L'éveil

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Bonjour, Je m'appelle Julien. J'ai 33 ans et j'écris ce qui me passe par la tête. Ca me permet d'exprimer mes émotions et mes pensées, mais aussi mon imagination. J'écris sous plusieurs formes  [+]

Image de Automne 2013
J’ouvre les yeux doucement. Cette lumière m’éblouis. Où suis-je ? Qui suis-je ? J’ai l’impression d’avoir dormi trop longtemps. Mes souvenirs sont flous, mes pensées embrumées. La lumière me fait mal, mais mes yeux commencent à s’y habituer. Mais qu’est-ce que je fous ici ? Ce lieux me semble si étrange... si étranger. Je bouge doucement mes doigts engourdis. Mon corps me parait peser une tonne. Ça y est mes mains reprennent vie. Mon corps me fait mal. Depuis combien de temps suis-je ici ? Je n’entends aucun bruit. Ou plutôt si, quelque chose de lointain, comme derrière une porte. Je ne sais pas s’il y a une porte. Je ne regarde que le plafond. Suis-je capable de bouger ? Je sens mes pieds, mais j’ai l’impression qu’ils sont bloqués. Mes mains ont bougé, mes pieds doivent y arriver. Je me concentre... Je sens mes muscles. Çà y est ! Je remue doucement mes orteils. Ça fait mal. Depuis combien de temps suis-je là ? Pourquoi est-ce si dur de reprendre le contrôle de mon corps ? Je ne me souviens toujours pas. Toujours ce bruit au loin et ce silence dans la pièce.

Mes pieds sont avec moi. Ils me font mal, mais ils bougent. Mes jambes maintenant. Après les pieds, j’ai l’impression que c’est plus facile. Je me sens de moins en moins embrumé. Mon cerveau fonctionne, c’est peut-être le principal. Je me pose mille questions. C’est angoissant. Je reprends progressivement le contrôle de mon corps. Quelle sensation étrange. Je me sens faible, mais je sens en même temps monter en moi une énergie puissante. Peut-être la peur qui commence à me gagner. Il faut que je bouge, que je me relève ! Je prends appui sur mes coudes. Mon dos me fait mal. Je grimace et me relève. Cette pièce n’est pas grande. On dirait une chambre. Evidemment que c’est une chambre, je suis sur un lit ! Il n’y a pas grand-chose dans la pièce. La lumière ne me gène plus. Il n’y a pas d’heure. Mais quel jour sommes-nous ? Quelle importance ? Je m’assoie. Mon corps se réveille. Je suis au bord du lit. Je porte un pyjama, comme ceux d’un hôpital. Je suis à l’hôpital ? Peut-être, mais je ne suis sûr de rien. J’ai peur. J’ai un milliard de questions qui se bousculent dans ma tête. Mais une seule idée fixe : je dois me lever. Je sens que ça va être dur. Je sais que ça va être dur. Je glisse doucement vers le sol. J’ai l’impression que le lit est immense. Mes pieds entrent en contact avec le sol. C’est froid, glacial, mais cette sensation me transcende. J’ai toujours peur. J’entends toujours du bruit derrière la porte. Il doit y avoir quelqu’un. Dois-je appeler ? Non ! Je suis sûr que non. J’ai le sentiment qu’un danger me guette. Je dois me mettre debout ! Je crois en moi. La peur est toujours présente, mais j’ai de plus en plus cette rage qui monte. Je ne dois pas rester ici. Je pousse sur mes jambes et sur mes mains. Ma tête tourne, je transpire, je vacille... Je suis debout ! Je tremble. J’ai la sensation de renaître. Ça fait mal. J’ai envie de hurler.

Je dois partir d’ici. Toujours ces bruits de l’autre côté de la porte. Je la vois maintenant. Elle est devant moi. Qu’y-a-t-il derrière ? Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir. Faire un pas. Avancer. Ma main n’a pas lâché le lit. J’ai l’impression d’être un enfant qui apprend à marcher. Ai-je des enfants ? Encore une question. Je ne sais pas. C’est possible... Mais quelle importance dans cette situation ? Je crois avoir esquissé un sourire malgré ma mâchoire serrée. Je fixe la porte, je ne la quitte pas des yeux. Mon pied se lève. J’ai peur de tomber, mais je rêve d’avancer. Ma main lâche le lit. Une phrase me revient : « la marche est une chute en avant que l’on rattrape au dernier moment ». Qui m’avait dit ça ? Aucune idée... Je bascule doucement vers l’avant. Mon pied avance. J’ai l’impression que je vais tomber. Mon pied se pose sur le sol. Je reste debout. Je peux marcher. Mon corps me fait moins mal. J’avance à petits pas. La porte, je ne l’ai toujours pas quittée des yeux. Elle semble si loin. Pourtant elle n’est qu’à quelques mètres. Je dois l’atteindre. Et si elle est fermée à clef ? Il y a peu de moyens de le savoir. Mes pas sont hésitants, mais de plus en plus rassurants. Je vais pouvoir toucher cette porte. J’ai peur d’être enfermé. Je me sens pourtant prêt à arracher cette porte. « Arracher » ? Oui, toujours en parallèle de la peur cette rage... Ça y est je tiens la poignée. Mais j’hésite. Il y a toujours ce bruit au loin derrière la porte. J’en suis sûr maintenant il y a quelqu’un. J’appuie doucement sur la poignée. Je ne veux pas faire de bruit. En ai-je fais jusque là ? Je ne crois pas. Que vais-je trouver derrière cette porte ? Ne devrais-je pas rester sur le lit et attendre ? Non ! Je sais que je dois sortir. Je n’arrive toujours pas à me souvenir, mais je dois quitter ce lieu. La poignée tourne. Je sens le pêne qui bouge. Pourvu qu’elle ne soit pas verrouillée. Non c’est bon ! J’entrouvre la porte. Il y a de la lumière de l’autre côté. Ne pas faire de bruit... J’essaye de voir ce qu’il y a de l’autre côté. C’est un long couloir. Je n’en vois pas le bout. Je n’ai pas encore franchi cette porte. J’entends toujours le bruit de quelqu’un, sur la gauche. Est-ce qu’il vient ? On ne dirait pas. Il faut que j’aille plus loin. Je ne dois toujours pas faire de bruit. J’ouvre un peu plus la porte. Je prie qu’elle ne grince pas. Quel est mon métier ? Quelle question idiote à ce moment là ! De toute façon ça aussi je ne le sais pas. Je peux maintenant passer la porte. Elle n’a pas fait de bruit. Je me penche doucement dans le couloir. Je suis prêt à faire machine arrière. Je suis prêt à me cacher. Je regarde en direction du bruit. Il y a une femme au fond du couloir. Je la vois. Elle est de dos. Elle est habillée en blanc. Ses longs cheveux noirs tombent sur son dos. Elle semble préparer quelque chose. J’ai peur, l’impression d’être menacé. Je ne dois toujours pas faire de bruit. Je jette un coup d’œil de l’autre côté. Le couloir est vide. Il y a une porte, fermée. Je dois partir. Qu’y a-t-il encore derrière cette porte ? Je dois aller voir. Je me glisse doucement dans le couloir. La femme ne s’est pas retournée. Je dois aller vite, mais pas de bruit. Mes pieds nus ont pris de l’assurance. Je pourrais presque courir. En ai-je la force ? Oui, ma rage me la donne. Ne pas faire de bruit... La femme ne semble toujours pas faire attention à moi. La porte n’est qu’à quelques mètres. J’avance jusqu’à elle. Ma respiration s’accélère. J’ai peur qu’elle m’entende. Je touche enfin la porte. Je me retourne. La femme en blanc est toujours de dos. Je sens que je dois me dépêcher. Je prends la poignée. La porte s’ouvre. Je me glisse de l’autre côté. Je n’ai pas regardé s’il y avait quelqu’un. La femme ne m’a pas vu.

Je me retourne. Je suis dans un escalier. Il n’y a pas de bruit. Il n’y a personne. Monter ? Descendre ? Je dois faire un choix. Vite ! Mon instinct me guide. Quel autre moyen ai-je de choisir ? Je vais descendre. Il fait froid. Je commence à descendre les marches doucement. Mes pas sont de nouveau hésitants. Depuis combien de temps n’ai-je pas pris un escalier ? Je prends confiance. Mes pas s’accélèrent. Je vais de plus en plus vite. Ma main s’accroche à la rampe. Je vole de marche en marche. Combien de marches ai-je franchies ? Aucune idée. J’ai l’impression que je vais manquer une marche, que je vais tomber. Mon pied droit trébuche ! Je pars en avant. Par réflexe mes mains se projettent devant moi. J’atterris lourdement sur le sol. Il ne restait que quelques marches... J’ai un peu mal. Mes genoux et mes mains souffrent, mais rien de grave apparemment. Je me relève. Devant moi une grande porte. Mais combien de portes vais-je devoir traverser ? Je veux sortir ! Encore une fois il faut que je prenne le risque de l’ouvrir. Et si la femme s’était aperçue de mon absence ? Vite ! Encore une fois j’ai peur que la porte soit fermée. Il fait plus froid ici. Je sens mes pieds glacés. Je tremble un peu. Ma main se pose une nouvelle fois sur une poignée. Pourvu que ce soit la dernière. Elle est plus dure que les autres. J’ai de plus en plus le sentiment que la sortie est derrière. L’excitation me gagne. Je sens la porte s’entrouvrir. Elle est lourde. Un courant d’air frais arrive sur mes pieds et remonte jusqu’à mon visage. J’ouvre la porte en grand. Je n’ai presque plus peur. Un sentiment de liberté m’envahis. Je dois rester calme, tout n’est peut-être pas fini...

Je regarde dehors. Oui c’est bien l’extérieur de ce bâtiment que j’observe. C’est une rue, ou plutôt une ruelle. Il fait nuit. Un lampadaire éclaire faiblement. Il fait frais, mais pas vraiment froid. Mais quand diable sommes-nous ? Mes souvenirs restent flous, embrumés. Seul l’un d’entre eux refait surface tout à coup. Cette sensation de liberté retrouvée me fait comme un électrochoc. Une porte ! Ou plutôt une petite maison. Ce souvenir me donne une sensation de bien-être, de sécurité. Plus j’y pense et plus je la vois avec précision. Sa porte en bois me rassure, la douce lumière qui émane d’une de ses fenêtres m’encourage. Je n’arrive pas à savoir ce qu’est cette maison. La mienne ? Peut-être. Je n’en sais rien. Tout à coup un bruit au dessus de moi me fait sursauter. Une porte a claqué. La peur me reprend. Je me sens de nouveau en danger. Je n’ai pas le choix, je dois sortir. Mais où aller ? Peu importe. Je dois sortir. J’avance dans la ruelle. Je ne veux pas qu’on me rattrape. Il n’y a personne. Je marche. Mes pieds nus souffrent sur le bitume. Je sens la rage qui remonte en moi. Elle submerge ma peur. Je veux vivre ! Je veux être libre ! Je marche de plus en plus vite. Je vois le bout de la ruelle à quelques dizaines de mètres. Il y a une plus grande rue au bout. Je vois passer une ou deux voitures. J’accélère le pas. Je dois avancer ! Je veux avancer ! Peu importe ce qui m’attend plus loin. Je cours maintenant, de plus en plus vite. Je voudrais voler. Je tourne au coin de la ruelle. J’entends au loin derrière moi un appel. Je ne me retournerai pas. Je ne m’arrêterai pas. Je cours aussi vite que je peux. Mes jambes me font mal. L’air frais envahit mes poumons, les brûle. Je ne sais pas où je vais. Je crois que j’ai croisé des gens. Que doivent-ils penser de moi ? Je m’en fou ! Mes pieds nus me font mal. Mais je ne veux pas m’arrêter. Ma rage de liberté s’épanouie. Je ne sais pas où je vais, mais je dois y aller. Quelle idée de fou !

Je ne sais pas depuis combien de temps je cours. Mes jambes me font mal. J’ai traversé plusieurs rues. Je dois ralentir sinon je vais tomber. Je n’en peux plus. Un banc devant moi. Je vais m’assoir, reprendre mon souffle. Le contact du bois sous mes fesses et dans mon dos me soulage. Mes muscles sont crispés. Me poursuit-on ? Je regarde autour de moi. Il n’y a personne. Tout à coup une étrange sensation m’envahis. Cette cabine sur ma droite, ce lampadaire à la lumière blafarde, ce trottoir gris, ces immeubles aux volets fermés... tout me semble familier. Je connais cet endroit. Ce banc même ne m’est plus inconnu. Et ils ont quelque chose de rassurant. D’instinct je regarde sur ma droite, au-delà de la cabine. Mon cœur bat fort. Un sentiment d’espoir monte en moi. Oui ! Au bout de la rue je la vois ! Cette maison gravée dans ma mémoire, elle est là ! Au bout de la rue ! C’est là bas que je dois aller. Je ne sais toujours pas ce qu’il y a dedans, si cette maison est la mienne, mais je suis sûr de vouloir y aller. Malgré mes pieds douloureux je me relève. La rue est toujours vide, tant mieux. J’avance doucement. Je n’ai plus envie de courir. Je me sens bien. La rage m’a quitté pour laisser place au calme. Mes yeux ne quittent pas la maison, j’aurai trop peur qu’elle disparaisse. Je ne suis plus qu’à quelques mètres, le petit jardin devant la porte me semble accueillant. Pourtant le peu de lumière apporté par le plus proche lampadaire ne me permet pas de voir grand-chose. Mes pieds endoloris foulent l’herbe. La sensation de fraîcheur qu’elle leur procure apaise la souffrance. Je suis devant la porte. Je tremble un peu, mais je n’ai pas peur. Ma main se lève lentement pour frapper. Pourvu qu’il y ait quelqu’un... Je n’ai pas le temps de toucher le bois, la porte s’ouvre doucement. Une belle lumière m’inonde et m’éblouis un peu. Mes yeux s’habituent progressivement. Je vois enfin devant moi une jeune femme blonde. Ses longs cheveux sont délicatement attachés. Ses grands yeux bleus et profonds me fixent avec douceur. Je sens pourtant en eux une immense force. Elle me sourit de sa bouche délicate. Je me sens envahit de chaleur et de bien-être en la regardant. Tout en elle m’apaise. Maintenant j’en suis sûr c’est ici que je devais venir. Je ne peux pas la lâcher des yeux. J’ai presque envie de pleurer. Elle ouvre doucement la bouche : « je t’attendais. Entre. » J’entre.

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