine, on me disait blonde comme les blés. Aujourd'hui c'est fauchée que je suis comme la céréale la plus répandue d'Europe...
Le coup est dur à encaisser. Je n'ai rien à mettre sous l'oreiller de ma môme à l'occasion de sa première molaire de lait tombée.
Réfléchir vite. Trouver une idée.
Demander une pièce aux passants ?
Déjà, ils ne sont pas pléthore à cette heure-ci les passants, et puis j'ai honte de faire le plan : « Vous auriez pas une pièce ou deux s'il vous plaît ? C'est pour la petite souris de ma fille ! »
C'est cela oui...
La honte !

Voilà déjà trop d'années que je vivote, que je galère, que je me retrouve seule avec une môme à élever, le genre de vie que je n'aurais souhaitée à personne.
Et puis je ne peux pas m'absenter trop longtemps. Si elle fait un cauchemar et que je ne suis pas là, elle va paniquer, elle est beaucoup trop petite.
Une autre idée, oui.
Après tout, elle ne connait pas la tradition de la petite souris plus que ça, elle ne sait que ce que je lui en ai dit. Rien ne m'oblige à lui mettre une pièce de monnaie, je peux tout aussi bien lui mettre un petit cadeau en lui disant demain matin qu'il arrive parfois que les souris laissent des petits cadeaux, surtout quand les enfants ont été bien sages !
J'imagine déjà son sourire radieux à l'écoute de mes paroles.
Dors ma petite, et crois encore à tout ça tant que tu peux, il est toujours trop tôt pour comprendre la difficulté de la vie...
Oui mais un cadeau, ça s'achète, même une cochonnerie à un distributeur de gadgets. Et là encore, dans le quartier, à cette heure-ci, ça ne respire pas vraiment la fête foraine...
Ou alors, oui c'est ça, lui offrir un truc recyclé. Un vieux jouet à moi, je dois bien en avoir à la cave.
Vite, je retourne à l'immeuble, ouvre la porte du hall et descends à la cave.
Une montagne de cartons poussiéreux devant moi, et un vieux vélo !
Mais un vélo sous un oreiller, ça ne va pas le faire ! Et il est beaucoup trop grand de toute façon, oreiller ou pas.
Soupir.

Allez, du courage !
Je commence à retourner la cave sens dessus dessous. Je sors des cartons coincés sous d'autres cartons, je les ouvre un par un.
Un carton rempli de vieux disques de métal et de punk.
Un peu jeune encore la môme...
Un autre carton rempli de cours d'histoire de l'art et de psycho à la fac.
Elle m'aura été utile l'histoire de l'art...
Surtout pour assumer les trois boulots de caissière et les cinq places de serveuses que j'ai trouvés depuis cinq ans !
Enfin bref, c'est pas le moment de m'apitoyer sur mon sort.
Une poupée bordel ! Faut que je trouve une vieille poupée, n'importe quel machin qu'une môme de quatre ans sera heureuse de trouver demain matin. Je dois quand même bien avoir ça quelque part !
Et je fouille encore. En vain.
Je ne tombe que sur des trucs qui ne sont absolument pas de son âge.
Ceci dit, c'est normal, puisque lors de mes multiples déménagements, avec toutes mes périodes de transition chez les potes et les copines, je ne me suis pas encombrée de mes jouets de petite fille.
J'ai laissé tout ça au chaud (ou au froid, si on se réfère à la température objective) dans le grenier, chez mes parents.
Mes parents...
Manquait plus que je pense à ceux-là...
Leur modèle de vie qui m'exaspère depuis l'adolescence, leurs reproches, nos incompréhensions, nos silences. Mon refus systématique de retourner chez eux tout en leur accordant le droit de jouer leur rôle de grands-parents intermittents en prenant soin d'esquiver leurs éternelles frustrations sur leur rôle de beaux-parents avorté.
Vie de merde !
Tout à coup, un bruit derrière moi, dans le couloir de la cave. Je me retourne et aperçois la silhouette d'un chat qui part en courant.
Tiens ce serait drôle de lui offrir un chat. Un petit chaton.
Une petite souris qui apporte un petit chaton ! La symbolique ne manquerait pas de piquant, car l'année d'après le chat boufferait cette saloperie de petite souris !
Et on n'en parlerait plus.
Je délire totalement. Je ne vais quand même pas me mettre en quête d'un chaton perdu ou abandonné dans ce quartier et à cette heure.
Et bonjour les puces !
Ma probabilité de réussite est tout de même fort limitée, autant être lucide, car les chats sont plus armés que moi dans leur solitude !
La solitude.
Elle me pèse. Une fois de plus.
Dans des moments comme ça, j'aimerais être avec quelqu'un. Pas avec son père, non, ça c'est une certitude !
Ce connard n'aurait, de tout façon, aucune idée constructive et il trouverait le moyen de lui mettre une canette de bière sous l'oreiller. En trouvant ça drôle, par dessus le marché.
Juste être avec quelqu'un. Une personne avec laquelle je me sentirais bien tout simplement. Un homme, une femme, un saumon, au point où j'en suis peu importe.
Quelqu'un qui me trouverait illico la solution à mon problème, d'un simple claquement de doigts, d'un simple regard complice avec moi.
Autant croire moi-même à la petite souris...
Il commence à se faire tard et le sommeil apporte ses premiers avertissements.
Demain, le patron ne cherchera pas à savoir si mes cernes ont une explication légitime ou pas. J'aurai des cernes, point. Comme trop souvent à son goût. Comme trop souvent au goût des patrons précédents. Et sûrement au goût des prochains.
S'il y en a...
Car par les temps qui courent, ça commence à devenir de plus en plus compliqué...
En attendant, je ne vais dépenser ni temps ni pognon pour cacher ces pauvres cernes, preuves irréfutables de mon rythme de vie effréné.
Et oui, maman, serveuse dans un snack, femme au foyer assumant tout, femme de temps en temps dans les bras d'un amant occasionnel qui fait du bien à l'âme et rassure le corps, ça fait un sacré cumul des mandats !
Et aucune loi ne se dessine à l'horizon pour l'interdire...
Mais pourquoi lui avoir raconté cette histoire de petite souris ?
Et pourquoi pas lui dire la vérité ?
Après tout, ce serait plus sain.
Lui dire que la petite souris, c'était pour de faux, pour de rire, et que c'est moi qui devais lui mettre une pièce et que je n'avais pas de monnaie et que je lui donnerais sa pièce le soir-même.
Voilà.
C'est beaucoup plus franc, et je ne la prends pas pour une conne.
Et même, si j'en crois certains pédo-psycho-psychiatres, c'est le genre de franchise qui l'aiderait mieux à grandir.
Seulement après ça, autant faire une croix tout de suite sur le Père Noël...
Alors qu'il est sympa quand même le Père Noël, surtout que dans deux mois on va fêter ça avec ma sœur, mon frère et leurs enfants qui y croient aussi.
Ça va être chouette.
Je ne peux pas briser cette magie en lui révélant la non-existence de l'homme au traîneau. Elle est trop jeune pour rester complice de ça vis-à-vis de ses cousins et cousines, qui ont de surcroît un et deux ans de plus qu'elle !
Et si je grille le Père Noël aux yeux de la famille, je suis bannie pour de bon.
La ratée jusqu'au bout !
Réagir.

Ça ne sert à rien de rester dans cette cave. Je n'y trouverai rien.
Je referme la porte derrière moi, désabusée.
Et si je demandais de l'aide à des voisins ?
23h. C'est limite mais c'est encore jouable.
Mais je ne les connais pas assez de toute façon.
Ceux d'en face, d'à côté, du dessus, du dessous, du rez-de-chaussée, je n'en connais aucun réellement bien.
Ça fait plus d'un an que je suis ici et je ne connais personne en fait !
On se croise, on se dit bonjour d'un signe de tête, mais cela n'entretient pas une intimité suffisante pour que j'aille sonner chez eux à cette heure leur demander de la monnaie.
À moins que je ne leur demande un œuf pour rattraper une mayonnaise, ou un tire-bouchon...
Mais ni l'un ni l'autre ne vont réellement être utile sous l'oreiller...
Ceci dit, au point où j'en suis, je peux peut-être tenter le coup, utiliser le prétexte du tire-bouchon, je le ramène après l'avoir virtuellement utilisé, ça me donne l'occasion d'entamer la conversation et je peux peut-être demander un ou deux euros en trouvant je ne sais quel prétexte fallacieux.
Je respire un grand coup en remontant lentement l'escalier afin de me donner du courage.
À quelle porte vais-je frapper ?
Je n'ai guère le droit à l'erreur. À cette heure, il me faut tomber sur la personne la plus apte à m'aider.
Le vieux d'en face ? Solitaire et méfiant. Un peu ours.
Le couple du dessus ? Ils ont l'air sympa mais je crois qu'ils se couchent très tôt à cause du boulot.
Le couple d'à côté ? Les moins engageants. De toute évidence réac. Ils ne doivent pas avoir beaucoup de considération pour ma vie de mère célibataire. En 42, aucun doute sur le camp auquel ils auraient appartenu...
Le jeune mec du rez-de-chaussée ? Mignon, mais il va croire que je le drague et je n'ai pas la tête à ça.
La petite étudiante du premier ? De toute évidence la plus sympa, un peu fofolle même. Mais si je lui demande un tire-bouchon, elle va de toute évidence m'inviter à boire un canon avec elle, et j'ai encore moins la tête à ça. Sympathiser avec une nana de moins de 25 ans dont les illusions vont m'énerver !
Ceci dit, peut-être qu'à l'avenir, quelques soirées de babysitting pourraient l'intéresser... Je ne sors pas souvent, mais c'est à chaque fois la galère pour faire garder la môme. Et elle ne me prendrait pas trop cher si elle sympathisait avec ma puce...
Allez, je me lance ! Je n'ai guère le choix de toute façon.
Je sonne.
Une fois.
Pas de réponse.
Puis une deuxième.
Elle ouvre.
Une clope au bec, vêtue d'un chandail orange qui jure un peu avec le vert de son pantalon trop large, mais son côté carotte lui donne un réel capital sympathie.
Derrière, elle tourne Walk on the wild side de Lou Reed.
Première impression positive, qu'est-ce-que j'ai aimé ce morceau quand j'étais ado, grâce aux potes de mon frangin...
J'opte tout de suite pour une franchise totale.

— Oui ? 
— Bonsoir. Excusez moi, vous n'auriez pas de la monnaie sur 20€ s'il-vous-plaît ? C'est pour mettre sous l'oreiller de ma fille qui vient de perdre une dent...
— Euh... Entre, j'vais voir c'que j'peux trouver.

Ma demande semble ne l'avoir ni surprise, ni dérangée, ni amusée.
Elle s'éclipse et revient quelques instants plus tard en hochant la tête, l'air désolé.

— J'ai aucune monnaie. Je pensais avoir un peu de ferraille mais rien du tout. En tout et pour tout, vingt-et-un centimes. Je suis désolée.

Son sourire sincère me donne envie de lui demander de garder ma fille un petit moment le temps que j'aille retirer de l'argent quelque part.
Elle accepte volontiers, de toute évidence ravie de faire (enfin) connaissance avec quelqu'un dans l'immeuble.
Une fois montées chez moi, je lui montre brièvement où se trouve la chambre de ma fille, le salon, la cuisine.
Je la remercie, et repars aussitôt en lui promettant que mon absence ne sera pas longue.
Mais où aller chercher de l'argent à une heure si tardive ?
Carte bleue non utilisable, pas un chat dans le quartier, je n'ai pas tous les atouts de mon côté.
Il me faut au moins me rapprocher de l'endroit animé le plus accessible.
Le plus rapide est quand même de prendre le métro. À deux stations, il y a un carrefour qui bouge un peu.
J'attends près de dix minutes sur le quai, en faisant inutilement les cent pas et en me rongeant les ongles.
Une fois sortie dans la rue, je marche fébrilement à la recherche d'un regard engageant.
Mais la fraîcheur de la nuit agit comme un accélérateur de piétons et je n'ose pas aborder qui que ce soit.
Pourtant, il y a urgence. D'autant plus que dans moins d'une heure, il n'y aura plus grand-monde dans les rues à cette heure-là en pleine semaine.
Dix pas sur ma gauche, cinq sur ma droite, je traverse la rue, je reviens, je me dirige vers un homme à l'allure nonchalante et, au dernier moment, je renonce.
Rien qu'à me projeter dans mon exposé, je sens bien que les gens vont tracer sans m'écouter.
Trop sollicités par dix milles mains quémandeuses à longueur de journées.
Quelle crédibilité puis-je avoir avec mon histoire de petite souris pour ma fille ?
Je pourrais le prendre avec le sourire du second degré pour parvenir à mes fins, mais la peur du râteau l'emporte.
Renoncer ?
Affronter la déception de ma puce demain matin ?
Impossible.
Dépitée mais pas totalement abattue, je retourne dans le métro. Il y a peu de monde.
À cette heure, il y a des SDF, plus qu'en journée. Non, non pas qu'il y en ait plus la nuit en fait, mais on les remarque simplement plus, c'est tout.
Je m'assois, à deux sièges de l'un deux.
Il m'aperçoit et me dévisage un instant.
Difficile d'être davantage le cliché de l'indigent parisien, toute la panoplie est là. Chaussures en lambeaux, habits dont l'absentéisme à la machine à laver a dépassé le délai autorisé, cheveux ignorés par tout produit de la famille des shampoings, un sourire qui laisse entrevoir que le mot « Mutuelle » ne doit guère faire partie de son univers, et un parfum général tout à fait cohérent avec l'apparence...
Mais quelle charme !
Aussitôt, je me déteste de penser comme ça, lui trouver du charme, tellement facile avec mes yeux de p'tite bobo qui sait que même dans la plus grande galère, jamais ma vie ne ressemblera un tant soit peu à la sienne !
C'en est presque du snobisme...
Pourtant, si je regarde l'expression de son visage, oui, il a du charme ce con.
Il s'est aperçu de ce que je ressens, car il me sourit en me montrant sa bouteille.

— Alors ma douce, t'as perdu ton prince ? T'as l'air toute triste !

La voix est clichée elle aussi, rocailleuse, profonde comme un tunnel de métro...
Une rame arrive.
Je ne sais pourquoi, mais je la laisse filer.
L'homme s'en étonne.

— Ben alors ma douce ? Tu fais quoi ? T'es pas pressée d'rentrer au chaud ?

Je lui adresse un pâle sourire.
Puis je lui résume ma situation en quelques mots.
Il reste un instant les yeux figés sur moi ; de toute évidence il a une profonde considération pour mon histoire.

— C'est important tu sais, la p'tite souris, pour les mômes ! Faut pas gâcher ça hein ?

Un temps.

— Moi j'aurais bien voulu avoir des mômes et leur chercher des cadeaux de p'tite souris ! Tu t'rends pas compte d'la chance que t'as, ma douce ! Mais j'compatis !

Une rasade.

— Tu vois, sincè-re-ment ! Je compatis !

Une deuxième rasade.
Je lui souris.
Une nouvelle rame de métro se fait entendre. Je me lève instinctivement mais il s'exclame tout à coup.

— Hé !!! Regarde donc c'que j'ai au fond d'ma poche !

Et il sort une espèce de coquille en plastique, que j'identifie très vite comme étant de la famille des Kinder Surprise !
Un joujou qui, en l’occurrence, porte bien son nom.
Je dois avoir l'air aussi stupéfaite que s'il m'avait montré une bouteille de Château Margot...
Il ouvre la coquille et me sort une figurine très amusante, une espèce d'animal innommable, vague synthèse de Rantanplan et du Marsupilami.

— Il est à vous ce jouet ? Vous faites quoi avec ?
— C'était dans la boite du Happy Meal de c'midi au McDo ! Les Happy Meal c'est c'qui a d'moins cher si tu veux un hamburger et des frites ! Le repas de fête quoi ! En général j'les jette ces machins-là, mais aujourd'hui j'l'avais gardé. Je devais avoir une, comment qu'on dit ? Une prénomisation ? Non, une pré...
— Une prémonition !
— Oui, c'est ça qu'on dit, une prémonition !

Je ne doute pas une seconde que ce mot ait appartenu à son langage, mais de toute évidence les molécules d'éthanol ont englué sa mémoire.
Il me donne le jouet.
Je le remercie chaleureusement, à deux doigts de l'embrasser, mais un réflexe stupide m'en empêche.
L'homme est visiblement heureux de me faire plaisir.
Je ne sais pas trop si je dois rire ou pleurer. Alors je me tais et lui souris en tripotant frénétiquement la figurine de plastique entre mes doigts.
Je garde le silence, perdue dans mes pensées.
Sauvée indirectement par la multinationale que je déteste le plus au monde, grâce à ses prix accessibles aux exclus de cette société que je supporte de moins en moins...
Drôle de planète !
Une troisième rame de métro pointe le bout de son acier.

— Je repasserai ici pour voir si vous y êtes. Promis.

Un dernier salut. Je monte, je rentre chez moi, le cœur ni léger ni lourd, juste soulagé...
À 1h10 du matin, quand j'ouvre la porte de chez moi, la voisine est assoupie dans mon canapé. La télé tourne à vide, une pub pour McDo vient de passer...

PRIX

Image de Hiver 2018 - 2019

Finaliste

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Guy Pavailler · il y a
Votre texte nous emmène dans une quête que l'on pourrait penser absurde mais respecter sa promesse envers un enfant reste un des bienfaits de l’humanité. Et quand la solution surgit et naît du partage, ce n'est que du bonheur essentiel .mes votes pour votre histoire émouvante.
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Sam Desmanges · il y a
Quête éperdue... la petite souris n'a pas fini de tenir la dragée haute au père Noël ! Mes voix.
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Françoise Grand'Homme · il y a
Une histoire drôlement bien tournée.
Sur l'oreiller, les rêves dorment.
En faisant un petit tour dans la cave, on déterre quelques détails de sa vie.
Et le plus beau des trésors vient de celui qui n'a rien.
Merci pour cette belle lecture.

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Caroline Rota · il y a
De bout en bout sans décrocher, en me revoyant jeune maman sans une pièce de monnaie à mettre sous l’oreiller de ma fille... toutes mes voix et merci pour ce moment !
Je vous invite, pour un sourire peut être, à découvrir "Mr Butt a disparu" dans le Grand Prix Hiver 2019... A bientôt :)

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Pascal Gos · il y a
Une course effrénée pour satisfaire une légende ! Une légende ? Heu! Peut être pas. En tout cas, une belle page d'amour pour son enfant. Mes voix et bonne finale
"Le bonheur des choses imparfaites" en finale aussi. Peut être aimerez-vous ?

·
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Alain Vargas · il y a
j'ai pourtant cherché longtemps mais je n'ai jamais découvert où cette satanée petite souris cachait son magot, si quelqu'un a des renseignements je lui offre toutes les molaires qui me restent pour qu'il les cache sous son oreiller. la petite fille a beaucoup de chance d'avoir une telle mère, c'est aussi vrai que ceux qui font le plus de dons pour les association qui luttent contre la précarité sont ceux qui possèdent le moins.
j'ai écrit un texte sur les droits de l'homme, https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/lotage vous pouvez amener la petite souris avec vous.

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Claire Bouchet · il y a
Moi aussi j'ai adoré lire cette nouvelle tout en émotion et en bons sentiments (dans le sens de généreux) que l'on a tendance à oublier. Je vous souhaite le meilleur dans cette finale.
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Ode Colin · il y a
J'ai adoré, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous lire.
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Doria Lescure · il y a
je vous renouvelle tout mon soutien !
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Champolion · il y a
Allez"La petite souris!"
Mes voix.
Champolion

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