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LA JOURNEE DE MALHEUR

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Bosco

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Des bruits se fissent entendre depuis mon atelier. A mon avis, ce n'était que des souris qui bousculaient des outils. De plus, il était deux heures du matin; ce n'était pas une heure à laquelle il fallait se réveiller. Voilà enfin le coq qui chante pour la première fois. Maintenant il faisait jour. Je me levai et me dirigeai vers la salle de bain, je fis ma toilette puis je pris un bain chaud. A mon âge, étant une jeune femme, je faisais très attention à mon corps. Je prends au moins trois bains dans la journée ; je n'utilise que des produits bio. Je n'étais pas marié; j'ai eu des petits amis mais toutes mes relations n'ont pas marché. Peut-être parce que je tenais à garder ma virginité jusqu'au mariage. En tout cas je suis toujours vierge et j'en suis fière. De nos jours, c'est dur de rencontrer une femme de 24 ans vierge. Quand je sortis du bain, je retournai dans ma chambre me faire belle. Lorsque je sortis, je remarquai que mon salon était vide.
Mais où sont passés ma télévision et mes fauteuils ? je ne me fis pas prier avant de courir vers mon atelier se trouvant juste en face de ma maison. Quelle fût ma frustration quand je vis que mon atelier était complètement vide, comme s'il n'y avait jamais eu quoi que ce soit. Je m'écroulai au sol comme pour y chercher du réconfort. Je pris toutes mes forces pour me relever et courir vers le téléphone.
-Allô! oui la police! je viens de me faire cambrioler. Criai-je de toutes mes forces
A peine l'officier au bout de la ligne a voulu parler que je l'interrompis:
-monsieur je suis à l'angle de la rue 41 en face de l'Institut français. L’appel se coupa net. A mes cris et pleurs, les voisins accourus et ont été époustouflés en voyant mon atelier totalement vide.
- Que s'est-il passé? demandèrent-ils
- On vient de me cambrioler, ils m'ont tout pris...ils ne m'ont rien laissé. Pleurai-je.
A ces mots, ils s'écrièrent d'étonnement.
-Mais comment est-ce possible ? demanda l'un d'eux.
- je n'aimerais pas être à sa place. Répondait l'autre.
Et moi de m'apitoyer sur mon sors. Je sentis une main se glisser entre mes aisselles et me releva. Quand je relevai les yeux, je remarquai un bel homme qui me sourit et me dit : Ne soit pas trop triste, voisine mais, laisse faire la police et le reste reviendra. La vie nous réserve certaines surprises, dit-il avant de se présenter comme étant George.
- Ai-je bien entendu ou il m'a appelé voisine ? pourtant je ne l'avais jamais vu auparavant. Pensai-je
Sans que je n'ai eu le temps de lui poser des questions, la sirène de la voiture de la police se fit entendre ; ce qui nous firent tous sursauter et courir vers l'extérieur. Un vieil homme descendit de la voiture de police en plus de quatre agents et entreprit dans notre direction une marche imposante.
- bonjour madame est-ce vous qui aviez signalé un cambriolage?
- oui! répondis-je timidement.
- ok puis-je entrer?
- oui! oui faites.
Il entra dans l'atelier avant d'ordonner aux autres agents d'aller faire le constat dans la maison. Nous le suivîmes puis George le gentil jeune homme se pressa de nous trouver des sièges.
-Madame, je suis ici pour mener une enquête, pour retrouver ceux qui vous ont fait ça; dit-il confiant de lui-même.
-Vous dites toujours ça mais vous ne réussissez jamais à arrêter les coupables! dis-je à basse voix.
George m’entendit et me souffla à l'oreille: "je connais ce policier. C'est le meilleur enquêteur de la police nationale. On ne fait appel à lui que pour des cas délicats ou qui semble irrésolvable. Si quelqu'un peut retrouver les coupables, ça ne peut être que lui. Fais-moi confiance"
-OK lui soufflai-je à l'oreille.
Le lieutenant pris son souffle puis entrepris la conversation.
-Madame, pouvez-vous me raconter ce qui s'est passé
-oui répondis-je avant de commencer mon récit.
- je me suis endormis hier au environ de 22h. un léger bruit m'a réveillé au beau milieu de la nuit semblant venir de l'atelier mais je n'y ai pas fait attention car je me suis convaincu que cela ne pouvait être des souris. Mais à mon réveil après avoir pris ma douche, et m'être habillé, je sortis. C'est là que je remarquai ce qui s'était produit. Mon salon était vide et mon atelier aussi.
-Ok! madame mais à quelle heure vous êtes-vous réveillé?
-5H30 environs
- très bien madame, avez-vous des maux de tête? ou un mal quelconque?
- Maintenant que vous en parlez, depuis un moment je sens une migraine mais faiblement. Où est le rapport?
-vous avez probablement été endormis grâce à un gaz. dit-il
-quoi?
- c'est peut-être pour ça que vous n'avez pas réussi à aller vérifier d'où venait le bruit. Mais ne vous inquiétez surtout pas. Cette affaire sera résolu d'ici peu.
-je veux bien vous croire.
L’un des agents venus avec le lieutenant ouvra la porte violemment
-Lieutenant!
-oui! quel est le rapport?
-les matériaux et meubles volés s'élèvent à 1,2million en plus une somme de 500milles francs. Chef!
- ok! vous pouvez disposer!
Heureusement pour moi je ne gardais pas tout mon argent à la maison. Je ne gardais que la moitié de l'argent que j'avais en compte en banque. Je possédais un salon de coiffure très renommé. Les femmes de politiciens, les politiciennes, les ministres et les certains députés avaient choisi mon atelier comme la meilleure. Elles venaient y passer leur temps pour se faire belle et fine. C’est de cette manière que je fis fortune.
Le lieutenant décida enfin de prendre congé de nous mais avant cela, il prit les contacts de tous ceux qui était présent. Et puis nous adressa un petit sourire avant de nous quitter. Je fus raccompagné par George et les autres voisins dans ma maison qui était toutes vides maintenant. Je ne me posais qu'une seule question: le lieutenant avait-il une piste? pourrais-je entrer en possession de mon argent et de mes meubles une fois les voleurs arrêtés?
-voisine, voisine tu es avec nous? Luc veut savoir comment est-ce que les voleurs ont pu entrer sans défoncer la porte.
- moi aussi je me pose la même question, figurez-vous!
Le lieutenant n'a même pas posé cette question. Peut-être parce qu’il en a déjà une idée, je ne sais pas. En tout cas étant donné qu’il est le meilleur et qu’il a toujours arrêté les coupables dans des affaires plus compliquées, cela me soulage et me redonne de l’espoir.
Aussi curieux que cela puisse paraitre, je me souvins aussi tôt de mon nouveau voisin et je lui lançai :
- quand avez-vous emménagé dans les environs ?
- je me suis installer juste en arrière de votre appartement il y a de cela trois jours exactement.
- ok je vois pourquoi je ne m’en suis même pas rendu compte.
- c’est normal, je suis un gars un peu discret parfois.
Je ne pus m’empêcher de remarquer ça belle forme ainsi que ses muscles dévoilés par son t-shirt railler. C’était un parfait inconnu mais pourtant il m’intriguait
Tous les autres voisins étaient déjà partis. Il ne restait plus que moi et George. Tout devint silencieux d’un coup. Et ce silence devenait de plus en plus pesant. Mais bientôt il fut obligé de prendre congé de moi.
- Je dois partir, dit-il.
- Vraiment ?
- Oui, j’ai des tas de chose à faire. Je vous souhaite du courage !
- Merci.
Il s’en alla donc. J’étais désemparée ; je ne savais plus quoi faire quand tout d’un coup mon téléphone sonna. A la sonnerie, c’était une chanson des années deux milles qui me redonnait la joie de vivre à chaque fois que je l’entendais. Comme je voulais me soulager, je laissai sonner plusieurs fois. Après deux appels manqués, je vis le numéro ; c’était ma grande sœur. Je n’avais même pas pensé à lui téléphoner pour lui raconter ce qui venait de se passer, alors je décrochai :
- Allô !
- Allô ! Catherine prononça-t-elle en sanglotant.
Je fus troublée par ses pleurs. Je n’avais jamais entendu ma sœur pleurer de la sorte, alors j’oublie mes soucis pour lui demander ce qui se passait.
- Que se passe-t-il jacqueline ?
- Maman est...maman est morte ce matin. Nous avons retrouvé le corps sans vie ce matin.
- Quoi ?
Moi qui croyais avoir déjà vécu le pire, cette phrase fit le vide dans ma tête. Ma mère venait de rendre l’âme et cela, je ne voulais pas l’accepter. Le téléphone glissa de ma main et tomba au sol. Malgré que le téléphone était sur le haut-parleur, je commençai à me perdre dans mes pensées. Aussitôt, j’entendis quelqu’un cogner à la porte, ce qui me fit revenir de mes songes.
- J’arrive ! bonsoir que puis-je faire pour vous ? demandai-je à l’homme qui se trouvait devant moi. Il était en veste.
- C’est moi, répondit-il.
Je viens de constater que c’était mon comptable. Je ne l’avais pas reconnu à cause de tous ces mauvaises nouvelles qui me torturaient depuis le matin. Il était maintenant quinze heure.
- Pardonnez-moi ! j’avais la tête ailleurs.
- Pas de problèmes.
- Veuillez entrer s’il vous plait.
- D’accord !
Il n’était jamais venu chez moi depuis qu’il travaille pour moi. Je me demande bien pourquoi il est là. En temps normal il se contente de m’appeler lorsqu’il y a des problèmes avec mes finances.
- Vous déménagez ? demanda-t-il.
- Oui, répondis-je, intrigué par sa question.
Je ne voulais surtout pas que quelqu’un comme lui ait pitié de moi pour ce qui m’était arrivé. Il continua :
- Ce ne sera pas possible.
- Pourquoi ? articulai-je étant très inquiet.
- Madame, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous.
- Quoi ? criai-je
- Je suis navré mais vous venez de perdre votre fortune. L’investissement que vous aviez fait dans les crypto monnaies s’est mal passé. L’entreprise a fait faillite et s’est volatilisé. D’autres parts, le prêt que vous aviez sollicité auprès de la banque pour cet investissement, a été réclamé par la banque qui a gelé votre compte et a hypothéqué votre maison.
A ces mots, je m’écroulai au sol puis perdis connaissance. Quand j’ouvris les yeux, j’étais à l’hôpital. Moi qui pensait que ce n’était qu’un rêve ; le comptable était toujours là.
- Vous avez perdu connaissance madame, j’ai dû vous conduire à l’hôpital.
- Merci mais vous n’auriez pas dû
Tous ces malheurs en une seule journée ce n’est pas possible. Je dois être maudite.
Mon père est décédé quand j’avais six ans environs ; ma mère s’est occupée de nous c’est-à-dire ma sœur et moi pendant toutes ces années. Elle a financé nos études jusqu’au bout. Mes oncles avaient refusé d’aider ma mère, et donc elle s’est débrouillée pour nous instruire et nous enseigner tous ce qu’elle connaissait. Elle à travailler comme servante dans plusieurs maisons. Elle était brutalisée parfois mais ne laissait rien transparaitre. Elle nous a soutenu de cette manière jusqu’à ce que ma sœur et moi ayons le BEPC puis moi je décidai d’aller en apprentissage dans un salon de beauté. Quant à ma sœur, elle poursuivit ses études jusqu’au BAC et maintenant elle est infirmière dans une clinique privée. Puis ensuite cela a été à notre tour de s’occuper de notre mère. Mais voilà, elle nous quitte et cerise sur le gâteau je viens de tout perdre en une journée. Ma maison, mon atelier, mon argent, ma mère ; que me reste-t-il donc ?
Tout ça en une seule journée ; quelle journée de malheur ! je préfère encore mourir que de vivre dans un monde pareil. Ai-je fais quelque chose de mal ? pourquoi cette punition ? pourquoi moi ?
FIN
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