L’oreille absolue

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Image de Été 2020

Mon travail de photographe pour une collection de livres d’art me conduit souvent sur les routes de France à la recherche de nouveaux sujets d’étude.

Parfois, lorsque je découvre une petite église de campagne recélant des trésors méconnus, il m’arrive de déambuler dans les allées du cimetière. J’y admire des tombeaux anciens aux épitaphes touchantes, je vibre à des tragédies enfouies dans la mémoire des habitants de ces villages oubliés.
Et parfois j’y fais de drôles de rencontres, qui me marquent durablement.

L’autre dimanche, par une après-midi nuageuse en accord avec mon humeur mélancolique, je partis visiter une église romane qui m’avait été recommandée pour ses chapiteaux historiés.
Une église dont le souvenir restera à jamais pour moi lié à des événements malheureux et dramatiques, c’est pourquoi j’en tairai le nom, modifierai ceux des personnages, et respecterai scrupuleusement l’anonymat de l’homme très étrange que le hasard plaça sur ma route, en cet endroit.

J’avais terminé mes clichés des chapiteaux et des fresques, et ma curiosité me poussa vers le cimetière attenant à l’église.
 On y pénétrait par une petite porte en fer forgé, et je m’y engageai d’un pas tranquille, mais l’œil aux aguets.

C’est alors que je vis un homme grand et maigre, dont la chevelure d’un blond tirant sur le roux attira mon attention.
Son teint pâle et son regard caché par des lunettes noires m’émurent inexplicablement. Vêtu d’un costume sombre, il marchait d’un pas hésitant. 
Ce personnage énigmatique s’appuyait sur une canne blanche, mais ne s’en servait pas pour se diriger. Il donnait l’impression de chercher son chemin, et d’avoir besoin d’aide.
Je me portai à son secours.

Lorsqu’il eut quelque peu repris contenance, l’inconnu, dont j’appris plus tard qu’il se prénommait Louis, m’invita à l’accompagner dans l’église, et me conta son étrange histoire.

« J’ai trente-cinq ans, me dit-il, et j’ai perdu la vue à l’âge de huit ans dans un accident de voiture. Je suis l’organiste de cette église.
Un malheur m’a privé de l’usage de mes yeux, mais la vie m’a fait un don : j’ai l’oreille absolue.

Savez-vous ce que cela représente, d’avoir l’oreille absolue ? J’en doute, et si cela vous arrivait, je ne sais si vous finiriez par considérer cette qualité comme un cadeau du Ciel ou comme une malédiction.

Laissez-moi vous donner quelques exemples de ce que j’endure et imaginez-vous à ma place.
Je reconnais la hauteur de tous les sons que j’entends, et je leur attribue aussitôt le nom d’une note de musique.
Je ne peux y échapper, la note me souffle son nom, qui me vient à l’esprit et parfois aux lèvres par réflexe.
Suivez-moi dans mon raisonnement, je vous prie, en vous mettant toujours à ma place.

Imaginez que vous soyez en train d’appeler votre mère au téléphone.
Elle vous abreuve comme tous les jours de paroles définitives que vous devez écouter avec patience. Sa phrase se termine-t-elle sur un mi naturel ? Vous avez de la chance, elle est de bonne humeur. La note monte au sol dièse ? La colère ne va pas tarder à éclater. Et que dire s’il s’agit d’un ré bémol ? Là c’est la dépression qui guette et vous en avez pour des heures à la consoler.

Maintenant, retrouvez-vous comme moi dans une autre situation. Vous êtes avec votre fiancée ou avec votre épouse. Vous éviterez de rester dans la même pièce si sa voix monte du la au ré dans la même phrase. L’orage gronde et elle va bientôt lancer des éclairs.  
Le sol naturel est porteur de plus doux espoirs, surtout si le discours reste sur le mode majeur.

Plus dévastateur encore se fait votre don lors de vos instants d’intimité, car vous arrivez à détecter à l’instant suprême si son plaisir est feint ou sincère, d’après la note où culmine son extase. Est-il vraiment souhaitable d’en connaître aussi long sur sa compagne ? Vous avouerez que l’incertitude est parfois rassurante.

Souvent je préférerais que la nature me laissât dans l’ignorance des sons comme elle l’a fait des images. Une oreille aiguisée, certes, je l’aurais accueillie avec joie pour remplacer le sens visuel déficient. Mais l’oreille absolue ?

Sans parler des bruits de la rue ! J’analyse tout, je mets un nom sur tout : la sirène des pompiers, si, la, si, la, celle de la police, la, ré, la, ré. Les ambulances émettent un do-mi-do, mais le Samu un fa-la-fa-la ; les verres qui tintent sur les terrasses de café, mi bémol, la ; le fracas des assiettes brisées, sol fa mi ré mi ; un freinage de bus ou de camion, si bémol aigu, virant au ré grave après glissando.

Le chant des oiseaux n’est pas épargné. Les trilles du rossignol, le roucoulement de la tourterelle ou celui du pigeon ramier m’accompagnent dans mon sommeil avec leurs notes, aussi obsédantes que le  “do, sol, la bémol, mi bémol” du jingle de la SNCF lorsque je pars en voyage.

Et j’en passe. Insupportable. Je ne peux plus me promener tranquillement, il faut toujours que les notes s’imposent à moi, s’immiscent entre moi et le plaisir d’un son.

Cette obsession est pourtant devenue l’arme à double tranchant qui me fait vivre. J’en ai tiré profit, j’ose l’avouer. Je gagne assez bien ma vie comme organiste et accordeur d’orgues. J’accorde aussi les pianos chez les particuliers, me déplaçant toujours avec mon fidèle assistant qui conduit la camionnette. Ce travail de spécialiste est bien payé.

Jusqu’à ces tout derniers jours, si vous vous étiez laissé enfermer par inadvertance dans l’église le soir, vous auriez pu m’entendre accomplir ma tâche d’entretien de l’orgue.

Vous auriez pu, disais-je, mais cette période de ma vie est révolue. Je ne sais même pas si j’ai encore un avenir au service de cette église et de son orgue fraîchement restauré qui fait la fierté de notre paroisse.

Il y a quelques heures à peine, peu de temps avant que nous nous rencontrions dans le cimetière, j’étais encore en train d’accorder l’instrument. J’ajoutais un quart de ton ici, retranchais un huitième de ton là, fignolais, réglais. Mon oreille percevait les intervalles les plus infimes, j’accordais sans même y réfléchir, d’instinct, cela m’était passé dans le sang. J’avais presque fini, il me restait trois notes à fignoler, une simple formalité.

Soudain, j’hésitai. Avais-je déjà fait ce tuyau ? Et l’autre, là-bas ? Le son ne me paraissait pas net. De tels doutes ne m’assaillaient pas, d’habitude. Et quelle était donc cette lueur qui apparaissait dans le coin de mon œil droit, et se projetait loin de moi ? Une lueur, je savais ce que c’était, quand j’étais enfant.
 Je savais ce que signifiaient l’ombre et la lumière, et les couleurs, et les formes, et les lettres et les mots écrits en caractères latins ou gothiques, avant de perdre la vue.

 Puis j’avais du jour au lendemain vécu dans le noir le plus complet, et je m’étais habitué à cette situation, mon esprit développant d’autres facultés.

Mais la lueur s’accentue. Elle est blanche. Les couleurs, je les ai apprises par cœur avant de perdre jusqu’à leur souvenir, mais tout me revient en bloc. Ce que je vois là-bas, cela s’appelle du rouge. Est-ce la petite lampe du tabernacle ou le rougeoiement d’une cigarette allumée ? Je n’ai pas la notion des distances. On voit tant de malotrus de nos jours, que fumer dans une église ne les rebuterait même pas. Mais aucune odeur de tabac ne vient couvrir celles de l’encens et des cierges. Est-ce la couleur d’un vitrail ?

Bien que je n’eusse pas connu cette église avant ma cécité, je sais que ses vitraux sont à dominante bleue. Et tout en me faisant ces réflexions, je pense être endormi et rêver, et j’ai envie de me pincer. Combien de fois, en songe, n’ai-je pas recouvré la vue ? Et au réveil l’obscurité se dressait à nouveau, tel un buisson épais et infranchissable.

Je distingue maintenant les deux claviers et le pédalier de l’orgue. Ce n’est pas le moment de flancher, j’aurai le temps de m’interroger sur le phénomène, ce doit être une hallucination due à la fatigue. Il me faut poursuivre l’accordage de l’orgue pour dimanche.

Un son grave s’échappe d’un tuyau que j’ai actionné avec mon pied gauche. Mais à quelle note correspond-il ? Affolé, je me rends compte que j’ignore le nom de la note. Je regarde mes pieds, et d’après la position de mon pied gauche sur le pédalier je vois que j’ai actionné le tuyau du ré. Mais comment savoir si la note est juste ? Tout en accomplissant ces actions, je ne prends pas garde à la substitution qui est en train de s’opérer entre mes sens. Je regarde comme si j’avais toujours regardé, mais j’entends comme si j’entendais pour la première fois.

 Il faut que je définisse la justesse du ré. J’actionne la note d’à côté, le mi, et cela me paraît correct : l’intervalle est d’un ton. Mais où est donc passée la subtilité de mon audition ? Je suis incapable de dire si la note est parfaitement juste ou s’il me faut retoucher le son et le parfaire. Je dois me rendre à l’évidence. À mesure que la lumière et les couleurs recommencent à parvenir à mon cerveau, je perds la finesse que j’avais acquise dans la perception des sons.

Voilà, jeune homme, me dit l’organiste, voilà où j’en suis à l’heure où je vous parle. Une chose est sûre, je n’ai plus l’oreille absolue et je peux faire une croix sur mon métier d’accordeur. Toutefois je n’ai pas perdu ma virtuosité d’interprète et cela me restera toute ma vie à condition que j’entretienne mon art.

Mais aujourd’hui, mon ami, car je sens que je peux vous appeler mon ami, même si je ne vous connais que depuis quelques heures, je serais bien en peine de dire si je préfère ma situation à celle qui était la mienne ce matin encore ».

Abasourdi, j’essayai de réconforter Louis.
J’imaginais très bien à quel point le changement survenu dans sa vie, dans ses habitudes, pouvait l’avoir bouleversé.

Il allait profiter de tant de merveilleux spectacles maintenant, lui fis-je observer.
Revoir les couleurs de la forêt en automne, de la neige en hiver, examiner les détails des tableaux de maîtres dans les musées, et enfin poser ses yeux sur le visage de sa femme, qu’il n’avait « vue » que par le toucher.

Je sentais comme une gêne, une réticence dans l’attitude de Louis, et pour tout dire de la frayeur dans le regard de l’homme qui avait recouvré l’usage de ses yeux par un phénomène inexplicable.
Puis je le raccompagnai chez lui, car ses pas étaient encore hésitants, sans canne.

Pendant le trajet il se tut, sa tension était palpable, son stress se traduisant par une pâleur extrême.
Lorsque sa femme Léonore eut ouvert la porte, Louis la détailla des pieds à la tête. Ses émotions avaient peine à se frayer un chemin jusqu’à sa bouche, mais son émerveillement de couver du regard pour la première fois cette ravissante jeune femme blonde aux yeux bleus qu’il avait épousée sans l’avoir vue, me toucha au plus profond.

Mais Léonore, loin de s’enthousiasmer, pâlit et son visage manifesta un embarras qui surprit son mari autant que moi, l’étranger témoin de cet instant rare qui n’aurait dû appartenir qu’aux époux.

Louis, désarçonné, perplexe, demanda à voir la petite Gaëlle, leur fillette de cinq ans.
Léonore répondit d’une voix hésitante qu’elle faisait la sieste, mais on entendit des pas trottiner dans le couloir, et une petite silhouette délurée se précipita vers son père pour accueillir son retour.

Le rire cristallin de cette adorable fillette à la peau brune de métisse mourut dans sa gorge lorsque Louis porta ses deux mains à son cœur en grimaçant, et s’écroula.

En un instant tout lui était revenu : l’arrivée il y a quelque six années d’un nouveau collègue de bureau de sa femme, un Antillais, si avenant, si serviable. Les invitations à dîner, les sessions de travail. Et lui, dans la tour d’ivoire forcée de la cécité, ayant bien peu d’influence sur ce qui se tramait.
Puis vinrent les tensions dans son couple, les soupçons, les serments et la réconciliation. Les promesses. Et le bonheur d’attendre une naissance, qui avait fait oublier les orages.

En quelques secondes, le visage de sa petite fille tant aimée lui martela dans l’âme la terrible certitude de la trahison, et lui brisa le cœur.

Toutes ces années, Louis, l’homme à l’oreille absolue, avait fait la sourde oreille à ce qu’il avait pu entendre sur la couleur de peau de sa fille. Rumeurs et médisances l’effleuraient sans le toucher. Il n’est pire sourd… Ce sujet n’avait pour lui pas la moindre once de réalité. Maintenant, la réalité, il ne pouvait plus la nier.

J’étais présent auprès de Louis, lorsque quelques jours plus tard, la grand-mère de Gaëlle amena la petite voir son père à l’hôpital.
Il lui dit qu’il l’aimait, qu’il l’aimait très fort.
Gaëlle entoura son cou de ses petits bras, et son rire innocent fusa.

Léonore n’avait pas encore revu son mari. Il leur faudrait du temps, beaucoup de temps.

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Nicolas Auvergnat · il y a
Quelle belle, très belle histoire !
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup Nicolas !
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Camille G · il y a
un petit bijou de musicalité et de sensations inédites. Tellement intéressant tout cela et une chute parfaitement inattendue Bravissimo !!!
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup Camille d’avoir apprécié l’histoire. Les textes peuvent vivre aussi après le Prix, la preuve. Mon texte n’a pas été sélectionné par le jury en finale, tant pis ce sera peut-être pour un prochain texte. Belle journée à vous !
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André Page · il y a
Mon meilleur copain actuel ayant perdu la vue depuis quelques mois et les résultats d'une opération faite il y a trois semaines étant pour l'instant inexistants, j'ai lu cette étonnante histoire avec beaucoup d'attention, bravo pour cette chute et pour tous ces développements sur l'oreille absolue, Frédérique :)
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Fred Panassac · il y a
Une pensée compatissante pour ton ami et tous mes remerciements pour ta lecture attentive de cette histoire certes un peu étrange, André !
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Zouzou Zouzou · il y a
Un jeu de mots qui fait écho !
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Fred Panassac · il y a
Merci Zouzou !
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Daniel Nallade · il y a
Belle écriture pour une histoire délicate. J'aime beaucoup l'association des sentiments avec la palette sensible des notes du solfège (la chorale est une sublime école du partage des émotions). Faussement aveugle de sa propre vie amoureuse, enfermé dans les ténèbres, le don s'abrite dans un donjon. La perte de l'unique, au drame incandescent, lui apporte le fruit des couleurs, la réalité se porte sans canne !
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Fred Panassac · il y a
Merci cher Daniel pour ton commentaire qui est un véritable poème dont j’apprécie chaque mot !
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Cerise R. · il y a
Tu as tous les talents Fred, quelle chute ! C’est finement écrit, on éprouve de l’empathie pour Louis (prénom qui fait écho à l’ouïe...;-). Cette approche de l’oreille absolue est subtile. Il y a de l’humain aussi dans cette histoire. J’aime beaucoup. Merci
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup Cerise pour ta lecture pleine d’empathie et ta remarque sur le prénom. Le personnage m’a presque dicté l’histoire !
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Bristol Bazar · il y a
Chute abrupte, on sent le battement de coeur suspendu sur un vilain croche-pied inattendu.
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Fred Panassac · il y a
Un mauvais tour du destin. Un mal pour un bien ! Merci Bristol Bazar pour votre aimable visite !
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Dranem · il y a
Perdre " l'oreille absolue" c'est perdre aussi ses illusions pour retrouver une forme une forme de lucidité : des yeux pour voir et pour aimer... avec le temps.
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup Dranem pour votre beau commentaire !
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Christian Wacrenier · il y a
Je te reconnais bien dans ce goût de la précision et la finesse de la description ce qui ancre ton récit dans la réalité et lui permet d'atteindre une dimension poétique.
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup Christian pour ton soutien à cette histoire !
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Josefina Baquela · il y a
J'aime beaucoup ce texte riche en musicalité et images, et puis le drame qui arrive presque par mégarde et qui emporte le lecteur. Mon vote sans hésiter.
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Fred Panassac · il y a
Un grand merci Josefina d’avoir apprécié mon texte.

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