La maison d'à côté

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Depuis quelques mois, le panneau « À vendre » se balançait au gré du vent sur la maison voisine. Puis, le panneau « Vendu » le remplaça.

Avant même que les nouveaux emménagent, je les détestais déjà.
Ils seraient comme les anciens, nombreux, bruyants, hautains, à l’image de leur maison : grande, haute, surmontée de tourelles et balcons, avec des aigles royaux installés sur la grille d’entrée, censés défendre cette grosse bâtisse. Je ne les regarderai même pas !

Lorsque Pierre et moi avions acheté notre maison dans ce petit village de Seine-et-Marne, un village qui avait gardé son caractère de ruralité, contrairement à d’autres à proximité, il n’y avait pas de voisins proches. À cette époque, nous n’avions pas encore affronté nos démons, nous étions amoureux, pleins d’espoir.
Notre demeure était de belle facture, grande, mais sans prétention, de quoi abriter tous nos enfants rêvés. Une grande cheminée agrémentait le salon. Le soir même de notre emménagement, au milieu des cartons en partie déballés, nous avions étalé des couvertures après que Pierre eut allumé une belle flambée et nous avions fait l’amour, sauvagement d’abord, puis tendrement. Pierre embrassait mon ventre qui bientôt abriterait un petit d’homme qui serait, comme il me le murmurait à l’oreille, en imitant l’accent de Joe Dassin : « à la fois toi et moi ». Les jours suivants, nous avions aménagé la cuisine, le salon et la salle de bains. Nous avions soigné la décoration de notre chambre, elle abritait notre amour, c’était important.
Pierre m’interdisait de porter les cartons, de grimper sur une échelle, « au cas où… ». Bien sûr, lorsque, chaque mois, le sang coulait le long de mes cuisses et tachait ma culotte, je pleurais de frustration, mais Pierre me prenait dans ses bras, chuchotant contre mon oreille que ce serait pour bientôt, que nous étions jeunes et qu’il ne fallait pas désespérer.
Nous avions décidé d’attendre un peu pour aménager les trois autres chambres de la maison. Il ne faut pas faire peur à la providence.
Le chantier de la maison voisine commença le jour ou j’annonçais, rayonnante, qu’enfin mon ventre remplissait ses promesses. Pierre me prit dans ses bras, entamant une valse endiablée, riant, pleurant, disant n’importe quoi. Ce jour-là, nous avons fait l’amour seulement pour notre plaisir, tout doucement pour ne pas déranger notre espoir, mais sans penser qu’il « fallait que ça prenne » et ça y était, ça avait enfin « pris » !
La maison voisine se construisait doucement, elle était surélevée par rapport à la nôtre, cela nous chagrinait un peu, mais rien ne pouvait ternir notre joie de voir mon ventre enfler au fil des jours, pas même l’ombre que cette habitation étalait sur notre propre maison. L’escalier d’accès, monumental, en marbre, nous surprit. Qui pouvait construire une maison à ce point prétentieuse ?
Lorsque la maison fut finie, nous rîmes à perdre haleine en voyant les aigles royaux en bronze décorer le portail. Pour qui se prenaient les propriétaires pour installer une telle arrogance ?
Le lendemain, mon ventre se contracta, encore et encore. Je n’étais qu’à cinq mois de grossesse. Mon gynécologue m’avait arrêtée depuis déjà deux semaines pour m’éviter les transports en commun jusqu’à mon travail. Pierre, lui, travaillait à Paris et il était parti tôt comme tous les matins.
Lorsque le sang coula, ma panique fut à son comble. Mes doigts tremblaient tant et tant que j’eus du mal à composer le numéro du SAMU. À mon arrivée à l’hôpital, j’accouchais d’un enfant mort-né, une petite fille, ma petite fille, toute petite, si petite qu’elle n’avait pu survivre. Pierre arriva très vite. Il était blanc comme un linge, déçu, très déçu, mais il me prit dans ses bras et me berça comme on berce un enfant, il me promit que la prochaine fois… mais que valent les promesses des hommes ?
À mon retour, la maison voisine était pleine, de bruits, de vie, d’enfants. Ça ne m’intéressait pas, je restais prostrée dans la chambre destinée à notre bébé, au milieu du papier peint et des pots de peinture devenus inutiles.
Pierre mit beaucoup d’énergie à tenter de me faire sortir de ma léthargie. En vain. Je sentais sa lassitude, mais j’étais tellement fixée sur la mienne…
Je repartis travailler, sans conviction, mais il faut bien gagner sa vie, à défaut de la vivre. Les unes après les autres, mes collègues partaient en congé maternité. Elles revenaient fatiguées, mais leurs yeux brillaient en montrant les photos de leur progéniture. Et chacun s'exclamait « oh qu’il est beau », « oh trop mignon ». Lorsqu’on me voyait arriver, les mains et les bouches se fermaient et chacune s’éloignait, coupable de montrer tant de joie face à ma tristesse. Peut-être que si l’on m’avait intégrée à ces petits partages de bonheur, j’aurais pu surmonter ma peine au moins quelques instants. Mais je suppose que ma mine renfrognée ne donnait pas envie aux autres de me le proposer.
Je restais alors seule, tranquille, dans mon coin.
Au bout de quelques mois d’attente vaine, Pierre et moi commençâmes le parcours de tous ceux qui n’arrivent pas à procréer seuls, parcours hospitalier rempli d’embûches, d’espoir et de déception. Rien n’y fit.

Puis un jour, Pierre partit, sans esclandre, sans bruit… Lui, sans moi, pouvait encore avoir de l’espoir.
Moi, je me retrouvais seule. Seule avec mon ventre vide. Seule et desséchée de l’intérieur. Pierre me laissait la maison, les voisins et mon chagrin.
En parlant des voisins, ils s’en allèrent, eux aussi. Je crois qu’ils divorçaient. Bien fait pour eux, tant pis pour les gosses.
La maison resta vide quelques mois, se remplit, se vida à nouveau. Plusieurs fois. À chaque fois, des enfants, du bruit, des rires et des disputes. Ça ne m’intéressait pas. Je partais travailler tous les matins. Les soirs d’hiver, je me plantais devant la télé ; lorsque le temps était clément, je lisais dans le jardin et je m’abrutissais pour ne pas penser, ne pas entendre, ne pas voir. J’avais enlevé toutes les fleurs du jardin, ne laissant que la pelouse, plus facile à entretenir. Seules, des roses trémières refleurissaient d’elles-mêmes d’une année sur l’autre. Pas de haies à tailler, nous avions monté, Pierre et moi, un petit muret qui séparait les jardins sans pour autant enfermer le regard. Nous nous étions dit que nos enfants et ceux des voisins feraient connaissance par-dessus ce muret. L’intérieur de la maison était resté en l’état, tel que Pierre l’avait laissé.
Les années passaient doucement, sans heurts ni malheur. Mes collègues racontaient les frasques de leurs adolescents en crise, se demandaient : « mais pourquoi avons-nous fait des enfants, quels ingrats, ils nous pourrissent la vie ! Ah ! tu en as de la chance de rentrer le soir chez toi et d’y trouver le calme ! » me disaient-elles sans en croire un mot. Puis il y eut les photos de mariages, bientôt, il y aurait les photos des petits enfants.
Je traversais la vie comme une ombre que l’on voit à peine ; même dans ma maison, je marchais sans bruit sur un carrelage toujours propre, nul ne venant salir le sol vierge.

Un soir d’été, je venais de rentrer après une journée harassante à cause de la chaleur caniculaire et je m’apprêtais à me servir une citronnade bien fraîche que j’avais pris soin de préparer le matin avant de partir, lorsque la sonnette retentit. Je sursautais. Je ne l’avais pas entendue depuis tellement longtemps. Les témoins de Jehovah, peut-être, ou bien un vendeur de tapis à la sauvette ? Qui que ce soit, j’allais le virer sans tarder. Je me dirigeais d’un pas rapide et assuré vers l’entrée. Je n’eus même pas à prendre un visage grognon, je l’avais à longueur d’année ! J’ouvris la lourde porte avec violence et tombais nez à nez avec le visage souriant d’une jeune femme qui secouait une bouteille en plastique vide. Nous fûmes aussi surprises l’une que l’autre, elle par ma violence, moi par son sourire. J’allais m’excuser, et peut-être même afficher un rictus approchant du sourire, lorsque je vis son ventre, énorme, sept ou huit mois de grossesse environ. Tétanisée, je ne pouvais détacher mon regard de ce ventre plein, dérangeant, obscène. Du coin de l’œil, je voyais toujours la bouteille qu’elle agitait, du bout de l’oreille, j’entendais qu’elle se présentait, d’une voix hésitante :
— Euh, bonjour madame, euh, je suis votre voisine, nous avons emménagé depuis quelques jours, le plombier a dû couper l’eau pour la journée... J’aurais besoin d’un peu d’eau. Est-ce que ça vous dérangerait que je remplisse ma bouteille chez vous ? 
Un silence fracassant menaçait de nous envelopper lorsqu’une petite voix le déchira :
— Madame, t’aurais pas du zus d’oranze ? 
Mes yeux réussirent à se détacher du ventre et je vis qu’elle tenait par la main un enfant, regard bleu et boucles blondes, sourire zézéyant. Le petit prince en personne.
— Non, Tony, tu ne déranges pas la dame, ça ne se fait pas ! Excusez-le, Madame…, déclara la femme au ventre.
— Alors, tu t’appelles Tony, dis-je, ignorant superbement celle qui devait être sa mère.
— Je n’en ai pas aujourd’hui, du jus d’orange, mais peut-être une autre fois… Donnez-moi votre bouteille, je vais vous la remplir, m’adressant à l’arbre derrière la femme, incapable que j’étais de croiser son regard. 

Elle me tendit son récipient. Précipitamment, j’attrapais la bouteille, l’emmenais à la cuisine pour la remplir, lui tendis pleine, débordante. Quelques gouttes tombèrent sur l’enfant qui se mit à rire. Elle ouvrit la bouche pour me parler à nouveau. Je ne lui en laissais pas le temps. Je les poussais légèrement sur le palier et refermais ma porte, doucement cette fois. Haletante, je montais dans la chambre qui aurait dû abriter mon enfant. Cette pièce était maintenant débarrassée de ses pots de peinture, mais pas de mes émotions. Elle accueillait mes angoisses, mes peurs, mes tourments, chaque fois que je me laissais déborder par ma douleur. Son ventre, son ventre, énorme, indécent. Qu’était-elle venue me narguer jusque chez moi, cette femme ? Oh, comme je les haïssais, elle et toutes les autres aux ventres pleins. Il y avait trente ans que j’avais perdu ma petite fille, mais ma peine était intacte, j’y avais veillé.
Lorsque mes yeux furent à nouveau secs, je regardais par la fenêtre la maison d’à côté. Cela faisait des jours, des semaines, des mois que je n’avais plus regardé cette bâtisse stupide, perchée sur son monticule, juste là pour nous faire de l’ombre. C’était comme si elle était responsable de notre malheur à Pierre et à moi. D’ailleurs, Pierre, loin d’elle, avait eu quatre enfants. Avec une autre…
De loin, je vis la femme au ventre traverser le jardin pour prendre dans ses bras le petit Tony et le ramener vers la maison. Pas prudent, à ce stade de la grossesse, un malheur est si vite arrivé ! Mais ça ne me regarde pas, à chacun sa croix, n’est-ce pas ? Et qu’elle ne s’avise pas de revenir sonner chez moi, celle-là. Je descendis dans ma cuisine boire ma citronnade qui n’était plus fraîche.
Peut-être que j’achèterai du jus d’orange…

Le lendemain était un dimanche.
J’aimais le dimanche. C’était un jour ou j’allais randonner avec d’autres en forêt. Nous partions la journée entière, emportant sandwich et douceurs à partager. Cela me permettait de ne pas être seule sans pour autant devoir me livrer à quiconque. Et marcher me vidait la tête, me permettait de continuer à vivre, jour après jour. Ce dimanche-là, en rentrant, fourbue, mais contente de ma journée, je jetais un coup d’œil chez les voisins, ce que je me gardais bien de faire d’ordinaire. Tony barbotait dans une piscine en plastique. Un homme, son père sans doute, lui versait de l’eau sur la tête, ce qui le faisait rire aux éclats. Je souris malgré moi, émue de ces rires d’enfant heureux. Mais elle sortit de la maison, ventre en avant et mon sourire s’éteignit, me ramenant à ma peine. Je m’installais sur la terrasse en leur tournant le dos. Surtout, ne pas voir, se forcer à ne rien entendre. Jusque là, je n’avais rien su, rien vu des voisins qui s’étaient succédé. Je n’avais qu’à continuer à les ignorer.
Mais un peu plus tard, une petite voix me fit me retourner presque malgré moi :
— Bonzour Madame, regarde mon licoptère. 
— Ah ! C’est toi, Tony. Il est rudement beau, ton hélicoptère. Il vole ? 
En temps ordinaire, j’aurais fait semblant de ne pas entendre et il serait reparti. Mais ce petit aux boucles blondes me faisait fondre.
— Et regarde, z’ai aussi un sevalier. Il va attaquer le sâteau avec des boules de feu ! reprit Tony.
— Il est drôlement fort, ton chevalier alors. 
Mais une voix féminine m’interrompit :
— Tony, vient manger, laisse la dame tranquille.
— Va vite voir ta maman, à demain peut-être ? dis-je timidement.
— À demain, ze te montrerai mon autre sevalier.
Il partit comme une flèche en agitant la main. Mon cœur souriait, cela ne m’était pas arrivé depuis quand ? 

Un passage du Petit Prince me revint en mémoire :
« Le renard dit : tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »
Demain, j’achèterai du jus d’orange.
Les jours se mirent tout d’un coup à passer très vite. Je me dépêchais de rentrer le soir dans l’espoir de voir Tony, espoir presque toujours récompensé. Et puis, je fis la connaissance de sa maman, Jennifer. J’eus du mal à dépasser ma haine de ce ventre plein jusqu’à ce que je réalise que ma fille aurait eu le même âge si elle avait vécu. Jennifer aurait pu être ma fille, j’aurais pu être sa mère… Mon cœur se mit à battre différemment, il se fit plus léger dans ma poitrine.

Un jour, Tony arriva tout excité :
— Vite, maman, elle dit que tu viens, elle a fait pipi par terre, elle a mal ! 
Je ne pris pas le temps de fermer ma maison, je passais par-dessus le muret et me précipitais vers la maison d’à côté. Jennifer me sourit malgré l’angoisse et la douleur qui déformaient ses traits.
— J’ai perdu les eaux et les contractions sont venues d’un coup. J’ai appelé le SAMU et j’ai prévenu mon mari. Est-ce que je peux vous demander de garder Tony en attendant que son père le récupère ? 
Elle se tordit de douleur avant de reprendre, à l’adresse de Tony :
— Tony, écoute-moi bien. Ce n’est pas grave, c’est le bébé qui arrive. Tu as la chance d’avoir une mamie qui va s’occuper de toi. Tu vas être très sage, n’est-ce pas ? 
Et à mon adresse : 
— Je laisse la maison ouverte, que Tony prenne des jouets et si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à fouiller. 
— Ne vous inquiétez pas, je vais m’en occuper, le faire manger, et que votre mari prenne le temps de voir arriver le bébé… 
Tony mit sa main dans la mienne au moment où l’ambulance quittait la maison.
— Viens, on va zouer aux sevaliers ! 
Main dans la main, Tony et moi nous dirigeâmes vers le château fort installé dans le jardin. Mon cœur s’ouvrait tel le pont-levis qui s’abaisse pour laisser passer le flot des gens. Qu’importe mon ventre vide, l’ombre de cette maison sur la mienne et les aigles royaux : je n’ai pas pu être maman, mais maintenant, je suis mamie.

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Burak Bakkar · il y a
Bravoo ! Belle plume ! Toutes mes voix !
Je t'invite à lire le mien https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/plus-noir-que-le-noir-2
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lucile latour · il y a
on suit avec émotion ce ventre qui finit par revivre autrement et pardonner à la vie. tbeau. merci
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Circe · il y a
Bravo extrêmement émouvant ! Pourriez vous lire ma nouvelle "circonstances atténuantes " écrite sur le profil de Circé et me donner votre avis Merci !
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Chantal Cambrezy · il y a
Merci. Je vais voir de ce pas "circonstances atténuantes"!
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Eric Lelabousse · il y a
C'est avec plaisr que je lirai vos autres œuvres car celle-ci m'a passionné !
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Chantal Cambrezy · il y a
Merci et n'hésitez pas à aller voir mes autres nouvelles ou bien mes textes très très courts.
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Chantal GOYAT · il y a
Très émouvant et très bien mené quant à l'évolution psychologique du personnage principal...je te félicite vraiment ! Et je file chercher tes autres textes!
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Fabrice Bessard Duparc · il y a
"précipitais" . très fort et très bien amené juste "précipitais" dans la dernière scène. pas un imparfait mais un passé simple dons "précipitai"
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Chantal Cambrezy · il y a
Merci pour ce rectificatif d'orthographe. Je ne suis pas forte en passé simple, ceux que j'écris sont toujours compliqués !!! Merci vraiment.
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Eliane Martin · il y a
Merci pour cette très belle histoire qui tient en haleine jusqu'à la fin.
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Biscotte · il y a
Félicitations Chantal !

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