L’erectus-charpapithèque

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(à mon pote...l'Erectus...Il se reconnaîtra !).

La première fois que l’explorateur non averti rencontre un mâle dominant, il se dit,

-« Mais qu’est-ce que c’est que cet os-trop-gros ? ».

Dérangé dans son mode de vie, ou poussé dans ses derniers retranchements, l’animal pourrait bien alors, s’identifier au loulou des quartiers Nord de Marseille ou pire, afficher la perplexité d’un contrôleur fiscal qui (les yeux dans les yeux), ne trouverait rien à redire aux placements d'un ministre des finances, (fut-il spécialiste de l'implant capillaire).

Si, d’aventure, lors d’une expédition en terre inconnue, L’explorateur téméraire venait à croiser un Charpapithèque en phase régressive, alors là, méfiance ! Celui-ci pourrait avoir, à son contact, un comportement inattendu. Par exemple, il pourrait l’ignorer souverainement, comme s’il était aussi transparent qu’un pare brise de chez « Carglass », fraîchement remplacé, (avec essuie-glaces Bosch, offerts). Dans ce cas, inutile d’insister. L’intérêt et la sympathie qu’il accorderait à cette manœuvre d’approche, seraient quasi identiques à celle d’un gravier anguleux qui se serait insidieusement introduit dans sa chaussure à double laçage et toute tentative de séduction serait irrémédiablement vouée à l’échec et donc "mat".

Inutile de lui faire des flatteries, des sourires ; de le caresser dans le sens du poil ; d'affirmer qu’il est le plus beau du zoo, le plus génial du bal ; que vous sanglotez d’admiration quand il vous apprend qu’il nage la brasse coulée comme un béluga adulte et qu’il a fait de la plongée sous-marine, une passion aux profondeurs abyssales. Que vous constatez que ses avoirs, sont inversement proportionnels aux pertes de la société générale, après l’opération hasardeuse de Jérôme Kerviel. Que le coffre de son automobile a été aménagé pour accueillir une piscine à vagues, un court de tennis et un golf, dix-huit trous.

A l’inverse, une autre attitude, tendrait à démontrer qu’il sait aussi être civil à l’égard de certains autochtones. Alors là, c’est une autre tisane –« Salut vieux débris...bientôt la retraite ? Et ceci, sous prétexte qu'il aurait quelques années de moins que vous. Ou encore –« Eh machine...Magnifique ta robe...c’est la vendeuse qui doit être contente » !

Surtout, ne pas s’y tromper. S’il tient ce langage et de surcroît, s’il grogne et ne rit pas, c’est qu’il vous a à la bonne.

Dire que la "chose" fait dans la dentelle, serait très exagéré.

Pour situer le spécimen, disons qu’il serait plus en harmonie avec la rhétorique savoureuse de Michel Audiard que les thèses fumeuses de Sigmud Freud.

Il va s’en dire, (mais c’est tout de même mieux quand c’est dit), le Charpapithèque est d’humeur changeante ce qui lui confère une personnalité à deux facettes. L’une agressive, l’autre sociale, sachant que ces deux comportements peuvent varier, en fonction de la quantité de nourriture et de boisson qu’il aura préalablement absorbée.

Côté femelle, n’ayons pas peur de le dire, (même si ça va sans dire), la meuf Charpapithèque jouit d'un caractère fort et convivial. Elle est capable, sans fléchir les genoux, ni se gaver d’antidépresseurs, de supporter le mâle dominant qui, est-il besoin de le dire (même si c’est mieux quand on le dit), a la délicatesse du mammouth laineux, la sensibilité d’un détonateur de mine antipersonnel, la tendresse d’un étau à mâchoires.

Et puis il y a la toute jeune femelle Charpapithèque, capable selon son humeur (qui n’a rien à envier à celle de son géniteur), d’asséner une baffe de 100w dans notre meilleur profil ou de nous smaker un énorme bisou sonore et affectueux, les bras fermement enlacés autour du cou.

Enfin, il y a le mouflet Charpapithèque. Le jeune mâle est adorable, mais il est espiègle, comme savent l’être tous les jeunes mâles. Très tôt, il découvre le pouvoir qu’il a sur son géniteur (et trice...aussi).

A l’instar du politique, avant sa mise en examen, il découvre les vertus du trafic d’influence, de l’extorsion de fonds, du harcèlement.

Comme tous les jeunes (et les politiques), il aime le jeu, la quête, la domination. Il est tenace et ne lâche pas facilement sa proie !

En jeune loulou exigeant, il veut la-mob-de-ses-rêves-avec-sacoches-en-peau-de-léopard-et-sur-le-réservoir-l’autocollant-du-marsupilami. (traduction : lui aussi, il veut une gazelle, sans pot d’échappement et, au train arrière, équipé de silentblocs). Gazelle qui finira inéluctablement au fond du Rhône ou, dans le meilleur des cas, complètement désossée, dans la cave d’un vrai berbère allumé.

Mais le couple de Charpapithèque adulte, ne l’entend pas de cette oreille.

–« Que dalle, mon pote », rugissent-ils à l’unisson !

Cependant et malgré cette parfaite unanimité, très vite, le jeune mâle comprendra que l’ouverture est plus côté « père », car côté « mère », ce serait plutôt « l’impaire ».

–« j’veux une meule ! j’veux une meule !...sinon, j’te griffe la truffe ! » Et le mâle adulte, de rétorquer : -« On verra, quand tu seras en âge de pister une hyène ! » Il a oublié, le dab que depuis Giscard, son rejeton est émancipé et il a beau bramer et se frapper la poitrine comme un gorille à dos argenté, le fiston n’en n’a rien à cirer. Et d'ailleurs, de rage, celui-ci lui griffera cruellement la truffe !

Puis, à court d’arguments et de patience, (et également, la douleur que lui occasionne la lésion nasale), exaspéré par les vociférations de son casse-pompons de fils et selon un rituel probablement venu du fond des temps, le charpapithèque adulte, serre fermement les poings et se mord profondément la lèvre inférieure, refrénant ainsi une montée d'agressivité génétique, signe avant-coureur de la prédation.

-« Ok, tu l’auras ta gazelle, mais maintenant, lâche-moi la grappe !».

Dans ces moments de grande lassitude parentale, le jeune aurait tout aussi bien pu exiger, un gnou à guidon sport, voire, un caribou à-relais-Davidson.

« Une légende ancienne, prétendrait que, dans un élan de solidarité et de compassion à l’égard de ses congénères, un vieux mâle aurait invité tous les adultes Charpapithèques, d’Europe (et de mon dentier), à se liguer pour lutter contre une progéniture, oh combien pompeuse d’air ; oh combien déterminée ; oh combien c’est dur qui, depuis l’invention du moteur à explosion, de mai 68, et du Big-Mag à trois étages, se croit obligée de pourrir systématiquement, la vie de leurs aînés ! »

Logue... et puis logue !

Voici donc un rapport succinct, visant à s’enquérir du mode de vie et de l’évolution génétique de l’Erectus-Charpapithèque. Certes, cette étude n’est pas aboutie. Des pans entiers, restent encore à défricher, tant le sujet est vaste et mystérieux. Mais avec les nouvelles techniques d’approche et des appâts appropriés, gageons que les explorateurs et autres scientifiques de demain, auront la possibilité de parfaire la présente ébauche, afin de mieux appréhender les usages et les rites de l’espèce.
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