La défunte se livre

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Elle aime les expos, visite les musées, prend des photos en amatrice, s'adonne à l'écriture, lit beaucoup et surtout ses lectures sont très variées, car elle n'exclut aucun genre ni format. Elle  [+]

Ca fait des heures déjà, que mon corps, tombé de tout son long, sur cette moquette beige, tâchée par tant de litres de mon sang, essayant de ramper sur le sol, appelant au secours, mais en vain. Dans la douleur, à bout de souffle, tout geste est inutile. Après ce long moment d’agonie, l’heure fatidique arrive, je trépasse de la vie vers une longue descente aux enfers en voyant défiler celle-ci en boucle et à toute allure pour finalement connaître cet état irréversible. Dans cette position inconfortable, la tête tournée sur la gauche, le tronc incliné vers la droite, mes jambes, dont celle de droite repliée sous ma fesse droite et l'autre, fléchie, de façon à y trouver mon pied, sous mon genou droit et pour couronner le tout, un couteau à steak, dans ma poitrine gauche. Cette arme! Drôle de choix, si l'on sait, que je suis une végétarienne invétérée. (J'vais demander un p'tit changement, dans le scénario!)
Ai-je donc bien mérité ce sort? A mon avis...mais naturellement, on ne me le demande plus. Alors sans trop d’égarements, suivons le déroulement de l’enquête, pour nous mener vers un dénouement.
Morte, depuis des heures déjà, je gis au sol de la cabine de soins, de mon propre institut de beauté. Dans l'ordre de mes errances de défunte, je me rappelle qu'à 07H30, comme tous les matins, mon employée préférée, Kim Ye Jin, alias Kim, une très jolie jeune femme de Corée du sud, vivant à Luxembourg depuis quelques années déjà, arrive dans l'institut. A la différence des autres jours, je n'y suis pas, enfin tout le laisse supposer. Chaque matin, dès son arrivée, une brève accolade et jamais à cours de quelques petites histoires cocasses, on se raconte notre soirée passée, car il faut aussi signaler, que l'institut offre un concept innovant, avec une formule d’ouverture, 24H/24H et 7J/7J.
Dommage! Nous avions, quelques péripéties à nous raconter, en nous délectant, devant une bonne tasse de café et la bonne odeur de croissants chauds titillant nos narines, mais pourtant pas aujourd’hui. Pour le reste, comme d' habitude, le même rituel. Elle prépare le café, se change, vérifie le programme de la journée dans l'agenda, qui se trouve, sur le bureau de la réception, à côté de la caisse enregistreuse...
Mais moi, qui ne suis plus en mesure de m'exprimer, pas moyen de me manifester. Là j'suis déjà nostalgique.
De retour à mon état de défunte, encore toujours étendue sur la moquette, pour vous expliquer que, bien que Kim soit très mince, petite et plutôt frêle de corpulence, je peux pourtant supputer à son pas, à la fois lourd et nerveux, toute son impatience, qui arrive jusqu'à mon oreille gauche, posée sur le sol. Je m'souviens cette sensation des bruits de pas amplifiés, qui dansent dans mon tympan. (Décédée, je suis beaucoup plus philosophe. J'm'en étonne.)
Je me rappelle la réaction de Kim au moment, où entrant dans la cabine de soins, pour la préparation de la première prestation de la matinée, elle me trouve. Son visage, aux joues écarlates, ses yeux totalement exorbités, des fronces sur la partie haute de sa belle frimousse. Un choc pour elle, lorsque finalement elle comprend. L’horreur du spectacle l’anéantit. Elle hurle de stupeur, ses deux mains posées sur ses joues, fait demi-tour, court vers le couloir de l'hôtel, appelant à l'aide. Si affolée, elle n'a même pas pris le courage de m'approcher. Avec l’étage ameuté, par ses cris, la réception et la conciergerie ne tardent pas non plus par être alertées par l’un des clients.
Encore une longue attente. La fatigue me gagne. En l’occurrence, je peux entendre, des personnes devant ma porte, chacune y va de son commentaire. Ils sont tous compatissants et élogieux.
La sonnerie du téléphone retentit trois fois, Kim, à la voix douce, basse et hésitante, pleine d’émotions, répond. Elle tente d’expliquer la situation, insiste pour que la direction vienne très vite. J’entends même, qu’elle se met à bafouiller, raccroche et fait un nouvel appel pour annuler un soin. S’en suivra, un avis de fermeture temporaire, pour convenance personnelle, affiché sur la porte de l’institut de beauté.
Attente du directeur et de son collègue.
Moi, qui ai toujours, tout fait pour les éviter, surtout ce directeur arrogant, toujours si condescendant, qui m’en a fait baver contractuellement, à l’installation de mon commerce, dans cet établissement. Je désire qu’il souffre un peu et que cela remette ses projets en question. Petite vengeance. Bref! Il est le second, à me voir. Catastrophé, il ne peut nier la réalité. Il passe sa main gauche, à l’arrière de sa nuque et l'autre sur sa bouche. Interrogateur, a-t-il seulement, un peu de compassion pour moi? Nerveux, il tourne en rond. Hiérarchiquement, il attend, le sous-directeur. Pour la p’tite histoire, c’est l’homme qui a tout fait, pour que je m’installe dans cet hôtel. C’est encore une autre aventure. Intéressant de voir et d'entendre, parce qu’en coulisses, ces deux-là, rassemblés, se tutoient et se pourrissent la vie.
La démarche rapide, le sous-directeur le rejoint. A peine arrivé, ça commence.
-Salut, que se passe-t-il? J’espère que tu as une bonne raison, pour me déranger, en c’moment, avec cette bête fête foraine et ses répercussions, je n’ai pas qu’ça à faire.
-Le réceptionniste ne t’a-t-il pas expliqué?
-Si, mais, enfin non, pas vraiment. Mais c’est quoi, c’ plein délire?
-Va voir par toi-même. Là à côté.
Pivotant sur lui-même, il se dirige vers la cabine de soins. A peine, m’a-t-il vu, constatant toute l’étendue des dégâts, sa réaction ne se fait pas attendre, au sens propre, comme au figuré.
Je le sens en état de choc, son teint est blême, sa respiration altérée, il met un temps, avant de pouvoir avaler sa salive. Pour la p'tite histoire, celui-ci, n’était pas si chiant avec moi...Ces derniers temps, il m’avait même témoigné de la compassion, lors des éternels procès d’intentions du directeur.
Me tournant le dos, il rejoint son confrère.
Du fond de mon état mortel, j'écoute, j’entends et j’imagine aussi, la gestuelle de ces deux hommes, avec une petite différence sur les jours précédents, c’est que ma vie n’étant plus entre leurs mains, en revanche mon décès est un souci pour eux.
Le sous-directeur, interrogatif, la main gauche servant à retenir son coude droit, qui permet de porter celle-ci à sa bouche, feint de dire quelque chose, mais l’autre énervé, lui prend la parole. Scène insoutenable.
-Une morte! Quelle histoire! Qu’en penses-tu? Qui a bien pu faire ça et pourquoi?
-Aucune idée. Tout ce que j’sais, c’est que ça n’était, sans doute pas le meilleur moment pour mourir.
-Mais un peu de décence. Mourir! Tu veux dire, se faire tuer. Parce que c’est bien un assassinat. On est bien d’accord, non?
-Un meurtre. C’est clair, on ne peut plus clair. Avec un tel objet, dans la poitrine...c'est fini.
-Mais enfin, ne sois pas si lourd. Trouve-nous une solution, plutôt que ce sarcasme et n’oublie pas que c’est toi, qui l’as fait entrer ici, que je sache.
Atmosphère de plus en plus tendue, le ton atteint son apogée et quelques instants plus tard, calmés, ils décident de la suite des événements. Police, labo, scientifique et médecin légiste.
Vous pouvez vous imaginer, que pour moi, cela ne sera pas un moment, des plus agréables, surtout après tout ce que je viens de subir, ces dernières heures. Imaginez les commentaires auxquels, je serai toute ouïe. Ceux d’un commissaire et de son adjoint, puis de ceux, qui établiront, le périmètre de sécurité, pour la scène du crime et pour finir, ce médecin légiste, qui lui, n'ira pas de main morte. C’est le désavantage, de se trouver, dans la première loge de sa fin de vie. Pour une femme de caractère, l’idée de ne pas pouvoir rétorquer et me défendre est très déplaisante.
Cette évaluation de la scène de crime s’est prolongée pendant des heures, jusqu’à ce que, empreintes, état des lieux et mon état soient bien définis. Je ne sais plus très bien exactement quand, le médecin légiste décida de me déplacer. Je vous épargne, le passage de la procédure très technique. J’veux dire, que ça ressemble beaucoup à une série télévisée de «police scientifique». Pourtant pour moi, c’est la première et la dernière fois.
Des empreintes se trouvaient, sur l’arme du crime. Inconscience, naïveté ou l’assassin a-t-il été surpris dans l’action?
Pendant quelques jours, un grand nombre de personnes a déambulé sur le troisième étage, là où le commissaire et son adjoint, avaient établi leur Quartier Général, en vue d’interroger et de prendre les empreintes de tous les clients, ainsi que le staff de l’hôtel. Les réceptionnistes et les membres de la conciergerie ont fait face, à toutes sortes de situations, des plus pénibles aux plus truculentes. Pour s’emparer de l’affaire, la presse et la TV alertées, ont élu domicile, en squattant dans le hall de l’hôtel.
Suite à ces interrogatoires récurrents, mon employée fut très vite écartée de la liste des suspects, certaines personnes ayant fréquenté l’institut, endéans les 48 dernières heures, furent rapidement mises hors de cause, tout comme d’ailleurs, tout le personnel de l’hôtel. La seule chose qui fit l’unanimité, c’est que je leur inspirais beaucoup de sympathie. Tous ne tarirent pas d’éloges, me concernant. (Etant une célébrité post-mortem. On n’insulte pas une morte.)
Après une mini-enquête sur la victime et son entourage proche, rien ne laisse présager d'un ennemi.
Les flics, ont pourtant retenu un fait, souligné par différentes personnes du staff de l’hôtel. Une scène assez bizarre et sans qu’ils comprennent pourquoi. Pour que vous compreniez, ces dernières 72H, l’un des concierges, tout comme l’un des réceptionnistes, ainsi qu’une résidente de long-séjour, sont tous trois étonnés, voyant déambuler une jeune femme, dans les locaux de l’hôtel. Bref, jusque-là, quoi de si étonnant, si ce n’est que tous les trois racontent, ne pas piger le comportement de celle-ci, puisqu’elle ne les salue plus, comme d’habitude et qu’elle se permet quelques légèretés, se baladant, sans gêne, au bras d’un autre homme.
-Où y a-t-il un problème? leur demande, le commissaire.
Sans exception, tous répondent, qu’il s’agit de l’épouse du directeur. Elle ne s’est jamais comportée de la sorte. Chacun ajoute, que la situation leur paraît très gênante et qu’ils ne savent pas comment réagir. Opter pour la discrétion, leur semble le comportement, le plus approprié.
Peut-être un indice?
Illico presto, sur ordre du commissaire, l’adjoint, se rend dans le bureau du directeur, essayant de glaner des infos pouvant les aider pour la suite de l’enquête, sans toutefois, ne pas oublier le dicton «Ne pas abattre, de suite, toutes ses cartes». Il essaie de savoir où vit celui-ci et quelle est sa situation personnelle. Pas facile, il ne comprend pas très bien la nature de ces questions, mais finit tout de même par s’y prêter et précise qu’entre-autre, son épouse n’a rien à voir, dans le cadre de l’hôtel. Ils vivent dans une annexe, accolée à l’hôtel et ajoute, qu’en plus, son épouse est absente, depuis quelques jours déjà et pour deux jours encore.
Donc, ou il ignore la relation extra-conjugale de sa compagne ou il les prend pour des cons. Possible, qu’ils se fourvoient complètement ou que celui-ci, cherche à les égarer?
Le résultat n’est pas très concluant. Après tout, ils ne sont pas là, pour s’immiscer dans la vie amoureuse des gens. Mais ils restent accrochés à l’idée de ne pas sous-estimer cette info.
Cette histoire d’épouse, n’est pas tout à fait étrangère à l’affaire, c’est pourquoi ces flics acolytes, mettent une stratégie au point, en la jouant fine.
Ils s’entretiennent aussi, avec le sous-directeur, mais ils n’apprennent rien de plus. Quoiqu'il dise, il semble surtout se planquer derrière le secret de déontologie qu’exige sa profession.
Récapitulons.
Ils connaissent la date et l’heure de la mort, la liste des personnes présentes dans l’hôtel, endéans les 72 dernières heures, ainsi que leurs emplois du temps. Nous avons les empreintes de chacun et nous savons aussi qu’une femme est suspectée de vivre une double-vie. Indubitablement, une pièce du puzzle manque. Enervé, le commissaire s’apprête à ré-affronter le dirlo. Arrivé dans le bureau, il le somme de contacter son épouse, afin qu’elle se présente, dans les plus brefs délais, au QG.
Quand, quelques trois heures plus tard, se présente une femme élégante, très contrariée par ce retour quelque peu précipité, auquel elle vient d’être contrainte. Elle s’en offusque. Néanmoins, daigne bien vouloir répondre à toutes les questions et se prête à la prise d’empreintes.
Les flics soupçonnent, qu’elle n’est certainement pas la tueuse. Mais!
Après un temps d'attente, un rebondissement très inattendu les plonge au fond d’un abîme, car les empreintes ont parlé et s’avèrent ressembler à plus de 85% à celles retrouvées sur l’arme du crime. Comment est-ce possible. Le labo aurait-il pu se tromper? Avant de divulguer quoique ce soit, une seconde vérification est entreprise. Pas de confusion, ce dernier résultat confirme le premier. Stupéfaction!
Cette femme est arrêtée sur-le-champ, menottes aux poignets. Elle crie à l’erreur judiciaire, clame son innocente. Se débattant, elle offre une belle occasion à l’adjoint, de lui subtiliser un cheveu, arraché dans son bulbe. Une analyse d’ADN s’en suit et la réponse ne se fait pas plus disculpante. Il s’agit bien de l’ADN retrouvé, sur le lieu du crime. L’époux n’y comprend plus rien, ni même comment se trouver, à deux endroits différents, en même temps. Ahurissant!
Quelque chose cloche. On se trouve dans des errances abyssales.
Une enquête approfondie démontre, que l’inculpée présumée coupable, était pourtant bien chez sa mère, à Bruxelles, au moment des faits. La mère, comme d‘autres témoins, le déclarèrent. Elle a donc un alibi et pas de mobile.
Bien que de santé fragile, sa mère affolée arrive de Bruxelles et raconte que, deux jours avant la date du drame, étant souffrante et seule, sa fille s’est rendue à son chevet à Bruxelles et qu’elles ne se sont plus quittées, profitant de ces moments de complicité, pour de longues conversations, et ce, jusqu’à l’appel de son mari, lui demandant de revenir immédiatement à Luxembourg, pour les besoins d’une enquête.
Insidieusement nous apprenons, un détail important, qui va dissiper un malentendu. D’habitude la seconde fille, habitant également Bruxelles, veille sur elle, mais en raison de son absence, sa sœur la remplace.
De cet instant, avec ces nouveaux éléments, nous savons, que la charmante épouse du directeur a une sœur. Nous en apprenons plus sur cette frangine. Une photo d'elle nous apprend même, qu'elles se ressemblent. Euphémisme, car il s’agit tout simplement de sa copie conforme, des vraies jumelles monozygotes. On découvre alors, toute l’ambiguïté sur le comportement paradoxal de la soi-disant épouse du directeur, au sein de l’hôtel.
L’apparition soudaine de cette sœur s’avère être l’aubaine. L’enquête va se décanter et nous mener très vite à l’élucidation du crime, puisque cette alternance de la garde au chevet de la maman malade prend toute son importance. En l’occurrence, depuis quelques jours déjà, cette dame, accompagnée de son mari, profite du relais de sa jumelle, au chevet de leur mère souffrante en Belgique. Tous deux logent «incognito», grâce au passe-droit de leur beau-frère, dans l’une des chambres de l’hôtel, avec service de restauration et d’entretien.
Je reste sur ma faim! Non rassasiée et vous? Essayons jusqu’à satiété, de peaufiner cette chute. Je subodore un dénouement assez rapide et à notre goût.
L’heure suivante, prévenus par le beau-frère, le couple se rend au QG, toque et entre dans la pièce. Pas vraiment, mal à l’aise, bien que déjà mis au parfum. Ils sont compatissants et reconnaissent trouver cette affaire affreuse. Ils nous détaillent, leur séjour à Luxembourg. Un emploi du temps fait de flâneries, de shoppings, ainsi que des visites sur la fête foraine. Pour le reste, beaucoup de temps passé, dans leur suite, à lire et regarder la TV. La femme ajoute avec humour; souhaiter pouvoir séjourner toute l’année. L’air du pays convient à son mari et il ne passe plus ses nuits à ronfler. A l’heure des confidences, nonobstant le sourire du mari, la réponse de celui-ci, va pourtant saper le moral et assombrir le visage de madame, trahie par une certaine inquiétude, lorsqu'il lui avoue un nouvel épisode, en rapport avec ses soucis de santé. L’époux préfère lui épargner cela, mais la suite de l’interrogatoire nous apprend qu'en raison de somnambulisme, la dame est traitée au Diazepam. Nous ne nous doutons pas encore de la portée de cette révélation et combien cette confidence anodine, va prendre tout son sens. S'en suivent la prise de leurs empreintes et cette fois-ci, sans même hésiter, vu les circonstances, un cheveu de chacun d’entre eux.
Une journée s’écoule, sans que rien ne se passe. Quand le lendemain matin, des résultats du labo vont enfin tout décanter. Dans un premier temps, l’analyse ADN de la femme est identique à l’ADN de sa jumelle. Logique pour des monozygotes, mais mieux encore, les nouvelles empreintes digitales sont, à l’inverse, très ressemblantes, mais pas identiques. Normal pour des jumelles et le meilleur pour la fin. Plus de doute, avec ces nouvelles preuves à l’appui, la meurtrière n’est pas la personne incarcérée, mais sa jumelle en liberté. Sans équivoque, car en revanche, ces dernières empreintes digitales sont à 100% semblables à celles retrouvées sur l'arme du crime. Sans attendre, le couple est réinterrogé. D’abord séparément, puis ensemble. C’est alors, qu’une bagatelle va apporter du grain à moudre. L’époux explique qu’une de ces nuits passées, il se réveille brusquement et s’aperçoit, que son épouse n’est plus allongée à ses côtés. Après une brève reconnaissance des lieux; fatigué, il se rendort. Ce n’est qu’à son réveil, qu’il constate que son épouse se trouve, bien endormie à ses côtés. Il se rappelle effectivement, l’avoir cherché, ne s’en faisant pas un monde, pensant qu’après un petit tour à déambuler dans la suite, elle est revenue se coucher. Enfin, sur le moment, ce fait ne lui semble pas vraiment si important, puisque cette situation fréquente n’a jamais pris de proportion inquiétante. Sauf qu’après l’interrogatoire poussé de madame, on apprend qu’elle a oublié son traitement chez elle. L’époux totalement désemparé tente de consoler sa femme plongée dans un profond désespoir.
Entre cette révélation dramatique étayant la thèse d'un homicide et tous les indices rassemblés, manifestes et accablants. Eloquent! Tout comme l’épisode de somnambulisme, les empreintes sur l’arme du crime, constatée manquante, par le room-service, sur l'un de leurs plateau-repas finissent par coïncider et constituer la preuve de l’homicide.
Suite à cette élucidation, sans hésiter, la libération de l’épouse du directeur est ordonnée, alors que sa jumelle inculpée d'homicide involontaire, est incarcérée.
Très peu de temps après, dossier médical à l'appui et grâce à l'acharnement de l’époux et l’efficacité de son avocat; l’irresponsabilité de celle-ci, en raison de son état d’inconscience au moment des faits, est invoquée. Elle sera relaxée et libérée.
Un clin d'oeil de félicitations à ces deux flics, pour cette enquête bien ficelée.
Et moi, enfin libre, le temps ne comptant plus, je peux m'adonner à mon péché mignon, resté longtemps inavouable. Je déguste des «ice-creams», dans toutes ses déclinaisons et sans me soucier de ma taille.


Bien qu'au moment de l’enquête, le directeur d’hôtel fut très rapidement considéré innocent. Néanmoins, la suite de l’histoire nous apprit, qu’il perdit son poste et se vit poursuivi par sa hiérarchie, pour conflits d’intérêts, ayant enfreint le règlement intérieur avec toutes les conséquences, que cela avait entraîné; laissant des convives loger au sein de l’établissement, à l’insu de l’enregistrement...
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