La Marque

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Aspirant écrivain, je tente de capturer l'état de la société à travers des tranches de vie couchées sur papier. (N'hésitez pas à lire celles qui ne sont pas en compétition, ce n'est pas  [+]

Nous l'avons perdu, mais il n'est pas loin. D'après Léa, il a quitté la terrasse il y a cinq minutes. Ça fait des semaines que nous le suivons, que nous notons ses habitudes, cartographions ses allées-venues. La Grande Place, fermée côté ouest par l'enceinte de l'hôtel de ville n'a que trois sorties, nous les couvrions toutes. Mais dans le flot de personnes quittant les bars à la première heure du matin, l'une de nous l'a raté. Je remonte la rue nord avec Kaïna à mes côtés. Léa couvre le côté sud avec Aude. Julia sillonne les rues adjacentes au pas de course. Je me concentre sur les terrasses couvertes le long de la route. L'excitation monte. Ce soir c'est notre première chasse. C'est tout juste si je me retiens de ne pas me lécher les babines. Kaïna ralentit et se retourne pour me montrer notre cible, une silhouette au jean noir, baskets blanches et encapuchonnée d'un sweat gris qui s'engouffre dans une ruelle perpendiculaire. C'est nous qui avons merdé la surveillance !

On se rapproche mais alors que Kaïna porte le talkie-walkie à la bouche pour prévenir les autres, j'arrête son bras. J'ai un doute. Notre proie paraissait plus petite sur la fontaine de la place. Nous nous engouffrons dans la ruelle à sa suite. Nous sommes seuls. Notre traque nous a éloigné du centre festif, ici les volets sont fermés depuis des heures déjà, et les rares passants regardent leur pompes. Alors que nous lui filons le train, la silhouette s'arrête et sans prévenir fait demi-tour net. Merde ! Impossible de se planquer. Quelles connes ! Il nous regarde, les yeux écarquillés. Ouf ce n'est pas lui ! Certes, il est grand, mais c'est un jeunot, à peine dix-huit ans, pas l'âge d'être marié, peut-être même puceau. On a failli faire l'erreur de notre vie pour une marque de pull. Malgré le fait que nous le dépassons comme si de rien n'était, l'ado a un mouvement de recul, et une fois dans notre dos nous entendons ses pas accélérer. En se regardant nous éclatons de rire. Pauvre gosse ! C'est vrai qu'avec que nos peintures noires sur le visage et nos lentilles jaunes qui réverbèrent la lumière des lampadaires, nous avons dû lui ficher une sacrée frousse.
Il ne le saura jamais, mais il n'avait rien à craindre : notre cible est fixée depuis deux mois. Au talkie, la voix de Léa grésille. Elles l'ont trouvé. Elles sont sûres. Il fumait une clope devant le Petty's Draw, le pub irlandais de la Place aux Oignons. Elles ont envoyé Julia lui demander du feu pour s'en assurer. Elles sont planquées dans une alcôve de l'autre côté de la place. Le bar ferme d'ici 15 minutes. Il faut qu'on les rejoigne pour le prendre en filature.


Lorsque nous les retrouvons, il fait sombre. Les nuages sont montés et couvrent la place carrée d'une pénombre sinistre. On est au mois de janvier et si Kaïna et moi avons le corps réchauffé par notre course, les filles sautent sur place pour ne pas geler. La place est petite, entourée de maison de deux étages, aménagée de bancs disposés en cercle autour d'un terre plein central. Le vent froid d'hiver nous confirme que l'espace sert de parc à crottes au voisinage. Nous sommes huit dans l'alcôve. Sur la place, il n'y a personne hormis un groupe de SDF qui grelottent sur un banc. Le bar doit disposer d'une terrasse intérieure car aucun troupeau de fumeurs squatte le devant, comme c'est pourtant la norme depuis que la loi anti-tabac est passée. Le groupe de SDF se sépare, certainement à la recherche d'un abri plus chaud. Lorsque deux d'entre eux passent entre nous le plus grand s'arrête, nous reluque et après un reniflement appréciateur nous décoche un sourire aux dents marron.
- Les filles, j'ai pas beaucoup de monnaie, mais vous me faites un prix de groupe ?
- Ta gueule et trace !
- Comment ça ta gueule ? T’sais pas prendre une blague ! J’vais t'apprendre à te détendre moi !

Mauvaise pioche ! Sans ajouter un mot de plus Léa sort ses crocs, deux couteaux papillons. En un éclair, le mec passe du loup menaçant au lapin de garennes. Son collègue ne dit rien, trop bourré ou trop peureux. Je le comprends, même à moi elle me fait peur parfois Léa.

- Oh c'est bon c'est bon, on rigole, on se casse.

Il tire son pote par le bras et les deux disparaissent.

Passé le moment de tension, je souris. Et je n'ai pas besoin de regarder les autres pour savoir qu'elles sourient aussi. Nous sommes encore toutes sidérées de voir avec quelle aisance nous avons remplacé nos réflexes de petite fille polie par des regards noirs et des poings serrés. Il y a six mois encore lorsqu'un mec m'avait suivi du bus jusqu'à chez moi, j'avais parlementé avec lui près de 20 minutes, avant de lui donner un faux numéro pour qu'il me lâche. Depuis mon entrée dans le clan, je rêvais parfois de le recroiser.

Le brouhaha du bar en face nous parvint par intermittence au fur et à mesure que les clients franchissent la porte pour s'enfoncer dans la nuit. Ça ne devrait plus tarder. Il est bientôt deux heures. Soufflant sur mes doigts pour me réchauffer, je balaye la troupe du regard. Toutes sont déterminées. Julia la plus concentrée de nous toutes ne quitte pas la porte des yeux, les crocs serrés, le regard dur. C'est elle qui a créé la meute et qui m'a recruté. Lors d'une action de collage de l'été dernier, au moment de se dire au revoir, elle m'a glissé une carte. Une carte de visite sans nom, sans téléphone, juste la tête d'un coyote et une adresse griffonnée au dos.
"Quand tu en auras ras le bol de compter les mortes, viens nous voir", sur ces mots, elle était partie. J'avais laissé la carte dans un coin puis l'avais oublié.

Des semaines après, il y eut la 115e victime. J'ai encore du mal à dire pourquoi celle-là me toucha plus que les autres. Peut-être parce qu'elle portait le prénom de ma sœur, peut-être parce que la justification de l'acte était particulièrement indécente, ou peut-être parce que le statut de chef d’entreprise du compagnon lui avait assuré les services d’un bon avocat. Quoiqu'il en soit j'avais retrouvé la carte, et j'avais franchi la porte du studio. Je sus plus tard que j'avais eu de la chance, la tanière changeait d'endroit tous les mois. Deux jours de plus et je n'aurais jamais rencontré ma famille.

Nous étions quatre au départ. Aude, Kaïna, Julia et moi, Marion. Toutes unies par la même injustice. Nous avions pourtant des parcours différents. J'étais de famille modeste de banlieue quand Julia venait des quartiers chics de la ville. Kaïna était musicienne là où Aude était chef de projet dans une boite de pub. C'était aussi notre seule maman. Elle avait vite rassuré nos craintes sur son engagement quand elle avait débarqué en pleine réunion, son mioche sous le bras, disant à qui voulait l'entendre qu'être mère ne venait pas avec un antidote contre la colère. Ensuite les jumelles, Elsa et Eva nous avaient rejoints. C'était Kaïna qui les avait rencontré à un atelier de self-défense qu'elles animaient. Elsa était joaillière et Eva, fleuriste. Deux férues d'arts-martiaux, grandes, et sèches, qui nous avaient entrainées dès leur premier jour. J’avais failli les haïr, à force d'aller au boulot les yeux brûlants de fatigue, les cuisses dures comme du béton, les bras couverts de bleus.

Nous avions toutes fait nos premières armes dans les manifestations, les ateliers, les cercles de femmes, les clubs de lectures, et nous étions d'accord pour dire que cela ne nous suffisait plus. Julia avait prononcé un discours dont je ne me souviens plus des détails mais je me rappelle qu'à la fin nous hochions vigoureusement la tête à s'en décrocher les vertèbres. Nous devions passer à l'action. Quitte à être hors la loi. Consultante en sécurité dans une boite informatique, j'étais toute désignée pour être au cœur de notre action : traquer et révéler les noms des auteurs de violences conjugales non condamnés. J'ai passé des semaines à éplucher les coupures de presse, les réseaux sociaux, à trafiquer ma voix et écrire des faux mails pour récupérer des identifiants, ouvrir les boites mails et retrouver les adresses. Une fois les informations récupérées, Julia et Kaïna traquaient la cible sur le terrain, répertoriaient ses habitudes, photographiaient et filmaient son environnement. Aude s'occupait de monter les vidéos. Au total, nous en avons publié cinq.

Des clips de dix minutes où le visage, le nom et l'adresse du coupable étaient dévoilés. Postés sur les réseaux sociaux et envoyés aux proches, à la famille, à la mairie, aux médias locaux.

Ça avait fait scandale. La Garde de Sceaux avait rappelé dans une matinale que les citoyens n'avaient pas à se faire justice eux-mêmes, les groupes féministes s'étaient écharpées sur le bien fondé de notre action. Les vieux mâles blancs de la télé s'étaient étouffés de rage tandis que la presse avait titré dix jours consécutifs sur les dérives du féminisme et les responsabilités du mouvement metoo, les mots comme "harcèlement" "terroriste" "collabo" s'étaient entichés de suffixes féminins et le hashtag féminazi avait été numéro un des tendances pendant un mois.

Pour calmer le jeu, la Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, était montée aux créneaux, soutenant la ministre de la Justice, et rappelant les engagements pris par le gouvernement en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. L'opposition avait rallié les manifestations de rue. Le consensus était qu'il fallait agir.
Puis le budget de l'État avait été voté et les masques étaient tombés. Pas d'augmentation du budget contre les violences, pas de généralisation de l'expérimentation de la maison des hommes malgré ses résultats probants. Pas de moyen supplémentaire non plus pour la police, pour la formation, pour l'éducation des jeunes comme des adultes. La Secrétaire à l'Égalité s'était faite plus rare sur les plateaux. Puis l'éclosion d'un nouveau virus sur le marché du poulet chinois et la crainte d'une nouvelle grippe aviaire avait définitivement enterré le débat et nos espoirs.

Nous étions aux plus bas, la queue entre les jambes, les oreilles couchées, cherchant à reprendre notre souffle sans savoir comment. Nous étions épuisées. Aude n'osait plus monter les vidéos depuis qu'un collègue de l'agence avait remarqué que leur style ressemblait aux pubs qu'elle faisait pour les clients.
Le préfet avait annoncé faire de l'identification des terroféministes une priorité de son mandat. Et serrées au fond de l'arrière-salle du magasin de chaussures où Kaïna travaillait, nous avions pleinement conscience de notre fragilité. Nous n'avions même pas la satisfaction d'avoir fait changer la peur de camp : des comités s'étaient créés pour soutenir les "victimes" de notre délation. Le pire fut quand deux femmes battues par les hommes ciblés prirent publiquement le micro pour se désolidariser de notre action. Nous avions perdu.

C'est à ce moment là que Léa nous a rejoints.

Elle ne venait pas des manifs Léa, non. Elle venait de la marge. Des squats, des ZAD, des actions coups de poings, des opérations tags sauvages, blocages et sabotages. Elle me rappelait que les différences que j'avais perçues dans le clan du départ, n'était que de la cosmétique. Léa c'était une différence même de nature. J'ai conscience que ce terme est galvaudé, mais je ne sais pas comment le dire autrement, Léa était sauvage. Avant même qu'elle l'ouvre, sa présence était physique. Elle n'était pas très grande mais son chignon de dreadlocks noires et blanches nous toisait de dix centimètres. La peau pâle de son visage et les contours noirs de ses yeux faisaient étinceler ses lentilles jaunes. Ses vêtements étaient un mélange de noir, de marron et de gris. Elle chaussait des bottes noires qui lui remontaient jusqu'à mi-cuisse. Un mélange de valkyrie et de cyberpunk. La femme coyote. Elle portait à la main gauche une bague de tête de loup en argent. Le dessus de sa main droite était tatouée d'une patte dont les griffes descendaient sur chaque phalange. Et lorsqu'elle fermait le poing, c'était saisissant. Et le poing, Léa le serrait souvent. Il ne lui a pas fallu plus de dix minutes à nous observer pour qu'elle se lève et l'agite sous nos nez défaits.

Elle nous avait retourné. Notre erreur avait été d'avoir voulu convaincre ceux qui ne voulaient pas être convaincus. De vouloir démontrer à des magistrats l'inadaptabilité de leurs lois, par le biais d'action illégales. De porter le flambeau de la morale, au bras de la délation et du piratage. À vouloir convaincre plutôt que bousculer, gêner plutôt que frapper nous nous étions enfermées dans le box des perdantes. En quelques minutes, elle nous avait libéré de nos derniers scrupules. Se restreindre à la non-violence c'était prendre sur soi la violence des autres. On parlait de Gandhi et de Martin-Luther King, mais la marche du sel c'était aussi 60.000 indiens en prison et le mouvement pour les droits civiques avait coûté la vie à des centaines de personnes. Nos vidéos n'avaient rien changé. Nous avions tenté d'interpeller. À présent il nous fallait mordre.


Lorsqu'il sort enfin nous sommes prêtes. Il lance un au revoir au patron, rabat sa capuche et remonte l'avenue sur la droite du bar.

Il a déjà pris ce trajet la semaine dernière. Ça va être un jeu d'enfant. Nous n'avons pas besoin de nous parler, chacune connait sa place. Je lui file le train, en tête, sur le trottoir de gauche. Je reste à distance pour l'instant, un groupe d'étudiants enfourchés sur des vélib remonte la rue vers nous. Les filles me suivent en file indienne. Les tintements de sonnette et les éclats de rire s'approchent, nous enveloppent puis nous dépassent. On entend à nouveau que lui. Nos baskets recouvertes de chaussettes de fausse fourrure ne font aucun bruit.

Nous nous mettons en formation. Je reste à gauche à une cinquantaine de mètres de lui, la moitié du groupe sur les talons. Léa traverse la route et couvre le trottoir de droite avec le reste de la meute. Elle lève le bras et ferme le poing. En cinq secondes, nous sommes toutes cagoulées, gantées, noires de la tête aux pieds, seules nos yeux jaunes scintillent dans la nuit. Le tout sans bruit. Nous avons répété les gestes des dizaines de fois.

Il tourne à gauche sans un regard derrière lui. Quelques secondes plus tard, je m'arrête à l'angle et fait signe aux autres. Je glisse un œil. Il est déjà bien enfoncé dans la rue. Aurait-il senti quelque chose ? C'est une rue commerçante et à l'heure qu'il est, les stores sont tirés, c'est le calme plat. J'attends, le souffle court, le cœur dans les tempes. C'est bon, il ne se retourne pas, mais on va bientôt le perdre si je ne bouge pas. Je fais signe aux autres de me suivre et d'accélérer. Je cours pour le rattraper. Pas besoin de les regarder pour savoir qu'elles suivent les consignes. Courir sur la pointe des pieds, à couvert, les cuisses fléchies aux maximum pour alléger ses pas, les yeux rivés aux sol pour éviter les plaques d'égouts, les morceaux de verre, les cailloux.

Ça y est, on le rattrape. À 100 mètres devant lui la rue tourne sur la droite pour s'engouffrer dans un quartier plus résidentiel, avec plus d'éclairages et potentiellement des voisins curieux. C'est le moment.
Je mets une dernière accélération et l'interpelle à haute voix

- Luc ?
- Oui ?

C'est moi qui porte le premier coup. Un penalty en plein dans les couilles. Deux ans de foot en salle ça aide. Il n'a pas eu le temps d'être surpris. C'est à peine si la douleur est montée au visage que la meute enchaîne. Kaïna et Julia visent les tibias, il s'écroule, le cri étouffé par sa gorge contractée. On le roue de coups de pieds, dans les côtes, dans le dos, dans son visage rougi d'abord par la douleur, puis assombri par le sang qui lui coule du nez et de ses lèvres éclatées. Pas une parole, pas une insulte, il est trop tard pour les explications. On entend que les grognements que l'effort nous arrache, et puis enfin ses cris. Puissants, vifs, douloureux. Malgré les coups redoublés qui visent maintenant le plexus, il hurle. C'est impressionnant le coffre que peut avoir une proie. Qu'il puisse croire que ses glapissements le sauveront me remplit de rage et il suffit d'un échange de regard avec Léa pour que nous décidions d'aller jusqu’au bout. Alors chacun se relève et Léa le choque au taser.

La proie inconsciente qui convulse entre nos pattes c'est Luc Ferzani, le premier coupable de féminicide de l'année 2020. Il a avoué son crime et a pu ainsi échapper à la détention provisoire en attendant son procès. Je souris en me disant qu'en se réveillant il regrettera de ne pas être resté en prison. Nous allons lui laisser un souvenir.

Si Léa avait proposé l'idée avant l'échec des vidéos, nous n'aurions pas accepté. Mais à présent aucune de nous n'hésite. Kaïna, Aude, Julia et moi nous maintenons chacune un membre de Luc au sol tandis que Léa lui remplit la bouche d'un chiffon qu'elle maintient à deux mains, lui redressant la tête bien droite vers le ciel, le front dégagé. Il est inconscient mais nous nous préparons à son réveil brutal. Il ne faut pas qu'il puisse se débattre trop pour que la marque prenne. C'est Elsa qui a fait le moulage dans son atelier. Ce n'est pas aussi fin qu'un bijou mais d'après elle faire tenir huit lettres sur un poinçon ça reste du grand travail.

Margot allume le chalumeau, Elsa approche la tige de fer et les lettres ASSASSIN rougissent dans la nuit.


***

Les chaises sont installées en cercle au milieu du local loué pour la soirée. Elles sont vides pour l'instant, nous avons de l'avance. L'atelier self-défense ne commence qu'à 20 h.
Elsa nettoie les accessoires en préparation de la séance. Couteaux plastiques, trousseaux de clefs, foulards.

J'ai posé sur la table d'entrée un paquet de quotidiens. Après trois mois depuis notre première chasse, la presse a enfin fait le lien. Toutes les unes sont les variations d'un même titre "Cinquième marquage au fer des Coyotes - Féminisme : le nouveau terrorisme ?" Sur la photo en première page on distingue parfaitement le profil du coyote incrusté dans la joue boursouflée : Elsa s'est surpassée sur les derniers poinçons ! Les politiques sont revenus sur les plateaux et martèlent que ce n'était plus de la justice mais de la vengeance et pour une fois nous sommes bien d'accord eux. Nous n'avons plus aucune prétention à éveiller les consciences. Nous jouons, nous mangeons, nous chassons et nous n'avons plus peur. Nous sommes deux groupes de quinze à présent, capables de chasser deux fois par semaine. Des éditorialistes ont appelé à la création de GPM : Groupe de Protection du Masculin. Ça nous a bien fait rire, puis Léa a gardé l'article pour en faire des copeaux pour ses toilettes sèches.

Les participantes commencent à arriver. Elles se sont inscrites à l'atelier via un lien reçu sur leur boites mails. Elles ne savent pas mais elles ont été triées sur le volet. Avant d'envoyer l'invitation, j'ai vérifié leur profil, leur messagerie, leurs textos. Toutes ont démontré de la sympathie pour la chasse dans leurs échanges privés. Deux d'entre elles nous intéressent particulièrement. C'est moi qui suis chargée de les recruter. Ceux sont d'anciennes militaires, rentrées de missions au Mali. L'une d'elles a été décorée pour acte de bravoure. L'autre était artilleuse.

J'ai hâte que l’on chasse ensemble.
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