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La Danseuse

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Neil_Steve

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"Avoir la peau dure, quand le cœur empoigne une autre tournure."

Je réfléchissais à mon avenir, dans une salle de danse, tête baissée, l’humeur maussade avec un cœur qui battait la chamade, assise à côté des danseuses qui s’apprêtaient avec un regard inconstant. Moi j'étais la dernière de la liste, serrée d’un ringrave boxer sanscha hair sous une tenue de danseuse que la vocation pourrait mener au-delà des convictions ; on est plus le même homme quand on a franchi toutes les étapes pour être, celle qu’on espérait être...


« Maman, je veux être danseuse », c’était un souhait mutin que j’ai nourri au fond de moi quand j’étais plus jeune et naïve, n’osant le dire à mes proches, pour ne point paraître faible. Être danseuse est si mal que l’on soit à côté de la plaque ou être danseuse n’est point empourpré d’un symbolisme digne de notre temps ?

J’ai été révolté par mon enfance, par les fausses considérations et toutes les lois en errance que j’ai du subir.Parfois tragiques, je n’ai pu recoudre certaines blessures morales.

—Cheryleeeeeeeeeeeeeee, va faire un tour à la mercerie, j’ai besoin de laines et d’un crochet, vociférait ma mère.

Cet appel était régulier que j’ai fini par capter l’intonation, avec des parents comme ça, je ferais comédienne sans heurts...Celle qui se prenait pour une reine était mon héroïne préférée même si elle croyait fermement, avec des idées nues, qu’on devait suivre le destin souhaité que ses parents avait concocté. On ne pouvait jeter la pierre à celle qui m’a nourris, celle qui a vécu sans pleurs une telle tragédie.Certainement qu’à sa fin, je lui écrirais une belle litanie.

« Ma mère est ma mère », c’était ça la règle d’or. Que lorsqu’elle donnait son opinion je gardais en état mes certitudes profondes. Je ne voulais en aucun cas troubler l’ordre qui était là, existant comme j’existe.Je ne voulais aucunement être l’instigatrice d’une faute. Je respectais les idées des autres comme je préférais les miennes avec beaucoup de recul et de discernement. Que parfois, je préférais me taire, c’est mieux ainsi ; mes sœurs trouvaient à redire ou créaient des situations incessantes, des discutions intestines.

Qu’aurais-je pu faire ? Si Dieu me posait la question, je regarderais mon tort.

C’est triste. Un sort, morose, un geste dans la glaire, quand je regarde ma fatalité et je dramatise l’inquiétude. Je me pose des questions éternelles lorsque je ne peux changer les situations. Et si j’étais danseuse ? Qui a dit que la danse était un secteur non rentable ? Je me pose des questions. J’aime la danse comme Dieu. Si seulement j’avais écrit le Larousse, j’aurais mis que la danse est un secteur prometteur. Construis une école de danse Jazz ou classique, pour inscrire son nom dans son cœur et parmi les légendes.

Je suis triste, je pleurs...c’est dure et c’est ainsi. J’ignore le génie qu’avait pu avoir Dieu en nous créant trop humain à conjurer sur le sort. Que parfois quand le soir arrive, je dors avec poings fermés comme un bébé, comme c’est apaisant, mais ce n’est pas tout...

Oui, ce n’est pas tout, car je dénie la tristesse comme je hais mon cœur et ça s’arrête là. Il m’arrive de sortir mon divan pour mieux observer la lumière et l’horizon puisque c’est apaisant quand on vient de pleurer.



Notre maison avait une belle façade, près de la mer.

Quand vint me hanter cette idée. « Et si j’étais danseuse ? » avec un écho particulier, dans une ambiance culturellement étourdissant à faire peur. J’ai grandi dans un pays ou la culture était à refaire. Imaginez seulement l’état de chaque personne qui avait le cœur sensible ? Suis-je anticonformiste ? Je ne crois pas, c’est certainement que mon cœur parlait trop. Quand le soir arrive, je n’arrivais pas à écrire ce que me dictait son affection.

Et d’un saut. C’est mon lit qui me consolait. C’est dur de s’accepter tel qu’on est, dur de s’imaginer à perdre du temps et passer du temps à se chercher pour savoir en quoi nous sommes faits pour réussir.

J’aime le vent frais, quand après des réflexions, tout semble clair et j’ai peur de me retrouver dans le néant de la tourmente quotidienne. Je pleurs - ne riez pas - j’ai un cœur artistique, j’aurais pu naître dans une dynastie et passer du temps à manger de la viande en broche.
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Dix ans auparavant.

—Cheryle. Qu’aimerais-tu faire dans ta vie ? Questionnait son père.

—Z’aime nazer. Je veux être nazeuse.

—Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Pourquoi tu veux être nageuse ?

—Pour parler avec les poissons. Et construire avec eux, des châteaux en sable.

—Ah ! Des châteaux de sable. Cela me fait penser que la vie est immense rêve, imagine ma chère fille que la vie soit réduit à cette taille et qu’on soit infiniment petit pour réaliser de grands rêves tout seul. Ce serait génial, non ?

—Ze sais pas.[/i]

Mon père est mort tôt. Peut être que s’il était vivant, il aurait réalisé mon rêve, cette merveille que je garde dans un coffret et que j’ai nommé Maine, une poupée de cire.

Je me rappelle encore ces jours-là. Ce jour-là, mon père pour la première et la dernière fois m’avait sondé, quand j’étais petite pour savoir pourquoi je restais tout le temps debout et pourquoi j’aimais danser. De peur de faire détourner par une âme qui n’a pas compris le vrai sens de ma passion et des choses inespérés que l’on garde soigneusement comme des reliques qu’on aurait pris dans un passé antique.

« Je préférais me taire. »

Peut être que lorsque je mourrais, je finirais spectre pour avoir un autre regard sur la vie et ce plein d’espoir que j’ai attendu si longtemps. Espoir quand tu me tiens, je te respecterais volontiers si tu me donnais des méthodes rares.

Danseuse classique, j’étais, du moins ce que j’espérais. Un matin, comme tous les matins, je me réveillais très tôt pour exécuter la danseuse que j’aimais bien tournant pour moi dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Il m’était évident qu’il n’y avait aucune farce mais un simple jeu cérébral. Il m’a bien fallu cinq minutes pour décider de changer de sens. C’était amusant.

Je me plaisais bien à jeter mon corps et mes pieds dans tous les sens pour faire l’intéressante. Quand je dansais, je pensais à mon père, je me dis aujourd’hui que j’aurais mieux accepté sa quête et lui dire quelque seconde la passion qui me hantait. Ô mon père ! Si seulement, c’était un dieu mythique que l’on adore sous chaque règne et ce serait merveille si seulement je fus danseuse à une époque ou l’on interdisait cette farce, cette forme d’art qui n’est point dramatique, mais plutôt sympathique quand on laisse son cœur s’exprimer en le dirigeant, identiquement lorsqu’on dérègle le sens des gouvernes d’une pendule.

« Et si j’étais une danseuse ? »Quelle farce ! Non, c’était en pratiquant que je souhaitais repartir à zéro pour repartir sur de bonnes bases, pour savoir à tous les niveaux ce qu’il fallait faire pour ne point passer pour une incompétente ou une idiote en exécutant des gestes imparfaits, j’étais obstiné et obliger au moindre geste de faire des miracles.

Chef-d’œuvre. Je m’étais construis une mentalité de fer aux joues desséchées et je souffrais beaucoup, que surtout mes faits et gestes et même qu’à la pensée, je devais imiter un robot pour voir en moi, la perfection. C’est triste qu’après des heures de concentrations et exécution des gestes merveilleux, tout devient normal et c’est triste quand on travaille inlassablement et qu’on soit la même personne.

Pour ce faire. Je m’étais ornée d’un spiritisme, pour ne paraître lunatique, d’approfondir mon penchant jusqu’à certaines croyances orientales, pour creuser le fond de ma pensée et me parfaire jusqu’aux mots.

Paroles de rêves. Je devais parler comme une princesse, agir comme une princesse et être celle qui n’a jamais existé, sans révéler l’évolution de mon profond être et mourir avec ce trésor, à jamais.

J’ai mis en place une expérience encore plus amusante : j’ai changé l’état de mon cerveau à la place, une montre. L’idée serait de ne surtout pas se concentrer mais de laisser votre cerveau décider. Entre chaque exercice, observez l’animation quelques secondes seulement et notez dans quel sens vous la voyer tourner.

Suis-je bizarre ? Je ne sais pas, pour le plus, je suis une innocente comme une autre qui s’amuse à jouer des réflexions et les sens. J’ai toujours apprécié le silence et aujourd’hui, je regrette.

« Je regrette de n’avoir pas su parler quand il fallait, mon profond regret est d’avoir apprécié ce mutisme durant toutes ces années.»

C’est peut être ce qui explique mes allées et venues sans arrêt, toujours à vouloir discuté de mes sentiments avec un homme. C’était une vie d’enfer, je vous en conjure, peut être, je le dis avec légèreté, mais je le confesse avec ferveur.

-Dans cette salle, sous le houlement de la foule. C’était mon tour de faire la danse du charme. Danseuse, c’est charmant avec des patins. L’heure avait sonné dans ma tête, j’étais prise par une forte froideur, un sentiment que tempérait la peur. Quand j’eus terminé mon tour, avec deux extraordinaires figures sous un son mélodieux de Nana Mouskouri, qui avait pour titre voici le mois de Mai, même si on était sur Mars. Je doutais que j’eus été la meilleure, mais à la fin, j’avais eu plus d’applaudissement, on aurait dit à la fin d’un discours libérateur d’une socialiste. Je pleurais encore, cette victoire était pour mon père, sa petite Cheryle, qu’il avait tant aimé toute sa vie jusqu’à sa mort, à son chevet. Je fis le tour du parcours pour saluer et certains envahissaient la place. La sécurité essayait de faire le mieux qu’elle pouvait. Je venais de gagner le titre de championne du monde, vous vous rendez compte, championne du monde.

J’ai partagé ma poupée de cire à une jeune inconnue qui cherchait son chemin dans une rue, elle avait l’air parlante et gentille .Sur la place ou je suis aujourd’hui, j’écoute encore les cris stridents de la foule qui acclame sous les délires, la perfection humaine, sous les airs de danseuse, pour l’éternité.
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