La nuit des zombis (repetita)

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Cette froide nuit d'été, les arbres eux-mêmes grinçaient des branches. Elles craquaient en fait, sous les pas de trois ombres furtives. Leurs frêles silhouettes s'éclairaient aléatoirement, lorsque les rayons blafards de la lune trouvaient le moyen de percer le feuillage vert sombre des grands cèdres. Plus bas, les cerfs effrayés s'enfuyaient en vagues fugaces et translucides, semblables à d'énormes lucioles. Vrai que la respiration forte et anxieuse des trois bougres s'entendait autant qu'elle se voyait : elle s'évaporait en volutes de fumée depuis leurs bouches et leurs narines. Bruyants pour des ninjas de Konoha. Ou alors... ils n'étaient que des apprentis, peut-être même de simples enfants en quête d'adrénaline estivale. En effet, ils n'auraient pu rêvé meilleur moment, ou pire cauchemar : suite aux récents et tragiques événements ayant secoué le village : les trois quart des ninjas avaient été appelés en renfort à l'extérieur. Pour ne rien arranger, une effrayante rumeur circulait : un monstre rôdait à Konoha. Au début, beaucoup riaient, mais lorsque d'effroyables cris se firent entendre jusque dans les dortoirs de l'Académie, on commença à trembler. Depuis une semaine, la mystérieuse créature ne se contentait plus de troubler la quiétude sacrée de la forêt de Nara : elle hurlait à la mort ! Fantôme ou démon, il semblait bien déterminé à harceler le village de sa voix hystérique. Cela devait cesser ! Naruto n'était peut-être pas là, mais lui si ! Il allait lui montrer que même en son absence, il pouvait défendre le village ! Et ses deux fidèles amis allaient bien sûr l'aider. Perchés sur un arbre, les trois justiciers de Konoha aperçurent un coin étrange d'où d'autres cerfs s'enfuyaient comme des dératés. Pourtant cette fois, ils n'avaient fait aucun bruit. Quelque chose, quelqu'un d'autre s'en chargeait !

– YAHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! HAAAAAAAAAAAAAAA !


Les cris, ils avaient repris ! Et de près, ils étaient encore plus horribles. À l’extrémité de la branche, la jeune apprentie ninja perdit l'équilibre. Elle tomba, tête la première dans cette clairière abandonnée. Presque un marécage. Seul avantage, sa chute fut amortie par la boue, qu'elle écartait péniblement de ses yeux en tentant de se relever. Elle vacillait, tentait de voir où elle se trouvait. Son odorat devança ses autres sens. L'odeur était nauséabonde, les cerisiers japonais laissaient pendre des fleurs putrides ; les arbres étaient de grandes carcasses squelettiques : oui, ici ça puait la mort !


– Hé MOEGI ! Ça va ? s'inquiétèrent plus haut Konohamaru et Udon.

– Oui ! Mais chut ! s'inquiéta-t-elle encore plus, à l'idée que leurs cris puissent réveiller ceux de la bête, peut-être tapie quelque part.



Courageux mais pas téméraires, les deux autres la regardaient depuis leur poste d'observation feuillu. Mieux valait un seul éclaireur après tout. La pauvre Moegi fit encore quelques pas, que son pied s'enfonça dans la terre humide... tandis qu'une main en sortit ! Son mollet, il lui faisait atrocement mal ! Les doigts griffus serraient jusqu'au sang sa chair.


– Moegi ! Tiens bon, on arrive !

– YAHAAAAAAAAAAAAAA ! menaça la voix !



Konohamaru et Udon se tétanisèrent sur leurs branches. Moegi, elle, s'agitait le cœur battant. Plus elle tentait de se défaire de l'emprise infernale, plus son sang perlait à la manière d'une terrible offrande. La terre commençait à ouvrir sa bouche en même temps que la chose tapie dessous : jusqu'à engloutir la jeune ninja ! Elle chuta dans l'abîme !


– Moegi ! Moegi ! On te voit plus ! paniquèrent ses amis.


– Moi si ! Maintenant, fermez là sales mioches ! leur répondit à sa place une voix d'une ironie glaçante.

– Qu'est ce que... Qui.. qui es tu ? Que veux-tu ? bafouilla Udon.


– Qui je suis ? On s'en fout ! Ce que je veux, un petit service !


– Quoi ? Tu manques pas de toupet, sale monstre !


– Ni de souper, si tu vois ce que je veux dire ! Alors, vous allez coopérer, oui ou... ?


– Comme si on avait le choix...

– Bien ! Vous êtes moins débiles que vos voix ne le laissaient entendre... Maintenant à vous de m'écouter, et attentivement !

– Euh... oui... capitula Udon.

– Monstre... chuchota Konohamaru, fou de colère.


– Bon, en fait je cherche un pote à moi. Le problème c'est qu'il est sûrement mort. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'il doit pas se trouver loin.

– Comment ça ?

– Ouais, vous les clowns de Konoha, il paraît que vous aimez conserver les corps des ennemis pour voler leur secrets, pas vrai ?

– Dans la crypte expérimentale, tu veux di..


– Udon, tais-toi ! protesta Konohamaru.


– Il en a déjà assez dit, donc allez-y sans tergiverser, sinon...


– Bon ok... mais qu'est-ce que tu veux au juste ?

– T'es lent à la détente toi... Vous allez me ramener ici le corps de mon pote. Voilà, c'est tout !


– C'est tout ? Tu rigoles ou quoi ? On rentre pas comme ça dans le labo ! Et puis, on sait même pas à quoi il ressemble ton acolyte, y en a plein des dépouilles de sales brigands là-bas !


– Pour ça, t'en fais pas, haha ! Ça sera facile. Et pour rentrez, débrouillez vous... ou j'en connais une qui ressortira pas ! Yihaha !

– C'est bon Konohamaru, il ne devrait pas y avoir de surveillance, presque tous les ninjas sont partis en mission, rappelle-toi.

– Parfait ! Bon, je vais vous le décrire, et si dans deux heures vous n'êtes pas là, vous savez ce qui se passera. Et pas d'entourloupe, venez seuls !

– Grr... ok !



Dès que la voix finit de leur décrire l'apparence de la cible convoitée, Konohamaru et Udon se ruèrent comme des fous en direction du village. Ils le savaient, la vie de Moegi tenait entre leurs mains ! Leurs cœurs battaient la chamade au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la crypte. Comme prévu, aucune surveillance. Mais les recherches s'avérèrent plus ardues que prévu. Au bout d'une heure, la chance finit enfin par leur sourire : dans un grand cube de formole, un corps immonde baignait au milieu des bulles, comme un serpent endormi. Ils cassèrent la vitre. Problème, il était lourd, très lourd. Impossible à déplacer.


– Hé, vous deux ! Les alpagua une voix derrière eux.

– SHIKAMARU ! Qu'est ce que tu fais-là ?

– C'est plutôt à moi de vous poser la question !

– Euh... c'est une longue histoire.


Après lui avoir racontée, Shikamaru soupira avec son entrain habituel :


– Ça craint... et en plus c'est moi qui vais devoir le porter...

– On te revaudra ça ! T'es trop chic, Shiki !

– N'en rajoute pas... et n'oubliez pas de suivre mon plan, ce mec est un fou furieux !

– Tu le connais ? C'est qui, un zombi ?

– On peut dire ça comme ça...




L'expédition vers la forêt de Nara reprit de plus belle. Nouveau problème, ces deux génies d' Udon et Konohamaru ne se souvenaient pas exactement de l'endroit où Moegi était retenue prisonnière. Shikamaru leur sauva une nouvelle fois la mise. Étrange vraiment, il semblait mieux savoir qu'eux à qui ils avaient affaire. Plus le temps pour les questions, le temps pressait, et la vie de Moegi était en jeu. Au bout d'un moment, ils finirent par retrouver le lieu maudit. Shikamaru balança le corps réclamé sur le sol, et resta en retrait avec Udon sur un arbre. Konohamaru descendit seul, et entreprit de traîner le cadavre vers le trou. Timidement, il avertit de sa présence :



– Ça y est ! Je suis là !

– T'es tout seul, où est ton pote ?

– Resté au village, il se sentait pas assez bien pour revenir.

– Vous êtes vraiment des flèches à Konoha. Bref, et mon pote à moi, tu l'as trouvé ?

– Oui ! Il est là !

– Cool ! Balance-le dans le trou !

– Pas si vite ! Qui me dit que Moegi est en vie ?

– Personne !

– Et tu crois que je vais te donner le corps de ton compère comme ça ?

– Ouais !


Soudain, Konohamaru ressentit une terrible douleur dans le dos. Un coup de pied l'envoya valser, tête la première dans la fosse. L'ombre menaçante du zombi s'approcha du trou, deux autres aussi :


– Pas si vite ! Kage mane no jutsu ! intervint Shikamaru, grâce à sa technique de manipulation des ombres, qui serraient bras et mollets du monstre.

– Ha, ben voilà ! Le rat finit par sortir de son trou ! ricana-t-il, pas effrayé pour un sou.

– C'est toi qui me dit ça... HIDAN !? répliqua derechef Shikamaru.

– Tu parles toujours trop, toi ! Mais tu verras, tu vas le regretter cette fois ! Yihahaha!


– Fais ch... devoir t'entendre débiter trente-six débilités à la seconde.

– T'en fais pas, tu vas bientôt voir trente-six chandelles et quitter ce monde.


– Ah ouais ? T'as pas oublié comme un petit détail-là ? C'est toi qui est paralysé par mes ombres, comme d'hab !

– Et toi, t'as pas oublié comme un petit blaireau-là ? C'est lui qui est tombé dans ma tombe !

– Aaaah ! Hurla tout à coup Konohamaru qui venait de reprendre connaissance.

– Hidan ! Sale lâche...


– Attends, t'as pas encore vu le meilleur, mais dis à l'autre « KONOHAMATROUILLE » d'arrêter de geindre ! Tu croyais vraiment que j'ignorais qu'il était pas venu seul ? Il ment très mal et j'ai tout de suite pigé: jamais ce faiblard n'aurait pu déplacé le corps de KAKUZU tout seul !

– Mer...

– Alors le p'tit génie, qui a sous-estimé qui cette fois ? Yihaha!


– Shikamaru ! Viens voir, c'est horrible ! implora Konohamaru.


– Impossible ! Je dois rester ici pour maintenir Hidan sous l'emprise du Kage Mane !


– Me fais pas rire « SHIKAMATOU » ! Rejoins plutôt tes amis dans le trou, ça nous fera gagner du temps. Tu comptes me buter comment avec tes deux mains prises par ta pitoyable technique ?


– Udon, à toi ! ordonna Shikamaru à ce dernier, qui jaillit de derrière un cèdre, faucille géante à la main.



Oui, il tenait la propre arme de Hidan entre ses mains ! Celle que Shikamaru avait récupérée lors de leur combat antérieur. Aidé par les ombres du ninja manipulateur, il lança de toutes ses forces la faucille dans le dos de Hidan.


– AAARGH !!



Dans une gerbe rougeâtre , le zombi de l'Akatsuki hurla de douleur et de surprise.


– Et maintenant, qui a sous-estimé qui ?


– Toujours toi ! Yihahahahaha! explosa de rire Hidan.


– AAARGH... se lamenta Konohamaru plus-bas.


– Quoi ? Qu'est-ce que...

– Me dis pas que t'as pas remarqué... Ah c'est vrai qu'il fait noir et que je te tourne le dos... pas facile de voir ma transformation, hein ?!

– Non ! Enfoiré ! Je...


Shikamaru relâcha la technique des ombres, et se rua vers la crevasse. Son effroi doubla face à ce qu'il aperçut: Un cercle tracé sur le sol (identique à celui qui avait échappé à sa vigilance sous Hidan), en son centre un triangle... et KONOHAMARU ! ET MOEGI ! Les deux ninjas baignaient dans une mare écarlate. Ce traître de Hidan avait encore et toujours utilisé son ignoble jutsu. En frappant Konohamaru dans le dos, il l'avait éraflé avec un shuriken récupéré sur Moegi, pour prélever l'hémoglobine. La petite respirait encore, mais son pouls était faible. Shikamaru s'élança vers elle, pour la porter dans ses bras. Elle pleurait doucement, presque avec calme. Les larmes de Shikamaru perlèrent sur les joues froides de Moegi. Il la tenait avec délicatesse comme pour la rassurer, mais ils tremblaient tous deux. Cette vision lui rappelait le cauchemar qu'il avait déjà subi avec Asuma. Mais le zombi bardé de lignes blanches était bien décidé à continuer à lui faire franchir la rouge. Oui, plus haut, Hidan dans sa forme zombifiée n'avait pas fini de les tourmenter, il exultait de sadisme.


– Yihahhaha! Au fait, l'asticot à lunettes, merci de m'avoir rendu ma faux !


Il se rua vers Udon et le maintint d'une main; de l'autre il pointa les lames de son arme contre son cou. Puis lentement, il tituba comme un démon ivre vers le trou où étaient ses proies.


– Lâche-le ! Lâche-le ! vociféra Shikamaru, qui ne parvenait plus à réfléchir. Comment avait-il pu commettre autant d'erreurs?


– T'as l'air fâché, pourtant cette petite sorcière est toujours en vie, nan ?

– Tu te fous de qui? Elle est presque... ( il n'osa pas le dire, pour ne pas affoler Moegi; qui n'était pourtant pas dupe)

– Fallait bien que je la sacrifie pour me remettre de ce que tu m'avais fait ! Et puis, toi et tes deux potes, vous étiez en retard ! Deux heures, c'est deux heures, pas deux heures et demi !


– Je comprends pas ! Personne n'a pu te recoudre cette fois ! D'ailleurs, c'est pour ça que tu espérais ramener Kakuzu ici, non ?

– Que tu crois ! Les morceaux de mon corps étaient toujours sous terre, un peu disséminés certes, mais toujours là.

– Et alors ? Ça change quoi ?


– Tout ce temps où tu m'as laissé pourrir ici comme un rat , j'avais rien de mieux à faire qu' améliorer mon Jutsu. Mais bon tu connais Jashin... il réclamait quelque chose en échange... et ta copine est vraiment tombée à pic, si j'ose dire !

– T'es vraiment qu'une ordure !

– Vu où tu te trouves, t'es vraiment mal placé pour me dire ça ! Et puis pour un soi disant « gentil » tu m'avais quand même enterré dans un trou ; sans parler de ton village qui récupère les secrets des ninjas morts dans leur labo, y a pas à dire vous avez de jolies valeurs à Konoha...haha !


– Un assassin de l'Akatsuki qui me fait la morale... mais c'est bon t'as gagné : c'est moi que tu veux, alors laisse au moins partir les autres !

– Ça peut se faire... Au fait, y en a un qui s'appelle Konohamaru, il serait pas de la lignée d'un ancien Hokage ? sourit Hidan d'un air machiavélique.


– Qu'est-ce que ça peut te faire ?

– A moi, rien. Mais à Kakuzu, si. Y paraît qu'il avait affronté le 1er Hokage !


– Grr... Ne me dis pas que tu comptes transférer... Non ! Tue-moi ! Et laisse le partir !


– Brave Shika, t'as vraiment le cœur sur la main toi ! Mais, c'est plutôt le sien qui m'intéresse... Yihaha!

– Tu crois que ça relèvera ton Kakuzu ? T'es en plein délire ET je ne peux pas te laisser faire ça !

– Tu peux Que dalle ! Et souviens-toi, si t'es sage, je laisse le binoclard et sa copine partir...


– Deux vies pour deux vies ? feignit de capituler Shikamaru ( une main posée sur le poignet de Konohamaru, il avait déjà réalisé qu'il était mort).

– Ouais, allez sors de là ! Qu'on en finisse, ordonna Hidan, qui tout en retenant Udon prisonnier, fouilla dans sa poche d'où il sortit un papier gravé de sceaux..


Shikamaru bondit hors du trou. Le pas lent, il avança vers Hidan :


– Fais ce que t'as à faire maintenant... Mais j'espère que tu tiendras parole !

– Ouais ouais. Bon si je me souviens bien, t'avais un petit faible pour les parchemins explosifs. Allez, ouvre la bouche ! Voilà, c'est bien !

– Grrr...

– Maintenant, je vais reculer de trois pas avec ce brave bourdon et...


– Mon nom, c'est Udon !!

– Ok ouais, on s'en fout ! Bref, je recule de trois pas, et tu vas croquer très fort sur le parchemin !





Shikamaru transpirait, non par peur de sa propre mort, mais angoissé à l'idée de devoir accorder un quelconque crédit à la parole d'un monstre comme Hidan. Cependant, que pouvait-il faire d'autre ? Même si elle était infime, c'était la seule chance qui lui restait.

Un, deux, Hidan recula. Trois, Shikimaru explosa.

Le feu se reflétait en torrents de joie à travers les pupilles démentes du psychopathe de l'Akatasuki. Terrifié, Udon se vengea à sa manière : par une coulée de morve sur la manche de Hidan.
Qui tint parole. Après s'être assuré que Moegi eût rendu l'âme, il acheva Udon d'un coup de faux.

Ils les avaient bien laissés partir... dans l'autre Monde.
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