L'étreinte

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Tu n'étais pas vraiment beau, mais tu avais ce charme qu'apportent la blondeur candide, la peau pâle, l'allure décontractée. Tu avais un peu l'air éthéré d'un ange déchu, celui qui clope et qui boit, qui se fout désormais de tout puisqu'il a brûlé ses ailes, et continue de brûler la vie par les deux bouts, avec désinvolture et insolence.

La grâce dont ton visage manquait, tu l'avais dans la voix. Dans cette voix grave, dans ces notes profondes qui m'ont toujours bouleversée et que je rêvais secrètement d'entendre au creux de mon oreille, la nuit, en murmure, pendant que tu me ferais l'amour.

Et ce moment est arrivé, chez toi, dans ton propre lit. Je t'ai écouté prendre du plaisir entre mes cuisses, je t'ai entendu jouir, et je n'ai pu que me laisser emporter à mon tour rien qu'aux sons de tes râles. Car personne ne fait l'amour comme tu le fais toi, et personne ne gémit comme toi.

L'interdit rendait nos ébats plus savoureux, plus ardents. C'était la folie du début de l'été, ces soirs frais mais lumineux quand j'arrivais chez toi, toujours un peu trop tard pour ne pas repartir. Je savais exactement pourquoi je te rejoignais, et tu n'étais pas dupe non plus. Nous voulions la même chose, tous les deux, et ton sourire en coin révélait bien plus qu'un mot. Tu en crevais d'envie autant que moi, mais tu n'osais pas, parfois, et nous retardions l'instant en parlant pour combler cette attente ; littérature, auteurs alcooliques et défoncés, avec Marie-Jeanne en invitée surprise. Sans vraiment prêter attention aux inepties que nous pouvions nous raconter, troublés par le désir.
Mais nous ne résistions jamais longtemps. Au diable les conventions, nos corps réagissaient pour nous. C'était électrique, vital, animal, sexuel. Et on a aimé ça.

Quelquefois je regrette que ces moments ne soient plus. Car les amours sans lendemain sont mille fois plus belles, plus précieuses simplement parce qu'elles sont uniques et spontanées. J'étais nostalgique avant même d'avoir commencé.

Je n'étais pas amoureuse de toi, ç'aurait été une erreur. Mais j'étais amoureuse de la volupté, du secret et de ta chaleur. De toute façon, notre étreinte n'avait pas d'avenir. C'était perdu d'avance.

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