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La musique et les mots

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Sofian Sofiano

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J’étais assise sur un pouf et Adil n’arrêtait pas de parler. Je l’écoutais avec passion car les histoires qu’il me racontait étaient extraordinaires. Il parlait tout en mangeant quelques morceaux de chocolat .Assis confortablement dans un sofa, il se délectait dans sa narration et moi j’avais l’impression que ses mots étaient aussi délicieux que les morceaux de chocolat.
La chambre où nous étions était très coquette .Adil aimait beaucoup la décoration surtout celle riche en couleurs.
J’étais très contente d’entendre Adil parler. Je sentais ses mots au fond de moi me donnant une sensation bizarre, une sensation presque sensuelle. Je m’oubliais dans cette position : assise et mes bras posés sur les genoux de Adil.je ne voulais pas interrompre cette narration qui me chatouillait.
Il faisait tard et la nuit tombait doucement .Sans bouger de ma place et juste en étendant mon bras, j’allumai une petite lampe que nous avions près de nous. Adil, profitant de ce court instant, but un coup pour rafraichir la gorge. Ce moment de silence me parut énorme et j’avais l’impression que les meubles attendaient, dans une immobilité totale, la suite de la narration. Adil comprit mon grand désir et il continua son récit de la sorte :
‘’...la jeune vierge courait follement dans les près. Insouciante et légère comme les habits qu’elle portait : une jolie robe si fine et avec rien au dessous ! Pieds nus, elle chantait l’innocence des sentiments .La nature l’accompagnait avec le chant des oiseaux.
Arrivée près d’un lac à eau pure et brillante elle laissa tomber sa robe d’une manière ingénue et se glissa gracieusement dans l’eau .Elle nageait comme un poisson avec sa peau écarlate. Après une heure de nage elle sortit, se rhabilla et prit le chemin du retour. En passant près d’un arbuste elle entendit un son. Une musique douce et mélodieuse flottait dans l’air, pénétrait les arbres, les animaux et les personnes.
La jeune fille s’assit contre l’arbuste, étendit ses jambes, ferma les yeux et ouvrit son cœur et son corps pour laisser entrer en elle cette musique charmante, ensorcelante et sensuelle .Elle sentit comme des chatouillements parcourir tout son corps. Sa peau tendre était animée de tressaillements qui lui faisaient découvrir des nouvelles sensations.
La jeune vierge s’oubliait dans cette position quand elle ressentit une douleur au bas-ventre et vit avec terreur un liquide rouge qui coulait entre ses jambes. Au début, la pauvre pensa à ses règles, mais ce n’était en aucun cas le moment de ses menstrues. Incapable de penser, elle courait désespérément à travers le près et arriva essoufflée à sa maison.
Abasourdie, sa mère ne savait que faire en regardant la robe de sa fille tachetée de sang. Le père et la mère portèrent leur fille à son lit et appelèrent en urgence le médecin du village.
Le docteur Hassan arriva avec sa petite valise. Il était un homme âgé et bon. Il salua respectueusement la mère et donna une accolade de courage au père, puis il demanda qu’on lui montre la jeune malade et qu’on le laisse seul avec elle. Hassan entra dans la chambre comme on entre dans un sanctuaire. Il vit avec tendresse la fille couchée et habillée de blanc. Il s’approcha d’elle et lui dit : De quoi souffres-tu ma belle ?
La petite, qui n’avait pas fait attention au médecin, détourna sa tête et sourit d’un sourire angélique mais qui ne cachait pas sa souffrance. Avec une grande pudeur elle fit signe au docteur à son bas-ventre. Ssi Hassan passa avec délicatesse ses mains sur le ventre de la petite et sentit qu’elle souffrait. Il procéda à un examen beaucoup plus minutieux et découvrit avec stupeur que la jeune vierge a été déflorée !
Le docteur Hassan se leva et fit des va –et vient dans la chambre .Une idée torturait sa cervelle : Est-ce que la pauvre a été violée ? Par qui ? Comment allait-il annoncer la nouvelle aux parents ? Le médecin était inquiet.
La nouvelle tomba comme la foudre sur les vieux. La mère pleurait dans un coin et le père ne savait que dire. Le docteur essayait en vain de les tranquilliser.
-Voyons ! On ne sait même pas qu’il s’agit d’un viol !
Le père se retourna subitement.
-Comment peux-tu m’expliquer ça cher docteur ? Ne dis-tu pas que ma fille n’est plus vierge ?
Le médecin savait que le père avait raison. Mais il voulait le rassurer. La mère pleurait toujours. Ne pouvant plus résister, le père pénétra violemment la chambre de sa fille.
-Dis-moi qui t’a fait ça ?
La fille sursauta de peur et se mit à pleurer. Tout était confus dans sa tête. En plus de la douleur physique, une douleur de l’âme la déchirait. Qui lui a fait cela ? Elle voudrait bien le savoir elle –même .Mais le fait est là. Une seule chose dont elle était sûre c’est que PERSONNE ne l’avait touchée !
Le père tournait dans la chambre les mains derrière le dos.
-Dis-moi au moins où tu étais allée ?
La jeune fille cessa ses pleures et dit d’une voix entrecoupée :
-Je me promenais dans la forêt quand j’entendis une douce musique qui venait de derrière un arbuste...je me suis assise emportée par les sons quand je sentis une d...
La pauvre ne pouvait plus continuer. Elle se remit à pleurer en cachant son visage. Son père, fou furieux, claqua la porte et sortit de la maison. Il errait complètement hors de lui à travers la forêt. Il ne faisait plus attention où il mettait ses pieds. Dans sa tête une seule idée tournait et le torturait. Comment sa fille a été déflorée ? Il prit des chemins tortueux qui le menèrent devant l’arbuste que lui avait indiqué sa fille .Il s’arrêta net. Son cœur battait la chamade. Un silence de mort régnait tout autour. Le père s’assit près de l’arbuste et ferma les yeux .Son esprit voyagea loin. Son imagination divaguait quand il entendit une musique qui attira son attention. Il fut emporté par les notes magiques .Son corps fut saisi par des vibrations et des sensations inconnues pour lui jusqu’à présent.
Son organe grandissait démesurément. Comment ? A son âge ? Ses mains tremblaient .Dans sa tête des milliers d’idées sensuelles. Dans son corps des sensations voluptueuses. Le plaisir était immense .Un plaisir qu’il n’avait jamais connu même dans les temps de sa jeunesse...
Avant le dernier râle, l’éjaculation. Après le dernier râle son cœur cessa de battre !’’
A ce point de l’histoire, Adil arrêta sa narration .J’étais toujours assise sur le pouf. Mais j’avais une sensation de malaise et mon visage était tout rouge. Tout au long de ce récit que Adil me racontait, mon corps subissait une véritable transformation .Un plaisir fou m’envahissait ! A la dernière phrase de mon ami je poussai un cri.
J’avais une forte douleur à mon bas-ventre et je sentis couler entre mes jambes un liquide. Ma robe fut tachetée de rouge. Mon sang ne fit qu’un tour et je tombai dans les pommes !
FIN

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