La licorne aux larmes d'argent

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Il était une fois en Alphasia, plus précisément en notre beau petit bois d'Ylën, vivait une jeune et belle femme aux curieux pouvoirs. Elle n'était pas magicienne mais une sorte de don de voyance demeurait en elle. Toutefois, elle ne comprenait pas entièrement l'essence de son pouvoir. Mais ce qui est sûr, c'est qu'elle était capable de bien de petits miracles faisant autant sourire les curieux qu'apaiser les familles. Elle se nommait Myli. On pourrait croire qu'elle était heureuse grâce à ses doux et beaux dons mais les dieux en avaient décidé autrement. Myli était malheureuse. Personne ne la considérait. Alors, pour que le petit peuple d'Ylën s'intéresse à elle, Myli faisait des miracles magiques encore plus grands, mais malgré cela, rien n'y faisait. Elle passait des nuits à lutter contre les larmes (car elle refusait d'admettre qu'elle était tristre et pour elle, pleurer était une preuve évidente de tristesse) et se torturait l'esprit à se remettre sans cesse en question concernant la négligeance venant d'autrui.
Puis vînt le jour des larmes. Mily avait organisé une grande festivité de magie en l'honneur de la Saison des Claires Couleurs. Mais personne ne s'y rendit car le Seigneur d'Ylën avait également organisé une festivité sans convier Myli. Mais ce n'est pas tout puisque lorsqu'elle se promena dans les rues, elle remarqua que tout le monde était là à l'exception de tous les propriétaires des terres ou magasins du village. Elle comprit alors que le Seigneur n'avait que convié à sa fête les personnes riches, mais ce n'était pas cela le pire. Non non non ! Le pire était que malgré ses invitations, les villageois qui n'avaient pas été conviés par le Seigneur ne s'étaient pas rendus à la fête de Myli. Alors là, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Le jeune femme fondit gravement en larmes et courut de toutes hâtes vers les bois sans réellement s'en rendre compte. Elle courait, courait, courait de plus en plus vite, de plus en plus loin, sans aucun guide, seulement là où elle pouvait encore courir. Puis vint le moment où elle trébucha enfin. Or, elle avait trébuché dans un endroit quelque peu perdu des bois d'Ylën (oui car on a beau parler de bois mais ils sont assez grands pour qu'on s'y perde) et rien au monde que pouvait, visuellement, lui indiquer le chemin du retour. Ce fut la catastrophe pour notre pauvre héroïne. Elle qui avait toujours vécu seule, la voilà qu'elle allait finir ses jours perdu dans un bois, encore si seule.
Le conte pourrait en effet s'arrêter là, mais si c'est un conte, alors cela est impensable qu'il s'arrête là, non ? En bien ne craignez rien, car en effet, notre pauvre héroïne trouva son salut. Myli, l'esprit dans les profondeurs de la mélancolie, fit soudainement la curieuse rencontre d'une très belle licorne. Cette dernière était intriguée de trouver ici Myli et dans un tel état, c'est alors qu'elle lui demanda :

“Ben voyons ! Pourquoi une si belle demoiselle se retrouve perdue dans mon bois et surtout dans ce si triste état de mélancolie ? Demanda la Licorne.
-O douce licorne, vous me parlez ? Répondit Myli.
-C'est fort possible, oui... Rétorqua la Licorne, d'un ton moqueur.
-Pardonnez-moi... Mais je n'ai pas l'habitude que l'on m'adresse la parole... Fit Myli.
-Oui, cela ne me surprend pas ! Pourtant, je te vois très clairement. Tu dois donc être un grand esprit, je me trompe ?
-Je ne comprends pas... Dit vaguement Myli.
-Bien, tu es un grand esprit, un fantôme ayant encore tous ses pouvoirs magiques d'être vivant. Une sorte de Liche en fait ! Expliqua la Licorne.
-Que cherchez-vous à dire ? Se perdit Myli.
-Oh... Je crois tristement comprendre ta situation... Je suis navrée de te l'apprendre, mais tu es un fantôme, tu es décédée depuis peu et tu ne le sais visiblement point encore... S'attrista la licorne.
-Pardon ? Qu'avez-vous osé dire de moi ? Est-ce là une agression de votre part ? Grogna Myli.
-Aux noms des pauvres anges ! C'est bien pire que je ne le pensais... Ma pauvre jeune demoiselle, je suis Equilias, l'esprit protecteur de ces bois et mon devoir est d'apaiser les âmes qui se réfugient dans ces lieux sacrés. Tu es une âme ayant déjà quitté son réceptacle corporel, mais ce n'est pas pour autant que tu ne peux plus rien ressentir. Oui, je te le confirme, tu es décédée et je n'en suis que trop navrée. Néanmoins, je peux t'affirmer qu'un grand pouvoir divin demeure encore en toi. Expliqua calmement la licorne.”

Non, il n'y a aucune réponse à attendre suite à de telles révélations. C'est bien pour cela que Myli fondit grandement en larmes. Mais la licorne Equilias lui demanda de grimper sur son dos, chose qu'accepta timidement Myli après avoir un peu calmé son terrible chagrin. Ainsi galopa l'esprit parmi les arbres du petit bois enchanté d'Ylën. La chevauchée fut d'une rare magie. Myli oublia rapidement son chagrin et avait la sensation féerique de s'envoler, de découvrir constamment les mondes cachés par les horizons. Jamais elle n'avait connu un tel sentiment de joie et d'évasion. Puis vînt le moment où la licorne arrêta sa course au pied une petite cascade. Elle invita ensuite Myli à se baigner dans le ruisseau. Le fantôme de notre héroïne s'éxecuta. A ce moment-là, Equilias baissa sa tête vers le bord du ruisseau et fit tomber quelques larmes. Soudainement, le ruisseau scintilla de mystérieuses lueurs argentées. Les éclats de lumières refroidirent le corps spirituel de Myli et pour la toute première fois, elle se souvenait de la sensation de la fraîcheur qu'elle avait perdue depuis des lustres. Ebahie, elle commançait à se rendre compte que son corps de chaire revenait en elle. Le fantôme qu'elle est redevenait l'être vivant qu'elle était. Et de nouveau, ses larmes tombèrent :

“ Petite demoiselle ! Lui dit la licorne Equilias. J'ai usé de mon don divin sur toi car j'ai découvert l'immensité de ton pouvoir. Tu es Aëlonia, un Fragment de la Création d'Alphasia, le Fragment identitaire de la Joie. Mon désir et combat éternel est également d'adoucir les peines autour de moi. A nous deux, nous formerons une entité primordiale pour Alphasia afin d'étendre la lumière du Bon Amour autour de nous. Tu es désormais mon acolyte dans cette quête. Acceptes-tu d'apaiser les malheurs des âmes perdues avec moi ?
-Oui ! Répondit clairement Mily.”

Et depuis, la région d'Ylën fut considérée comme région paisible et de repos pour aventuriers et voyageurs.
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