La Gaufre au sucre glace

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Par un bel après-midi ensoleillé, Anatole et sa marraine Tessa, se promènent dans leur parc préféré. Le jeune garçon se réjouit à l'idée de voir les oies, les poules d'eau, les cygnes et surtout les canards. Sur le chemin de l'étang, une douce odeur sucrée les attire vers un stand ambulant installé sous le grand cèdre. C'est une marchande de gaufres !

_ « Mmm ! La gaufre ronde avec son œuf en chocolat est très appétissante, s’exclame Tessa alléchée. Qu'est-ce que tu aimerais manger Anatole ? »
_ « Une gaufre au sucre glace s'il te plaît ! », répond-il enchanté à l'idée de pouvoir la partager avec les canards.
Leur pâtisserie en main, ils se dirigent joyeusement vers l'étang.

Anatole jette quelques miettes de sa gaufre sur la berge. Il espère ainsi attirer près de lui le beau canard colvert à la jolie tête vert brillant. Mais c'est un grand jars qui arrive le premier, suivi de nombreux oiseaux qui veulent aussi goûter la précieuse nourriture. Anatole commence à avoir un peu peur.

Dans toute cette agitation, une petite plume s'envole dans les airs et vient chatouiller le nez du garçon qui ne peut s'empêcher d'éternuer :
_« Atchoum ! »
Son souffle répand le sucre glace de sa gaufre partout devant lui, formant un épais nuage blanc.

Lorsque le nuage se dissipe, il n’y a plus un bruit et l'enfant découvre un spectacle surprenant. Les fleurs, les arbres, les chemins : tout est recouvert de neige blanche !
C’est incroyable, même l'étang paraît gelé et pourtant il ne fait pas froid.
_« On dirait du sucre ! » dit Anatole après avoir goûté un flocon.
Mais sa marraine ne répond pas. Elle paraît figée, comme tous les oiseaux et les autres promeneurs dans le parc qui ressemblent à des personnages colorés sur une immense bûche de noël.

Soudain, un rouge-gorge se pose à ses pieds. Il tient dans son bec un petit morceau de papier qu'il dépose avant de s'envoler.
Intrigué, Anatole lit le message...
"Rendez-vous sur le ponton de l'étang pour le départ de la course".
Signé Madame Sucrée

Curieux de découvrir qui pourrait bien être la mystérieuse Madame Sucrée, Anatole se met à courir en direction du ponton situé dans un recoin de l'étang.
Quelle surprise ! C’est la marchande de gaufres !
Anatole reconnaît son manteau à plumes et son chapeau rigolo orné d'une aigrette. Avec ses longues jambes qui ressemblent à des échasses, on dirait un héron qui fait des pirouettes sur le sucre glace.
_ « Bonjour Anatole ! Je m'appelle Madame Sucrée. Enfile ces patins et viens faire la course, le premier arrivé à la barque bleue a gagné ! », lance-t-elle en piaffant d'impatience.

Sans hésiter, Anatole relève le défi et chausse la paire de patins extraordinaires ; les lacets sont en réglisse et les lames en nougat ! Heureusement qu’il a l’habitude de faire du roller. Le patin à sucre glace, c'est un peu pareil finalement. Il commence par fléchir légèrement les genoux en gardant le buste droit.
Puis il s'avance à petits pas jusqu'à la ligne de départ.
Prêts, feu, partez ! Il s'élance !

La course est très serrée. Anatole se penche en avant pour gagner de la vitesse. Attention, virage à droite ! Il rase la berge. Saut pieds joints pour éviter un nénuphar. Chaque seconde compte ! Madame Sucrée remue les bras comme si elle battait des ailes : elle sprinte et prend la tête. En se retournant pour vérifier son avance, elle perd brusquement l'équilibre et tombe sur les fesses !
Alors qu’elle se relève en éclatant de rire, Anatole lui passe devant et touche la barque le premier.
_«  J'ai gagné ! » s'écrie-t-il.
Madame Sucrée le rejoint pour le féliciter :
_ « Bravo ! Va t’installer dans la barque bleue, j'ai une belle surprise pour toi... »
La marchande ôte ses patins. Anatole ne peut en croire ses yeux, elle a des pattes d'oiseau à la place des pieds. Et ce n'est pas tout !
Son manteau à plumes se met à bouger. Il ne s'agit pas d'un vêtement mais d'une gigantesque paire d'ailes qu'elle déploie majestueusement. Elle agrippe la barque et ils s'élèvent dans les airs tout en douceur.

La vue du ciel sur le parc est époustouflante. Le garçon repère l’aire de jeux, le vieux kiosque à musique, le petit train... Ils survolent aussi la cime du grand cèdre sur laquelle se trouve un énorme nid qui pourrait bien être celui de Madame Sucrée.
La ballade touchant à sa fin, ils se posent à côté de la marraine d'Anatole encore immobile avec sa gaufre dans la main.

De retour sur terre, Anatole remercie Madame Sucrée :
_ « Ce tour du parc était vraiment fantastique ! »
_« De rien mon garçon, je me suis bien amusée moi aussi. Maintenant il est temps que tout rentre dans l'ordre. Je vais commencer par saupoudrer le reste de ta gaufre avec du sel. Tu devras ensuite éternuer très fort pour réveiller tout le monde. Personne ne se souviendra de ce qu'il s'est passé, hormis toi, Gaspard et moi-même. »
_ « Mais qui est Gaspard ? » demande Anatole.

_ « Gaspard ? C'est mon rouge-gorge bien sûr ! Et c'est grâce à sa plume que tu vas pouvoir éternuer comme il faut ».
Madame Sucrée se met à siffler. Quelques secondes plus tard, Anatole est émerveillé de voir arriver Gaspard le rouge-gorge. L'oiseau se pose dans le creux de sa main tendue puis s'envole aussitôt, laissant derrière lui une jolie plume rouge.

Avant de partir, Madame Sucrée sort de sa poche un petit sifflet vert attaché à une cordelette blanche qu'elle passe autour du cou d'Anatole en disant :
_« Il faut excuser mes amis à plumes, ils raffolent de mes gaufres ! Tiens, je t'offre ce sifflet. Si le jars t'embête à nouveau, tu pourras t'en servir pour le faire fuir. Au revoir Anatole, à bientôt.»
Après avoir regardé une dernière fois le magnifique paysage de sucre glace, Anatole se chatouille le nez avec la plume rouge :
_ « Atchoum ! »
Son éternuement est si puissant qu'un tourbillon blanc se forme devant lui, emportant le bout de gaufre et la plume de Gaspard ! Les grains de sel viennent fouetter son visage. Il ferme les yeux en se protégeant avec les mains.

Le bruit du vent laisse place à des cris d'oiseaux. Anatole ouvre les yeux. Il n'y a plus de sucre glace et le grand jars tente de voler la gaufre de sa marraine.
C'en est trop ! Anatole saisit son sifflet vert et souffle très fort dedans. Tous les oiseaux s'envolent aussitôt. Le jars baisse la tête, honteux, et va se cacher derrière un arbre. Reste le canard colvert, tranquillement installé aux pieds du garçon.
Tessa n'en revient pas.
_« C'est bizarre, ma gaufre a un goût salé ! » dit-elle.
Anatole éclate de rire tandis qu'une délicieuse odeur flotte dans le parc.
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