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La folle nuit d'Halloween

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Epicurien78

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C'est de saison !
Voilà la nouvelle écrite "en une nuit" (selon le règlement) il y a juste un an pour le Prix de la Nouvelle Érotique 2016/2017, avec comme contraintes le thème (tel est pris qui croyait prendre...) et le mot final : ricochet.


C’était la nuit d’Halloween.
Trick or treat !
Une nuit où tout est permis. Une nuit où les choses les plus insolites, les meilleures comme les pires peuvent se produire.
Paul et Eva avaient décidé de s’amuser cette nuit-là. Le défi qu’ils s’étaient lancé était de se surprendre. Quoi de plus amusant après cinq années passées ensemble, cinq années d’un amour sans anicroche mais qui déjà s’assoupissait un peu, que de raviver la flamme avec un peu de surprise. Ils avaient passé la soirée chez des amis, une petite bande comme eux vieux trentenaires. Certains avaient même déjà changé de dizaine et ils s’accordaient en cette nuit de délire une sorte de dernier rite, comme pour ancrer en eux la folie de l’enfance, la magie de pouvoir être sérieux dans leur vie de cadre, mais sans jamais se prendre trop au sérieux.

Eva était vêtue de sa tenue de sorcière, de rigueur évidemment pour un tel événement. Elle portait une jupe de tulle qui froufroutait un peu, un chemisier de soie noire qu’elle gardait largement échancré sur le délicieux sillon entre ses seins superbes, l’un de ses meilleurs atouts séduction, des bas rayés comme si des anneaux enserraient ses jambes galbées, et des bottines noires à talons hauts. Un maquillage un peu appuyé pour cette occasion spéciale. Les paupières ombrées et les cils allongés et rimmelisés encadraient ses yeux d’un bleu un peu clair qui faisaient comme des phares éclairant son visage lisse d’une beauté enfantine. Un gloss noir sur les lèvres pour l’ambiance un peu gore requise en cette nuit des morts-vivants. Sur la tête, le chapeau pointu inévitable parachevait son joli accoutrement. Elle était incroyablement sexy dans cette tenue, et Paul n’avait cessé de la dévorer des yeux durant toute la petite fête, imaginant déjà la fin de soirée lorsqu’ils seraient rentrés, et la surprise qu’il comptait lui faire.
Ils quittèrent leurs amis peu après une heure du matin. Ils ne furent pas longs pour regagner leur appartement qui était dans le même arrondissement, à quelques rues de là. La nuit était claire et assez douce pour la saison. Ils rentrèrent donc en marchant. Paul s’arrêta un court instant pour renouer un lacet, et lorsqu’il se releva il vit Eva qui marchait à quelques mètres devant lui. La démarche chaloupée de sa compagne, son air altier, son déhanché charmant accentué par les mouvements légers de sa jupe froufroutante, le bruit de ses talons qui venaient claquer sur le trottoir à chaque pas, et ce chapeau pointu qui donnait à l’ensemble un air d’irréel au moment où elle passait sous le halo d’un réverbère lui firent ressentir un désir soudain. Une montée de désir brutale, irrépressible, qui lui fit l’effet d’un coup de fouet sous la ceinture. Il se hâta de la rejoindre, se demandant s’il aurait la patience de finir le trajet et de monter les quatre étages avant d’entamer les préliminaires.
Lorsqu’ils furent enfin arrivés, il lui ôta son chapeau et voulut l’embrasser fiévreusement.

- Attention, lui dit-elle en se dégageant, mon rouge à lèvres.

Elle avait bien sûr autant envie que lui d’une folle nuit d’amour, mais elle voulait le laisser languir un peu, le chauffer davantage avant de lui céder.

- Ta surprise d’abord, enchaîna-t-elle.
- Viens dans la chambre, tu vas comprendre.

Pendant qu’Eva s’était préparée dans la salle de bains quelques heures plus tôt, Paul avait discrètement préparé un petit appareillage destiné à pimenter cette folle nuit. Ils avaient souvent évoqué en riant cette possibilité de sortir des sentiers battus de l’amour vanille. Oh, rien de bien excessif, juste une sorte d’initiation à ces pratiques un peu décalées mais qui sentent bon la transgression d’une forme d’interdit moral selon les principes d’éducation traditionnelle qu’ils avaient chacun reçue. C’est Eva qui semblait avoir le plus envie des deux d’explorer ces nouvelles contrées, et il avait décidé de lui faire ce plaisir. Il avait attaché aux quatre pieds du lit des chaînettes terminées par des menottes adoucies de fourrures qu’il avait trouvées sur un site internet. C’est étonnant tout ce que l’on pouvait se procurer en quelques clics sur les sites spécialisés, des choses légères et presque anodines comme des objets bien plus sophistiqués, effrayants même pour un novice.

- Tu te souviens de nos conversations sur des... nouvelles choses, ma chérie ? Eh bien ce soir, ma surprise, c’est de les essayer avec toi. Ce soir, je serai ta chose. Je serai à toi, à ta merci, et tu auras toute initiative pour faire ce que tu voudras.

Et il sortit les chaînes qui étaient cachées sous le lit pour faire reposer les menottes aux quatre coins sur le matelas.
Elle ne resta pas longtemps interdite par l’exposition de ces accessoires. Elle arborait déjà un petit sourire indiquant qu’elle était en train d’échafauder quelque plan très excitant pour s’occuper de lui.
- J’espère que je ne serai pas déçu, ajouta-t-il comme un air de défi.
Les yeux bleus de la jeune femme se plantèrent dans ceux de son compagnon, avec une détermination intense qui en disait long sur le programme qu’elle lui préparait.

- Vraiment, c’est ce que tu veux ? Déshabille-toi et allonge-toi sur le lit ! lui intima-t-elle presque sèchement.

Lorsqu’il fut nu et allongé, elle s’approcha de lui, féline comme une panthère qui s’approche de sa proie tout en douceur, tout en discrétion pour masquer son attaque.
Elle lui releva le bras gauche, puis laissant quelques instants ses doigts glisser lentement de son torse jusqu’à sa main, elle referma la première menotte sur son poignet. Le clic qui retentit le fit tressaillir. La tension montait d’un cran dans la chambre. Chez Eva, ce clic déclencha une montée de désir au creux de son ventre. Elle apprivoisait cette nouvelle puissance qu’il avait voulu lui donner et avait bien l’intention de s’en servir.
Elle se pencha sur lui pour étendre son bras droit. Bien sûr, elle prit soin de faire que dans son mouvement ses seins viennent caresser le visage de Paul, mettant bien devant ses yeux l’échancrure de son corsage. Il respira son parfum enivrant et fut pris d’un frisson. Elle entreprit le même manège le long de son bras et prolongea un peu ses caresses avant de refermer la menotte. Clic.
A cet instant, Paul ressentit une étrange impression. Il n’était pas encore complétement entravé mais il éprouvait déjà le sentiment d’être prisonnier. Eva s’arrêta un instant et le fixa crânement, ancrant ses yeux dans les siens.

- Alors, jeune homme, on fait moins le fier tout d’un coup.

La respiration de Paul se faisait plus haletante. Pas question cependant de jouer les vaincus. Son orgueil de mâle l’en empêchait, et Eva, pensait-il, n’aurait pas aimé une reddition trop rapide.
Après avoir joué de caresses sur le torse et les bras de sa victime, elle s’occupa avec le même manège de sa jambe gauche. Lorsqu’après plusieurs minutes de ce petit jeu incendiaire, la dernière menotte se referma sur la cheville droite de Paul, il eut le réflexe d’éprouver l’efficacité du dispositif qu’il avait lui-même mis en place. D’abord légèrement, puis en y mettant plus d’ardeur. Rien à faire. L’ensemble était solide et il était bel et bien à sa merci. Il en ressentit une sorte de boule au ventre, mélange de crainte, d’angoisse même, et de plaisir, d’espérance d’un plaisir nouveau qui promettait une extase décuplée. Eva s’amusait de le voir ainsi, et elle entreprit de le faire monter un peu en température. Elle défit les derniers boutons de son chemisier pour laisser voir davantage ses seins gonflés de désir.

- Surtout ne bouge pas, lui dit-elle sur un ton ironique, comme si le pauvre garçon avait pu bouger davantage qu’un sourcil dans cet état. Je reviens.

Elle partit quelques instants dans la salle de bains, laissant mariner son homme avec les pensées les plus folles sur ce qui allait lui arriver.
Quand elle réapparut, elle tenait à la main deux cordons qui ressemblaient à des petits lacets. Paul mit quelques minutes à constater que les mamelons d’Eva étaient bien plus visibles sous la soie de son chemisier. Elle avait ôté son soutien-gorge et se tenait prête au combat, sa principale arme de séduction en état de décimer les dernières volontés de résistance de son prisonnier.
Son parfum sucré et capiteux était bien plus enivrant aussi.
Elle s’approcha lentement du lit, dans une démarche chaloupée très aguichante, cambrée à souhait pour mettre en valeur ses seins conquérants. En revenant près du lit, elle recommença son ballet de caresses mais n’évita pas cette fois la zone la plus sensible de son homme. Paul avait déjà eu des débuts d’érection au fur et à mesure des gestes accomplis par sa compagne pendant les préparatifs, alors qu’elle l’attachait au lit. Ses ardeurs avaient été un peu calmées lorsqu’elle était partie dans la salle de bains. Mais quand elle saisit délicatement ses bourses et se mit à les caresser avec une tendresse apparente, son érection revint de plus belle. Son dard n’était pourtant pas encore dur ni complètement dressé.

- Shhhh... un peu de patience jeune homme, ça n’a pas encore commencé, lui susurra-t-elle, tandis qu’elle plaçait à la base de son pénis un premier cordon élastique.

Et en un instant, le deuxième lacet se trouva enserrant la base des bourses de Paul.
Alors, elle commença à caresser son sexe qui s’étira d’un coup. Elle faisait courir ses ongles peints en noir le long de sa verge, venant exciter son gland, puis descendant vers ses bourses qu’elle malaxait doucement. Et le fixant de son regard perçant planté dans ses yeux, elle lui dit :

- Tu aimes, mon chéri ?

Paul répondit par un râle de plaisir.

- Et là ?

Tandis qu’elle disait ces mots, elle serra plus fermement ses attributs de mâle. Paul eu un voile d’inquiétude dans le regard, mais Eva n’en eut cure et serra plus fort encore, avec douceur mais fermeté, sa poigne sur les bourses de son amant. La respiration de Paul s’affolait totalement, tandis qu’Eva s’amusait à relâcher puis reprendre la pression sur les boules du jeune homme, serrant à chaque fois un tout petit peu plus que précédemment, jusqu’à sa limite, jusqu’à lui arracher un cri. Elle tint encore quelques instants l’étau de ses doigts avant de le libérer. Inconsciemment, Paul s’était mis en apnée dans les dernières pressions d’Eva, et était proche de la suffocation lorsqu’enfin elle le relâcha.
Ce petit exercice avait eu comme effet de pousser à son paroxysme l’excitation du jeune garçon. Désormais, la hampe de chair dressée tel le mat d’un bateau était dure comme de la pierre. Eva se mit à le masturber lentement tout en le fixant dans la prunelle de ses yeux. Elle en faisait sa chose et jouait avec. Puis elle se redressa, et sans le quitter des yeux, enleva son string. Elle s’amusa à le faire tournoyer lentement tandis qu’elle avait repris sa promenade autour du lit, faisant celle qui hésitait, en prenant soin de faire claquer ses talons sur le parquet de la chambre. Elle approcha alors son string trempé de son intimité près du visage de son prisonnier, le fit aller sur ses joues et son front et l’abandonna négligemment sur son visage, la partie la plus odorante se trouvant comme par enchantement entre sa bouche et son nez.

Alors, Eva se pencha et commença à titiller de sa langue le sexe gonflé de désir de son amant. Elle la faisait aller et venir le long de son dard, puis prenait délicatement le gland entre ses lèvres entrouvertes, faisait tournoyer sa langue autour de cette zone sensible, agaçant de la pointe de la langue le méat dilaté. Puis elle aspira le gland de ce sexe si prometteur, faisant gémir de plaisir le jeune homme. C’est à ce moment qu’elle décida d’avaler totalement cette queue dressée. Elle allait et venait, engloutissant entièrement le membre turgescent, le libérant, et recommençant encore. Puis elle accéléra un peu le rythme, et encore un peu plus jusqu’à sentir le corps de Paul s’agiter. Elle savait précisément à quel niveau il se situait dans l'ascension vers l'extase. Le jeune homme gémissait de plus en plus sous les délicieuses caresses de sa partenaire et Eva lui enfonça son string dans la bouche pour un faire un bâillon.

- Silence, jeune homme. On reste calme.

Elle continua son manège pour l'amener juste en-dessous du point de non-retour, jusqu'à la ligne de crête où un rien fait basculer du désir à la délivrance. Lorsqu'elle sentit qu'il se rapprochait très près du point où tout se joue, elle arrêta ses caresses. Elle lui laissa quelques instants pour faire retomber la tension qu'elle avait suscitée.

- Ça va toujours, mon chéri ?

Paul émit un grognement sourd pendant qu’il reprenait péniblement ses esprits, sans qu’elle sût si ce grognement traduisait une impossibilité de parler tandis qu’il reprenait sa respiration ou une manifestation de mécontentement devant sa frustration de n’avoir pu éjaculer.
Elle retira alors le string qui le bâillonnait et vint se positionner au-dessus de lui, tête bêche, assez près pour qu’il ne puisse rien rater de son intimité et sentir les effluves de désir qui s’échappaient de son sexe ouvert, mais assez loin pour qu’il ne puisse la toucher.
Elle se pencha en avant jusqu’à s’allonger sur lui et avança de manière à ce que le sexe de son amant se logea dans le sillon de ses merveilleux seins.
Elle entreprit de petits mouvements pour le branler avec sa poitrine, ses tétons durcis caressant les plis de l’aine du pauvre garçon tandis que son sexe subissait la délicieuse caresse de ses deux sphères douces et fermes. La vision très érotique de la vulve de sa compagne, les effluves aphrodisiaques qui s’en échappaient, la caresse sublime qu’elle lui prodiguait avec ses seins l’amenèrent une nouvelle fois sur la ligne de crête de la jouissance.
Mais Eva savait très bien lire les réactions du corps de son amant et elle arrêta son petit jeu juste avant de le délivrer.
Elle se redressa pour se tenir au-dessus de lui et faisait des petits mouvements du bassin pour entretenir son excitation. Paul devenait fou de désir. Il tentait de bouger et de relever la tête pour aller goûter ce fruit offert, mais il était solidement entravé et attaché au lit. Et Eva s’amusait de sa pauvre impuissance. Les mouvements qu’elle faisait étaient plus verticaux maintenant, laissant à son homme l’espoir de pouvoir la goûter, d’espérer lécher sa vulve trempée et caresser de sa langue sa petite perle. Elle descendait jusqu’à sentir le souffle chaud du pauvre garçon, jusqu’à sentir le bout de sa langue qui venait caresser l’entrée de son sexe, et remontait aussitôt de quelques centimètres, mettant cette récompense hors d’atteinte. Il était au supplice. Elle le rendait fou. Paul s’agitait de plus en plus, gémissait bruyamment, et soudain, ne put retenir un cri de rage. Un cri de désespoir. Eva partit alors d’un rire clair et demanda, la voix pleine de sarcasmes.

- Quelque chose ne va pas, mon amour ?

Et tandis qu’il répondait d’un grognement rageur, elle décida de le faire taire en s’asseyant enfin sur son visage. Un délicieux bâillon qui interrompit immédiatement le raffut, et eut l’effet escompté de calmer son homme.
Elle y trouvait son compte aussi, bien sûr, et elle le laissa exercer son talent de langue pour son plus grand plaisir. Elle le laissa faire jusqu’à sentir monter en elle des vagues de plaisir. Elle le laissa agir jusqu’à atteindre un orgasme violent comme elle n’en avait pas encore connu. La mise en scène inattendue, ce jeu de domination, la puissance qu’elle goûtait là pour la première fois exacerbaient ses sensations.
Elle se releva, satisfaite. Paul était un peu calmé du plaisir qu’il avait eu à pratiquer ce sexe oral avec sa compagne, mais déjà la sensation de frustration revenait comme un cheval au galop. Eva avait eu son compte, mais pas lui.
Il commençait à geindre, à crier, à se plaindre que cela n’était qu’à sens unique. Alors Eva prit le string qui était resté à la tête du lit et lui enfonça de nouveau dans la bouche pour le faire taire.

- Ne sois pas impatient, mon chéri. On vient juste de commencer, dit-elle avec son sourire enjôleur qui ne fit que le rendre plus enragé encore.

Elle s’installa à califourchon sur les cuisses de son amant, sa vulve trempée juste en contact avec le haut des bourses et la base du pénis de Paul. Elle se cambra et laissa glisser son chemisier de soie le long de ses épaules, dévoilant sa superbe poitrine gonflée de désir, ses tétons tendus de plaisir.

- Tu aimerais bien la caresser, hein ? Embrasser mes seins, sucer mes tétons... Qu’en dis-tu, mon chéri ?

Paul s’agita fortement, mais il était retenu par les chaînes et le poids d’Eva assise sur ses cuisses. Elle le laissa constater son impuissance, puis se releva de manière à mettre sa vulve en contact avec le gland de son prisonnier. Et elle commença à se frotter à ce sexe tendu mais encore interdit d’orgasme, à se caresser par de long va et vient du bassin, à titiller son clitoris gonflé avec ce gland tout aussi plein de désir.
Elle se positionna alors juste au-dessus de ce dard imposant, et sans quitter de son regard pénétrant les yeux exorbités de Paul, lui souriant même comme une provocation supplémentaire, elle introduisit en elle le bout de ce sexe affamé, en sur jouant ses gémissements de plaisir pour enflammer plus encore sa pauvre victime.
Il remuait sur le lit comme un désespéré, lançant ses hanches vers le haut pour intensifier cette pénétration tant attendue. Mais la coquine compensait de mouvements contraires les vaines tentatives du pauvre garçon. Il n’en pouvait plus. Ses cris de désespoir étaient juste étouffés par son bâillon improvisé, bâillon aphrodisiaque.
Alors, quand elle décida qu’il était vraiment à bout, elle s’empala complétement. Elle resta un moment immobile pour lui permettre de reprendre ses esprits, et ne pas le faire venir immédiatement. Et elle entama un langoureux mouvement de va-et-vient sur cette verge dressée, lentement d’abord, puis plus rapide, plus saccadé, plus intense. Elle en devenait comme possédée, gémissait, se cambrait encore, s’élevait et se replantait, griffait le torse de son amant, criait de plaisir...
Elle était tellement excitée qu’elle ne fut pas longue à atteindre un nouvel orgasme. Elle s’arrêta alors de bouger, goutant comme une égoïste les spasmes qui traversaient encore son corps. Elle avait mené Paul une nouvelle fois sur cette ligne de crête, mais ne lui avait rien abandonné, ne lui avait pas permis de se laisser glisser le long du versant vers la vallée de la volupté.

Se relevant totalement, remettant sur elle son chemisier quelle garda ouvert, elle fit lentement le tour du lit. Le bruit de ses talons résonnait dans la chambre. Elle fit le tour dans l’autre sens, s’immobilisa en regardant Paul bien profondément dans ses pauvres yeux de chien battu, ses yeux de mort de faim, ses yeux de frustré au plus haut point qu’il pût être, et en s’inclinant vers lui reprit d’un coup sec son string bâillon.

- Je crois que c’est à moi, lança-t-elle moqueuse. Je ne sais pas toi, mais moi je suis épuisée. Je vais aller dormir dans la chambre d’amis. Bonne nuit, mon chéri.

Et elle quitta la chambre, juste poursuivie par le cri désespéré du pauvre Paul.

- Garce !

Après une quinzaine de minutes à ressasser sa rancœur, à ravaler sa frustration, la tension qu’il avait acquise était retombée. Il savait que le lendemain Eva serait câline et qu’elle lui sortirait son grand jeu, et c’est lui qui serait vraiment de la fête. Mais il devait reconnaître qu’elle l’avait bien eu. Il s’était fait avoir comme un bleu. Finalement, il avait aimé cette expérience, cette dualité de sensations douces et fortes, agréables et cruelles. Il avait pensé pouvoir garder le contrôle de sa mise en scène, mais cela lui avait échappé et il avait aimé cette perte de contrôle. Il croyait la prendre à son jeu, et c’est lui qui en devenait accro.
Trick or treat !
Ils y rejoueraient, c’était sûr.

Fatigué lui aussi par cette folle nuit, vaincu par le sommeil, il s’endormit en pensant que son piège l’avait finalement atteint lui, par ricochet.

André Amigo - Epicurien78
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Mina · il y a
Un texte bien plus.. épicé je confirme, très ardent !!!
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Epicurien78 · il y a
J'espère qu'il ne vous empêchera pas de dormir ! ;)
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Marie-Françoise · il y a
Je crois après cette lecture que vous devriez vous débaptiser et vous faire appeler Epicurien69, car c'est chaud bouillant cette histoire pas que...imaginaire j'en suis persuadée, trop bien documentée, décrite, écrite, sentie, ressentie, bref très réussie. Bonne nuit en perspective ! Je vote et j'attends la suite….
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Epicurien78 · il y a
Eh bien, pour cette fois, si ! Je veux dire, cette histoire est imaginaire... pour ce qui me concerne, en tout cas.
Évidemment, un auteur trouvera son inspiration dans toutes les choses qu'il perçoit dans la vie, dans son cercle de relation, dans ses lectures. Tout ça, mis dans le chaudron de son esprit fertile, bien touillé... et il en sort des histoires vraisemblables. Je suis ravi que ma folle nuit vous soit apparue comme un récit au parfum de vécu, chère Marie-Françoise. :)

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SandraB · il y a
Bel exercice de style. Vous savez manier la plume et retranscrire avec brio votre imagination. Mais finalement n’est-ce pas ce que l’on pouvait attendre d’un épicurien...? Quoi qu’il en soit, le résultat est agréable, criant de vérité et de bonnes sensations. Donc BravO !
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Epicurien78 · il y a
Votre commentaire me touche beaucoup, chère Sandra. Et si j'ai pu, avec ma petite nouvelle, vous donner un peu de plaisir... (par sa lecture !), j'en suis ravi !! :)))
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Venloc · il y a
Joli. Et de saison (même si je le lis deux ans plus tard !)
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Utilisateur désactivé · il y a
C'est une nouvelle très bien écrite qui se lit d'un trait. Vous avez une imagination débordante et épicée d'érotisme sans pour autant être dans le vulgaire.
Et tant pis pour le pauvre Paul l'épuisement aura eu raison de lui sans pour autant qu'il soit rassasié .... tel est pris qui croyait prendre, le jeu s'est retourné contre son plaisir ...

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Epicurien78 · il y a
Merci Ophélie de votre aimable appréciation... :))
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Petitpoizonrouge · il y a
Cette nuit de la nouvelle érotique a été fructueuse...j'espère que Paul et Eva ont pu prolonger leurs jeux au delà du concours...
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Epicurien78 · il y a
Hé hé... Probablement ! :))
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Petitpoizonrouge · il y a
j'ai hâte de lire la suite...
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Keith Simmonds · il y a
Bravo pour cette imagination débordante d'érotisme ! Mon vote ! Vous avez voté une première fois pour “ De l’Autre Côté de Notre Monde” qui est en Finale pour la Matinale en cavale. Une invitation à confirmer votre soutien si vous l’aimez toujours ! Merci d’avance et bonne soirée!
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/de-l-autre-cote-de-notre-monde

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Ameféline · il y a
Ah enfin un peu d'érotisme à mon goût... du vrai ! comme j'aime lol ! Merci pour cette belle oeuvre...
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Epicurien78 · il y a
Je vais intriguer pour que tu rejoignes le jury :)))
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Sylvie Franceus · il y a
Waaaaaaoooouuuuuuuuuuuuuuuuu....... génial !!! Nom d'une pipe en bois..... euh..... pardon..... c'est pas ce que je voulais dire.... enfin si.... enfin chépu.... une belle découverte.... enfin.... c'est pas non plus ce que je voulais dire..... j'suis troublée..... enfin pas trop... un peu quand même.... une belle histoire.... belle , oui mais pas que..... euh.... re pardon...... votre écriture est jolie..... une respiration..... ouf.....ça va mieux..... merciiiiiiiiiiiiiiiiii...... hi hi
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Epicurien78 · il y a
Bigre ! mon écriture serait-elle hallucinogène ?... ;)
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Sylvie Franceus · il y a
Bé.... oui.... c'est vrai que je me sens toute bizarre... hi hi.....on vous l'avait jamais dit..... nan....c'est pas possible.... serais je donc la seule à avoir l'impression d'avoir lu un texte planant....mais qu'est ce donc que cette drôle d'odeur de champignon mexicain qui émane de votre histoire saisonnière..... bé oui.... c'est normal.... c'est l'automne !!!!
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Zérial · il y a
bravo
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Epicurien78 · il y a
Merci :)
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