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L'origine du monde

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Albert.vidal

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Le texte ci-dessous n’est qu’une hypothétique description de la Genèse Biblique de l’humanité. Puisque nous ne sommes
sûrs de rien, pourquoi ne pas laisser vagabonder l’imagination avec un scénario originel très original ?

Courbet lui, l’artiste du pinceau,
En a peint un moustachu tableau.
Moi, modeste gratte-papier de l’écriture,
Je vous en propose une coquine lecture.

L’orthographe a des ennuis en ce moment. Le chamboulement est à la mode, est-il nécessaire pour l’orthographe ?
Pour expliquer l’origine du mot orthographe (1) et celle des mots abscons (2) contenus dans ce récit vous trouverez à côté de chacun d’eux des chiffres qui correspondent à la fin de cette histoire à un glossaire numéroté fournissant leur étymologie (3) . Vous remarquerez que beaucoup de mots Français prennent leur origine dans le Grec et le Latin, et il est bien dommage que l’enseignement de ces deux langues ait été abandonné. Seule l’étymologie des mots les plus intéressants de ce texte a été expliquée.
Un conseil : lisez d’abord le texte, ensuite si cela vous sied recherchez l’étymologie des mots.

En se détachant d’Adam, Ève prit forme in naturalibus(4) . Elle étira ses membres comme un papillon naissant qui déploie ses frêles ailes diaphanes (5) encore humides en sortant de sa chrysalide (6). Ensuite elle vint s’asseoir devant son « géniteur ! » sur l’herbe fraîchement tondue durant la nuit précédente par les anges jardiniers asexués du Très-Haut. Elle ramassa au sol une grosse pomme qui avait été déposée là par le serpent chargé de la surveillance en ce Jardin d’Eden. Le fruit, coloré et lustré, semblait dire :
-- Mange-moi.
Ève en croqua plusieurs bouchées puis offrit le trognon à Adam.
--Tiens l’Homme, goutte c’est très bon ! Elle disposait déjà inné (7) d’un riche vocabulaire (8).
Adam termina le fruit avec appétit tout en examinant la nouvelle venue avec curiosité. Il fut ému par la nudité de son double au féminin, par ses plantureuses rondeurs, et par son geste généreux de partager la pomme. L’afflux immédiat de sang dans l’appendice (9) prolongeant son ventre en fut la preuve. Ce bout de chair jusque là atrophié devint subitement turgescent. Sa doublure intriguée regarda elle aussi d’un œil curieux la subite croissance de ce gros escargot décoquillé se soulevant gaillardement, et par à-coups, dans le creux de l’entre-jambes nu de son vis-à-vis. C’était la première érection sur la Terre d’un mâle humain en rut. Illico de la main droite en coque le majeur déplié, en passant par-dessus le cache-sexe végétal qui décorait son bas-ventre, Ève constata l’absence chez elle au même endroit de gastéropode endormi. C’était plutôt une sorte de creux vide et humide où rien n’habite. Ce manque de bout de chair entre ses cuisses n’eut pas le temps de l’attrister, car déjà son compagnon prenait leur destin à bras le corps.
D’un geste hésitant, poussé par un désir procréateur intuitif, Adam l’allongea sur le fin et odorant tapis herbeux sur lequel ils étaient assis face à face. Suite à ce renversement Ève fut prise d’une envie pressante d'être amante et mère. Elle constata alors que son intimité se transformait en fontaine ruisselante. Bouche à demi ouverte elle gémit. Concomitamment (10) elle sentit que la jonction de ses membres inférieurs devenait chaude comme un volcan, et titillante (11) comme une démangeaison.
D'une main tremblante et douce, par de lentes caresses, en partant de la poitrine puis en passant sur l'abdomen, dépourvu d'ombilic (12), Adam parvint au buisson-ardent de celle que le Très-Haut venait de lui adjoindre. Il était subjugué et encouragé dans cette exploration par les mouvements et les soupirs d’Ève qui s’abandonnait entièrement à lui en toute confiance. Fébrile, il ôta la végétale feuille de figuier biblique fixée là par le Créateur, et qui masquait une foisonnante végétation habillant d’un triangle sombre le bas-ventre de cette virginale brune. Il remarqua alors que sous la feuille emportée déjà au loin par le vent, il manquait à sa doublure un gastéropode décoquillé comme celui qui maintenant côtoyait presque son ventre. Ce constat ne le troubla pas. Il avait déjà remarqué la différence anatomique qu’il y avait entre lui et la nouvelle venue. Même l’absence d’un omphalos (12 bis) au centre de l’abdomen frissonnant de celle-ci ne le gêna pas. Ce qui l’intéressait au moment présent c’était de trouver le bon creux où loger l’inflexible membre surnuméraire qui s’obstinait à garder, entre ses jambes, une si hautaine posture. Adam pressentait que le Tout-Puissant, le Créateur de tout avait conditionné ce membre pour une mission fondamentale de la plus haute importance.
Il réfléchit que si ce Créateur Omnipotent (13) avait fixé un large cache-sexe charnu et trilobé provenant d’un ficus, sur le hérissonnant frisottis du pubis d’Ève, c’était pour indiquer au premier homme où se trouvait sur son double au féminin la déchirure entrebâillée onctueusement lubrifiée qui attendait l’intromission de son surnuméraire membre. Par l’intermédiaire de ce pal palpitant et frémissant d’une vie contenue il devait donc y transvaser quelque chose ! Mais quoi ?
Ce quelque chose était une semence liquide peuplée de gamètes mâles encore absents sur la Terre, et dont l’Homme ignorait à ce jour l’existence. Pour tester la fonction du conduit de chair chaude caché sous le mont intentionnellement chevelu de la Déesse Vénus (14), Adam prit sans attendre les choses en main, et d'un geste investigateur mais mal assurée, il fit pénétrer pour la première fois sur la Terre, d'un exquis et très lent mouvement exploratoire, en la guidant au toucher, sa toute nouvelle et inexperte virilité (15). Dans une plainte de douleurs contenues, aux intonations érotiques encore inconnues en ce lieu, qui fit se dresser d’étonnement les oreilles des animaux paissant alentour, Ève arqua les reins, et bomba sa poitrine en offrant ses seins, futurs lactifères (16), à la bouche d’Adam. C’étaient les deux premiers du monde. Adam les mignota du bout des lèvres en testant leur élasticité, tout en faisant intimement ressentir à sa compagne la lente progression de la turgescente (17) roideur de son appendice ventral, totalement déployé. L’amplitude finale de ce subit développement et sa douloureuse pénétration à travers son hymen avait surpris Ève. En offrant sa virginité à Adam elle perdit conscience quelques secondes, tout en gémissant de douleur.
Puis subitement une pulsion prégnante (18) chemina par les colonnes vertébrales des deux premiers humains. Partant de la racine de leurs deux sexes joints où elle avait pris naissance, cette onde délectable monta enchanter leurs cerveaux. Ces pulsions libidinales (19) ordonnèrent à leurs corps d’impérieux mouvements, ce qui provoqua à chacun de leurs deux bassins accolés un irrésistible et incontrôlable besoin de s’agiter. S'en suivirent alors quelques soubresauts abdominaux et fessiers compulsifs, ce qui provoqua in fine au sexe d’Adam un épanchement séminal. Pour sa part Ève vocalisa éperdument les très belles notes de la nouvelle musique orgastique (20) qui venait de naître et réservée au sexe féminin, en : Oui... Ouii...Ouiii... majeurs ! Cette mélopée résonna sous la voûte céleste comme résonne une antienne (21) psalmodiée par des nonnettes sous les voûtes sonores de l’une de nos actuelles cathédrales (22). Ce fut dans leurs encéphales (23) le premier des merveilleux éblouissements procréateurs qui devaient, ensuite leurs vies durant, lors de chaque copulation (24), emplir leurs cœurs d’une grande émotion. Ce coït (25) d’essai expérimentateur les laissa pantelants, sous le regard lubrique (26) du gros serpent mateur, responsable de la pomme abandonnée, qui de loin observait la scène. Il alla sur-le-champ rendre compte au Très-Haut de ce qui venait de se passer ici bas. Il devait lui dire qu’il avait rempli la mission que celui-ci lui avait confiée : Arriver à faire croquer une pomme contenant un vaccin aphrodisiaque (27) aux deux nouveaux humains, et efficace ad vitam æternam (28), espérait-il, pour qu’ils n’aient de cesse, comme tous les animaux du paradis, eux et leurs descendants, d’avoir l’envie de se reproduire et d’obtenir ainsi de surcroît, un indicible, ineffable et divin plaisir. L’ophidien venait à peine d’onduler de quelques mètres vers le trône du Seigneur, en se glissant sous les fleurs multicolores qui tachetaient de rose et de bleu le vert du sous-bois de ce Paradisiaque Jardin, qu’il entendit les vocalises musicales caractéristiques du nouveau solo orgastique chanté par Ève. Ces sons au tempo maintenant cadencé lui firent comprendre que déjà le couple depuis peu déniaisé, mais toujours affamé d’amour remettait le couvert. Il fallait que les deux humains copulent sans répit pour satisfaire le très grand appétit sexuel qui venait de leur être inoculé.
Caïn le primogénitus engendré par Adam et Ève, issu de l’un de leurs premiers coïts endiablés, naquit plus de neuf lunes après. L’accouchement d’Ève donna ainsi naissance au premier des enfants Terriens. Le délai religieux de viduité sexuelle de sept jours imposé par le Très-Haut ayant été respecté le nouveau couple très amoureux reprit sur l’herbe avec ardeur ses frénétiques et bruyants ébats. La naissance peu après de leur second rejeton Abel est la preuve de leur assiduité à se chevaucher. Il fallait peupler la Terre.
-- Croissez et multipliez-vous leur avait ordonné la voix éthérée (29) du Très-Haut.
La sexualité devint pour eux leur principale activité. De ce fait, par la suite, Ève « la Source de Vie (30) » en langue hébraïque, la Matrice (31) des humains issue du corps d’Adam, eut une importante progéniture qui à la demande du Très-Haut et sous son contrôle tatillon proliféra hors de ce Paradis sur toute la planète Terre, et y prolifère encore.
Les millénaires passant le Très-Haut dut surveiller trop de coïts à la fois. Il fallait éviter la pédérastie (32) et l’onanisme (33) des mâles, le coitus interruptus, le rapport anal ou buccal, la zoophilie (34), ainsi toutes les pratiques inventées par les humains eux-mêmes avides de lubricité, et qui détournent la semence du réceptacle naturel féminin que ce Grand Architecte de l’univers avait imaginé et façonné pour arriver à peupler la Terre. Son secrétariat n’étant pas encore informatisé, il fut débordé de travail. Il commençait en vieillissant à être peut-être frappé de sénescence (35) ; on ne sait ? Les serpents eux, pour leur part, déclarèrent forfait. Ils ne voulaient plus surveiller les humains. Les ébats de ces bipèdes ne les excitaient guère. Ils préféraient reluquer en catimini ceux des animaux. C’était plus bestial et plus proche de leur niveau intellectuel. Le Très-Haut fut donc contraint de sous-traiter, et il fit appel pour cela à un ange qu’il avait depuis longtemps, très, très longtemps déchu pour mauvaise conduite : Satan.
Celui-ci demanda en échange de cette aide d’avoir le droit d’accueillir quelques âmes de plus dans son brasier infernal. Il mit donc ses nombreux affidés (36) chômeurs au service de la sexualité humaine. Depuis lors, chaque chevauchement mutuel des descendants d’Adam et d’Ève est initié, encouragé et contrôlé par deux diables suppôts (37) de Satan qui incitent tous les humains à pratiquer assidûment une sexualité épanouissante :
Un beau diable mâle incube (38) séducteur enflamme le subconscient luxurieux des femmes.
Une belle diablesse succube (39) dévergondée soulève le subconscient phallique (40) des hommes.
Ils sont placés là par Satan, à la demande du créateur et en complément du vaccin originel devenu après des millénaires presque inefficace, pour donner des envies de procréation à toutes les humaines et à tous les humains en vue de perpétuer sa création.
Amusez-vous femmes et hommes et continuez donc à procréer. Mais dépêchez-vous tout de même avant que les spermatos depuis peu déboussolés par les produits chimiques qui vagabondent actuellement sur le sol, dans l’air et dans l’eau de toute notre planète, finissent par en perdre leur tête. Certains, comme des vers décapités dansent déjà la carmagnole en rond à la queue leu leu. Sans cerveau ils se trompent de col en voulant féconder un ovaire. Les pauvres minuscules étêtés meurent en slalomant dans les replis vaginaux musclés et glissants du conduit de chair chaude qui les a engloutis avec avidité.
De plus en vous amusant ainsi, vous ferez une bonne action, car il y aura de ce fait moins de diables au chômage.

Bibliquement vôtre, en ces temps difficiles où les nouvelles sciences contredisent même les mythes millénaires !

GLOSSAIRE (origine grecque glossa mot rare = qui a besoin d’être expliqué, et latine, glossarium, dictionnaire des mots rares.

1) orthographe, grec orthos, droit, et graphein écrire.
2) abscons, latin absconsus, caché.
3) étymologie, grec etumos, vrai, et logos traité, explication, parole, qui donne le vrai sens d’un mot. Latin étymologia.
4) in naturalibus, latin dans l’état naturel, nu.
5) diaphane, grec dia, à travers et phane apparaître : translucide.
6) chrysalide, grec khrusos, couleur or.
7) inné, latin du verbe nascere naître, innatus dès la naissance.
8) vocabulaire, latin vox, la voix.
9) appendice, latin pendere, suspendre.
10) concomitamment, latin comites, compagnon de cum pagnis qui mange le pain en même temps (avec).
11) titillante, latin titillare, chatouiller.
12) ombilic, latin ombellicus, nombril.
12) bis = grec ancien omphalos nombril, centre du monde. Omphale Reine de Lydie. Omphalocèle malformation du fœtus.
13) omnipotent, latin omnis tout, et potens puissant.
14) mont intentionnellement chevelu de la Déesse Vénus = Mont de Vénus, latin mons mont, et Veneris de Vénus.
15) virilité, latin vir, le mâle ; du Sanscrit vira qui signifie fort, et même héros.
16) lactifère, latin lac lactis, lait et de ferre porter.
17) turgescente, latin turgescere, gonfler.
18) prégnante, latin praegnans, enceinte, prête à arriver à terme.
19) libidinale, latin libido, désir, et libidinosus idées voluptueuses.
20) orgastique, orgasme, grec organ, avoir le sang en mouvement, être plein de sève.
21) antienne, grec antiphonia, de phonie la voix, et anti en face, latin antiphonia chant alterné de deux chœurs.
22) cathédrale, latin cathédra, siège épiscopal, comme cathèdre chaise gothique avec un dossier haut.
23) encéphale, grec egkephalos, cerveau, avec préfixe en : à l’intérieur, et kephale tête.
24) copulation, latin copulare, lier, et copulatio assemblage, liaison.
25) coït, latin coïre, aller ensemble.
26) lubrique, latin lubricus, glissant, penchant brutal vers la luxure, bestial, et lubrifier huiler.
27) aphrodisiaque, grec aphrodisiakos, de Aphrodite Déesse Grecque de l’amour. Vénus étant la Déesse Romaine
28) ad vitam æternam, latin pour la vie éternelle, pour l’éternité.
29) éthéré, grec aitherios, latin ætherens éther, espace céleste.
30) Ève la « source de vie », en langue hébraïque : hayyah .
31) matrice, latin matrix, de mater mère.
32) pédérastie, grec pais, paidos enfant, et erân être épris de quelqu’un, aimer.
33) onanisme, de Onan nom biblique du second fils de Juda, et suffixe isme. Il refuse le mariage et jette sa semence au sol.
34) zoophilie, grec zoon animal, et philein aimer.
35) sénescence, latin senescere, vieillir. Senex vieillard, d’où sénile, sénilité.
36) affidé, latin fides, la foi, croire en quelqu’un.
37) suppôt, latin suppositus, du verbe supponere, mettre au-dessous, subordonné, employé, et suppositorium suppositoire.
38) incube, latin incubare, coucher sur ; démon qui abuse des femmes pendant leur sommeil.
39) succube, latin succubare, être couché dessous, et succuba concubine.
40) phallique, de phallus, grec phallos, et latin phallus verge masculine érigée ; de érigere dresser.

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