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La jamais contente

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Ilymoa

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C’est une petite fille particulière que voici.
Une petite fille qui déjà bébé était sans cesse
mouillée de larmes. Elle s’y noyait parfois.
Elle est née en décembre, un jour très très froid,
proche de noël, trop proche peut être. Des flocons de
neige ont du se coincer dans ses yeux et chaque fois
que l’un d’eux fond, elle pleure.
Nous ne saurons saura jamais vraiment.
Cette petite fille durant les premiers jours de sa vie
ne supportait pas le silence ni l’absence de
mouvement.
L’observant, nous aurions pu en conclure qu’elle
sentait qu’elle était née trop tôt et que le bruit et les
mouvements du ventre de sa mère lui manquaient.
Le bruit des voitures qu’elle n’aimait pas, ne
pouvaient pas remplacer le flux sanguin de l’aorte
abdominale qui la berçait des mois durant. Elle
collait toujours son oreille sur le sein de sa mère afin
d’entendre son cœur pour s’endormir.
Un lit confortable ne pouvait pas non plus remplacer
les mouvements chauds de sa maman lorsqu’elle
bougeait, et celle-ci de maman : elle bougeait ! ! !
Sa propre mère lui disait plus jeune qu’elle avait sans
doute un ver coincé dans son ventre qui l’empêchait
de se poser et de se détendre. En grandissant elle a
pu vérifier cette hypothèse. Il sortait souvent sa tête
pour la gêner lors de réunions professionnelles ou tout
autre rendez vous un peu long.
Elle bougeait et sa fille aimait ça.

Excusez cette pensée divergente, elle arrivera à
immiscer ses maux dans ce récit de façon répétitive, nous aurons qu’à la considérer comme un compagnon de route.
Mais revenons à notre petite fille que je nommerai
simplement «La jamais contente », âgée aujourd’hui
d’un âge indéterminable. Il semblerait que nous
pourrions après une études approfondie sur la
question du temps, le placer encore dans l’âge de la
douce enfance, bien que la sienne ait toujours été un
peu agitée émotionnellement. Nous aurons qu’à
penser qu’elle a environ trente douze ans. Voilà, je
crois que c’est exactement ça !

C’est une jolie poupée qui dit non, toute la journée et
qui déconcerte les adultes comme les enfants et
même les enfultes.
Ses petits pieds frôlent le sol délicatement mais
lorsqu’elle est triste, frustrée ou déçue -ce qui arrive
tout le temps-elle crie d’une façon surprenante
et elle s’enfonce dans la matière constituant notre
sol. Son cri est insupportable pour une personne qui
aurait une ouïe un peu développée ou un système
nerveux sensible. Le son de sa voix fait vibrer les
tympans et vous entre à l’intérieur pour vous
atteindre le cœur et vous le brise brutalement.
A vous ensuite de le réparer comme vous le pouvez.
La consoler fonctionne bien. Elle s’adoucit et vous
donne une énergie considérable, sous forme d’un
flux invisible et chaud. Ce flux répare tout sur son
passage même dans les cœurs les plus abîmés.

La jamais contente déteste toujours l’absence de
bruit et de mouvement. Elle s’endort dans le bruit,
repliée sur elle même, comme pour se
remplir de ce que la nuit vous dérobe. Elle parvient à
s’ennuyer même en s’endormant !
Parfois elle se laisse dérober mais bien souvent, le
plus souvent d’ailleurs, elle lutte et se réveille en
hurlant pour que tous s’en aille autour d’elle. Toutes
ses peurs, tous ses cauchemars, tout ce qu’on attend
d’elle la journée et la normalité.

La normalité, peut être ne la connaissez vous pas.
Alors, certainement, vous avez été privilégié, parce
que je suis au regret de vous annoncer qu’elle est
mortelle. Nous n’avons pas trouvé de remède.
Pourtant, On en a fait des recherches ! On en fait
encore dans la haute sphère de la neuropsychologie
autrement appelé HSN. Mais nous ne savons
toujours pas qui est ce « On ». Je crois qu’il s’est
perdu un peu parmi tous, c’est ingénieux, il fait
passer toutes les pensées qu’il veut ainsi.
La normalité est une maladie mentale qui s’est
répandue doucement au fur et à mesure que l’homme
s’est civilisé. Non non, la femme ne s’est jamais
civilisée, la preuve est qu’elle accouche toujours de
la même façon et allaite toujours ses enfants...quoi
que ; ça mérite une étude aussi. Le mode de
transmission de la normalité est la société.

La jamais contente n’a jamais eu un bon appétit, elle
picore plutôt. D’ailleurs, elle est née avec une
bouche si petite qu’il semblerait qu’elle disparaisse
un jour pour laisser place à un bec. Ce fut très long
avant que la nourriture veuille bien aller sans son
corps. Elle refuse, se moquant de l’appétit de La
jamais contente. La nourriture pense qu’elle aurait eu
bien meilleur hôte dans l’œsophage d’un petit enfant
plus gourmand et lui montrant de ce fait plus
d’intérêt. Mais La jamais contente le lui dit : « je
t’utilise juste pour survivre, rien de plus ». Elle ne
prend pas un grand plaisir à sa dégustation.

La jamais contente n’aime pas aller Aux Colles.
C’est un endroit où on vous colle quelques heures
pour vous apprendre des choses que quelqu’un a
décidé que vous deviez apprendre. Un homme qui
était dans un char en Allemagne à ce qu’il paraît. La
colle dont ils se servent sent un peu la certitude et la
soumission, n’accepte pas trop la différence ni
l’indifférence.
Son idée a été reprise et tous les enfants doivent aller
s’y coller. La jamais contente dit « qu’elle n’aime pas
Les Colles », elle veut apprendre seule, à son rythme
et ce qu’elle souhaite apprendre. C’est compliqué.
Alors On essaie de lui trouver une maladie qui dirait
que c’est normal qu’elle n’aime pas Les Colles
puisqu’elle a cette maladie. Du coup la normalité
l’embêterait moins. Mais la maladie a du mal à se
faire entendre parce que La jamais contente pense
qu’elle va bien.

Moi je le sais, c’est juste qu’On a oublié de lui donner le petit cachet qui
endort le libre arbitre et la pensée critique à la
naissance. Ou alors j’ai une autre hypopothèse : c’est
peut être le petit ver de sa maman qui lui a mangé un
petit morceau de son cerveau lorsqu’elle était encore
dans son ventre. C’est possible, On a déjà vu ça, il
l’aurait même publier dans une revue chianléfique.
Les adultes doivent s’y coller aussi pour justifier leur
droit de se nourrir et de se reproduire, On appelle
ça : « la trouvaille » je crois. Ça veut dire que nous
allons dans un endroit, que nous y trouvons des
choses, et que si nous trouvons bien nous avons le
droit de nous nourrir et de dormir au chaud, d’avoir
une femme. Le comble de la trouvaille : avoir une
voiture.

Les gens aiment le bruit des voitures, ça les
rassurent sur leur valeur et donc de leur droit de
vivre, sauf La jamais contente, comme je le disais au
début de ce récit.

La jamais contente s’ennuie souvent. Elle veut
toujours apprendre plein de choses et a
continuellement mille questions en tête. Si elle les
pose a un adulte qui ne sait pas répondre il la regarde
et la dit insolente ou s’agace parfois. Elle ; ça lui fait
peur.
Mais nous, nous savons bien que ce n’est pas vrai.
Si le vrai existe, en tous cas dans notre réalité, nous
pensons que l’adulte est mis en difficulté par cette
enfulte de qui on peut voir les pensées autour de sa
tête flotter dans les airs pour tenter de s’accrocher à
la vie. Sa tête ne pouvant pas contenir toutes ses
pensées, elles ont décidées de migrer à l’extérieur
d’elle comme des satellites. Pour exister.

Je vous entends d’ici, évidemment parfois une
pensée percute la tête et lui fait mal causant un petit
traumatisme. Mais ce système a aussi son soleil qui
le réchauffe et le console, c’est la résilience. Elle se remet donc toujours assez bien de ces petites chutes répétées.

La jamais contente est très sensible. Elle est
facilement émerveillée et remarque toutes les
fourmis sur notre passage. D’après elle, les bouleaux
donnent l’énergie suffisante aux autres arbres de la
forêt, pour qu’ils puissent vivre et nous donner de
l’oxygène. Elle pense qu’il y a une espèce d’échange
permanent entre tous les êtres vivants.
Nous devrions lui dire qu’elle se trompe gravement
et que c’est bien pour cela que nous avons pris
conscience que nous n’avons pas besoin de tout cela
et que nous seuls resterons sur cette planète. Tel est
notre vœux je crois. Mais les croyances ne sont pas
fiables, chacun ayant la sienne comment savoir qui a
la bonne ? Continuons de ne rien lui dire peut être.

Elle est passionnée par ce qu’est l’être humain et par
son évolution. Elle sait aussi que l’Homme tue
l’Homme, et ça, elle ne peut encore l’accepter. Elle
sait depuis longtemps qu’elle va mourir. On devrait
également lui donner la pilule qui fait que les gens
se pensent immortels et vivent comme si c’était le
cas. Ce serait moins difficile pour elle.
Elle ne veut pas croire au père noël et puis elle sait
que Dieu est mort.

Vous comprenez de mieux en mieux pourquoi elle
n’est pas très souvent contente.
Paradoxalement, La jamais contente, lorsqu’elle est
contente, nous fait croire qu’elle n’a jamais été
mécontente. Elle emmène tout avec elle, le monde
s’engouffre dans ses joies et nous volons. Elles sont
toutes colorées et toutes douces. Elles sentent la
fraise et la princesse. Elle nous fait le privilège
parfois de nous inviter à ses joies. Si vous pouviez
voir cela ! Vous voleriez vous aussi. Nous sommes
sur une grosse peluche qui vole doucement au
dessus de toute chose pratique et quotidienne, pour
se retrouver dans un monde merveilleux d’idées en
tous genres et d’imaginaire sans borne. C’est de la
pure magie qu’aucun adulte ne peut reproduire, nous
perdons la capacité de faire cela lorsque nous
devenons adulte. Notre seul espoir est de nous faire
inviter par la jamais contente, mais elle ne fait pas
confiance facilement. Il faut l’apprivoiser et ça prend
des années.

Vous l’aurez compris la jamais contente est
extraordinaire. Et il nous faut la protéger. Je vous l’ai
dit elle n’a pas reçu les cachets. Ils vont tenter de les
lui donner. Lorsque le cachet n’est pas donné à la
naissance ; il existe une procédure.
La normalité l’administre ensuite par
télévisionnisation, mais elle n’a pas subi ce
traitement encore. Nous ne pouvons pas la laisser se
faire lobotomiser. Elle est trop merveilleuse
l’humanité.

La seule solution : c’est vous !
Lecteurs en tous genres, vous pouvez sauver la
jamais contente, lisez ce récit et sortez là de ce
monde. Transportez ce qu’elle est, habitez la, faite la
connaître pour lutter contre la normalité. Vous êtes
l’espoir.
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