La maison close

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Toute ma vie a été bercée par la littérature, la poésie, et le théâtre. J'ai pris la plume très tôt, et bien que légère elle donna du poids à mes mots, qui devinrent des récits, des  [+]

Je ne sais pas pourquoi on l'appelle ainsi. Il n'y a pas de maison plus ouverte qu'une maison close. Cette maison, c'est cette petite bâtisse très discrète, tenue par Lisa, au coin de la rue Oxford. Abritée par un saule pleureur et un lampadaire, c'est l'un des établissements les plus courus de tout le Royaume-Uni. On y allait quand on avait besoin de faire un brin de causette devant une coupe de champagne, avec une belle courtisane, dans une ambiance tamisée, animé par un air de jazz. On pouvait poursuivre la conversation dans une chambre, ou pas, selon ce qu'on était venu chercher. L'aphrodite, ce petit temple de l'amour tarifé, tenue par Mamie Lisa, avait ses habitués.

Le beau monde côtoyait cet établissement. Il y avait du beau linge ici. Et moi, le petit ouvrier de swalingdale, j'y avais aussi mes entrées. La vie est ainsi faite que c'est chez les putes que j'ai retrouvé ma dignité d'homme, que je me suis senti l'égal des autres, que je n'étais pas rabaissé mais valorisé, que j'avais, moi, le petit homme trapu que tout le monde ignorait, les plus belles femmes du monde à mes pieds. Elles me sourient, me traitent avec respect et déférence, ce respect auquel je n'avais pas droit avec ma famille et dans mon usine. Ici, j'étais important, j'étais un monsieur respectable, j'existais, je me sentais vivre, renaître. C'est ce qui faisait ma fierté.

J'avais mon petit rituel. Ma femme le savait. Vendredi soir, en rentrant de boulot, fallait pas me demander où j'allais. Après une semaine passée dans une usine minable, à trimer comme un dingue au milieu du fracas de la chaîne de montage, fallait rien me demander. Ni ma femme, ni mes gosses.
Je prenais ma douche en rentrant, sans dire un mot, je passais à table, les yeux plongés dans mon assiette, j'enfilais mon pardessus après quelques bouchées, et je claquais la porte derrière moi. Version officielle. Je suis au pub. Version officieuse. Je suis aux putes. J'évitais de me parfumer, ce qui aurait attisé les soupçons.

Les putes, je n'aime pas ce nom. Elles n'ont rien de pute. Surtout ma petite Wendy. Elle me donne plus d'amour, d'attention, de sourires en une seule nuit que ma chère et tendre m'en a donné en trente ans de vie commune.

Dans le temps, on les surnommait les hiérodules. C'est joli, les hiérodules, ça fait classe, ça donne pas envie de baiser tout de suite. Hiérodules, ça impose le champagne. Plus que quelques pas et j'étais rendu au temple du plaisir. Fébrilement, je me saisis du heurtoir en fonte en forme d'anneau, accroché à la bouche d'une chimère, et je frappais les trois coups pour signaler ma présence. Deux coups rapides, marqués d'un temps d'arrêt, plus un. C'était mon code. C'est ainsi que Mamie Lisa reconnaissait les habitués. Elle mettait moins de temps à ouvrir.

Quand Mamie Lisa vous ouvrait la porte, après avoir regardé par le judas, elle vous accueillait toujours avec un grand sourire et un regard bienveillant. On commençait alors par s'affranchir des contraintes financières, 100 £ la fille, et plus, selon les spécialités choisies, et on accrochait ses effets sur le porte manteau en bois d'acajou. Ce qui était troublant, c'était ce délicieux mélange olfactif de parfums et de fumée de cigarettes qui flottait dans l'air. Ça vous mettait les sens en ébullition, ça sentait la jeunesse, le rut, la débauche, le sexe à l'état pur, à l'état brut, sans contrainte ni fioritures ni jugement. Ici, il ne fallait pas venir avec son amour, mais avec ses vices. Il ne fallait pas entrer avec ses bonnes intentions mais avec ses fantasmes les plus secrets, ceux que l'on n'ose même pas s'avouer, dont on ne parle à personne.

Il y avait ce respectable petit pharmacien de Penbleton, qui aimait humilier les filles et les faire ramper devant lui, en les traitant de tous les noms tout en leur crachant dessus et en se masturbant.
Et cet avocat réputé, ténor du barreau, qui aimait faire l'amour dans une baignoire remplie de champagne. Ici, au temple d'Aphrodite, l'argent était la seule limite. La légende dit que jadis, un homme fortuné, un noble titré, se plaisait à scarifier sa belle et à lécher son sang. Il y avait laissé toute sa fortune. Moi, j'étais beaucoup plus modeste, et j'avais des fantasmes à la hauteur de mon porte-monnaie, des fantasmes à l'avantage de ma belle Wendy. J'aimais les pieds, les sentir, les lécher, me faire piétiner par des talons aiguilles. Wendy avaient de magnifiques petits petons dans de sublimes escarpins rouges. J'avais déjà essayé avec d'autres filles de cet établissement, mais je n'y avais tiré qu'une satisfaction moyenne.

Wendy elle, a su me capturer de son sourire, de son regard. Assise à l'angle d'un magnifique canapé de cuir marron, sa chevelure rousse bouclée sur ses frêles épaules. Quelques mèches sur son visage d'une blancheur marmoréenne révélaient avec grâce ses belles taches de rousseur, et couvraient à peine ses beaux lobes d'oreilles, desquelles pendaient, au bout de deux anneaux dorés, de belles perles blanches. Son corps de rêve, vêtu d'un corset rouge en dentelles lui donnait un galbe affriolant. Ses seins, comme deux petits melons, sa taille de guêpe. Mon empire pour une nuit d'amour avec cette beauté presque irréelle.

Les jambes croisées, gainées de bas résille noir, l'escarpin droit maintenu par son gros orteil, laissant voir ses autres doigts de pied maquillés d'un beau rouge vif dans un sublime dangling.
Soufflant gracieusement la fumée de sa bouche, les lèvres en cœur, et tenant entre son index et son majeur droit, un porte-cigarette.

Je me suis approché d'elle avec deux coupes de champagne et je me suis agenouillé à ses pieds. Je lui tendis la première coupe, qu'elle saisit gracieusement par-dessous. D'une main, je retirais son escarpin, suspendu à son orteil, y versai ma coupe de champagne et bus à même le soulier. Le divin breuvage, en contact avec la semelle, prit un goût délicieusement poivré. Je relevais la tête et la regardais, c'était le signal, que seules les prostituées peuvent reconnaître. Elle leva son pied et remonta ses orteils au bord de mes lèvres. Je commençais à les gober tous ensemble, puis à les sucer un par un en léchant entre les orteils. J'aimais cet odeur de cuir neuf qui s'en dégageait. Aucun client n'avait toqué à la porte pendant ce temps, peu importe, j'étais seul dans un autre monde, de grâce et de vice, de passions déchainées, de fantasmes assouvis. Je la pris dans mes bras, et la portai, comme on porte une jeune mariée, en montant les marches de l'escalier qui mène à la chambre du premier étage, sur la gauche, celle qui m'était réservée.

Tandis qu'elle s'accrochait à mon coup, je tournais la poignée d'une main et ouvrit d'un coup de jambe la porte. Le lit, en drap satin rose, nous attendait. Il n'attendait que nous. La fenêtre à petits carreaux était à la hauteur du réverbère. Sa lueur était suffisante pour nous procurer le peu de lumière dont nous avions besoin, et illuminer nos ébats. Le sang bouillait en moi, je deviens un animal sauvage, un être primitif. Je la projetais vigoureusement sur le lit. Elle rebondit, et je commençais à dégrafer maladroitement mon pantalon et ma chemise. Je lui donnait une première claque sur la joue en la traitant de petite catin et en lui crachant au visage. C'était notre jeu favori.
Une fois nu, en érection, je m'allongeais sur la moquette bordeaux, les bras en croix, les jambes écartées et le membre turgescent. La moquette, douce, moelleuse, accueillait mon corps avec chaleur. Je la voyais se relever. Gracieuse, la démarche féline, elle se dirigeait vers moi, en se déhanchant sur ses talons aiguilles. Arrivée à la hauteur de ma tête, elle écartait les jambes, debout au-dessus de moi, déchaussa son pied droit, et massa mon visage une première fois. De mes dents, sauvagement, je retenais son bas résilles. Elle leva sa jambe qui se dénuda alors, en équilibre sur son pied gauche, toujours chaussé. Elle porta alors ses orteils à ma bouche. Je les léchais vigoureusement. Elle retira son pied bien humecté, se retira en marche arrière, et commença à me masturber de son pied humide, frottant la hampe de mon pénis de son petit peton de reine, sans omettre de caresser mes testicules. Elle s'y attarda un instant, et me lança un regard provocateur, les dents serrées. Elle augmenta la pression de ses orteils sur mes bourses, ce qui eut pour effet de me faire tressaillir, et m'interrogea du regard, d'un air triomphal.

À cet instant précis, elle avait le pouvoir sur moi, le pouvoir de vie et de mort. J'étais sous son contrôle, esclave de son bon vouloir. Je tournais la tête à gauche, signe que je demandais grâce. Elle se mit à sourire, d'un air satisfait et moqueur, et reprit sa masturbation avec la même méticulosité. Elle laissa un filet de bave couler sur mon membre, et de son pied reprit les massages de plus belle. Alors que je sentais l'orgasme arriver au grand galop, elle s'interrompit subitement, s'avança rapidement de nouveau à hauteur de mon visage, chaussa son escarpin droit, et, profitant de ma position allongée bras en croix, crucifia mes deux paumes offertes de ses talons aiguilles, en appuyant légèrement pour ne pas me mutiler mais fermement. La violente douleur interrompit la montée orgasmique, mais je bandais encore plus, dopé par la souffrance et le sadisme, la domination de cette petite pute de dix-neuf ans. Elle s'accroupit sur moi, relâcha la pression de ses escarpins, se déchaussa, et ce sont ces doux pieds qui vinrent penser mes stigmates aux deux paumes, pendant que ma langue tendue réclamait sa chatte. Elle s'assit alors sur moi et je pus, goulument, m'emparer à pleine bouche de son intimité. Je l'entendais glousser, déglutir, enfin gémir, puis, se soustrayant de mon emprise, elle s'empala sur mon sexe, me chevauchant de toute la vigueur de ses dix-neuf printemps. Nous avons joui de concert dans un râle assourdissant, non retenu, que les murs feutrés de tapisserie soyeuse avait du mal à retenir. Je ne savais si elle simulait, là-haut dans le ciel on ne se pose pas de question.

Les cheveux défaits, elle me cracha à son tour à la figure, avant de se relever, c'était notre petit jeu. Au-dessus de moi, je voyais ma semence s'échapper de sa chatte. Cette petite traînée savait qu'il en serait ainsi. Elle s'est donc positionnée au-dessus de ma tête, debout, pour qu'elle puisse s'écouler dans ma bouche. Ce n'était qu'un juste retour des choses. Retour à l'envoyeur. J'avais maintenant droit à mon petit plaisir, ma petite faveur. J'avais été bien sage, j'avis beaucoup souffert, j'avais donc droit à ma douche dorée. Elle s'accroupit une nouvelle fois au-dessus de moi et s'exécuta. Sa délicieuse urine avait le goût du champagne, et m'en procurait une plus grande ivresse. Nous prîmes un bain tous les deux, dans des pétales de rose, avec du savon au jasmin, en dégustant un verre de vin blanc, qui accompagnait mon merveilleusement mon havane. Il est deux heures du matin. Vêtue d'un peignoir en satin rouge et noir, elle m'aide à me rhabiller, à enfiler mon pardessus, dépose un délicat baiser sur mes lèvres en me souhaitant bonne route. À la prochaine mon amour, tu me manques déjà, me susurra-t-elle.

Mamie Lisa, malgré l'heure tardive, était toujours derrière son bar, éclairé par deux petites loupiotes rouges. Il se situait juste à gauche de la porte. Une autre fille, Alma, se leva du canapé avec un sourire et m'ouvrit la porte. Je quittais la douce chaleur de l'Aphrodite pour la légère bruine d'Oxford Street, déserte à cette heure, seulement éclairée par quelques réverbères à la lumière vacillante. Les quelques gouttes de pluie m'extirpaient de ce rêve voluptueux tout en fraîcheur. Elles rinçaient mon visage des quelques effluves de cet instant béni.

Le bruit de mes pas résonnait dans la nuit. J'avais mis mes godillots tout neufs, les vernis, ceux que je réserve aux quelques rares belles occasions. Il n'y en a pas beaucoup dans ma triste vie. Je me rapprochais de chez moi, de la vraie maison close. Celle ou votre femme et vos enfants ne vous regardent plus, celle où vous attend tous les jours la dispute, et tous les soirs la même soupe, celle où tous les cœurs sont fermés, tout comme les bouches et les oreilles.

L'Aphrodite, en comparaison était ma véritable demeure, ma vraie famille, celle qui me donnait la chaleur et l'affection, l'écoute et l'attention qui me faisaient tant défaut. Je suis rentré chez moi sans un bruit. De toute façon j'aurais pu en faire, tout le monde s'en fout de ce que je fais, de ce que je dis, de ce que je suis. Je ne suis bon qu'à ramener la paye et à faire bouffer tout le monde, les gosses s'éduquent tout seuls, à l'école, dans la rue, comme ils peuvent.

Le lendemain matin, je suis retourné à mon usine de merde, reprendre ma vie de rien, pour un salaire insignifiant. Heureusement que j'avais quelques sous de côté, hérités de mon défunt père. Mes quintes de toux et mes douleurs pulmonaires m'ont conduit chez le médecin, puis chez un spécialiste. On m'a diagnostiqué l'asbestose, une maladie des poumons, installée depuis vingt ans. C'est une pathologie irréversible et dégénérative. En bref, j'allais crever dans pas longtemps, de suffocation. Je ne voulais pas de cette mort. Je n'ai rien dit à ma famille. De toute façon, à quoi bon. Le seul moment où j'aurai pu en causer à mon épouse c'était pendant le missionnaire mensuel du vingt-cinq de chaque mois. Le devoir conjugal réglé comme du papier à musique.Vingt ans de mariage, vingt ans de missionnaire. Non, je ne voulais pas lui gâcher son petit plaisir, la priver de son petit ha ! Alors je n'ai rien dit. Elle n'a même pas remarqué les aérosols que je prenais pour lutter contre mon essoufflement, et les cachets qui permettaient à mon cœur de ne pas flancher. Non, je n'en ai pas parlé à ma famille administrative. Je gardais tout ça pour Mamie Lisa et ses filles, lors de ma prochaine visite. Je me savais condamné, j'avais tout préparé. Ma famille ne manquerait de rien. Ils auraient toujours un toit sur leur tête, toujours de quoi se nourrir, se vêtir, se soigner, s'éduquer, et s'offrir quelques vacances et quelques babioles.Puis, après ma dernière journée de travail du mois, un vendredi 30, fidèle à mon habitude, je me suis rendu à la maison close, l'Aphrodite.



— Edward, soit le bienvenu chez toi, tiens, je t'offre une coupe ! Tu es en avance ce soir, Wendy n'est pas encore là.
— C'est toi que je viens voir Mamie Lisa.
— Allons, trêve de plaisanterie, je suis bien trop vieille, tu risquerais de te la coincer !
— Mamie Lisa, sors ton meilleur champagne, j'ai besoin de parler ce soir, j'ai besoin d'être compris.
— Ah !, je vois que ça ne va pas bien. Attends, je demande à Maruchka de tenir le bar. Maruchka ! Maruchka !
— Oui Madame.
— Amène-nous une bouteille de mon meilleur champagne, je vais au salon avec monsieur Edward !
— Bien madame.
— Dis-moi tout. Ta femme te fait des misères ? Tes enfants ? Ton patron ? Qu'est-ce qui ne va pas mon petit, dis tout à Mamie Lisa.
— Mamie Lisa, je vais mourir...
— Je te demande pardon ?
— Je vais mourir. J'ai une maladie des poumons qui affaiblit mon cœur, à cause de cette saloperie d'amiante que j'ai respirée pendant vingt ans.

Des larmes commencèrent à perler des joues de Mamie Lisa.

— Combien de temps ?
— Cinq mois, six tout au plus.
— Ta famille est au courant ?
— C'est toi ma famille, Mamie Lisa, toi et tes filles, vous êtes ma vraie famille depuis dix ans.
— Ne dis pas ça, Edward, tu as une femme et des enfants.
— Oui, mais je ne suis pas de leur famille. Pour eux, je suis mort depuis longtemps déjà.
— Je comprends.
— Mamie Lisa, je veux choisir quand et comment partir.
— Je vois où tu veux en venir, nous avons connu ça, jadis.
— Oui, avec le Duc de Wisselord.
— Oui.
— Demain, c'est mon anniversaire.
— Edward, tu sais bien que ça n'est pas demain.
— Demain, c'est l'anniversaire du premier jour de ma vraie vie, le jour où je suis venu à l'Aphrodite pour la première fois, le jour où tu m'as si gentiment accueilli avec tes filles et fais de moi un homme. C'est ici que mon cœur a commencé à battre, c'est ici qu'il cessera. J'étais déjà mort en venant ici pour la première fois, et vous m'avez ressuscité. Vous m'avez rendu la vie, l'estime de soi, la fierté, l'égalité, vous m'avez traité avec respect et gentillesse, et aussi avec amour.Demain tu réserveras l'Aphrodite pour moi, et tes quinze filles. Demain, on va faire une fête comme jamais, et je mourrai. Je ne prendrai pas mes pilules pour le cœur, je me laisserai emporté par l'amour et le plaisir, et je garderai dans mon âme le visage de mes quinze reines du plaisir. Tu laisseras mon corps sur un banc de l'autre côté de la rue, quand ça sera terminé. Ne dis rien aux filles. Voilà ton enveloppe, il y a plus que ce qu'il n'en faut...
— Edward, c'est trop d'argent !!! Tu ne vas pas me donner toutes tes économies, je ne vaux pas ça ! Et ta famille, tu as pensé à ta femme, tes enfants ?
— Ils toucheront les cinquante mille livres de mon assurance-vie, plus quelques économies que je leur ai laissées sur mon testament. Préviens les filles et prépare tout, je reviendrais demain.
— Laisse-moi te dire adieu maintenant, sanglota Mamie Lisa, demain, rien ne paraîtra sur mon visage, tu auras droit à mon plus beau sourire, mais ce soir, je me viderai de mes larmes...

Alors que je sortais, laissant Mamie Lisa en pleurs, j'aperçus Wendy à l'autre bout de la rue, dans la lumière des réverbères. Elle ne m'avait pas vu. Elle était magique dans son manteau en fourrure et ses bottines. Je ne l'avais jamais pratiquement jamais vu habillée depuis les deux années durant lesquelles je l'ai fréquentée.


Le lendemain, J'ai pris ma douche en rentrant du boulot. Sans dire un mot, je suis passée à table, les yeux plongés dans mon assiette, j'enfilais mon pardessus après quelques bouchées, et je claquais la porte derrière moi. Je savais que je ne reverrais plus ma famille. Je ne savais même pas si je les ai déjà vus un jour. Je n'ai pas vu grandir mes enfants, je n'ai pas vu vieillir ma femme. Je me suis juste vu bosser et mourir, avec quelques parenthèses de bonnes baises.Ce soir, je sors, pour la dernière fois. Version officielle. Je suis au pub. Version officieuse. Je suis aux putes.

Il pleuvait ce soir-là, il pleuvait comme jamais il n'a plu. Plus que quelques pas et j'étais rendu au temple du plaisir. Fébrilement, je me saisis du heurtoir en fonte en forme d'anneau, accroché à la bouche d'une chimère, et je frappais les trois coups pour signaler ma présence. Deux coups rapides, marqués d'un temps d'arrêt, plus un. C'était mon code. Mon dernier code. Celui qui permet aux portes de la maison close de s'ouvrir.

Un magnifique sourire m'a accueilli, celui de Mamie Lisa. Je suis rentré au milieu d'une haie d'honneur de sourires, de seins, de parfums, de chevelures blondes, brunes rousses, de corsets, de décolletés, de talons aiguilles. Je n'ai pas enlevé mon pardessus, mon pantalon et mes godillots. Le salon de L'Aphrodite était transformé en une immense chambre. Elles me dévisageaient de leurs yeux pleins de sexe et de vice.

Ce soir, je vais me prendre un bain de cyprine, je vais m'envoyer quinze femmes. Wendy me souriait. à ses côtés Annabelle, Jezabel, Clarisse, Flora, Charlotte, Iris et Agnès se frottaient les unes aux autres, se caressaient, s'embrassaient goulument, et se déshabillèrent. Maryse, Debbie, Lolita, Natacha, Clara, Julia et Sana ne tardèrent pas à les imiter. Elles avaient gardé leurs talons aiguilles. Wendy se dirigea vers moi et enleva ma veste, Annabelle ôta ma chemise, Jezabel mon débardeur, Clarisse détache ma ceinture, flora baissa mon pantalon, Charlotte me délesta de mon caleçon, Iris et Agnès ôtèrent mes chaussures et mes chaussettes, et retirèrent mon futal. J'étais nu comme un vers au milieu de ses quinze anandrynes improvisées pour mon bon plaisir. Une voluptueuse bouche s'empara de mon sexe, je ne sus laquelle, d'autres bouches m'embrassaient dans le cou, le dos, les jambes, et une langue s'introduisit dans mon anus.

Aussitôt une vive douleur m'arracha un cri lorsque ce fut le tour d'une pointe de talon. Je n'avais jamais connu ça. J'ai fait l'amour chacune de ces filles, mais jamais avec toutes en même temps.Très vite, je sentais des mains me tirer vers l'arrière, en tout confiance je me laissais tomber au sol, ralenti par les soins de ces nymphomanes en furie. Une fois allongé, un anus se colla à ma bouche, puis une chatte. Plusieurs langues et plusieurs chattes parcouraient mon corps, je ne savais plus où j'étais. Je fus arrosé de champagne, puis des dizaines de pieds, aux ongles maquillés, me piétinaient et massaient mon corps, entraient dans ma bouche, caressaient mon visage. Mon érection devenait douloureuse, mon corps était en ébullition. Mon cœur battait vite, très vite, libéré des médicaments, mon souffle s'accélérait. J'avais suffisamment de vigueur et de sperme pour jouir au moins trois fois. À mon âge, ça m'était déjà arrivé. Seul le temps de latence augmente, mais avec des catins déchaînées et tant de chair fraîche autour de moi, je me devais bien ça. Les vasodilatateurs que j'avais ingurgités ce soir, pour ma dernière nuit, m'y aideraient. Aidé par deux mains tendues je me suis remis debout, et je leur ai ordonné de partouzer. Je les regardais s'entre-dévorer, se lécher, se doigter, et je me sentais devenir fou, bestial, possédé par la démence sexuelle. L'odeur de cyprine m'envoûtait. Celle de la transpiration de ces catins en chaleur également.

— Charlotte, défonce-lui la chatte avec une bouteille ! Iris, chie sur Agnès, Flora, pisse sur Jezabel, les autres, nettoyer le salon à coups de langues ! Wendy, vient ici ! Les autres, regardez comment je vais la faire hurler ! À quatre pattes, vite !

Wendy s'exécuta, et pendant que je la sodomisais, toutes les filles me regardaient. Très vite, mon premier orgasme survient dans un râle puissant, et me fit me recourber sur le dos de Wendy. J'avais l'impression d'éjaculer un torrent de sperme. Je peinais à reprendre mon souffle, mais très vite je fus saisi et allongé au sol sur le dos, et je fus lacéré à coups de griffes, pendant que d'autres léchaient mon sang. Je sentais des coups de martinet pour aider mon pénis à se redresser. Je n'ai jamais récupéré aussi rapidement, et chaque fille se succédait pour me chevaucher en se trémoussant et en gémissant, tandis que certaines d'entre elles m'urinaient sur le visage, et très vite mon second orgasme m'arracha un cri, le dernier. Le plafond s'est mis à tourner très vite. Je venais d'éjaculer mon âme. Mon cœur a cessé de battre, délicieusement. Ma femme était dans sa robe de mariée, jeune et belle. Très vite, elle tombe enceinte, accouche de mon premier et de mon deuxième enfants, je décroche mon job à l'usine et mes deux garçons réussissent leurs études. Je les aime plus que tout au monde. Ils sont toute ma vie, je les aime plus que tout au monde, je ne sais pas si je leur ai déjà dit un jour... je vous aime, ma famille...
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