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La petite fille sur la plage

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FlorianeG

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Une petite fille sur une plage. Rien autour. Du sable, des ombres, des vagues, les rouleaux, l’écume qui s’étale et l’immensité de l’océan. Elle observe, cachée sous son chapeau, dans sa robe blanche, les mains croisées dans le dos. Un pied devant l’autre. En équilibre. Elle semble hésiter. Une date, en bas à droite de la photo. Celle à laquelle elle a été prise : 1956.

1956. Septembre. Portugal.
La famille au grand complet vient de passer les vacances, comme chaque année, dans la maison ancestrale, dans cette immense demeure entourée de son parc splendide. Un vrai château en Espagne... sauf qu’on est au Portugal.
Les enfants jouent à cache-cache dans le labyrinthe d’arbustes, courant, criant dans la journée, ou silencieusement, au simple son des graviers qui crépitent sous leurs pieds, renforçant le suspense, le soir venu, jouant à se faire peur avec les bruits de la nuit et des bêtes qui les inquiètent tant. Les grands, eux, bavardent durant des heures sur la terrasse ou au bord du bassin, tentant de prendre le frais de ces douces soirées d’été, au son des cigales qui ne se taisent que tard dans la nuit, quand la fraîcheur s’installe enfin, ou celui du bassin qui accompagne les conversations de la douce musique de l’eau qui coule naturellement pour le remplir, ou de celle qu’il libère dans le bassin déversoir. Petits clapotis réguliers.
Ce soir, c’est le dernier soir de ces quatre fabuleuses semaines qui, comme chaque été, rythment l’année. Chacun les a attendues avec impatience, pour se retrouver, se reposer, faire le plein de souvenirs, de beaux moments, d’images, de sensations et d’émotions, jusqu’à l’année suivante. On en profite pour voir s’agrandir la famille au fil des naissances, faire le point sur les évolutions de chacun, les projets, voir les enfants grandir, changer.
Mais demain, chacun repartira. Les uns en France, les autres en Espagne. On fermera les volets. Les draps seront reposés sur les meubles. Les graviers de l’allée cesseront de crépiter sous les bruits de pas des enfants qui jouent à chat, ou sous les pneus des autos qui partiront et ne reviendront pas avant l’année prochaine. Ou peut-être sera-ce à Noël ? L’idée vient d’être soulevée ce soir. Tout le monde craint de ne pas revoir le grand-père l’été prochain. Le patriarche. Le seul à avoir connu la maison au temps où elle vibrait des réceptions grandioses qui y étaient organisées, du temps de sa splendeur. La haute société de toute l’Europe s’y précipitait sur invitation de son père, banquier et homme politique renommé. C’était au début du siècle. Avant les guerres, les pertes, et la fin d’une époque.
Désormais le patriarche est fatigué. Veuf depuis deux ans. Seul toute l’année. Il vit dans une pension proche du centre de la ville. Il ne met plus les pieds à la villa que lorsqu’elle retrouve vie avec l’arrivée de sa descendance.
Cette année, malgré l’agitation, il est resté éteint, distant, souvent fatigué, las, contraint à tenir la chambre, volets clos, à tenter de se protéger de cette chaleur accablante qui lui est devenue si pénible avec l’âge. Toute la maisonnée s’est succédé au fil des jours afin de lui tenir compagnie. Pour lui raconter les histoires qui se passaient au-dehors, mais surtout pour l’écouter raconter les siennes. Celles d’antan. Pleines de détails fascinants sur « la vie d’avant » comme il dit. Ils ont bien essayé aussi de lui demander de jouer du violon, ce violon que, jusque-là, il n’a jamais délaissé plus d’une journée, mais il n’a pas voulu. Au début, il a dit « pas maintenant, il fait trop chaud », puis, le soir venu il prétextait « pas ce soir, je suis fatigué, demain peut-être... ». Au fil des jours, chacun a compris qu’il ne jouerait plus. Et ce que cela signifiait.
C’est la petite fille qui en a été le plus attristée. De cet arrière-grand-père qu’elle adore, ce padre espagnol qui a fui au Portugal pendant les périodes troubles, elle aime par-dessus tout admirer les mains agiles et fébriles jouer avec l’archer, et voir vibrer les cordes libérant des sons si purs qu’elle en a la chair de poule durant des heures, le sourire aux lèvres et les yeux écarquillés tout le temps que durent les récitals improvisés qui, jusque-là, rythmaient leurs moments. Il lui avait promis, l’année précédente, qu’il lui apprendrait à jouer quand elle reviendrait. Voilà un an qu’elle y pensait, qu’elle en rêvait. Et maintenant, elle se dit que ça n’arrivera jamais.
Alors, peut-être que ce serait bien de se revoir à Noël. Il faudra en reparler.
Ce soir, chacun converse gaiement, en buvant du vin, en profitant des bruits de la nuit. Mais tous songent aux préparatifs du départ. Et à la vie qu’ils vont retrouver une fois rentrés chez eux.
La petite fille en a assez de jouer dans le labyrinthe. Elle le connaît par cœur à la fin ! Elle préfère aller s’asseoir au bord du bassin, les pieds dans l’eau, et sentir les petits poissons lui picorer les orteils. Sensation de gouttelettes d’eau contre sa peau, ou de bulles minuscules qui éclatent à son contact. Elle songe également au retour en France. Elle a six ans. L’âge de rentrer au cours préparatoire. Celui d’apprendre à lire. C’est ce qu’on lui dit. Sauf qu’elle sait déjà lire ! Dans la famille, on a un livre dans les mains dès que l’on est en âge de tenir quelque chose avec. Alors, des livres, elle en lit déjà. Mais elle n’aime pas ça. Elle trouve beaucoup plus intéressant qu’on lui raconte des histoires. Mais sans lui dire la fin ! Surtout pas. Jamais. La fin, elle veut pouvoir l’imaginer. Et en changer à sa guise. Pourquoi donc une histoire devrait-elle toujours finir de la même manière ? Pourquoi devrait-on s’en tenir à ce qu’un jour quelqu’un a décidé d’écrire. Après tout, selon les jours, l’humeur change. Parfois on est heureux, malheureux, joyeux ou mélancolique, imaginatif ou peu inspiré, et alors la fin de l’histoire peut varier. Alors, elle préfère faire selon son humeur. Et si on lui raconte une histoire qu’elle connaît déjà, chaque fois, elle invente une fin différente, ou va puiser dans celles qu’elle a déjà imaginées, pour s’endormir ou rêver selon son humeur ou son envie du moment.

Chacun est occupé à ranger, emballer, remplir les voitures des malles et valises. Mission qui semble toujours impossible, encore plus au retour qu’à l’aller. Comme si les souvenirs des semaines écoulées emplissaient les malles jusqu’à les faire doubler de volume.
La petite fille s’est éclipsée. Elle voulait revoir la plage une dernière fois avant le départ et fuir l’agitation qui a gagné la maison. Elle a traversé le parc, franchi la barrière qui mène au sentier et descend à la plage. Elle l’a emprunté sous le soleil brûlant de ce début d’après-midi.
La voilà sur le sable. Brûlant lui aussi. Elle garde ses sandales aux pieds. Celles que sa mère lui a achetées quelques jours plus tôt au marché, et qui n’ont pas été portées « parce qu’elles doivent être en bon état pour le départ et le retour à la maison. Tu les mettras le jour de la rentrée ». Elle se fera probablement vilipender à son retour à la villa, à cause des sandales, mais aussi de son absence. Pour l’instant, elle n’y pense pas. Elle avance vers l’océan. Les vagues forment des rouleaux fracassants, au bruit assourdissant. Le vent souffle à peine pourtant, léger, chaud, qui ne rafraîchit pas. Elle s’arrête à quelques mètres de l’eau, ôte ses sandales et enfonce ses pieds dans le sable pour ne pas se brûler. Elle met les mains derrière son dos, et lève les yeux vers l’océan. Cet océan qui l’effraie tant. Elle n’a jamais voulu y tremper un orteil. Il l’attire et la fascine pourtant. Elle aime son bruit incessant, ses couleurs, son odeur, ses vagues qui s’enroulent à l’infini, la ligne qu’il dessine très loin dans le ciel, cette ligne d’où il semble si facile de passer de l’un à l’autre, l’écume blanche et les petites algues noires qu’il dépose en bandes ou en arcs de cercle sur le sable. Mais elle ne connaît pas son goût, ni la sensation de son contact sur sa peau.
Elle n’a pourtant pas peur de l’eau. Non. Elle se baigne sans réticence dans le bassin de la villa, dans les lacs ou les rivières. Mais cette immensité la tient à distance. Et personne dans la famille n’insiste jamais pour qu’elle s’y baigne. Même si chacun le regrette. Elle passe des heures sur le sable, à jouer, regarder les autres plonger, faire des acrobaties, se laisser tomber dans les vagues, sans en avoir envie.
Ce qu’elle aime par-dessus tout lorsqu’elle est assise là, c’est regarder passer les bateaux au loin, les voiliers. Aujourd’hui, par chance, l’un d’eux navigue sur le fil de l’horizon, lentement. Elle le fixe de son regard bleu intense. On dirait qu’il ne bouge pas. Si elle restait très longtemps, elle pourrait peut-être le voir franchir la ligne, passer de l’autre côté. Ou peut-être pas. Elle n’a jamais vu un bateau faire ça. Mais c’est comme pour la fin des histoires, elle se dit que tout est possible !
Alors ce voilier, elle se dit aussi que c’est peut-être celui sur lequel navigue son frère. Le grand. Celui qu’elle n’a pas connu. Celui qui est parti quand elle n’était encore qu’un bébé. Le premier des cinq enfants dont elle est la dernière. Ce frère qui avait quinze ans. Dont on ne parle plus désormais. Elle voit bien que tout le monde est triste quand son souvenir est évoqué. De lui, elle ne sait rien, ou si peu. Une des rares choses qu’on lui aie dites, c’est qu’il est parti au cours du premier été qu’elle passait à la villa. Un soir, comme elle aujourd’hui, il a pris le sentier sans rien dire à personne. Il a vu passer un bateau. Ce bateau l’a emporté avec lui et depuis, il n’est jamais revenu. Alors qui sait ? Un jour peut-être, quand il aura découvert toutes les mers et tous les océans, quand il aura franchi tous les horizons, peut-être reviendra-t-il sur cette plage comme il en est parti cinq ans plus tôt. Peut-être reposera-t-il le pied sur ce sable, remontera-t-il le sentier un soir d’été et s’assiéra-t-il au bord du bassin pour sentir les petits poissons lui picorer la peau. Il la reconnaîtra et lui racontera ses voyages, ses découvertes, lui parlera de cette vie au-delà la ligne de l’infini. Peut-être s’est-il perdu comme elle, dans ce labyrinthe qu’elle connaît désormais si bien, mais qu’elle a mis longtemps à explorer. Si c’est le cas, il cherche donc son chemin et a besoin de temps pour le retrouver. Peut-être aussi a-t-il accosté sur une autre plage. Alors il marche le long de l’océan jusqu’à reconnaître celle de son départ. Mais il ne la reconnaîtra peut-être pas. Il en aura vu tellement que les détails de celle-ci se seront effacés. Alors la petite fille voudrait bien rester ici chaque jour de l’année. L’attendre. Être cet élément identifiable. Parce que s’il la voyait, il saurait tout de suite qui elle est. Elle a les mêmes yeux que lui. Personne ne le lui a dit, mais elle l’a vu elle-même sur une photo trouvée sous l’oreiller de sa mère. Elle n’a pas oublié ce regard intense qui fixait l’objectif. Ce regard dont elle ne connaît pas la couleur, puisque la photo est en noir et blanc, mais dont elle sait qu’il est bleu. Comme le sien.
Pour l’heure, le bateau n’approche pas. Et soudain, elle a une idée. Peut-être que si elle touchait l’eau, si elle osait entrer dans cette étendue, elle pourrait « parler » à son frère. S’il est sur le voilier, ou sur un autre, leur seul lien, leur seul moyen de communiquer, c’est l’eau. Cette eau qu’elle refuse de toucher depuis toujours. Si elle glissait la main ou le pied dans l’océan, sa peau pourrait entrer en contact avec lui, où qu’il soit. L’eau porterait son message à travers les rouleaux et un jour, plus loin, ailleurs, son frère le sentirait, le percevrait aussi, en y plongeant la main ou simplement en posant son regard sur un reflet, un mouvement. Alors il déchiffrerait le message et il saurait qu’il est l’heure de rentrer. Si elle posait ses pieds au bord de l’eau, les vagues lui apporteraient peut-être aussi un message, lui diraient, à elle, ce qu’il n’a jamais dit à personne : pourquoi il est parti et où il est. Après tout, lui aussi tente peut-être d’envoyer un message que personne ne sait lire ou ne veut recevoir. Elle est peut-être le seul destinataire, et si elle n’avance pas, elle ne le saura jamais.
Alors, elle va peut-être faire ça. S’avancer. Tendre une main vers lui, ou un pied. Laisser les vagues lui lécher les orteils, comme les poissons les lui picorent dans le bassin, sentir le sable se dérober sous la plante de ses pieds, jusqu’à rester en équilibre sur deux petites îles instables. Pour l’instant elle n’a pas bougé. Elle y pense. Et imagine d’autres fins à cette histoire. Celle de ce frère parti qu’elle voudrait voir revenir.

J’arrête là le récit. Elle n’aurait pas aimé que je vous raconte la fin. Que je vous dise si elle a fait ce pas qui l’a si longtemps effrayée et osé s’aventurer vers l’immensité. Si les vagues lui ont apporté une réponse, et si elle a pu envoyer le message qu’elle souhaitait. Si ce frère est revenu ou si, sa vie durant, la petite fille a cherché les réponses, et fini par savoir ce qu’il était devenu. Je ne vous dirai pas plus si sa mère l’a grondée à son retour à la villa, à cause de ses sandales ensablées ou si quelqu’un est venu la chercher sur cette plage et a vu passer le bateau qui avançait toujours sur l’horizon.
Je ne vous dirai pas non plus qui a pris cette photo ni comment elle est arrivée sous mes yeux. Je vous donnerais alors toutes les réponses.
Je vous laisse imaginer. C'est ce qu'elle aurait souhaité.

PRIX

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Felix CULPA · il y a
Je vais acheter votre livre dès sa sortie. Merci de passer m'encourager https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-droits-de-lame
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MCV · il y a
C'est ce qu'elle aurait souhaité. Donc sans doute est-elle morte, cette petite fille. Ou alors c'est la narratrice elle-même qui se projette dans son enfance. Que de finesse dans cette nouvelle! Elle aurait mérité une finale.
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FlorianeG · il y a
Tiens, je crois que personne n'a pensé qu'elle pouvait être morte cette petite fille. Ou personne n'aura osé (se) le dire. Et figurez-vous que je n'avais pas songé moi-même à la possibilité qu'elle soit la narratrice, des années après…
Merci de votre lecture et de votre commentaire bienveillant.

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Adlyne Bonhomme · il y a
Je sens le vécu dans votre texte, c' est bien écrit bravo.

Une invitation à soutenir mon poème ''je tresse l'odeur'' en finale merci.

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FlorianeG · il y a
Merci Adlyne.
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Jcjr · il y a
Je suis reparti en vacances dans votre texte. Viendriez-vous de nouveau soutenir " le bilan " en finale TTC.....
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FlorianeG · il y a
Merci Jcjr. Je vais aller lire "le bilan".
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Claire Bouchet · il y a
Cette petite fille ancrée dans le monde de l'imaginaire pour se sentir en phase avec la réalité ou peut-être pour mieux la supporter a su me toucher. Par votre plume, elle nous amène à réfléchir et à porter un regard chaque jour renouvelé sur le monde. Ne surtout pas imaginer une fin unique mais plutôt une ouverture sur la vie et ses différentes directions. Bravo pour ce texte très fort.
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FlorianeG · il y a
Que dire? Un grand merci Claire. Me voilà touchée également. Les possibilités sont multiples en effet, à l'image de la vie, et pour citer une auteure que j'aime beaucoup, Corine Sombrun, comme "tout se passe toujours comme tu ne l'as justement pas prévu", je ne pouvais pas imposer une fin à cette petite fille. J'aime à y penser de temps en temps, d'autant plus depuis qu'elle se promène par ici.
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Miraje · il y a
Un véritable coup de ♥♥♥ pour cette nouvelle suspendue entre interrogations, attente, et le temps qui passe. Comme une image figée au creux des souvenirs.
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FlorianeG · il y a
Oh, merci beaucoup Miraje. Vous avez très bien saisi (et ressenti) me semble-t-il, l'essence de la nouvelle. M'en voilà ravie.
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Flore · il y a
J'aime beaucoup cette petite fille un peu différente et qui me parle...Une nouvelle bien contée, j'aime beaucoup cette fenêtre ouverte qui permet d'imaginer. Ce n'est pas la solution la plus facile...suggérer, laisser le lecteur continuer cette histoire. Bravo.
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FlorianeG · il y a
Merci beaucoup Flore de votre passage et de votre soutien. Je suis heureuse que cette petite fille et son histoire vous aient parlé.
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Jcjr · il y a
J'ai beaucoup aimé le parallèle entre le vieil homme et la petite fille. Tous les deux sont très riches, l'un dans ses souvenirs et l'autre dans ses rêveries et se découvertes. Mes voix avec plaisir.
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FlorianeG · il y a
Merci Jcjr. Il y a en effet de la transmission entre le plus vieux et la plus jeune de la famille. Avec, à la fois un lien indéfectible, et une distance inévitable entre les deux.
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Adibro · il y a
Ça transpire tellement le vécu et le vrai que s'en est d'autant plus touchant et encore plus nostalgique.
Bravo Floriane!!! :)

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FlorianeG · il y a
Merci beaucoup Adibro. Vous avez les mots pour encourager et donner de la joie.
Vous savez, c'est drôle parce que beaucoup de gens me disent que "ça sent le vécu". Certes, il y a un peu de moi dans cette histoire de petite fille sur la plage, mais au fond, et comme je l'ai écrite il y a plusieurs années déjà, je la trouve assez loin de moi. A l'époque, j'avais le sentiment d'avoir vraiment inventé une histoire, tout en piochant dans des souvenirs d'enfant, une atmosphère, une nostalgie. En revanche, ce qui est troublant, c'est qu'un événement relativement récent résonne avec beaucoup d'échos désormais. Je ne regarde plus cette petite fille et son histoire de la même façon.

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Adibro · il y a
De rien Floriane :)
Oui j'ai constaté cette récurrence aussi dans les commentaires. Bah c'est à cause des détails et tout ça qu'on s'imagine que c'est vrai.
Oui parce que tous les gens peuvent avoir un avis différent du coup là perception de son propre texte peut changer

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