La mort aux yeux écarlates

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Admiratif. Voila ce qu'était Karitas envers son père. Pendant que celui-ci coupait du bois sur le devant de la maison, Karitas le fixait, des étoiles dans les yeux. Son père a toujours été son héro, désormais il est son modèle, son objectif. Mais les raisons de cet émerveillement, de ce regard pétillant ou même de la grande fierté que ressentait Karitas aujourd'hui, avait pour racines une histoire où la mort avait sa place. L'enfant s'en souvenait tristement bien. C'était mardi dernier.
Alors que l'hiver arrivait a grand pas, que les jours se faisaient plus cours et la nuit plus longue, Karitas et sa mère profitaient d'un thé devant la cheminée.
-Ton père rentrera un peu tard aujourd'hui, Kari.
-Je sais maman.
-Bien si tu sais alors, tu sais ce que tu dois faire ? Dit-elle un sourire en coin.
L'enfant souffla et fit mine de bouder puis répondit
-Rho, J'y vais !
-Un homme ne boude pas mon fils, quand il a quelque chose a faire, il le fait avec le sourire.
Karitas fit un grand sourire moqueur a sa mère puis se leva de son siège et enfila ses botes en cuir.
-Quand tu auras fini de rentrer le bois, on se fera une petite partie de chess, ok ?
Le petit homme souri et ses lacets fini, se dirigea vers la porte. Alors que sa main se posa sur la poignet, un son semblable a un fracas émergea de la porte.
-On a toqué ? Dit Susane.
-Oui maman, fit Karitas, inquiet.
Karitas ne savait pas pourquoi, mais un mauvais pressentiment le parcourait. Avec discrétion il retourna au salon, et parla à voix basse, d'un air sérieux.
-Maman, je ne sais pas qui se trouve derrière la porte mais il faut que tu partes te cacher.
-Tu es sur de toi ?
-Oui, j'en suis sur.
Un nouveau fracas surgit de la porte, puis un autre. Le son se fit de plus en plus fort puis plus rien.
-On monte et on ferme la porte a clés. Atarkis sera bientôt la dit Susane.
Karitas secoua la tête de haut en bas puis toujours en silence, ouvrit la marche jusqu'à l’escalier.
D'un coup les fracas de la porte reprirent avec plus d’intensités et une voix a l’extérieur cria : On sait que t'es la ma jolie ! Si tu viens pas a nous, c'est nous qui viendront a toi !
Un bruit éclata en même temps que la porte. Susane et Karitas se mirent a courir pour aller a l'étage mais un coup de pied vint s'écraser sur la tête de l'enfant, qui s'affaissa, inconscient.
-Bha alors mon petit ! Ou croyait tu partir comme ca ? Dit l'un des trois hommes en rigolant.
Ta vu Fred ? D'un coup hehe.
-Tais-toi Jacob, tu me soûles déjà putain.
-Je parlais pas a toi Pierre. Si t'es pas content d’être ici ta qu'a partir !
-Ho ! Du calme mes amis, on est venus profiter d'un cadeau alors mettez vos querelles de coté et allons chercher notre jouet, qu'en pensez-vous ? Dit-il avec un sourire vicieux, malicieux, foncièrement mauvais.
-Elle est monté à l'étage répondit Jacob.
Les trois hommes montèrent les escaliers en marchant. L'escalier grinçait sur leurs poids et Susane savait qu'ils se rapprochaient. Assise dans un coin, un couteau dans les main, la mère était terrorisée. Les pas se firent plus proches et dans un désespoir absolu elle cria de tous son cœur : ATARKIS !!!
-Je sais pas qui il est dit une voix, mais il ne viendra pas ma jolie. Elle est juste derrière les amis, vous savez quoi faire.
Jacob et Pierre enfoncèrent la porte et déboulèrent dans ce qui devait être la chambre principal.
-N'avancez pas dit-elle, ou je vous tue.
Sa voix empreint de peur, ses larmes et ses tremblements affichaient un spectacle que Fred ne se lasserait jamais.
-Oui ma jolie, laisse moi voir ton désespoir le plus grand.
L'homme s'approcha de Susane et elle put voir ses grands yeux noirs que rien ne semblait arrêter et son sourire plein de satisfaction. Son expression était tous bonnement celle d'un démon, Un démon qui était la pour elle.
-Bon les gars dit Fred, On commence ?
-Ouai répondit Jacob, ya bien longtemps que-
-Fred attention !
Fred se retourna aussi vite qu'il put et évita de justesse l'attaque du petit. Susane profita de l'occasion pour enfoncer le couteau dans le mollet de son agresseur. Fred bondit en arriere aux cotés de Pierre. Jacob gisait mort devant la porte, la nuque arrachée.
-Approchez pas de ma mère ! Cria Karitas.
L'enfant brandissait sa petite dague ensanglantée. Ses habits étaient maculés de rouges, son visage exprimait sa haine et les gouttes de sang qui avait giclées sur lui, donnait un spectacle sans pareil. La peur avait changée de camp mais elle n'était pas dû à la mort de leur ami par un enfant. Elle était du simplement à cet enfant. Cet enfant avait quelque chose de surnaturel en lui et ses yeux le montraient clairement. Ses yeux écarlates où émanent une puissance et une rage, aussi grande que des montagnes, aussi vaste que des océans, amenaient a une seule pensée : Un monstre est devant nous.
Les derniers rayons de soleil traversés la fenêtre de la chambre. Quelques minutes étaient passées depuis les paroles de Karitas et le début de la nuit s’annonçait. Aucun ne bougea de sa place et tous se fixèrent avec haine, avec peur et avec espoir. Fred profita de l'inaction de l'enfant pour reprendre ses esprits. Il se mit a scruté la pièce de fond en comble, le petit en face de lui et la mère dans le coin.
-Pierre, sort ton couteau, on va s'occuper du gamin. Mais fais attention, on doit pas le tuer. Je veux qu'il voit son impuissance, je veux le voir souffrir, je veux l'entendre dire pardon pour Jacob. Ensuite on le tuera.
-Oui.. Oui Fred. Tu veux l'immobiliser c’est ça?
-Y'a pas a dire tu comprends plus vite que Jacob.
A peine sa phrase fini que Fred lança deux petits couteaux vers l'enfant. Karitas esquiva celui qui se dirigeait vers son cou avec difficulté mais ne réussit pas a paré le second, qui vint s'enfoncer dans sa main, ce qui lui fit lâcher sa dague. L'instant d'après Pierre courra vers Susane, son couteau à la main. Karitas sauta pour s'interposer et Pierre s’arrêta brusquement, pivota sur lui même et décocha un coup de pied fulgurant dans l'estomac du petit. Karitas se plia en deux et vomi son déjeuner. Pierre enchaîna d'un crochet dans la tempe, ce qui fit tomber l'enfant au sol. Sonné, Karitas voyait la main de sa mère tendu vers lui. Il tendit la sienne a son tour mais le second homme agrippa la main de Susane et la tira sur le lit.
-Pierre immobilise le et tend sa tête vers moi, Je veux qu'il me voit faire du bien a sa mère.
Fred se mit a rire et Pierre s'ordonna. Il se mit sur le gamin et tira sa tête en arrière. Susane frappa l'homme qui se trouvait sur elle. Elle essaya de se dégager mais la bataille était peine perdue. L'homme était bien trop lourd. Fred attrapa l'un des couteaux qu'il avait lancé sur l'enfant et le planta brutalement dans le matelas, juste à coté de l'oreille de Susane.
-écoute moi bien ma jolie, soit tu arrêtes de te débattre, soit je tue ton gamin. A toi de voir.
Pierre ramena son long couteau sous la gorge de Karitas et Susane acquiesça. Fred était ravi. La beauté qui se trouvait sous ses yeux était telle, que même un moine rougirait en sa présence et ses expression de peur si exquise, le faisait languir de plaisir. Ses mains glissèrent sur sa robe de soie et la déchirèrent au niveau des jambes. Alors que Fred allait enfin s'amusait, un bruit horrible parvint a ses oreilles. Un craquement d'os terrible le fit se retourner. La scène qui suivit fit aussi hideuse que le son. La tête de Pierre regardait le plafond tandis que son corps embrassé le sol. A coté de lui, une masse géante venait d’apparaître. Un homme semblable a un ours se tenait devant lui. La peur tétanisa Fred. L'inconnu s'avança. Il le souleva du lit par le cou et le ramena vers lui. Fred fit face une nouvelle fois a ses yeux rouges qui l'avaient paralysé toute a l'heure. La peur qu'il ressentit était plus grande encore, si grande qu'il ne pu retenir sa vessie. Son pantalon se mouilla et il éclata en sanglot. Fred avait vu le visage de la haine avec l'enfant, avec le père c'était celui de la mort.
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