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La dernière heure

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Adanou

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En plein cœur des fêtes de fin d'année, des phénomènes inquiétants se font jour. Nul doute n'est permis : l'Apocalypse vient de commencer. Voyant se profiler le destin funeste de notre civilisation, l'incroyable se produit. L'humanité, loin de se résigner, décide de se rebeller. Puisque l'Apocalypse est un jugement de Dieu sur les Hommes, ceux-ci feront de même son procès.

« Mesdames et Messieurs, alors que nous vivons les heures les plus sombres de l'humanité, que les morts sillonnent nos rues et que des quatre coins du monde des catastrophes effroyables s’enchaînent, je tenais à vous exprimer ma fierté de nous représenter dans ce procès symbolique. J'ai aussi une pensée pour nos semblables qui partout sur la Terre ont engagé une action analogue. Il y va de notre honneur, de nos valeurs. Les armes sont inégales mais l'accusé ne nous a-t-il pas appris lui-même par la parabole de David et Goliath que cela ne préjugeait pas de l'issue du combat ? Il est heureux que nos législateurs aient formulé nos lois sans références à l'accusé. Voyez où en sont les États- Unis ! Car ici nul n'est au-dessus des lois et ce nul le contient aussi. Ce n'est pas seulement sa nature qui rend ce procès extraordinaire, c'est l'ampleur de ses méfaits et son goût pour la récidive. Nous n'avons pas oublié nos illustres ancêtres, bannis et humiliés pour avoir osé penser et cette mascarade de procès qui s'en suivit, porté par un témoin des plus douteux. Il y eut aussi cette folie qui provoqua le plus grand génocide de l'histoire, où par colère, l'accusé supprima la presque totalité de la vie sur Terre. Il n'a aucune limite. N'a-t-il pas sacrifié son fils ? Comme circonstances atténuantes, reconnaissons que nos lois découlent en partie de son enseignement. Cependant, elles en découlent seulement. Nous avons dépassé ses principes pour les ouvrir à l'universel. Je demande donc une condamnation à perpétuité, ce qui pour une fois ne sera pas un vain mot. Car c'est d'un crime contre l'humanité dont il s'agit et de plus prémédité. Et je réclame en outre que son nom soit oublié afin que nous puissions enfin recouvrir notre liberté. »

À ces mots, un silence épais s'abattit sur le monde. L'avocat s’avança, fixant l'assemblée :

« Nous sommes libres maintenant. N'est-ce pas ce que nous voulions ? »

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