La jeune fille

il y a
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Ecrire, lire, comprendre le monde à venir et sans doute ne pas vraiment y arriver. Car, comme le disait Guglielmo Ferrero, " l'humanité marche à reculons vers l'avenir, les yeux tournés vers le  [+]

Elle était là, sagement assise en face de moi, dans cet autobus, ses deux mains entourant un sac de couleur rouge, posé sur ses genoux. Elle portait ses jolis yeux verts pâles sur une ligne horizontale imaginaire, au dessus de ma tête, une sorte de voile accroché à son regard clair.
Et dans l'expression de son détachement, je sentais une simulation maladroite et tout ce que ses yeux cherchaient malgré elle à me dire. Elle recevait de ma part, en retour, de brefs coups d'œil, lancés dans sa direction comme par une de ces distraction machinale qu'on a parfois, et dans cette sorte de jeu un peu ridicule, je m'appliquais à contempler à travers la vitre d'où s'écoulaient des larmes transparentes, un paysage d'immeubles gris, d'arbres déjà morts, de passants allant tête basse, protégés du vent, de la pluie, par de grands manteaux sombres, des parapluies dégoulinants, toute cette atmosphère au fond si particulière des villes d'Europe.

Elle devait avoir dans les trente ans à peine. Un visage de type hollandais, sorte de jeune fille à la perle, avec en guise de bonnet, un chignon bien serré d'où s'échappaient malgré tout quelques fines mèches blondes qui retombaient depuis le haut de son front impeccablement dégagé, si pur, si lisse, sur ses joues de porcelaine. Avait-elle franchi la barre du temps, découvert le secret de l'immortalité , n'en pouvait-elle plus de poser, encore et toujours, pour ce maître exigeant, presque vieux, qui la dégoûtait sans doute ? Alors, un jour, elle avait dû se lever, brusquement, elle lui avait dit : « je m'en vais ! » et l'autre, le peintre, était resté là, interdit, le bras en l'air, son pinceau à la main...

Et la voilà, devant moi, tout éberluée de ce voyage dans le temps, n'en revenant pas. Et me voici, moi, égal à moi-même, le nez collé à cette vitre, imaginant des choses insensées, que la vie est forcément, nécessairement plus drôle, plus surprenante qu'on ne le croit, qu'il n'est pas envisageable de passer toute une existence, le nez collé derrière une vitre, dans une ville européenne, puis de se rendre à son bureau, esquisser un vague bonjour à des gens dont on ne sait rien, avec qui on passera néanmoins la journée, puis toutes les autres journées de sa vie...

Qu'en penses-tu jeune fille à la perle ? Qu'en penses-tu ? Le monde est-il devenu fou, les villes sont folles n'est-ce pas ? Comment était-ce là-bas, à Delft ? Pas d'ordinateurs, pas de voitures, on se parlait, on se touchait, l'indifférence n'était pas de mise, les gens avaient figure humaine non ? Comme tu dois être bien surprise ? Et déjà tu aimerais retourner là-bas ?

Elle s'était levée, avait appuyé sur le bouton rouge et, légère, embuée de pluie et de la brume de novembre, elle s'était retrouvée sur le trottoir, aspirée par la foule, le vent, l'autobus qui filait en direction de la prochaine station.

J'ai songé à elle la journée entière, négligeant mon travail, en somme je venais de tomber amoureux.

Le lendemain, j'espérais la revoir, assise au même endroit, mais elle ne vint pas. Était-elle retournée vers son maître, l'avait-il grondé depuis les temps anciens ? Et pourtant, le surlendemain, elle était à sa place, celle que je lui avais attribué ; elle m'adressa un petit salut craintif. Nous venions de faire connaissance.

Je vécus la journée entière sur ce salut, ce signe infime, m'imaginant tout ce que pouvait promettre ce simple hochement de tête.
Rien, cela ne promettait rien bien sûr mais allez faire comprendre cela à un homme amoureux !

Elle ne vint pas dans l'autobus ni le reste de la semaine, ni la suivante. Je songeai déjà à un stratagème de sa part, une sorte de pudeur, un sentiment coupable peut-être, elle ne veut pas éveiller de soupçons, me disais-je, faire croire qu'après ce salut, j'aurais pour ainsi dire course gagné. (Car enfin, on ne salue pas un inconnu, ce ne sont pas vraiment des choses qui se font n'est-ce pas ? Alors, s'apercevant de son audace, elle aura changé de stratégie, elle sera retournée à Delft, le peintre l'aura sermonné, lui faisant comprendre tous les avantages à demeurer sagement en son siècle auprès de lui. Elle le regarde, hésite, que va t-elle faire ? Lui est heureux. - Parfait, ne bouge plus, formidable !
Il s'applique, s'abime les yeux, il sent son œuvre naître, elle est à lui, elle lui appartient ! )

Un jeudi enfin, après un temps incroyablement long, je n'avais plus vécu bien sûr; elle était là, face à moi, miraculeusement revenue, son sac bien posé sur ses genoux, son chignon serré, ses yeux verts pâles fixés sur l'horizon lointain; elle paraissait ne plus me voir, ni en avoir ne serait-ce que l'intention - que voulez-vous ce sont des choses qu'on sent quand on aime n'est-ce pas ? - Et pourtant, pourtant... oui, pourquoi s'était-elle assise à nouveau face à moi ?


Tu te souviens ? c'était un jeudi, je t'avais demandé si mon parapluie ne te gênait pas. Il pleuvait des cordes. Tu t'étais assise face à moi pour la troisième fois, j'y avais vu comme un signe.
C'est très drôle en effet, ce que vous êtes loin de nous les hommes, parfois ! Non, même à ce moment-là, je ne t'avais pas remarqué, je m'en souviens oui, mais pour moi ça n'était pas encore... c'était après... j'ai fait attention à toi bien après je crois.


Ma première approche s'était donc soldée par un : « non, pas du tout, votre parapluie ne me gêne pas ». Tu avais alors eut un petit mouvement, tes mains s'étaient envolées vers le ciel, tu m'avais souri, j'avais ensuite désespérément cherché à prolonger cet échange par un sourire en retour, quelques mots, hélas, rien ne m'était venu et nous étions restés muets l'un et l'autre jusqu'à ce que la ville t'engloutisse à nouveau. Il faisait un temps superbe ce matin-là, les éclats des vitrines, entrecoupées par la course du bus, éclairaient , comme des images saccadées, tes cheveux, ton visage, ton être tout entier et c'était merveilleux de te voir ainsi illuminée dans la lumière vive et fraîche d'un jour de novembre. L'automne est la saison que je préfère lorsque le ciel s'entrouvre et se rappelle à nous une dernière fois avant de disparaître pour les longs mois d'hiver.

Chaque jour ensuite, tu n'avais pas failli et tu étais montée dans ce bus; parfois tu t'asseyais face à de grosses dames emmitouflées, parfois tu semblais chercher d'autres places - oh, crois-moi j'y voyais bien clair dans ton jeu ! - tu finissais par t'asseoir devant moi (vous comprenez, je n'ai pas d'autre choix ne disais-tu pas, oui, oui ne vous inquiétez pas, bonjour).

— Nous avons un temps fantastique aujourd'hui, avais-je dit cet autre jour.
— C'est bien agréable, j'ai horreur de la pluie, m'avais-tu répondu.

Et puis, un matin, pris par je ne sais quelle folie, j'étais descendu à ton arrêt :


— Voudriez-vous prendre un verre quelque part, après votre travail ?
— Pourquoi pas ? Et tu avais ri.

Nous avions rendez-vous dans un café de la rue Saint-Sulpice, tout à côté de chez toi. J'étais en avance. Tu étais apparue à 17h 38 dans l'embrasure de la porte et le tintement de la cloche - c'était un de ces vieux cafés où la cloche tintait comme autrefois – avait signalé ta venue. Ton visage ovale, tes joues de porcelaine , tes yeux pâles, s'étaient avancés dans ma direction et tu portais dans ses yeux remplis d'éclats brillants la joie de me revoir, me revoir, moi ! Je vivais un rêve et j'aurais voulu crier à ce moment-là, regardez, voyez cette femme, le plus belle femme que le monde ait connu, elle s'approche de moi, dans ce café de la rue Saint-Sulpice, vous n'en croyez pas vos cœurs endormis n'est-ce pas ? Je sais votre malheur soudain, mais que voulez-vous, la vie est ainsi faîte et tout le bonheur m'a été attribué à moi, à moi seul, ternes figures, ombres grises rasants les murs, que voulez-vous, qu'y puis-je si mon bonheur vous ennuie, vous rend ternes, flasques, presque sans vie, qu'y puis-je ?

Notre premier baiser, je m'en souviens, c'était au soir suivant, je t'avais retrouvée dans ce même café, je t'avais raccompagnée en bas de chez toi, c'est toi qui l'avait provoqué, tu m'avais saisi le visage à deux mains ; lorsque tes yeux s'étaient ensuite plantés dans les miens, tu étais rouge, affolée, comme perdue. Tu avais convulsivement tapé le code de ton appartement sur le boitier et dans ce brouillard formé par ces secondes irréelles où l'on ne s'appartient plus, secondes qui s'en iront, plus tard, comme un étirement à l'infini du temps, remplir peut-être toute une vie, j'avais entendu le "clac" de la lourde porte en bois se refermer sur toi.

Et puis ce fut tout. Trois ans et demi à s'aimer. J'avais emménagé chez toi, nous étions heureux. Bonheur tranquille où, très vite, avaient cédé les premiers élans, les dernières espérances, toutes ces incertitudes de l'amour. Nous nous aimions sans mystère, sans rebondissement, et cela s'était fait si vite !

Tu tombas enceinte une première fois, nous eûmes par la suite trois enfants, nous avons changé d'appartement et quitté la rue Saint-Sulpice pour un un quartier plus excentré. Durant toutes ces années, je t'ai aimé d'un amour tendre, sans à-coup. Tu semblais, de ton côté, toujours aussi profondément éprise, d'un amour sans changement, ardent, semblable à ces foyers rougeoyants qui ne semblent jamais devoir s'éteindre. Je t'enviais cette constance, quand, de mon côté, je me sentais parfois incapable de te rendre ton amour si clair, si droit, affiché comme une évidence qui ne changerait jamais.
Je m'en voulais pour ça, pour laisser doucement s'enfuir sans esquisser un geste ce que j'avais de plus cher au monde. Mais je ne pouvais rien faire contre cela.

Le jour de mes cinquante ans, elle vint me souhaiter un joyeux anniversaire dans mon bureau. Elle, c'était Suzanne. Elle avait 28 ans. Elle semblait échappée d'un tableau de Vermeer, elle aussi.
J'éprouvais ce jour-là, vingt ans après, ce que j'avais éprouvé dans l'autobus la première fois où je t'avais vu.

Elle allait me pourrir ma vie bien sûr; les choses sont tellement prévisibles n'est-ce pas ? Comment aurait-il pu en être autrement ?

Le soir, en te retrouvant , ce soir-là, je t'avais trouvée laide.

Suzanne à l'évidence, jouait avec moi, nous déjeunions ensemble à midi dans un petit restaurant à côté du bureau. Elle me disait : - je t'aime et j'étais transporté de joie; mais elle disait aussi : - tout cela n'a pas de sens et elle pleurait presque. Faisait-elle semblant de pleurer ? Cherchait-elle à provoquer chez moi une réaction, un attendrissement ? Je lui prenais la main et lui caressai la joue.

Nous étions en avril. Elle allait se marier en juin prochain.

Mais avant, toujours ce besoin d'incertitude, de frissons, sentir l'amour vibrer, tout le reste ne sera que bonheur tranquille, quiétude, ennui. Elle éprouvait, je le compris plus tard, tout comme je l'éprouvais aussi, cette irrésistible envie de se sentir une fois encore, aimée, désirée et pourtant tout en elle indiquait en réalité son désir d'une vie future rangée, ordonnée. Elle voulait des enfants.

Elle voulait des enfants, mais pas avec moi. Moi tout ce que je voyais, ce qui m'hypnotisait, c'était son visage d'ange, un visage semblable au tien autrefois, échappé du maître, de sa toile, devant le mien. J'étais incapable de résister à l'appel impérieux de ce visage à l'ovale parfait, pur et lisse sur lequel aucune ride n'était encore et dans lequel je m'abimais, par lequel se trouvait révélée, grâce au pinceau magique du maître l'incroyable promesse d'une sorte d'éternité.

Ma vie devint un enfer. Elle se maria, tout changea. Elle voulut dès lors m'oublier, refusa mes invitations à déjeuner. Elle s'était offert son frémissement, son plaisir d'aimer, d'être aimée, courtisée, elle n'avait plus besoin de moi. Mais moi, à cet âge, je commençais à sentir peu à peu cette ombre nouvelle de la vieillesse et pour tout dire presque de la mort rôder autour de moi, elle était un peu sur mon visage, sur celui de Mathilde. Oh ! Encore bien lointaine, encore floue, incertaine, mais de la sentir présente, tapie quelque part, comme une possibilité encore dissimulée dans un brouillard lointain, elle qui jusqu'alors m'avait été inconnue, tout cela m'effrayait.

Je crus devenir fou. Je la harcelais, entrais à l'improviste dans son bureau, lui saisissais le bras ; elle essayait de se dégager : - tu me fais mal, disait-elle, lâche-moi ! Ça suffit ! Je répondais : - alors, c'est vrai, tu ne m'aimes plus ? Et je contemplais son visage d'ange. Elle me dévisageait et son visage n'exprimait plus rien, c'était un visage fermé, froid, avec des yeux transparents, froids, lassés ; elle me dévisageait et paraissait ne plus comprendre de quoi je voulais parler.

Je délaissais mon travail, incapable de penser à autre chose.

Elle eut un enfant, puis deux. Elle était heureuse, marchait, légère, souriante dans les couloirs, parlait avec ses collègues au bureau de babillements, de premiers pas, du berceau devenu trop petit.

Je pensais à elle à chaque instant du jour et de la nuit. Parfois, à la maison, au bureau, je partais m'enfermer dans les toilettes pour pleurer sans raison. J'étais comme un enfant perdu. Mathilde sentait tout, devinait tout mais ne disait rien. Elle attendait sans doute, elle savait que je reviendrais.

Et puis, les années passant, je finis par l'oublier. Il me semble que cela s'est fait doucement, chaque jour apportant un peu d'effacement à une mémoire de moins en moins sollicitée, et son prénom autrefois prononcé des centaines de fois par jour dans le vide du bureau, dans le vide de la maison, dans le vide du lit, s'effaçait lui aussi doucement, ne provoquant en moi presque plus rien de cet éclat qu'il avait autrefois. Comme la vie est étrange !

Je fus totalement libéré lorsque je me fis la réflexion que depuis trois jours pas une fois je n'avais pensé à elle.

Mais que ce fut long et douloureux et comme je ne souhaite à personne cette épreuve !

Suzanne fut mutée dans un autre service, situé dans un autre quartier de Paris. Je ne la revis plus jamais.

Les ans ont passé, Mathilde est à mes côtés, nous nous aimons. Je n'avais en réalité jamais cessé de l'aimer. L'amour c'est vieillir ensemble. De cela j'en suis sûr aujourd'hui. Suzanne n'est rien pour moi, elle n'a jamais été, elle n'existe plus et je n'en reviens pas d'avoir pu l'oublier comme je n'en reviens pas d'avoir cru l'aimer.

Quelles forces invisibles nous mènent, quel est ce maître de torture qui, posant un jour son pinceau, se décide à nous laisser en paix ?
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Felix Culpa · il y a
L'amour ou l'idée que l'on s'en fait, l'envie de vivre une histoire folle... une beau récit parfaitement écrit et rythmé.
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Joël Riou · il y a
Voici une nouvelle qui semble en contenir deux en réalité : la première, la rencontre dans l'autobus et l'attente des futurs rencontres dans ce même lieu, autant de souvenirs liés à une image, celle de la Jeune Fille à la perle, qui fait écran en quelque sorte à la réalité de la femme que le héros a en face de lui, et la deuxième qui commence à partir de la question du héros à l'héroïne " Tu te souviens ? ", et se continue à travers des dialogues et des souvenirs, le temps passant, jusqu'à ce que, "rebelote", notre héros se mette à fantasmer à nouveau sur la Jeune Fille à la perle sous les traits d'une autre femme, au moment de ce que l'on appelle le "démon de midi ". Les affres et tourments de l'amour sont bien décrits jusqu'à une fin apaisée, en apparence, là où la raison semble l'emporter sur la passion. Rien ne dit, cependant, qu'une nouvelle rencontre ne vienne bousculer les certitudes de notre homme.
Si vous le souhaitez, je vous invite à lire mon poème "La Perle" sur ma page, qui n'est plus en compétition, et une nouvelle sur une rencontre amoureuse adolescente " Sous les auvents du marché". ces deux textes reprennent d'une certaine façon la thématique du désir, de l'amour et du temps qui passe...

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Chateau briante · il y a
des mots magiques
un récit hypnotique
je veux dire que, du premier au dernier mot,
j'étais votre captive
celle de votre héroïne

et ces allers-retours
de Vermeer à nos jours

une merveille !

comme "le pouvoir des fées"
vous avez un vrai don
qui ravit le lecteur (trice)
- aux deux sens du terme -

merci A

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A ALASKA · il y a
Merci infiniment Chateaubriante, je suis vraiment très très touché par vos mots!
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Chateau briante · il y a
ce ne sont pas que des mots A
c'est vraiment mon ressenti

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Julien1965 · il y a
Je découvre ce soir ce très beau texte sur un parcours amoureux à partir de regards échangés dans un bus pluvieux.
Claude Sautet, aimaient beaucoup les scènes de pluie dans ses films et j’ai alors pensé à lui en vous lisant, du moins, au tout début.
Oui, un parcours sur les sentiments, ceux qui nous portent et d’autres qui nous déchirent et nous ravagent de l’intérieur. Mais je sens également, les bienfaits de ce « cheminement », par cette fin que je trouve assez sereine. Libéré de ses chaînes ?

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A ALASKA · il y a
Désolé de vous répondre aussi tardivement Julien, libéré oui, oui! Ouf! Je crois que c'est là mon premier texte un peu personnel (ils le sont tous mais celui-ci retrace une période assez précise de ma vie en effet)
Merci pour votre commentaire élogieux qui me va droit au coeur.

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Joëlle Brethes · il y a
Nous sommes sans doute nombreux, à un moment de notre vie, à être "victimes" des mirages de l'amour... Mais il y a ceux qui meurent dans le désert qu'ils ont créé autour, et ceux qui ont retrouvé le chemin vers l'oasis...😉😊💖
J'ai apprécié les échanges entre Mickaël, Safia et vous.

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A ALASKA · il y a
Merci encore Joëlle! Oui, moi aussi j'ai apprécié et c'est aussi finalement le charme de publier en libre. Peu de visites, mais des échanges de qualité!
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Mickaël Gasnier · il y a
Je viens vers vous à présent échanges de bons procédés... N'est-ce pas ? Honnêtement je lis rarement des récits supérieurs à 5 minutes alors autant dire que je me suis rabattu sur " La jeune fille " plutôt que sur " Le pouvoir des fées " , mais qui sait un jour peut-être ?
Pour en revenir à cette nouvelle, je dois vous avouer que je n'ai pas vu le temps passer absorbé par celle-ci et votre écart et égard ainsi que regard sur cette jeune fille qui vous à retourné dans sa splendeur ! Vous m'avez interpellé par de somptueuses images poétiques comme la pluie qui ruisselle sur les vitres de cet autobus que vous partagiez avec Suzanne. Je ne peux que croire à votre romance et aventure éphémère... Mais fiction ou réalité ?
Vous faites preuve d'une grande sensibilité à mettre en avant les émotions d'un homme, n'avez pas honte de dire que vous pleurez, pourtant vous vous cachez par pudeur je me doute afin de ne pas chagriner Mathilde votre Aimée. Et cela vous ne l'ignoriez pas. Au début, j'ai trouvé des similitudes avec mon récit " Le carnet " vites disparues... Cependant votre histoire m'a ramené à mon adolescence où je suis moi aussi tombé amoureux sauf que je n'ai jamais su comment elle s'appelait, mais un brin de folie m'a tout de même conduit à descendre à son arrêt de bus situé bien après le mien et je lui ai offert un bouquet de roses qu'elle avait vu durant notre trajet en lui disant en descendant de celui-ci devant chez elle je m'en souviens : " Mademoiselle je tenais à vous dire que vous me plaisez... "
Après cette événement je n'ai plus repris le bus et reste sur cette déclaration pour toujours.
Quant à vous, vous semblez vous aussi ne pas l'avoir oublié... Si c'était à refaire prendriez vous ce bus ?
À bientôt A ALASKA sur nos pages respectives si le cœur vous en dit...

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A ALASKA · il y a
Merci Mickael! "le pouvoir des fées" se lit vite en principe, il est très différent ce ce texte, un jour peut-être ?
Fiction ou réalité ? En général, j'écris de la pure fiction (quoique, rien n'est vraiment pure fiction n'est-ce pas ?) mais là c'est très clairement réalité ! C'est également un peu votre histoire on dirait ?
Quant à moi, les circonstances étaient tout autre mais le fond est bien réel.
C'est une nouvelle de Maupassant, intitulée "le père" qui m'a donné l'idée de ce texte et de la rencontre dans le bus. Et puis la suite est venue en piochant dans ces souvenirs douloureux...
Alors, pour répondre à votre question (même si les choses ne se sont pas passées comme je l'indique dans la nouvelle), ma réponse est simple : non, cent fois non et depuis les jolis minois me laissent de marbre... Cette fameuse crise de la cinquantaine, et bien ouf, c'est fini!
En fait, le coup de foudre, tout ça, je n'y crois pas vraiment, et même si l'un n'empêche éventuellement pas l'autre, je crois profondément que seul le temps fait son œuvre. Quand je vois tant de jeunes couples se séparer pour des histoires de tromperies, des soi-disant lassitudes, je ne peux m'empêcher de penser : attendez, attendez encore un peu, c'est le temps qui, peut-être, construira cet amour solide dont vous rêvez.
Merci Mickael d'être passé!

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Safia Salam · il y a
Une réflexion sur la vie, l'amour et les passions. Mathilde est une figure très intéressante, dans les deux sens, et son visage reflète admirablement son caractère. Et les passions du narrateur me paraissent paradoxalement pâles et sans consistance à côté de sa constance à elle. Comprenez-moi bien, je ne dis pas que les passions sont mal traitées dans votre nouvelle, mais que leur côté illusoire ressort nettement.
Vous faites des descriptions riches et inattendues (pour moi en tout cas), tant dans le vocabulaire que dans les images. Vos phrases sont particulièrement longues, ce qui donne au récit une grande fluidité, elles sont parfois imbriquées, éventuellement vous pourriez déplacer quelques virgules pour mieux faire ressortir les syntagmes ou les inclusions.
J'ai lu sur le forum que vous êtes revenu après une absence, je pense que c'est un gain pour la communauté de Short, j'ai lu aussi que vos prises de position n'avaient pas toujours été bien accueillies, comme je ne connais pas vos opinions je ne vous garantis pas d'être d'accord avec vous, mais d'être franche. D'ailleurs je pense que vous supportez bien la critique, sans quoi je n'aurais pas commenté votre œuvre.

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A ALASKA · il y a
Je vous remercie de ce commentaire fouillé, riche et qui me va droit au cœur.
J'apprécie énormément votre commentaire: c'est exactement ce que je voulais dire!
Vous avez raison sur les virgules etc... ce texte est encore un peu frais, il faudra sans doute que j'y revienne ( ça n'est pas non plus un premier jet mais je ne l'ai relu et corrigé que 3 ou 4 fois; il a surtout été écrit il y a 3 jours sauf erreur, je dois maintenant le laisser un peu reposer et attendre pour y revenir, en tous les cas je fonctionne comme ça!)
Pour le reste, oui je participais beaucoup au forum sous mon ancien pseudo et finalement il se passe que si l'on donne une opinion sur tel ou tel sujet, vous vous mettez à dos la moitié des gens, qui ne comprennent pas vraiment ce que vous voulez dire. Et puis une fois que vous avez dit quelque chose, vous pouvez ensuite faire ce que vous voulez vous devenez le type catalogué soit à droite, soit à gauche, rien n'est plus possible ensuite. J'ai même été bloqué par des gens qui me lisaient avant (j'avais 900 abonnés) et qui, sous prétexte que j'avais dit je ne sais quoi ( que le climat n'était peut-être pas dû à l'action de l'homme, du moins pas entièrement par exemple, ce genre de choses) m'avaient immédiatement mis dans telle ou telle case.
Il est très difficile aujourd'hui de dialoguer; j'ai connu une autre époque, je ne suis pas encore totalement habitué à cette forme de dictature de la pensée qui se précise un peu plus chaque jour.
Le mieux étant d'écrire et de se taire pour le reste.
C'est ce que je veux faire désormais : je viens beaucoup moins souvent sur ce site, ne participe plus aux concours, lis quelques textes, je commence à avoir quelques lecteurs (trices) de grande qualité, qui viennent tout doucement, avec qui j'échange souvent en profondeur et cela me convient beaucoup mieux comme ça!
Ce site a un côté très superficiel je trouve, à nous de le rendre intéressant et avec de vrais rencontres et de vrais échanges.
J'irai vous lire à nouveau dès que possible.

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