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L'ombre d'un doute

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Mazarin

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Elle se tient assise, le corps contre le bois du dossier, les mains tantôt à plat sur les genoux, tantôt crispées sur son ventre.
Dans la salle, le silence... les travées sont pleines. On n'entend que le froissement des vêtements. Il y a bien quelques regards à la dérobée, mais la plupart des personnes, le souffle retenu, fixe le haut de la salle en forme d’estrade et ne regarde qu’elle.
Elle n'ose pas lever les yeux, sa fille est là, tout près, dans le premier rang avec sa grand-mère. Cette présence.... Elle ne la voulait pas !, Elle ne voulait (surtout) pas qu'elle vienne, mais personne n'a écouté sa requête et maintenant, bien qu'il fasse très chaud dans la salle, elle frisonne de froid et elle suffoque de peur. Pourquoi laisse-t-on la fillette qui n'a que 10 ans dans cet endroit !?
-Levez-vous Madame pour répondre de votre identité et nous dire ce qui s’est passé le 8 mai 2011.
Elle se lève, le regard toujours baissé, mais elle n'arrive pas à parler et secoue la tête.
- Vous n'avez rien à répondre ! Vous ne voulez pas nous expliquer?
Elle cherche sa respiration...Que peut-elle expliquer ? Au début, c'est vrai, il était agréable, attentionné, il lui avait acheté maison et voiture....C'est ensuite, quelques mois après qu'elle a compris...
Elle avale sa salive, la voix raffermie enfin, elle décline son identité, puis répond que oui, il était généreux envers elle et sa fille, oui, il leur offrait une vie sans soucis matériel, non, elle ne manquait de rien....
- Continuez Madame et parler plus fort dit le Président.
- Que voulez-vous savoir, Monsieur le Président, j'ai tout dit au Juge d'Instruction !
- Les Jurés veulent savoir Madame, vous leur devez des explications !
Elle frissonne de nouveau, sa mémoire intacte se fige sur l'instant où elle saisit la ceinture. Elle la sent dans ses mains. Elle est épaisse au trou de serrage...Elle se tient derrière lui...Il est assis dans un fauteuil, regarde en direction de la télévision, elle entent les phrases qu’il lui dit, elles se réajustent au plus près....Des insultes pour elle et sa fille : «  Tu veux que B...finisse comme toi, à faire la pute , à travailler comme masseuse ou escort-girl, ou à s'exhiber dans des films pornos; Il lui faut un endroit qui la cadre et la guide, des choses que tu ne sais pas faire ! Il n'y a pas de discussion possible, elle ira en pension le trimestre prochain..! » Ce n’est pas la première fois qu’il l’éclabousse de honte et lui rappelle son passé...Cette souffrance dont elle ne parle jamais, mais inclure sa fille dans le parcours de sa vie et une escalade de trop.
La violence des mots, la colère, l'humiliation ajoutée aux humiliations passées court-circuitent sa pensée, décuplent sa rage et précipitent son geste....Juste un point aveugle, une abréaction, un hiatus dans sa conscience...Elle s’approche, enserre la gorge de son amant (il est toujours de dos, le mouvement a été vif) et elle serre...S'arque-boute sur le dos du fauteuil, bloque sa respiration pour avoir plus de force. L’homme corpulent, de plus de soixante-dix ans se débat, essaie de se lever, de se dégager, mais plus il bouge plus l’étreinte se resserre. Dans son égarement, elle n’entend ni les chuintements de l’air dans la bouche de son compagnon, ni les crépitements du sang dans la veine de son cou, ni les craquements d’os brisés, ni les râles de l’agonisant, et elle ne voit pas non plus le sursaut ultime ! (ce n’est que plus tard, dans ses cauchemars nuit après nuit que les bruits lui reviendront...)
- "J'ai serré jusqu'à en avoir des fourmis dans les doigts, je ne voulais pas le tuer, je voulais juste le faire taire, Monsieur le Président!"
Elle sanglote maintenant, son avocat s'approche d'elle, pose ses mains sur les siennes et les presse " asseyez-vous M... (Il l'appelle par son prénom, cette proximité l'aidera peut-être) j'ai demandé au Greffier de sortir votre fille, elle témoignera plus tard mais n'avait rien à faire ici aujourd’hui !"
Elle le remercie des yeux et s'apaise un peu tandis qu'un policier lui apporte de l'eau.
Mais le Président du Tribunal continue,
- Ou avez-vous pris la ceinture?
-.....
- Je vous répète la question
Elle se lève de nouveau, l'eau a hydraté sa bouche.
- Je repassais Monsieur le Président! Je repassais son pantalon, la ceinture était dessus, dans les passants, je l'ai prise sans réfléchir...Je voulais le faire taire ! Mais je ne voulais pas le tuer!
- Que s'est-il passé ensuite ?
Le corps de son amant s’affaisse lentement sur le côté du canapé. Elle dégage la ceinture sans comprendre encore... Il lui semble entendre le chant d'un coucou au loin.....Puis le jaillissement du sang dans ses tempes....La sidération, le tremblement de son corps...et après la fureur, le vide!.....
Dans la salle de la Cour d’Assises, la chaleur et la tension augmentent et bien que les débats soient ouverts à tous, on ne peut laisser les portes ouvertes; le public s’évente avec ce qu’il peut et l’accusée est debout face à ses juges
-Parlez plus fort !
Mais elle ne peut pas ! Elle ne peut plus...
Dans l’impossibilité de dire l’indicible, c’est à cet instant là que son corps lâche et se répand. Son estomac se révulse , son ventre se cabre. Elle sent un liquide chaud descendre le long de ses cuisses et tomber en flaque à ses pieds tandis que ses jambes se dérobent.
La séance est interrompue, un brouhaha s’échappe de l’auditoire, le Greffier et les policiers font évacués la salle....

DEUXIEME JOUR


Le deuxième jour les débats reprennent. Des ventilateurs sont installés du côté des jurés, mais, dans la Salle d’audience l’atmosphère est comme la veille, surchauffé. Ce n’est plus le silence du jour d’avant, le public s’enhardit (d’autant qu’il a lu la presse le matin) s’interpelle et les commentaires sont appuyés...
Elle arrive entre deux gendarmes et s’assoit, ramassée, sur son banc de pénitence.
Le Président ouvre la séance :
- Nous continuons sur ce qui s’est passé après l’assassinat de Mr. L !

- j’ai téléphoné à (elle hésite à le nommer) JB, il était en vacances, mais il est revenu et m’a aidé à mettre le corps de mon ami dans le coffre du 4x4, puis nous avons roulé sans savoir où aller...et nous l’avons déposé en retrait, sur un parking.

- Quelles étaient vos relations avec JB ?était-il votre amant ?

- ............

- Vous ne pouvez pas le nier Madame ! qui est le père de votre enfant de 6 mois ? Je lis sur le compte-rendu du Juge d’application des peines, que vous avez enfreint l’interdiction d’entrer en relation avec votre complice, après votre mise en liberté provisoire

Non, elle n’expliquera rien ! Elle entend les murmures de désapprobation dans la salle, elle sent le regard de son amant sur sa nuque (jugé pour dissimulation de preuve, dans le box derrière). De tout cela, elle ne veut pas parler : De leur rencontre, de leurs rendez-vous secrets, de leurs projets de vie ensemble (mais comment faire avec l’autre)...Elle se voir courir le rejoindre, elle sent les pulsations de son cœur, oui, elle était heureuse de creuser son ventre et de s’ouvrir pour l’accueillir... il l’a guérissait de toutes ces années où elle subissait le corps des autres...Où elle était devenu objet tarifé, où elle s’était vidée de sa substance...Alors oui, son cœur s’exaltait !... Oui, sa sensualité exultait...Oui, plus rien ne comptait dans ces instants volés à la justice et après.... !! Devait-elle se justifier devant toute cette assemblée avide de détails ?
Elle regarde pour la première fois le Juge dans les yeux, puis se tourne légèrement vers les Jurés :
- Oui, JB est mon amant et mon fils est aussi le sien.

- Si JB est votre amant, pouvez-vous nous dire les relations qui vous unissaient à votre mentor, en dehors du fait qu’il vous entretenait ?

- « Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre, il n’était pas mon amant. Pour moi, il était comme un second père, un père de substitution et un grand-père pour ma fille âgée de 8 ans ».

- Ce n’est pas ce qui est indiqué dans les déclarations de votre fille, Madame, il est écrit, je cite «  Mon papy dormait avec ma maman dans le même lit... », nous verrons ce qu’elle dira tout à l’heure, ou demain dans son témoignage.

Il travaillait comme prestataire de service pour des spectacles et c’est à la suite d’un recrutement sur internet, alors qu’il cherchait une escort-girl pour un client qu’ils se rencontrèrent. Fatiguée de prêter son corps, fatiguée de la perversion de ses clients, du tumulte de sa vie qu’elle cachait à ses proches, sa fille grandirait (c’était sa peur et son tourment...Qu’elle sache un jour !), elle céda. Lui « s’acheta une famille » comme il disait à son associé et elle pensa ainsi échapper au chaos de ses jours. Il insista pour lui acheter une maison dans une bourgade au nord de Paris.

C’est alors que tout changea. Elle dû faire face à ses colères, à ses exigences « tu n’étais pas si regardante dans ton job d’avant »Dans ces terribles accès de rage, il exigeait...L’humiliait... La cinglait de sous-entendus....Pour se faire pardonner, le lendemain, il versait de l’argent sur son compte et les manipulations toujours recommençaient. Elle percevait l’ambiguïté de leur relation, sentait qu’elle lui servait d’exutoire mais se trouvait sans énergie pour s’éloigner. Que ferait-elle ? Les réminiscences de son existence « de bâton de chaise...De sa vie putassière... » Encore des mots à lui qui la tétanisaient, l’enfermaient dans des atermoiements sans fin...Ne pas revivre les souffrances d’avant : les insultes. Le mépris (surtout le mépris). Les coups. La promiscuité. Les lendemains de cuite. Elle avait connu cette brutalité dans un autre milieu, mais le huit-clos où elle se trouvait aujourd’hui la laissait sans défense. Pourquoi rester et quand partir... Cela devint l’obsession de ses jours....La force...Oui, aurait-elle un jour la force de s’échapper et qu’elles étaient les limites pour qu’elle ose ! Où était la vie qu’elle s’était imaginée...Pouvait-elle avoir la nostalgie de ce qu’elle ne connaissait pas... Et jusqu’où peut-on aller pour l’idée que l’on se fait du bonheur ?

Si il était violent dans leur intimité (mais jamais devant la fillette), il était totalement différent en public. Il l’a comblait de prévenances,...Devançait ses désirs...L’entourait de sa présence...Et la présentait comme sa femme. Elle ne répliquait pas, se sentant désemparée sans savoir quelle attitude adopter.
- Il semble que vous vous disputiez souvent ?
Elle hésite. Son avocat s’approche d’elle : Les témoins sont entendus demain, M... (Il l’a nomme toujours par son prénom) vous devez être précise dans vos réponses, afin de ne pas indisposer les Jurés.
Et le Juge insiste :
- Vous n’êtes guère coopérante Madame !
Une rage l’étreint, elle a envie de crier ! Qu’en feront-ils de sa vérité, que comprendront- ils de ses désillusions, de son incapacité à se dégager de ce naufrage! Tous les mots mis bout à bout ne traduiront jamais la perception qu’elle en a...Et sa déchirure....Et qu’est- ce que la réalité dans une cour d’Assises, devant les Juges, les Jurés, le Ministère Public, la partie adverse avec ses avocats, sa famille (un instant elle pense à sa fille, lève son regard sur les premières travées....non, elle n’est pas là) qui l’assure de sa présence tous les jours. Elle songe à eux soudain et elle se calme.
- Oui, nous nous disputions souvent, il m’humiliait, me giflait parfois, je répondais, mais je n’ai pas voulu le tuer, je voulais juste le faire taire !

- Pourquoi n’avoir pas déposé plainte lorsqu’il vous frappait ?

Son avocat lui avait déjà posé la question, elle avait répondu que dans son milieu, on réglait ses comptes entre soi. « Surtout, n’allez pas dire ça si on vous interroge à ce sujet, les Jurés accréditeront tout de suite la thèse de la préméditation, donc de l’assassinat ! Contentez-vous d’être vague ».
- J’allais le faire, Monsieur le Président.
Elle n’en dira pas plus.

TROISIEME JOUR
Son avocat lui a rendu visite tôt ce midi. Il veut la prévenir : « C’est une journée éprouvante qui vous attends, les témoins vont être à charge et à décharge. Pour certains ce seront des ragots, le Juge fera la part des choses (en est-il certain ?) pour d’autres, ils penseront être sincères, quoiqu’il en soit, je vous demande de ne pas intervenir, cela pourrait jouer contre vous ».Mais fatiguée déjà elle trébuche sur les marches de son box, s’accroche au gendarme....Il l’aide à s’assoir et lui ôte ses menottes.
Non, elle n’écoutera pas les témoignages. Elle choisit de s’absenter du présent, se coule dans les anfractuosités du temps passé avec son côté sombre et du futur avec ses incertitudes. Une vie est-elle possible à travers ces naufrages et suffit-il de vivre ?!... Elle fixe le trumeau d’en face, chaulé depuis peu de blanc cassé ; Des gouttes de sueur tombent sur ses yeux et brouillent sa vue, sans qu’aucune phrase ou mot ne l’atteigne ni ne la trouble. Elle n’entend pas sa mère venir parler de « geste malheureux », ni sa fille, ni l’associé de M.L, qui décrit « un homme généreux, il a servi de tiroir-caisse... » Ensuite, c’est le réquisitoire du Ministère Public : «... une manipulatrice et une intrigante »...18 ans de prison !!
Son Conseil, à nouveau s’approche d’elle «  l’Avocat Général frappe fort, c’est son rôle... » Cependant, il est troublé par son manque de réaction...Quelque chose se passe...Elle semble ailleurs, comme si ce qui s’était passé dans la salle d’audience ce jour, ne la concernait plus, mais soucieux des plaidoiries à venir, il n’a pas le temps de s’attarder et s’éloigne.

TROISIEME JOUR AU SOIR,

Elle réintègre ce qui lui sert de cellule pendant son procès. La clarté du jour finissant tombe à l’oblique de la lucarne placée trop haut pour voir le ciel, les ombres s’allonger, sentir le vent sur ses cheveux, sur sa peau... surprendre l’horizon, aspirer la fraicheur, reconnaître une odeur...Au contraire, l’air chaud de la journée l’étouffe et l’accable dans cet endroit forclos.
Elle est seule et elle pense. A sa fille : sa grand-mère s’en chargera, à son fils de six mois, son amant d’aujourd’hui fera le nécessaire...Mais comment survivre à cet arrachement ! Mais la détresse qui l’enserre, qu’en fera-t-elle ? Qui l’aidera ? L’espoir qu’elle avait d’être condamnée pour meurtre s’amenuise ; Les dix-huit ans demandés par le Tribunal sont la conclusion d’un assassinat, elle n’a pas su convaincre !!
Elle s’oblige à se remémorer son geste : sûr, rapide, perçoit sa volonté, sa détermination et tout à coup (son pouls s’accélère) le doute ! L’ombre d’un doute.....Et si c’était vrai... (Le souffle court, la gorge sèche, elle sent les élancements de son cœur). Si dans sa fureur...Elle a toujours dit qu’elle ne voulait pas le tuer, mais elle a serré si fort et si longtemps !! (La mort survient entre cinq à dix minutes assure l’Expert à la Barre, cette déclaration a emporté l’adhésion du Juge et des Jurés pour appuyer la thèse de l’assassinat). Elle essaie encore de se ressouvenir, que pensait-elle pendant qu’elle pressait la gorge de son amant ?! Dans la pulsion de la colère, dans la précipitation de l’acte, dans l’aveuglement de la vengeance, peut-elle exactement saisir l’instant où tout a basculé... !
Dehors, les miradors se sont allumés, ils projettent dans le dénuement de sa cellule leur clarté froide : les ombres paraissent plus sombres et les contours plus aigus. ..Elle a peur, une peur mêlée d’angoisse, de solitude, de sidération face au possible qu’elle vient d’entrevoir...Et si !!...
Le poète* disait «  nous sommes faits de l’étoffe dont sont faits nos rêves... » Qu’arrive-t-il à un rêve dont l’atteinte est impossible, à un rêve qui s’éloigne...Doit-il se transformer en soumission ou en renoncement... Elle n’a pas de réponse ! Elle sent la densité de l’air, il devient irrespirable. Le temps se dilate...Le corps et l’esprit disjoints, elle s’allonge enfin sur sa couchette (jamais elle ne pourrait supporter ce que ses enfants apprendraient et comprendraient plus tard) prend sa seringue à insuline et, sans regarder ni paramétrer la dose s’injecte le liquide tout entier...Les yeux obscurcis déjà, elle aspire l’air profondément.
La sérénité soudain...Le calme absolu !
Tout se justifiait....
Le lendemain, à 8 heures du matin, L’Administration Pénitenciere constatait son décès par injection massive d’insuline.
c.m l’ombre d’un doute 2014





*Shakespeare ( prospero, dans la tempête, acte IV)

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Jean Calbrix · il y a
Bravo, Mazarin, pour cette description minutieuse d'un procès en assise sur une affaire lourde comme un cheval mort, une histoire qui tient en haleine d'un bout à l'autre jusqu'à une chute inéluctable ! Vous avez mon vote.
Vous avez voté pour mon carton. Confirmerez-vous votre vote ? : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/la-societe-fait-un-carton

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Keith Simmonds · il y a
J'adore ce récit émouvant et bien écrit! Une tranche de vie dramatique et tragique! Bravo! Mon vote!
Mes deux haïku, BAL POPULAIRE et ÉTÉ EN FLAMMES, sont en
compétition pour le Grand Prix Été 2016. Je vous invite à venir les
lire et les soutenir si le cœur vous en dit, merci!
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/bal-populaire
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ete-en-flammes

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Joëlle Brethes · il y a
On lui avait laissé l'insuline dans sa cellule ? !
En tout cas, le récit est prenant et pathétique...
Que dire de témoins qui ne voient que ce qu'on veut qu'ils voient et qui prennent les vessies des mises en scène pour les lanternes de la réalité. Ce salaud a double visage a sans doute payé très cher, mais qui est finalement la vraie victime ?!!!

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