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L'Offrande

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Gwenn Doz

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République dominicaine


Ma première prise de conscience, fut celle du sifflement émis par les esclaves palmistes nichés sur leurs cocotiers, du flux et du reflux des notes rauques de ces passereaux s’élevant dans les airs pour retomber aussitôt. Leurs mélopées submergèrent peu à peu les contrées vagues de mon esprit, qui à grand peine se libérait du joug envoûtant des affres de ma nuit. Reprenant l’ascendant et terrassant cette lascivité ensorcelante, courageusement, je m’éloignais à chaque seconde de l’univers onirique. Sortant enfin victorieuse de mon sommeil, la gorge pâteuse, un arrière goût salé me tapissant les muqueuses, j’ouvris brusquement les paupières pour les clore aussitôt. Aveuglée par l’éclat des rayons du soleil, qui traversant la fenêtre dardaient de biais l’emplacement de la couche, j’attendis quelques secondes avant de les rouvrir avec précaution. Je perçus alors une ombre bienfaisante qui étendait son voile au-dessus de moi, et rassurée je découvris le sourire de l’homme de ma vie me dévisager de tendresse.
― Bonjour, Sirena, as-tu bien dormi, ma belle ? J’ai une petite surprise pour toi ! me susurra-t-il l’œil pétillant. Mais, d’abord une bonne douche pour être en pleine forme, et ensuite... ta surprise ! Incapable de sortir le moindre mot de ma bouche, me prenant par la main il m’aida à me lever, et encore fragile sur mes jambes, je le suivis docilement jusqu’à la salle de bains. D’un geste large, il écarta les pans de verre et me fit pénétrer dans le baquet de la douche. Surprise, je lâchai au même instant un petit cri perçant, sous le premier jet d’eau glacée qui me cingla méchamment l’échine, espérant que celui-ci n’était pas l’attention annoncée !
En tout cas, cela m’éveilla complètement, et je remerciai les Dieux pour la chaleur salvatrice qui suivit, prodiguée par les multiples orifices de la pomme d’amour. Sous ses longs doigts habiles, je me laissai laver et savonner sous toutes les coutures et autres échancrures, me recouvrant sous le passage, d’une fine pellicule rose et odorante parsemée d’une myriade de petites bulles transparentes.
Après ce délectable massage, je me laissai savamment rincer d’un coin à l’autre, levant le bout du nez vers cette pluie artificielle qui libéra ma peau du savon aux douceurs océanes.
M’abandonnant ensuite tout entière au frottement revigorant du doux coton de l’essuie de bain, et, terminant son ouvrage, il reprit son monologue, étant moi-même toujours dans l’impossibilité d’émettre un avis, ou de rétorquer quoi que ce soit, je l’écoutai avec attention.
― À présent, je vais clore tes jolis yeux avec ce foulard... promets-moi de jouer le jeu jusqu’au bout, et de faire ce que je te demanderai, d’accord ?
―...
― Très bien, qui ne dit mot consent...
Tout ce que tu veux, rétorquai-je en pensée, mais, d’abord tu me dis de quoi il s’agit ?
― Fais-moi confiance, reprit-il sur un ton paternel, me retrouvant pareille à Sophie dans les livres de la comtesse que je dévorais étant petite.
― Tu verras tu ne seras pas déçue, et puis tu sais bien, qu’avec moi tu n’as rien à craindre, allons, laisse-moi bander ton ravissant petit minois...
Aussitôt dit, aussitôt fait, et malgré mes appréhensions je me laissai faire docilement. Le corps et le cœur à nu, à moitié rassurée, je me laissai guider dans le dédale de cette nuit américaine.
À peine eus-je franchi la porte de notre bungalow, qu’une franche bouffée d’air marin m’enveloppa d’un seul coup, m’embaumant en même temps que l’ardeur incisive de l’astre du jour. Notre périple au travers du jardin aux multiples senteurs caraïbes fut de courte durée, et tous mes sens aux aguets, je perçus l’odeur musquée du chlore et le bruissement sourd de l’arrivée d’eau filtrée de la piscine. Semblant avoir atteint notre destination, il me fit asseoir à même le sol, mais, à la place de la dureté des pierres taillées, je m’enfonçai dans une multitude de moelleux coussins enchevêtrés.
Je me sentis pousser tendrement le buste vers l’arrière pour me retrouver dans la même position qu’au réveil. Après un laps de temps indéfinissable, qui me permit de savourer cette couche improvisée, de furtifs attouchements se firent sur ma peau veloutée. Mourant et renaissant à divers endroits de mon anatomie, malgré l’atmosphère caniculaire, je me mis à frissonner de la tête aux pieds. Les paupières toujours impunément couvertes, je me délectais des multiples caresses dont les origines devaient sans doute être apparentées à celle d’un rite vaudou, car elles semblaient se métamorphoser à des endroits aussi éloignés et distants les uns que les autres. Ne cherchant pas à découvrir la genèse de ce mystère je m’abandonnai à son dédoublement. Bientôt, percluse d’infinies sensations, je bénis les lèvres humides qui se posèrent sur ma douceur nordique en la couvrant de baisers. Sillonnant de la langue ma lagune, celle-ci plongea au plus profond pour m’entrouvrir l’huître perlière et en recueillir le nacre enfoui sous la coquille. Fait intrigant en cette douce volupté, je ressentis au même instant des baisers similaires qui virevoltaient d’une pointe de mamelon à l’autre. Là, je dus bien admettre que l’exploit dépassait l’entendement humain, et curieuse comme pas deux, je transgressai légitimement ma parole. Détachant subrepticement mon masque improvisé, je découvris tout d’abord, les lèvres de ma tendre moitié humectant mes aréoles, et, me laissant pantoise, dépassant de mon minou, un minet noir et dru, dont le visage se cachait dans les replis de mon triangle des Bermudes. Pétrifiée, je me raidis prête à faire flèches de tout bois. Vivian, s’apercevant de la situation, il quitta d’un coup mes tétons pour tuer dans l’œuf mon mouvement de recul, qui risquait d’expédier la pomme d’Adam du nouveau venu au travers des enveloppes de plumes d’oies blanches.
― Doucement, mon ange, me dit-il tout en gardant fermement ses mains sur mes épaules, laisse-moi te présenter, Orphéo, ta surprise... ne crains rien, il ne te veut que du bien, et moi aussi, reprit-il sur un ton mielleux.
Tu parles d’une surprise, je m’attendais à tout comme sucrerie, mais celle-là est tout de même un peu salée !
Semblant me lire comme toujours, c’est de sa voix suave savourant chacun de ses mots qu’il poursuivit.
― Te rappelles-tu ma promesse, de réaliser un jour ton fantasme, celui de faire l’amour avec moi, et un autre homme ? Ce jour est arrivé, ma douce, je te présente l’élu ! lança-t-il en haussant la voix d’un air faussement sérieux, exprimé sur la fin de son court mais néanmoins interloquant exposé.
L’air insouciant dudit nominé émergea alors de mon antre, et un large sourire apparut au-dessus de son menton d’ébène, aussi baveux que celui d’un morveux. Malgré les quelques décennies qui devaient sans doute s’être prises dans la nasse de ses traits burinés, la stature de ce splendide sujet de la race Noire m’ébranla plus que de raison. Bien plus encore, lorsqu’il se mit debout, et que je découvris ce corps musclé dont l’organe inimaginable s’érigeait tel un palmier sur la grève.
Quel être magnifique, était ce présent de choix à la crinière de fauve !
― Laisse-toi aller, sollicita mon chéri. J’ai envie de partager avec toi ce nouveau plaisir, dont tes sens n’imaginaient peut-être pas la réalisation, termina-t-il sur une affirmation quelque peu présomptueuse.
L’athlète, d’une révérence me présenta sa main que je serrai timidement, et, tournant ma paume vers le ciel du midi, il y déposa un baiser appuyé, mêlé d’un petit bout de langue polissonne. Je ne sus pas directement comment réagir. Certes, cette envie de triolisme se perpétuait depuis toujours au fil de mes songes, comme d’ailleurs à parts égales au cours de diurnes méditations. Mais de là à passer le rubicond, c’était une autre affaire. Il n’était d’onde que ma fidélité osait franchir, mais, vu l’assentiment du compagnon de mes jours qui m’aidait à passer à gué, il paraissait que l’occasion était trop belle pour ne pas pénétrer dans cet océan prometteur. N’y tenant plus, sans fausse pudeur, je me laissai couvrir par les baisers et les caresses érotiques que me prodiguèrent les deux compères. Il n’en fallut pas plus, pour que mon peu de rigueur s’en lave les mains et que je me perdisse dans de perfides voluptés.
Ces salauds-là savaient y faire, car il n’exista pas la moindre parcelle qu’ils s’abstinssent d’explorer à grandes lampées. Mes mains ancrées dans la toison de jais de l’insulaire, enfiévrée, je frottais ma peau blanche contre sa face sombre, tout en reluquant sa croupe rebondie qui remuait sous l’impulsion de ses actes sournois, tandis que mon homme prit d’une folie mammaire ne quittait plus le sein des seins.
Le beau mâle se redressa alors, pointant de son serpentaire à la divine amplitude, et, mains sous mes fesses, il les souleva légèrement, et tout naturellement je m’élevai et écartai les jambes pour lui permettre la visitation. Il vint alors en moi m’ouvrant comme jamais, au passage de sa queue d’oiseau du paradis en m’en faisant voir de toutes les couleurs de son plumage. Pendant ce temps, mon amour s’était présenté face à son acolyte, genoux au sol, de part et d’autre de mon visage, souhaitant à ce que je goûte au gland du chêne qui me surmontait. Du bout des lèvres je happai celui-ci et le suçotai avec attention, tandis que je me faisais laminer avec entrain sous les souffles ténus des alizés. En bonne et due forme, l’érection ressortit de ma bouche, et se déplaçant doucement vers l’avant, langue sortie j’en léchai la bourse bien garnie, pour ensuite l’englober avant qu’elle ne se dégarnisse dans la moiteur de ma case. Nez à même sa raie, je roulai ses boules en un merengue endiablé, alors qu’il mordait inconsidérément mes pointes glissant d’un téton à l’autre. Perdant un moment l’équilibre, ses doigts s’agrippèrent soudain à mes cuisses, les obligeant à se replier contre mon ventre. Il n’en fallut pas plus pour que disparaisse la pièce maîtresse des claves du dominicain. Gonflée à bloc, l’escarcelle de Vivian ressortit prendre l’air, et s’avançant à nouveau celui-ci me présenta son arabesque intime, sur laquelle, sans langue de bois, j’exprimai à papoter avec engouement. Jamais, au grand jamais, Dieu m’en est témoin, que ce soit aux études ou dans le travail, je n’avais été une lèche-cul, mais là, je n’eus d’autre alternative que d’y goûter sans modération. Après avoir savamment lapé les replis, je pénétrai avec force le côté obscur, tout en branlant la tige avec obstination. Mêlant les gémissements aux tonalités nouvelles, un cyclone déferla sur notre trio, qui affrontant la tempête sous la force des éléments, finit par perdre pied en criant son panel de jouissance à qui voulait l’entendre.
Suite à la tempête arriva le calme, au travers duquel ne se perçut plus que les respirations saccadées de notre chœur improvisé. Nos pulsions cardiaques s’égrainant au rythme des maracas, on resta un moment étendu les chairs entremêlées. Combien de temps dura cette pose, je n’aurais su le dire, mais il en vint à ce que se redressant, au propre comme au figuré, le beau Noir se releva prêt à m’emberlificoter dans une seconde danse. Mon amant journalier, ou presque, pas encore entièrement remis sur pied, d’une petite claque sur les fesses m’obligea à me mettre en levrette, le pif enfoncé dans les coussins. Laissant la main à son partenaire, celui-ci se mit en position, et alors qu’il m’écartait les fesses à fond, je sentis l’air chaud s’y insinuer. Il ne faisait aucun doute que ce malappris se permettait de se rincer l’œil avant que de revenir à ses premières amours. Glissant finalement de sa démesure dans mon cocktail bouillant, je le subis à grandes avancées, tremblantes et gémissantes, percluses sous les à coups de bites du grand Black. Au bout de maints engagements, percevant le raidissement final, il déferla en moi en vagues successives, brûlantes comme un feu de savane. Nous effondrant tout deux, nous restâmes un long moment liés d’amitié, avant qu’il ne se retire et ne me permette d’aller prendre une douche rafraîchissante auprès de celle se trouvant à ciel ouvert.
Les yeux fermés, je laissais l’eau couler sur mon corps, faisant disparaître ma transpiration et les traces de celles que m’avaient laissée mes partenaires. Ne les ayant pas entendu venir, je sursautai un peu lorsque je sentis une pointe se frotter à mes fesses. Tournant la tête, je vis le sourire engageant de mon Vivian, qui semblait souhaiter m’investir de ce côté. Pas tortionnaire pour un sou, il s’affaissa et m’octroya une bonne quantité de salive avant que d’investir le passage étroit. Pour lui permettre de mieux s’immiscer, je me penchai vers Orphéo qui la floche pendante me faisait face. Le nez dessus, la sentant remuer un brin, je me la mis en bouche sans plus attendre. Accusant réception d’une langue persévérante et d’un bon doigté, je me tins prête à recevoir l’engin filiforme de mon époux qui se glissa à fond comme une anguille. Décidée cette fois à ne pas me laisser manipuler sans réagir, c’est moi qui fis le premier pas, me mettant en mouvement aussi bien au derrière que de front. Toute coulissante, je sentis ma cavité buccale s’élargir au point que je craignis qu’elle ne se pourfende de partout. N’y tenant plus, j’eus de la peine à faire ressortir la bête qui me lança un regard noir. Déterminée à me projeter son venin, son maître me souleva doucement, en faisant attention que l’anus ne se désemplit pas, et m’écartant avec outrage il pénétra mon sexe qui en demandait autant, si pas plus.
Cette fois c’était la bonne, mon fantasme se réalisait enfin. J’étais empalée des deux côtés, et quoi qu’on en dise, je l’avais bien mérité. Combinant leurs mouvements en une parfaite symbiose, devenant à moitié folle, perdant toute contenance, je criai à perdre haleine en multipliant les orgasmes. Je serais sans doute morte de plaisir, si les organes gonflés à l’extrême n’avaient pas finalement projeté leurs semences entre mes reins. Transportée et toujours bien engagée par mes pourfendeurs, notre fratrie ressemblant à un hybride de crabe, se retrouva en titubant au bord de la piscine, et, finit par y plonger.
Nous retrouvant aussitôt désemboités à quelques toises de profondeur, je m’agrippai aux embouts dégorgés en me laissant remorquer, tout en m’étonnant tout de même de notre destination. N’étant pas amphibie je commençais à manquer d’air, sentant le feu dans la poitrine, je m’aperçus qu’ils nous entraînaient vers les fonds abyssaux, loin, toujours plus loin.
Perdant peu à peu conscience, j’entrevis que mes doigts n’agrippaient plus des sexes, mais bien les ailerons de mes acolytes devenus dauphins, tandis que je me transformais à mon tour, me couvrant d’une queue d’écaille. J’étais devenue sirène, à force de me faire appeler par ce prénom prémonitoire, Sirena, Sirena, Sirena...
― Sirena ! Mon ange, réveille-toi !!!
― Q... quoi, sommes-nous arrivés chez... chez Neptune ? dis-je la bouche pâteuse, un goût étrangement salé au fond de la gorge.
― Je ne sais à quoi tu rêvais, mais vu ta façon de remuer en gémissant, cela ne devait pas être tout rose...
― On est où, là ?
― Mais, dans notre bungalow, ma belle, ne reconnais-tu pas les lieux ?
― À... Punta Cana ?
― Bien sûr ! Où crois-tu que nous passons nos vacances ?
― J’ai fait un de ces cauchemars, tu ne peux pas savoir, c’était tellement... tellement fou.
― Je veux bien te croire, tu es trempée de sueur, autant que si tu avais plongé dans la piscine.
― Je vais me lever et prendre une douche, j’en ai bien besoin.
― Je vais t’aider, et ensuite...
― Ensuite ?
― J’ai, une petite surprise, pour toi...


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