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La fleur bichromatique du Dhaulagiri

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Julien Sama

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A travers d'énormes baies vitrées, la pièce était inondée d'une lumière oblique. Une lumière langoureuse, qui s 'écrasait par paquet sur les visages des différents journalistes. Ils étaient venus dans cette salle de conférence dans un seul but : extraire (de son contexte) la phrases qui fera les gros titres demain. Le brouhaha dégagé par ces singes uniformément fringués : chemise et pantalon de costard pour les hommes, chemise et jupe pour les femmes, avec ce magnifique collier passe (le sésame de cette grande récréation), était nauséeux. La composition de ce tableau rappelait celle de la méduse, avec ces photographes qui se bousculent pour une photo dont le sujet n'était pas encore présent. Des cannibales de l'image ! Ils dévorent les corps de leur semblable en les encrant sur un papier offset satiné.

Dans la pièce juste à coté ce trouve le scientifique Nobel de l'année, si il n'était que scientifique, il n'amènerait sûrement pas autant de parasite. Non Yacide, un homme à la trentaines au visage ouvert et mat, avec une barbe de 3 jours qu'ornait une mâchoire carré ; une mâchoire fendu en son centre d'une bouche assez mince, assez rassurante plutôt que carnassière. Était un homme presque universel. Il avait les yeux vairon, ce qui lui donnait un regard étrange mais doux, presque extraterrestre. Un ovni, cet homme était selon ses contemporains l'un des être les plus extraordinaire de son époque voir de ce siècle. Rien de néfaste n'émanait de ce personnage, il avait l'âme des derviches d'un autre temps. Sur sa page wikipédia, on pouvait lire Yacide Ahura Yazda : né à Malaga (Espagne) le 24 novembre 1999, est un artiste, biologiste, poète, chef d'entreprise, et cosmologue domicilié à Paris en France.

Pour la petite histoire son père était un célèbre artiste français des années Jack Lang et sa mère une andalouse au origine iranienne, autant dire une femme sublime mais avec un caractère bien trempé. Il décédèrent lorsque Yacide n'avait que 8 ans, l'âge de raison mais aussi l'âge de comprendre que l'amour maternelle ne l'élèverait pas. De l'amour malgré deux premières années difficiles de deuil chez ses grands parents en France, il n'en manqua pas. Jamais, pour tout dire il ne manqua d'amour. Et C'est donc sous cette arbre bienveillant qu'il grandit. Capable de passer les obstacles d'une vie qui jamais ne l'épargna. Yacide était ce que l'on appelle un guerrier sage, qui sait utiliser sa rage pour avancer et tirer ceux qui l'entoure vers le haut. L'ubac de cette montagne généreuse, était un caractère parfois égocentrique accompagné d'un certain orgueil. L'orgueil que tous les intellectuels partagent mais que seul les conscients essayent de tuer. Ces différents défaut avait été mis à mal depuis son mariage avec Ancilla Ivaldi, une web designeuse au cheveux long ondulé, tombant sur des épaules ronde et douce, à la couleur Sénois, qu'un soleil cajoleur aimait peindre. De ce coup de foudre dont Yacide dira qu'il était atomique, naquit deux filles. Elham (inspiration, révélation, en Perse) était l'aîné, deux grandes boules bleu avec par ci par là deux trois pépites noirs, des cheveux long toujours en bataille, elle était la fierté de son père. Âgé de quatre ans elle savait néanmoins déjà lire. Elle escaladait tout ce qui lui paraissait une montagne, et dieu sait qu'à quatre ans tout semble être une montagne. Il était donc rare de la voir sans un pansement sur le menton, les coudes ou les genoux. Sa sœur de deux ans sa cadette se prénommait Monica, car Ancilla était une grande admiratrice de l'actrice italienne  d'Antonioni, Monica Vitti.

- à quoi tu pense Yacide, tu me regarde depuis tout à l'heure comme si j'étais quelque chose d'étrange. Les yeux plissé d'Ancilla était un peu triste.
- Rien, c'est qu'avant toi, je n'avais jamais vu de galaxie incarnée...
Avec un petit sourire en coin, cela rendait le compliment plus joli.
- Petit charmeur, garde tes belles phrases pour les fauves de l'autre coté de ce mur.
Il n'empêche que ce compliment lui avait donné la chair de poule, il caresse sans touché cet homme, là, au plus profond de ton cortex.
- les filles sont pressées de prendre l'avion Yacide, alors fonce annoncé au monde la nouvelle et revient nous plein d'amour.
- Je déteste ça Illa, j'ai l'impression de prendre part et de cautionner cette grande mascarade...
Son regard se perdait, on lisait comme de la douleur sur son visage amoureux.
- Tu sais très bien comme cela est, tu es bientôt au dessus des lois des hommes, c'est un dernier compromis ensuite tu seras libre de leur entrave. On est là Yacide, tu n'est plus seul. On sera beau entre deux ciel.

Il la regarda intensément, à chaque fois qu'il la découvrait sous un autre angle il lui semblait ré-apprivoiser les contours de sa femme, mais ça ne changeait rien à ce qu'il ressentais en voyant son centre. Non, ça métamorphosait l'âme en face de lui, en lumière iridescente. «c'est un astre. » se surprit il à dire à haute voix.
Ancilla se mit à sourire, juste comme ça, instinctivement, parce qu'en voyant Yacide c'était impossible de se mettre en dépression. Il y a combien de miroir en face d'un trou noir qui renverraient un peu de lumière blanche ? Aucun, vous répondrait les gens, un seul vous assurerait Ancilla.
- Va s'y maintenant j'en peut plus d'être ici.
- Alors je fonce !

Yacide fut aveuglé par la lumière qui conquérait toute la salle de conférence, son ouïe fut saturé par les cries de la foule de journaliste. Incapable de se réprimer de crier alors qu'il n'était pas encore devant son pupitre. Il inspira un grand coup puis se laissa guider par son chef de la communication, Hassen ledroit, qui le conduisit face à son public agité. Le boléro de Ravel accompagnait son entrée en scène. Un petit clin d'oeil à Basquiat, ce peintre enfant qui peignait des brides de mémoire sur une toile blanche, l'artiste et le spectateur devenant ainsi des neuromédiateurs.

Yacide planta ces deux pieds dans le sol face au pupitre. Puis s'habituant à la lumière il appréhenda petit à petit le fourmillement de silhouette qui le dévisageait. Il commença à parlé et le silence se fit.

- Mesdames et messieurs, si j'ai voulu vous réunir en cette fin d'après midi (ce qui expliquait le rayonnement oblique et la teinte orangé de la pièce) c'est pour vous annoncé une nouvelle qui va bouleverser l'humanité.
Le silence était de rigueur, d'abord pour laisser l'auditoire dans un suspense intenable, mais surtout pour le préparer à la nouvelle.

- Nous avons trouvé le vaccin qui permettra de soigner, pas un, mais tout les cancers connus à ce jour.

La pesanteur créé par cette nouvelle fut instantanée, tout les journalistes se regardaient benoîtement, presque sonnés, puis une femme, la cinquantaine prit la parole.

- jody Lezdale du Huffington post, comment avait vous réalisé ce prodige M. Yazda ? Avez vous des preuves.
La journaliste dont les lunettes venaient pincer le bout d'un nez en trompette semblait sceptique.

- C'est le hasard et l'acharnement de tout mes collaborateurs qui ont permis cette découverte. Nous avons récemment sponsorisé une ascension du Dhaulagiri l'un des 14 plus haut sommet du monde, mené par l'alpiniste autrichien Peter Harrer.

Le micro se mit à grésiller, Yacide éloigna sa bouche et sortit un appareille sombre, laqué, rond, qu'il colla sur sa trachée. Ça voix devint de nouveau audible dans toute la salle.

- Oui le micro classique étant en panne, je vais utiliser ce nouveau micro que nous allons bientôt sortir.

Les journalistes surpris, firent un « haaaa »  en coeur. Et ne purent camouflé un rire qui se diffusa d'avant en arrière, devant cet ingénieux « coup de com' ».

- Mais finissons l'histoire. En grimpant l'équipe c'est endormis sur un flanc de la montagne, une tempête de neige les empêchant de progresser plus. Équipé de nos tente chauffante transformant directement la neige en eau potable, il se réveillèrent au matin sous un beau soleil. Imaginé un ciel indigo soutenu par un orange léger, quelque traînée de nuage violet sombre, puis cette boule jaune qui réchauffe délicatement vos joue. Tout ça derrière le fumé d'une paire de lunette de soleil. Au sommet de votre carreau droit des tâches de graisse qui vous floute la vision. Alors vous les enlevées, et la en vous penchant pour les essuyer sur votre pantalon, vous tombez sur des fleurs rouge écarlates avec juste un pétale pourpre. Réflexe d'être humain classique vous la cueillez. Puis vous la sentez, bizarrement cette fleur sent l'orange. Retenez bien cette odeur d'orange, c'est important pour la suite.

La meute est dressée, personne ne décroche, l'orateur est doué. Dans les yeux de chacun se lit l'envie de connaître la suite. Homer prend quelques gorgé d'eau, reprend son souffle, puis poursuit son histoire.

- Dans le groupe l'un des sherpas avait fait des études en biologie moléculaire. Oui c'est incroyable, je n'y ai pas cru du premier coup, hasard ? Destin ? Une chose est sure, les planètes devait être alignées. Et vous allez voir les coïncidence ou les coups de chances ne sont pas finit. En Science on appelle cela la sérendipité. Bref en voyant l'étonnement des différents guides, il demande ce qu'il se passe. Ils lui répondirent que jamais aucun sherpa n'avaient vu cette plante. Quelle était décrite dans de vieille légendes orales, un vieux mythe. Alors en accord avec Peter, qui avait glissé la sienne dans son sac pour sa fille. Il décide de faire quelques prélèvement pour une analyse dans nos laboratoire. Avant de continuer, sachez que l'expédition fut un succès.

Les journalistes applaudirent généreusement.

- Lorsque Pemba Gelu : notre sherpa biologiste, est venu dans mon bureau avec Peter, il me semblait normal d'embaucher un homme avec une telle intuition. Nous avons alors monté une équipe de pointe pour analysé cette plante. D'abord il est important de souligner que cette plante survit grâce à la photosynthèse mais aussi l'absorption des minéraux dans la neige qui la recouvre. Soit par l'un soit par l'autre. Ce qui explique son extraordinaire résistance aux températures des sommets.

- Tout les deux réunit, nous nous sommes lancé à la recherche des secrets de ce livre biologique. On c'est alors rendu compte que ses cellules se régénérait tout les jours entièrement, et cela même déraciné. Ce qui est déjà incroyable, mais qu'elle produisait aussi, un genre de cellule combattante qui transforme les cellules qui se reproduisent de façon anarchique en cellule saine. Seulement cette transformation induit une pigmentation de la zone sauvé : ce qui explique le pétale violet. Alors vous allez me demandé pourquoi ne possède t-elle qu'un seul pétale violacé ? La raison est fabuleuse !

Il avait les yeux pailleté de lumière, un enfant qui s'éclate à raconter comment il a trouvé un trésor aurait le même regard. Un nuage arc-en-ciel passa sur le visage des journalistes béat.

- Elle crée volontairement pendant sa croissance une prolifération incontrôlé de cellule localisé. Qui une fois lancé active une mémoire génétique et la production des CG (cellule guerrière). En finalité ce pétale violet. Mais aussi une défense irrésistible contre, je vous laisse le dire...

- LE CANCER !

Cria d'une seule voix la bande d'écolier discipliné et complètement subjugué. Sauf un, il était plus occupé à flirter sur la dernière application de rencontre à la mode « Near ». Benoit Paris, un journaliste du Monde toujours en retard sur le futur. Une barbe rousse, un crâne dégarnit avec un tatouage asiatique derrière l'oreille, qui signifiait virilité (enfin c'est ce qu'il croyait, en vérité, le tatoueur avait inscrit crevure, Benoit avait fait l'erreur d'être un vrai connard avec le tatoueur). Et c'est ce qui fit sourire Bao Song, qui éclata ensuite d'un rire à peine retenu. Lorsqu'elle vit le journaliste à la belle tonsure, lever la tête à l'écoute du mot cancer prononcé par ces collègues à l'unisson, puis se lever tremblotant et crié :

- Cancer !

Aussi fort que cinq hommes, surtout autant à la bourre qu'un canon raté. Ce qui surpris Yacide, qui ne put s'empêcher de prendre à partie le journaliste.

- Il semblerait que l'on ait trouvé notre cancre ?!

Il vit le journaliste se rasseoir K.O sous les moqueries de ses collègues. Il ne put s'empêcher lui même de sourire.

- Il est évident que je vulgarise, un dossier avec le vocabulaire adapté, et toute les étapes de cette découverte vous seront transmis à la fin de cette conférence. La suite évidement est une continuité d'essais pour recréer cette cellule guerrière et l'adapter à l'être humain. Au bout de six mois nous avons commencé les essais sur des cobayes volontaire humain. Le résultat fut fulgurant presque miraculeux. Mais un détail restait à régler. Comme la fleur bichromatique, l'être humain voyait la partie se régénérer avec une pigmentation violacé. Un violet améthyste comme la si bien souligné mon ami le grand maître Ymonéant. Si il m'entendait, il me mettrait sûrement un coup dans les côtes, il déteste les titres pompeux !

Naturellement l'assistance ricana.

C'est pourtant lui aussi qui apporta la solution en ajoutant je cite « si je devais peindre cette surface de revenant, j'y mélangerai un peu de orange, un orange à la Van Gogh ». Que voulez vous on ne chasse jamais la poésie de la locution d'un l'artiste. C'est là que Pemba rétorqua, viens monte sur scène Pemba ! C'est ton triomphe à toi aussi, bien plus qu'à moi.

Le sherpa diplômé en biologie moléculaire, s'avança intimidé par les flashs qui l'aveuglaient, et l'agaçaient. Pemba Gelu devait mesurer dans les 1m65. Il était trapue ses traits était rigides, mais il avait pour contre balancer ce début de sévérité des lèvres généreuses entourant un doux sourire. Quand à ses yeux, c'est simple, il brillait d'intelligence et de chaleur. Lorsqu'il pris la parole le public fut comme choqué par la voix grave et vigoureuse qui se dégageait d'un si petit bonhomme.

- Merci Yacide, j'ai rétorqué à monsieur Ymonéant qu'il suffisait peut être d'étudier la pigmentation de l'écorce d'orange pour neutralisé le processus de pigmentation de la guérison par GR. Le sherpa biologiste baissa les yeux, se décala pour vite disparaître de l'estrade, en sautillant, comme si le sol lui brûlait les pieds.

- Vous pouvez le remercier cet homme est celui qui après sept mois de travaux et d 'abnégation vient de supprimer l'un des fléaux les plus injuste de la planète.

L'assemblé se mis à applaudir, on entendit même quelque sifflet de respect.

- Évidement l'écorce d'orange ne nous a pas permis de contrecarrer l'effet violacé. Mais elle démontre une chose, c'est qu'une idée doit s'ouvrir à toute les possibilité, et chacune d'elle doit être tentée et vérifiée.

Aujourd'hui l'homme vient de faire un pas de plus vers la lumière, alors avant que vous me posiez la question, je vais aborder la partie business. Utiliser ce remède comme un moyen de s'enrichir serait une chose que je ne pourrait me pardonner. Alors pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, cet antidote sera complètement gratuit. Seulement pour évité la main mise d'autre laboratoire pharmaceutique, toute les molécules ont été soigneusement breveté. Mon entreprise contrôlera toute les étapes : de la fabrication à la distribution du remède. Parce qu'un savoir qui soigne l'homme doit pouvoir être accessible à tous et être le patrimoine de l'humanité. Mais je ne suis pas naïf, certains donneraient tout pour mettre la main dessus et en faire un produit fructueux. Alors je garderai les deux yeux ouvert sur notre découverte. Comme un bon génie protège celui dont il réalise les vœux, parce que de lui dépend sa possible liberté. Je finirais par une citation du poète persan Omar Khayyam :

« Quiconque arrose dans son coeur la plante de l'Amour n'a pas un seul jour de sa vie qui soit inutile. »

- Et hélas pour vos questions, je me languit de ma famille, et je suis lasse du nombre. Je vous souhaite donc une bonne soirée et que la paix recouvre vos coeurs.

Quand il retrouva Ancilla, son coeur était léger, une feuille A4 s'élevant et tombant doucement au grée des vents chauds d'un ventilos en été.

- aller filons Yacide ta lune et ton soleil n'en peuvent plus de t'attendre.

La volupté de chaque syllabe de cette langue s'agitant entre ces délicieuses lèvres rouge carmin, le paralysèrent.

Tout grogui , il acquiesça et se laissa conduire la main dans sa main. Soyeuse dune que ces sables enivrants qui vous poussent toujours vers de tendre moment, à d'amer rendez-vous. Sous la tente d'une princesse d'Afrique, au cou lové de milliers de perles multicolores. Les chemins sableux, creusées par ses mains d'ébènes doucement agitées sous une tente blanche venteuse. Elle montre quatre ergs et un soleil ; un soleil bleu flamboyant, ou danse quatre satellites noire coruscants.

Dans la voiture les conduisant vers leur jet, Yacide avait quelque chose qui le travaillait. Mais il était incapable de la nommé. Alors il embrassa sa femme, pour ensuite inonder sa main de baisé et la coller contre sa joue. Il voulait la sentir contre son visage. Elle avait le pouvoir d'aspirer toute ses pensés, une amante aimant à déprime.

Ils traversèrent le tarmac pour rejoindre le jet, un Jas 39 Gripen de fabrication suédoise. Il devait être à Paris pour le lendemain. Pour assister à une réception, organisé par une œuvre caritative qui lui tenait à coeur et dont il était le parrain.

Sur le sol les flaques due à la pluie, qui venait de se temporisé sous l'apparition d'une première lune ébauchée. Laissait apparaître le clignotement des lumières du petit aéroport.

À l'intérieure Yacide vu ses bras envahis par ses deux filles, il les serra longtemps sans trop savoir pourquoi, il les aimaient de toute son âme, c'était sans doute suffisant comme réponse. L'intérieur du jet était à prédominance beige. Du bois laqué montrait une finition exceptionnelle. Il décolèrent à 23h00. Le temps était dégagé au-dessus de Lyon. A travers le hublot on pouvait voir que la ville était coupé en deux par le Rhône. Le grand fleuve serpentait depuis des siècles dans le même lit vers la même destination : le grand tout de la méditerranée.

Yacide observait ses deux filles endormie sur son torse. Elles respiraient l'avenir et l'amour. Il avait mal de trop les aimer. Alors il leur déposa un baisé sur le front, caressant paisiblement leurs longues chevelures ténébreuses. Il pensa aux mots de son ami artiste : « les chefs d'oeuvre de l'humain n'éclipseront jamais ceux constitués par le hasard de la génétique. Lui, qui pouvait prétendre avoir une idée des progrès humain en génétique, ne pouvait être aussi catégorique. Le déicide avait été consommé depuis longtemps, l'humain pourrait bientôt recréer l'humain, il a déjà commencé à se modifier. Il sera bientôt immortel et personne ne le punira pour ça. Personne ? Si ce n'est lui même, car l'être l'humain est le seul à avoir créé ce qui le tuera, aucune force supérieur, si ce n'est l'orgueil ne le poussera au suicide.

Il se regarda dans le reflet de la fenêtre en face de lui. Il avait de bonnes cernes et les traits tirés. Puis il baissa doucement les yeux sur sa femme allongé, dont la poitrine se gonflait et se dégonflait au même rythme que sa propre respiration. « Comme je suis chanceux... les choses sont tout de même bien faite pour moi ». Le pour moi, était plein d'humilité, il repensait à tous ces hommes et femmes qu'il ne put sauver à temps. Le temps, la plus grande des maladies de l'homme fou, celle après qui il courra toute sa vie si il est aveugle. En vrai rien n'est joué, ou presque, si on joue bien sa partie on améliore celle précédemment vécue. Pour celui qui voit, le temps terrasse les certitudes et les mensonges, il crée les amitiés et les amours. Mais jamais il coule ou tourne pour le besoin d'un seul.

Il observa la bouche arrondie et entre ouverte de sa femme. Sentit son pouls s'accélérer lorsqu'il tomba sur l'arrondie de sa nuque dégagée de ses cheveux bouclés, qui odoraient sûrement le lilas. Il ferma les yeux, il la ressentait contre lui, dans leur maison italienne sous cette olivier séculaire. Il entendait le bruissement du blé qui se couche sous le vent, il voyait ces îlots de lumière qui parsemaient l'herbe autour d'eux. La chair de poule sur ses seins d'albâtres pendant son orgasme. Ses cils rabattue et ce sourire en coin. Il y avait aussi ces « je t'aime », glissés amoureusement dans le creux de son oreille... Il avait de nouveau mal. Il aimait de manière absolu ces trois femmes. Monica bougea sur son torse et se frotta le nez avec son petit poing. Elle ouvrit les yeux à demi somnolente pour éveillé un sourire à son père, qui la pria gentiment de se rendormir un peu. Il les souleva toute les deux et les déposa dans le lit du jet. Le bruit des moteurs était doux, berçant les passager de l'oiseau de métal.

Le biologiste se rassis, se servant un verre de Lavagulin. Il resta là, a siroté son verre et à médité. Il avait trouvé ses plus brillantes idées ici, à 30 000 pieds. Il sentit ses paupières s'alourdir, lorsque son verre fut finit, il pensa encore à Omar, « la nuit est peut être la paupière du jour » puis, pour accompagné le jour il plongea lui aussi dans le domaine des songes.

Des cris et des tremblement le réveillèrent brusquement, ses deux filles étaient dans les bras de sa femme. L'hôtesse lui conseilla d'attaché sa ceinture. Et d'attacher les petites, Ils passaient, disait-elle à travers une épaisse brume, qui avec la disparition de la lune empêchait de bien différencier l'horizon. Il s'attacha, rassura ses deux précieuses étoiles, qui se calmèrent sous ses mots pleins d'assurances. Il plongea ensuite ses yeux dans ceux de sa femme, elle était terrifiée ! tout en elle prêchait la certitude de la fin. Alors, une réflexion vit le jour à une vitesse que l'on pourrait calculé en nano seconde dans son esprit. « Est ce que c'est maintenant ?  C'est impossible, personne ne mourra, c'est impossible pas maintenant ! Je suis Yacide Ahura Yazda, m'entend tu ? Jamais tu n'auras nos vies !» alors il attrapa la tête de sa femme dans ses deux mains pour l'embrasser, puis ses yeux plein d'assurance et de défis envers des milliards de destins apaisèrent la belle italienne. Mais comme une réponse du ciel face au défi de cet homme : un énorme éclair zébra le ciel brumeux, faisant apparaître un mur de fumé. Il fut instantanément suivit d'un second, qui s'éclata sur le moteur droit du jet, provoquant une explosion terrifiante. L'aile droite s'arracha, l'avion bascula sur la droite et se mit a vrillé. L'hôtesse vola contre l'ouverture de la porte menant au cockpit, pour s'exploser la tête sous le choc de l'impact. On aurait dit une noix que l'on écrase.

Un bruit de métal se balada d'avant en arrière, puis soudain l'avant de l'avion disparut, aspirant le corps sans vie de l'hôtesse. Le coeur de Yacide battait à une vitesse hallucinante, ces yeux grands ouverts, percevaient tout. Le temps bizarrement ralentit. il observa les bouches ouvertes de ses filles, la peur défigure la beauté, que faire ? Il est rationnel, il sait. Personne n'a aucune chance de s'en sortir. Tout ce qu'il a construit va mourir. Il n'arrive pas à l'accepter, on ne tue pas l'amour! Mais l'amour n'est pas mort, avec ou sans lui des gens continueront à s'aimer. Ce qui le révolte c'est que l'on va tuer son amour, leur amour ! Il serre les poings, et du fond de son âme s'échappe un « Nonnnn !! ». Qui fait taire d'un coup les cris des femmes de sa vie. D'un coup quatre coeurs se serrent près d'un faisceau de lumière.

- Sauve nos filles Yacide ! Sauve les Yacide ! S'époumone Ancilla. C'est étrange cette volonté des mères de s'oublier pour leur progéniture, un retour au primitif teinté d'une beauté dramatique déraisonné.

Mais il le sait, personne ne peut être sauvé dans ce genre d'accident. Son coeur qui bat à une vitesse folle le sait, les poils hérissés de tout son corps le savent, même son pragmatisme le sait. Seulement, putain, là, au fond de sa poitrine de chair rose fragile, il y a quelque chose qui veut vivre encore ! Non « je ne pourrai pas me sauver », se convainquit il. Et l'avion qui vrille encore et prend feu. Et Yacide qui assiste impuissant collé au siège du jet par la gravité, à la mort de sa femme et de sa petite Monica. Toute deux consumée par les flammes. Il tourna la tête, il y avait Elham, les iris encore bien larges, qui avait vu ce qu'il venait de voir. Deux quart de leur coeur amputés gratuitement. Pas une seule émotion ne traversa le visage de sa fille, dont la figure se cachait parfois derrière ses cheveux qui virevolte. « vous pouvez me prendre mais pas elle ! », « vous pouvez me prendre mais pas elle ! » crie t-il. Comme si quelqu'un l'entendait, comme si quelqu'un allait passé un marché avec lui. Que quelqu'un accepterai son sacrifice. C'est idiot parfois un Homme.

Il ferma les yeux, dans la nuit de son cerveau, il trouva un chemin faiblement balisé de lucioles, il le suivit. D'un coup ce fut la lumière totale. Il ouvrit les yeux, saisit Elham dans ses bras, la glissa derrière sa ceinture pour la serrer contre sa poitrine le plus fort possible, recroquevillé au dessus d'elle. Il colla sa joue contre la sienne et lui pleura.

- Papa, Maman, Monica et Elham, la famille qui s'aime pour l'éternité ! Tu entends mon soleil, papa, maman, Monica et Elham, l'amour de quatre galaxies dans un univers sans lumière. Je t'aime ma fille, je t'aime pour toujours, Papa sera toujours là, vit mon soleil, papa sera toujours là. À la fin ça n'avait plus de sens. Mais une seule phrase vint en réponse.

- Non tu ne sera plus là papa, mais je t'aime quand même de tout mon coeur. C'était calme, et bizarrement Yacide sourit, et répéta.

- Si, papa sera toujours là.

Des mots qui se dissipèrent sous la déflagration du choc de l'impact. La carcasse rebondit sur la pente d'un coteaux , avant de rouler pour s'arrêter près d'un épicéa complètement nu.

Le brigadier observait les débris encore en feu du jet qui faisaient scintillé l'horizon. Il avait quand même un peu de cynisme dans la tête. Ça le rassurait au fond, de savoir que les riches aussi pouvait mourir. Il s'empressa de chasser cette idée morbide. Il y avait une famille et deux pilotes dans ces ruines d'oiseau mécanique. Il paraissait même que l'homme que l'on transportait était un génie. Bah, comme se présentait la situation, le génie c'était sûrement un puzzle ! Il se mit un coup dans les cotes pour supprimer ses penser nauséeuses. Il y avait deux enfants dans ce chaos. Si c'était les siens aurait-il aimé que l'on fasse ce genre de commentaire ? Même introspectif ?

Il s'arrêta brusquement , c'était infime... comme des petits gémissements étouffés. L'écoute le mena près d'un gros cylindre complètement éventré. Lorsqu'il pénétra dans la carcasse des petites étincelles illuminait l'intérieur par a coup. Les cris encore étouffés était plus audibles, plus aiguës aussi. Il souleva une ranger de sièges déchiré sur le flanc, avec difficulté, ça pesait un âne mort ! Vu les cris ce devais être un enfant, une des deux petite fille ? Il souleva le cadavre à demi calciné qui étouffait les hurlements. Ce fut un flash, ses yeux cessèrent de clignés, il venait de découvrir deux grands yeux bleu lumineux entourés de rouge. Plus un bruit, il reprit ses esprits. Il remarqua que l'humérus de la petite c'était cassé en deux sous le choque, il était à l'air libre. Il la pris dans ces bras délicatement, la petite ne lâcha aucun cris de douleur.

« Ici vite j'en ait deux, un cad... » il allait dire un cadavre mais l'être délicat qu'il tenait dans ces bras lui rappela que l'on était pas au bar, en train de commander un demi.

« ... Un corps sans vie, et j'ai une survivante, un enfant ! » il parla fort et clairement, sans crier.

Il la regarda, torturé. « pauvre gamine, commencé la vie comme ça, c'est absurde ». Franchement, il y avait combien de chance de sortir des décombres une fillette en parfait état ? C'est comme si une pièce de satellite avait survécu à la stratosphère. La petite avait rouvert les yeux, machinalement il lui demanda avec douceur. « tu viens d'où ma grande ? » De sa main valide, lentement, elle lui montra les étoiles.
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