L'espion de Noël

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I
Une mission pas si simple

Niels venait d’accomplir sa mission. Evan, l’enfant de la maison, aurait droit à de beaux cadeaux, cette année. L’agent secret de la DGACN, la Direction Générale de l’Attribution des Cadeaux de Noël, s’apprêtait à sortir de la maison par la porte de la cuisine et jeta un coup d’œil derrière lui afin de s’assurer qu’il était seul. Il ne fit donc pas attention où il marchait et heurta le plat qui était posé sur la cuisinière. Celui-ci se renversa sur lui, et il fut recouvert de jus de viande. Heureusement, il arriva à rattraper le plat avant qu’il ne tombe, et n’alerta toute la maison. Il sortit ensuite dans la cour.
— Cette fois-ci, je m’en sors bien, se dit l’agent secret. Une tenue à laver, ce n’est pas trop grave.
Mais cela aurait été trop simple. Attiré par l’odeur de viande, le chien de la maison accourut, et se mit à lécher goulûment les vêtements de l’espion. Heureusement, celui-ci était bien équipé. Sa tenue de lutin possédait des dizaines de petites poches remplies de poudre magique. Il en prit donc une pincée, et la saupoudra sur l’animal. La brave bête s’endormit aussitôt. Niels sortit de la cour, et se retrouva dans la rue.
— Là, ça y est, je peux respirer, dit le lutin, soulagé.
Mais là encore, il se trompait. Il entendit du bruit derrière lui, et se retourna. Tous les chiens et les chats du quartier couraient vers lui ! Décidément, la maman d’Evan était une excellente cuisinière. L’odeur rendait les animaux fous. À situation d’urgence, solution d’urgence. L’agent secret mit en route le jet pack dissimulé dans son dos, et s’envola, laissant ses poursuivants loin derrière lui.
— Cette fois, c’est vraiment fini ! s’exclama Niels.
Eh bien non, toujours pas. Car le lutin n’avait pas trop prêté attention aux explications sur le fonctionnement de l’engin. L’appareil s’emballa, et le malheureux partit dans tous les sens. Il faillit s’écraser à plusieurs reprises.
Alors qu’il pensait avoir réussi à maîtriser la machine, il passa sous un étendage, et se retrouva avec une culotte sur la figure. Il perdit alors définitivement le contrôle, et s’écrasa au beau milieu d’un marché de Noël. Le sortir de là ne fut pas simple. Il fallut des tonnes de poudre magique pour faire oublier cet évènement dramatique aux personnes présentes et pour réparer les nombreux dégâts qu’il avait occasionnés.

II
La dernière chance

— Père Noël, vous êtes beaucoup trop clément, dit la belle lutine.
— Tout le monde a droit à une seconde chance, répondit le gentil monsieur en rouge.
— Mais Niels en est au moins à sa vingtième chance ! Et cette fois, c’est encore pire que les précédentes. Il a fallu asperger une bonne partie de la ville de poudre d’amnésie afin que les gens oublient avoir vu un lutin avec un jet pack s’écraser au milieu des pains d’épices. Cette poudre a beau être magique, elle ne fait pas de miracles. Personne ne se souviendra de ce qu’il aura fait aujourd’hui, alors tout le monde va se poser des questions. Il va falloir surveiller la ville un bon moment afin d’être sûr qu’on n’arrive pas à remonter jusqu’à nous. Non, j’insiste, Père Noël. En tant que porte-parole du chef des lutins, j’ai mon mot à dire. Il faut renvoyer Niels.
— Linda, Niels est un brave garçon, il fait de son mieux. Il ne mérite pas ça.
— Il est peut-être brave, mais il ne remplit plus qu’un seul des quatre critères pour continuer à faire partie de nos services secrets : il est un lutin. Mais à force de manger des friandises, il a pris des kilos, et n’arrive presque plus à courir. Quant à son adresse et à sa discrétion, je n’en parle même pas.
Le Père Noël réfléchit.
— Très bien. Voici ce que je te propose : nous allons offrir une dernière chance à Niels. S’il échoue, il sera renvoyé de la DGACN et sera employé comme technicien de surface.
— Technicien de surface ? Cela veut dire qu’il ramassera les crottes de vos rennes ?
— Oui et à la main.
Linda ne sut que répondre, tant la punition lui paraissait lourde. Le Père Noël allait encore plus loin que ce qu’elle avait imaginé.
— Et ce n’est pas tout, rajouta le Père Noël.
— Ah bon ? s’étonna Linda.
— La personne qui sera chargée d’évaluer Niels lors de cette épreuve ne sera d’autre que toi.
— D’accord, répondit Linda, qui n’osait pas contredire le vieil homme.

Alors qu’il revenait à peine de sa mission, le lutin maladroit était convoqué dans le bureau du Père Noël. Quand il traversa l’usine, dans laquelle les cadeaux étaient fabriqués, tous les regards se tournèrent vers lui. Certains étaient moqueurs, d’autres méprisants. Tous pensaient que Niels allait être envoyé et certains, jaloux, en étaient heureux.
— Niels ! Attention, derrière toi ! fit une voix derrière lui.
Niels tourna la tête, mais ne vit rien. On s’était moqué de lui. Pendant ce temps, il ne regarda pas où il marchait. Il s’étala de tout son long sur un tapis roulant, sur lequel des cadeaux étaient acheminés pour être emballés. Le lutin fut alors saisi par une gigantesque pince, puis déposé un peu plus loin et emballé. La scène déclencha l’hilarité générale.
Lorsque l’espion arriva dans le bureau du Père Noël, il avait encore sur lui des bouts de paquet cadeau et un ruban. L’homme à la longue barbe n’était pas seul.
A côté de lui, se trouvait Linda. C’était une belle lutine qu’il avait rencontrée à l’époque où il travaillait à la fabrication des cadeaux. A l’époque, l’idée de la voir était la seule chose qui le motivait à aller travailler le matin. En effet, ce travail l’ennuyait. C’était trop monotone. Et sa maladresse légendaire entraînait chaque jour au moins une catastrophe, qui conduisait au mieux à la destruction d’un cadeau, et au pire à une blessure pour lui ou l’un de ses collègues.
— Niels, fit le Père Noël, étonné par l’accoutrement de l’agent secret. Nous te laissons une nouvelle chance. Mais ce sera la dernière...
— Oh, merci beaucoup, répondit l’intéressé.
— Pour cette nouvelle mission, tu feras équipe avec Linda, fit le vieil homme. Vous vous connaissez déjà, d’après ce que j’ai compris.
— Ta tenue n’est pas réglementaire, dit la lutine à Niels. Tu commences mal.
L’espion soupira. Son examinatrice n’avait pas l’air partie pour être bienveillante. Mais lorsque le Père Noël lui expliqua ce que serait son nouveau métier s’il échouait, il comprit que ce qui était en jeu était bien plus important que son travail : il devrait défendre sa dignité.


III
L’évaluation

Le lendemain, Niels partit donc en mission avec Linda. Dès le début, celle-ci passa son temps à prendre des notes en faisant la moue. Tout ce qu’elle écrivait était apparemment négatif. Cela rendait Niels encore plus fébrile.
— Où va-t-on ? demanda-t-il.
— Chez le petit Evan, répondit Linda.
— Le lieu de ma dernière mission ? s’étonna l’espion. Pourquoi ?
— Tu sortais de cette maison lorsque tu t’es fait remarquer par la moitié de la ville. La légitimité de l’attribution du cadeau du petit Evan risque donc d’être remise en question. Il vaut mieux que je refasse cette mission avec toi.
Niels était contrarié, mais il ne répondit pas. Cela n’aurait servi à rien. Les deux lutins arrivèrent dans le jardin, abrités des regards par des framboisiers. La voie était libre. Ils approchèrent lentement de la maison, tournant la tête de tous côtés afin d’être sûrs que personne ne pouvait les voir. Mais avant qu’ils aient atteint la porte d’entrée, le chien de la famille arriva. Reconnaissant celui qui l’avait endormi quelques minutes plus tôt, il se mit à aboyer, l’air furieux. Niels plongea la main dans sa poche, prêt à refaire la même chose.
— Que fais-tu ? gronda Linda. Tu ne peux pas résoudre le moindre petit problème grâce à la magie. D’ailleurs, je pense que je devrais m’assurer que tu n’utiliseras plus celle-ci à tort et à travers.
La lutine fit alors un geste de la main en direction de la tenue de Niels, et de la fumée s’échappa de chaque poche.
— Mais que s’est-il passé ? demanda Niels.
— J’ai fait s’évaporer toute ta poudre magique, répondit Linda.
— Oh non, le Père Noël m’a déjà confisqué mon jet pack après l’incident du marché. Je n’ai presque plus rien pour travailler, maintenant !
— La plus grande magie se trouve dans ton cœur. Tu me remercieras, par la suite.
— J’en doute.
La lutine nota quelque chose dans son carnet. Niels était désespéré. Les mauvais points s’accumulaient, et il ne voyait pas comment il allait pouvoir se débarrasser du toutou. Soudain, en voyant un os à ses pieds, il eut une idée. Il le ramassa, et le brandit devant le chien. La perspective du jeu et du bon goût de l’os firent oublier sa colère à l’animal. L’agent secret lança alors la friandise le plus loin possible. Le chien se mit à courir et suivi la course de l’objet. Malheureusement, celui-ci ricocha sur le mur du fond du jardin, et la pauvre bête le suivit des yeux et ne regarda pas où elle allait. Elle fonça donc tout droit dans le mur et s’assomma.
— Maltraitance animale. De mieux en mieux ! s’exclama Linda en griffonnant dans son carnet.
Niels poussa un profond soupir. Rien de ce qu’il faisait ne convenait à la lutine. Il oublia toute prudence et entra dans la maison sans vérifier une éventuelle présence.
— Introduction dans un bâtiment sans aucune précaution, chuchota Linda. Tu essaies de battre un record ?
L’espion ne releva pas, car il était à présent persuadé qu’il n’avait plus aucune chance de s’en sortir. Il se fit tout de même le plus discret possible pour monter à l’étage.


IV
Chat tourne mal

Niels et Linda arrivèrent devant la chambre du petit Evan. Celle-ci n’était pas complètement fermée. L’agent secret sortit un objet de l’une de ses poches. Il l’introduisit dans la serrure et regarda dedans. La petite merveille technologique lui permit de voir toute la pièce. Evan était allongé sur son lit, et lisait un livre tout en caressant un chat qui ronronnait, blotti contre lui.
— Je ne l’avais pas vu, celui-là, tout à l’heure.
Niels n’avait jamais de chance avec les animaux, et la présence du félin lui fit craindre le pire. Il fut tiré de ses pensées par une voix qui venait de l’étage inférieur.
— Evan, tu peux venir, s’il te plaît ? J’ai besoin d’aide pour le gâteau du goûter.
Le garçon posa immédiatement son livre, arrachant un miaulement de protestation à son chat. Il se dirigea immédiatement hors de sa chambre. Les deux espions eurent tout juste le temps de se hisser au plafond à l’aide de ventouses. Le garçon passa sous eux sans les remarquer et fila à la cuisine. Les lutins redescendirent et s’introduisirent dans la chambre. Lorsque le chat les aperçut, il se mit à faire le dos rond et à cracher.
— Comment va-t-on faire ? s’alarma Niels. Nous n’allons pas pouvoir nous cacher, avec un chat aussi agressif et sans poudre magique.
— Trouve quelque chose. Ça fait partie du métier, ce genre d’imprévus, s’énerva Linda.
Niels se souvint alors qu’il avait sur lui un petit pot d’herbe à chat. Il le sortit de l’une de ses poches, et le tendit au minou. D’abord méfiant, celui-ci décida finalement d’y goûter.
Evan était au milieu de l’escalier lorsqu’il s’aperçut qu’il n’avait pas pris avec lui la toque que lui avait offerte sa grand-mère et qu’il mettait toujours lorsqu’il aidait sa mère en cuisine. Il rebroussa donc chemin. Lorsqu’il arriva devant la porte de sa chambre, il entendit des voix qui venaient de celle-ci. Il ouvrit doucement la porte, et découvrit deux personnages aux habits étranges et aux oreilles pointues, à peu près aussi grands que lui. Le garçon s’empara d’un pistolet en plastique, qui était posé sur une étagère près de lui.
— Haut les mains, dit-il avec la voix la plus grave possible.
Les deux espions s’exécutèrent, surpris.
— Qui êtes-vous ? demanda Evan.
— Des lutins, répondit Linda.
— Des lutins du Père Noël, ceux qui fabriquent les cadeaux ?
— C’est à peu près ça. Sauf que nous, nous sommes agents secrets, répondit Linda.
— Comme James Bond ?
— Exactement.
— Ouah !
— Pouvons-nous baisser les mains, maintenant ? demanda la lutine.
— Bien sûr, fit le garçon.
Celui-ci était rassuré. Les intrus n’étaient pas des voleurs.
— Que faites-vous chez moi ? demanda Evan.
— Nous sommes là pour décider si oui ou non tu mérites d’avoir des cadeaux à Noël, expliqua Niels en se retournant.
— Vraiment ?
— Oui.
— Vous faites cela tous les ans, et avec tous les enfants ?
— Tout à fait.
— Mais comment se fait-il que personne ne soit au courant ?
— C’est que nous sommes discrets.
— Tu veux dire que tes collègues sont discrets, rectifia Linda.
— Que veux-tu dire ? demanda Evan.
— Niels est un gros maladroit. A tel point que je suis obligée de revenir ici avec lui pour vérifier son travail.
— Tu es déjà venu ? demanda Evan à Niels.
— Oui. Et tu vois, tu n’en as rien su, répondit l’espion en jetant un regard en biais à Linda.
— C’est vrai. Seules quelques centaines de personnes ont découvert son existence, lors de cette mission. Et s’il n’est pas meilleur cet après-midi, il devra ramasser les crottes des rennes du Père Noël.
Niels ne répondit rien. Il avait presque oublié que l’enjeu de cette mission était sa dignité.

Caramel avait beaucoup apprécié l’herbe à chat. Mais si cette plante est délicieuse, elle a aussi des effets secondaires. Pendant que son maître discutait avec ses invités, le minou aperçut un ballon. Il lui prit alors l’envie de jouer avec. Mais le chat ne se contenta pas de pousser la balle. Il monta dessus, sur ses pattes arrière et se mit à évoluer à la manière des acrobates de cirque.
Lorsqu’Evan l’aperçut, il interrompit sa conversation avec les lutins. Caramel fit ensuite le poirier, avançant sur ses pattes avant, toujours sur le ballon. Puis il fit un salto avant et atterrit à nouveau sur la balle.
— Mais qu’est-ce qui lui prend ? demanda Evan.
Niels ne répondit pas. Linda lui jeta un regard noir.
— Evan ! appela sa mère. Tu m’as entendue ?
— Zut ! fit le garçon. Il faut que j’y aille. Attendez-moi ici.
Puis il s’empara de sa toque, et fila rejoindre sa mère.
— Les enfants ne doivent jamais découvrir notre existence ! Comment va-t-on faire ? demanda Linda.
— Au moins, là, je n’y suis pour rien, répondit Niels.
— Ce commentaire ne nous aide pas, gronda Linda.
Soudain, les deux agents secrets eurent très froid. Ils se retournèrent et virent que la fenêtre était ouverte. Et Caramel n’était plus là.
— Oh non ! se désespéra Linda. Le chat n’est pas dans son état normal. Il pourrait lui arriver quelque chose.
— Ne t’inquiète pas, répondit Niels.

VI
Sauvetage héroïque

Le lutin ouvrit la fenêtre, et sortit une ficelle de l’une de ses poches. Celle-ci s’allongea toute seule, jusqu’à devenir une solide corde qui arriva jusqu’au sol. Les deux espions s’en servirent pour descendre, et sortirent dans la rue. Ils ne surent d’abord pas où chercher, puis entendirent des aboiements. Ils allèrent vérifier ce qui excitait les chiens. La scène à laquelle ils assistèrent alors était surréaliste. Le chat se trouvait au milieu d’un terrain vague, encerclé par les toutous. Il grognait bizarrement, tentant apparemment d’impressionner ses adversaires.
— Il se prend pour un lion, ou un tigre ! s’exclama Linda.
Par réflexe, Niels mit la main dans l’une de ses poches.
— Zut ! J’oubliais que tu m’avais privé de poudre, pesta-t-il.
— Débrouille-toi autrement, répondit la lutine.
— D’accord, soupira-t-il. Je me lance.
L’espion essaya de se souvenir de ce qu’il avait appris lors de sa formation. Il s’élança, fit plusieurs roues et termina par un salto pour se retrouver à côté de Caramel, au milieu des chiens. Le chat se précipita sur lui, semblant soudain réaliser le danger. Les canidés se mirent à avancer.
Niels était terrorisé. Il se sentait comme nu, sans poudre ni jetpack, assailli par une meute hostile. Il allait devoir s’en remettre à ses capacités physiques, tout en faisant attention à ne pas blesser les pauvres bêtes. Puis, il se souvint des mots de Linda : « La plus grande magie se trouve dans ton cœur ».
Il cala alors Caramel sur ses épaules et se prépara à sauter. Il chercha ensuite des yeux un point de chute et vit la branche d’un arbre devant lui. Mais elle était beaucoup trop éloignée et haute ! Tant pis, les chiens étaient trop proches à présent pour hésiter. L’espion bondit, et Linda n’en crut pas ses yeux. En effet, le saut du lutin était digne d’un kangourou. Il atterrit sur la branche, avec une facilité déconcertante.
Il était lui-même stupéfait par l’exploit qu’il venait de réaliser. Caramel, toujours sur ses épaules, se mit à l’applaudir. Mais la situation était trop sérieuse pour s’étonner de l’attitude du chat. Il fallait redescendre, à présent.
L’espion observa l’arbre. Il constata avec joie que son tronc était situé de l’autre côté d’une palissade que les chiens ne pourraient pas franchir. Il se mit alors à courir sur la branche avec la légèreté de l’antilope et la vitesse du lévrier, puis sauta de branches en branches jusqu’à atteindre le sol. Les toutous, qui venaient de comprendre qu’ils avaient été dupés, se ruèrent sur l’obstacle en aboyant furieusement. Caramel sauta alors des épaules de son sauveur et se mit à courir. Lorsqu’il s’arrêta et miaula en se tournant vers Niels, celui-ci comprit que le félin l’invitait à le suivre. Cinq minutes plus tard, Niels retrouvait Linda devant la maison du garçon.
— Ouah ! Quel saut incroyable ! s’extasia la lutine. Et la course sur la branche, c’était génial aussi ! Tu vois que tu es capable d’exploits !
— C’est grâce à toi, répondit Niels. J’ai trouvé la magie qui se trouvait dans mon cœur.
Linda griffonna alors son carnet et cette fois, Niels savait que ce qu’elle notait était positif. Les espions se servirent à nouveau de la corde pour rejoindre la chambre d’Evan. Niels eut à peine le temps de refermer la fenêtre avant que le garçon ne revienne de la cuisine.
— Tout va bien ? demanda celui-ci.
— Oui, pourquoi cela n’irait-il pas ? demanda Niels en jetant un regard complice à Linda.
— Il est temps que l’on parte, déclara celle-ci.
— Oh non ! fit Evan. Nous venons à peine de faire connaissance.
— Linda a raison, confirma Niels. D’autres missions nous attendent.
Linda prit alors une pincée de poudre pour faire oublier leur rencontre au garçon. Mais Niels lui saisit le bras pour l’en empêcher.
— Evan est un brave garçon. Pourquoi lui faire tout oublier ? demanda-t-il.
— Tu as raison, répondit Linda.
— Merci, fit Evan, reconnaissant.
Après avoir fait leurs adieux à Evan et Caramel, les deux lutins sortirent de la maison. Ils durent courir pour échapper au chien, qui était en bonne santé, mais en voulait beaucoup à l’espion.
Linda témoigna en faveur de Niels et expliqua le courage dont il avait fait preuve au milieu des chiens et comment il avait sauvé le chat. Celui-ci conserva son poste à la DGACN. Cependant, il dut suivre des stages intensifs. Il acquit un physique d’athlète et apprit à se concentrer, à coordonner ses gestes et à se déplacer en toute discrétion.
Toi qui lit ces lignes, ne t’inquiète pas : le lutin espion est déjà passé chez toi, tu auras donc tes cadeaux à Noël !

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