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La mule

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Sur la lande ,la neige avait recouvert de son manteau blanc toute l 'immensité .
Un homme fourbu,avançait avec peine,les pieds ,chaussés ,de vieux godillots,laissaient des traces profondes derrière lui.Il lui restait encore quelques kilomètres à parcourir,pour rentrer au village.
Il s 'etait rendu au bourg voisin ,tôt, le matin même, pour vendre sa mule, au marché. Mais point d'acquéreur, la bête fût souvent, évaluée, tâtée,mais aucun acheteur .Las il fallût se résoudre à reprendre la route avec l' animal,qui ne semblait plus vouloir avancer.Dans le froid vif, le museau de la bête fumait ,alors le vieil homme tirait tant qu'il pouvait sur la longe ,mais celle ci refusa d'avancer davantage.Plus le moindre mouvement, la bête en avait assez ,alors elle se coucha sur le flanc ,et expira.
Le vieil homme tenta de masser le coeur de sa mule ,rien n 'y fît, courageusement il repris sa route seul.Le vent cinglait son visage ,et la neige se mit alors a tomber plus dense encore.Au loin ,il pût distinguer des lueurs blafardes, indiquant, les premières maisons du village.Encore quelques efforts, et, il y parviendrait ,il releva plus haut le col de son manteau.
Pour ne pas faire de faux pas ,il s 'appuyait sur un gros bâton, car le chemin ,devenait de plus en plus glissant.Comme Noël approchait à grands pas ,il avait décidé de vendre sa bête, pour offrir un bon repas ,à Marie Paule son épouse, qui lui avait donné quatre beaux enfants, et quelques douceurs pour ces deux filles et ses deux garçons.
Marie Paule, attendait son mari plus âgé qu'elle ,en entretenant la cheminée, pour qu 'il ait un bon feu lorsqu'il rentrerait du marché .
De même ,au four une bonne miche de pain cuisant doucement ,la croûte était déjà bien dorée, une soupe au lard répandait son fumet dans la petite maisonnée.Il ne devrait plus tarder,pensais t elle ,a chaque fois qu'elle passait devant la petite fenêtre de la pièce, où la table était mise ,le gobelet en grès, et le pichet à vin ,tout était prêt, pour le retour du vieil homme.
Marie Paule s'impatientait, alors elle prît son ouvrage, et près de la bougie se mît a repriser les bas de laine ,de ses filles .
Une heure s 'etait écoulée, toujours point de mari, ni de mule, franchissant le petit jardinet clos d 'une barrière de branches de noisetier.
Alors Marie Paule se tordait les mains ,allant à grands pas ,d'un endroit à l'autre de la pièce, vérifiant la cuisson du pain ,goûtant la soupe. Alors ,les enfants voyant leurs mère, se soucier davantage de minute en minute, la rassurère en prenant son cou et l 'embrassant.Marie Paule se décida alors de servir la soupe pour ses quatres enfants, chose ,qui n'arrivait que très rarement, les repas étaient toujours pris en famille,car le père aimait à raconter ,sa journée, le soir venu ,à ses enfants ,ceux ci écoutaient avec ravissement, leurs yeux s'ecarquillaient,car leur père était un très bon narrateur.Toutes ces histoires ,sur des scènes comiques auxquelles il assistait ,quand il allait vendre ses légumes, ses oies ,ses lapins au marché des environs. La charette avait l'essieu brisé, il fallait pour réparer la porter ,chez le ferronnier ,et,pour cette raison ,il fît le choix crucial, de vendre la mule, pour s'acquitter du prix élevé, de la réparation ,sans mule ,il se contenterai du marché du village.Mais Marie Paule eût la chance de gagner quelques sous ,chez la blanchisseuse,en faisant de grosses lessives pour l 'aubergiste ,et,deux notables du village.Le vieil homme ,n'avait toujours pas ,la nuit tombée, franchit le seuil de sa maison ,alors de grosses larmes coulèrent sur ses joues roses et rebondies.Soudain,on frappa assez fort à la porte d'entrée .Marie Paule ouvrit, et les yeux agrandis par la surprise,se trouva face aux messieurs les plus importants du village.Il y avait monsieur le curé monsieur Leblond le boulanger ,monsieur Cuvelier le medecin monsieur Lefebvre l'imprimeur tous ces gens importants au seuil de sa porte.
"Entrez messieurs "la pauvre Marie Paule semblait défaillir, elle agrippa le bord de la table ,tandis que monsieur le curé, lui proposa de s 'assoir sur le banc.
"Marie Paule"dit le curé
"Oui monsieur le curé que se passe t'il il est arrivé quelque chose à Nathanaël?".
"Et bien voilà Marie Paule monsieur Lefebvre et monsieur Cuvelier revenaient de la ville voisine ,il faisait nuit ,ils revenaient du marché et avaient pris le souper à Saint -Sauveur,je leur laisse la parole.
Monsieur Lefebvre et Monsieur Cuvelier,racontèrent à Marie-Paule ,qui entre temps avait couchés ses petits ,pour qu 'ils n'entendent pas la mauvaise nouvelle, ce qui c'était passé sur la route,entre Saint -Sauveur et Frais -marais leur village.
"Quand avec la calèche, nous avions parcouru la moitié du chemin ,nous vîmes,sur le bas côté de la route ,la mule de votre époux morte!,nous descendîmes de la calèche ,nous constatâmes que la bête ne respirait plus ,nous appelâmes alors Nathanaël".
"Où êtes vous???".
"Il neigeait si fort que nous ne vîmes pas à un mètre ,devant nous,désemparés ,nous remontâmes dans la calèche ,pour chercher après lui plus loin,quand nous eûmes parcourus tout le chemin ,presqu à l'entrée du village,nous vîmes à terre une forme allongée dans la neige,c'était Nathanaël.Nous descentimes et précautionneusement nous installâmes dans la calèche, votre époux, victime de brigands, cachés dans un bosquet,voyant Nathanaël ,ils voulûrent lui voler là recette de la vente de la mule,ils le forcèrent à dire où se trouvait l 'argent, il leur expliqua que sa mule était morte là bas plus loin ,au lieu dit la "châtaigneraie ",alors ils le laissèrent pour mort ".
"Mon dieu il est mort!".S'exclama Marie Paule en larmes effondrée.
"Non ma chère enfant,il est entre de bonnes mains, notre cher docteur Cuvelier lui posa un garrot,il est chez lui son épouse veille sur votre époux".
Les anges du seigneur en cette période de l'avent ont envoyés ces messieurs sur sa route,grâce à dieu ,il est maintenant hors de danger".
Le lendemain Marie Paule alla voir son mari Nathanaël avec ses petits chez le bon docteur Cuvelier, et pour le remercier fît dire une messe ,et,apporta à son épouse de jolis napperons brodés de ses mains ,car Marie Paule était la plus habile brodeuse de toute la région.

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