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L’AVEU

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Revce

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Monsieur Besnard avait été inhumé un mois auparavant dans le cimetière de Pikemeby. Ce fameux 5 août 1967 resterait gravé dans les mémoires des habitants de cette ville. Après 15 jours d'enquête, le dossier avait été classé sans suite. Son décès faisait la une de l'actualité. Ce n'était pas parce qu'il était un homme d'affaire connu et prospère, mais du fait qu'il était candidat à la mairie.

Plusieurs thèses avaient été avancées. Pour certains, il était mort de cause naturelle pour d'autres, il avait été victime de ses rivaux en politique. Celle la plus plausible, il s'était suicidé parce qu'il ne pouvait pas accepter le décès de sa fille âgée de 3 mois d’une toxoplasmose.

Pour les Pikemebiens, ce départ avait beaucoup affecté sa femme et depuis lors, elle ne portait que du noir.

Après plusieurs jours, une sorte de mal-être où cohabitaient angoisse, mélancolie et insomnie, madame Besnard décida enfin de revoir le vieux curé de la paroisse.

- Veuillez m'excuser mon père, il y a madame Besnard qui est là, annonça Sylvie, la bonne du curé.
- Madame Besnard ? Eh bien qu'attendez-vous pour la faire entrer ?

Comme d'habitude père Marcel la reçut dans son bureau. Le curé se leva pour la saluer et il lui fit signe de s'installer sur le canapé. Cette famille était la plus grande donatrice de la paroisse et père Marcel considérait madame Besnard comme sa propre fille. D'autant plus que la mère de celle-ci était son amie d'enfance et avant sa mort il lui avait promis de toujours veiller sur elle.

- Bonjour père Marcel, comment allez-vous ?
- Marie, mon enfant, pourquoi tu ne réponds plus à mes appels? À 3 reprises je suis allé chez toi, mais c'était comme si ta maison était abandonnée. Je ne te vois plus à l'église et tu as laissé tomber ta séance d'aide et d'orientation hebdomadaire.
- Vous avez raison mon père, mais je voulais prendre un peu de recul.
- Du recul ! Presque personne n'a eu de tes nouvelles après les funérailles. Je sais que la mort de Jacques t’a infligé beaucoup de souffrance.
- Mon père, je n'arrive plus à dormir. Parfois, je passe des jours sans manger et j'ai même envoyé Junior vivre chez sa tante.
- Prends-tu toujours tes médicaments ? Tu suis correctement le traitement ?
- Oui, mais ce n'est pas la cause. Savez-vous que Jacques me battait ?

Un silence s'installa dans le bureau.

- Marie, tu en es sûre ? Peut être que c'était l'effet des médicaments. Ton mari était un paroissien exemplaire.
- Ben, il n'y a pas de bon chrétien.
- Mais, Marie, pourquoi il te frappait ?
- Tout a commencé 1 mois après la mort de notre fille. Il avait changé de comportement, il m’accusait d'être une mauvaise mère et disait que c'était à cause de moi qu'elle était morte. Je m'enfermais dans la chambre pendant 3 ou 4 jours pour que mon fils ne s'aperçoive de rien.

Père Marcel voulut réagir, mais Marie ne lui laissa pas le temps de placer un mot.

- J'ai dû démissionner de mon poste de directrice de l'école maternelle. Vous connaissez la suite mon père. Ma tentative de suicide et mon séjour dans un centre psychiatrique.
- Pourquoi n’as-tu rien dit ?
- Vous savez qu'il était un homme connu. Il avait des amis dans la police et au tribunal et nous étions une famille honorée de la ville. Je me disais qu'il avait raison, peut être je suis une mauvaise mère.
- Voyons ma fille, si c'était le cas tu n'aurais pas Junior qui a actuellement 14 ans.
- Et une mère fera tout pour protéger son enfant et pour le voir grandir.
- C'était à cause de ses mauvais traitements que tu faisais des cauchemars ?

Marie avait tellement envie de se libérer qu'elle n'entendait même pas la question du curé.

- Une mère est prête à tuer pour la protection de son enfant.
- Tuer ! Marie qu'est-ce que tu racontes.
- Oui, un soir je n'arrivais pas à dormir et cela faisait deux jours que j'étais de retour du centre. En me rendant à la cuisine, j'ai entendu du bruit dans la chambre de mon fils. Je l'ai vu, de mes yeux vu, au travers de la serrure de la porte de chambre de Junior, violer son propre fils, mon père. Vous rendez-vous compte ? Jacques, le bon paroissien, père incestueux au mépris des règles de Dieu, utiliser mon fils pour son plaisir ; briser à jamais la vie de ce qui nous est le plus cher ; la colère de Dieu m'a saisie.
- Quoi !
- Oui, il le violait. Je pensais que je rêvais.
- Mais c'est impossible. Jacques était son père.
- Tout ça c'est à cause de moi. Je me suis laissée emporter par la mort de ma fille, ma tentative de suicide. Je n'avais plus de temps pour Junior et il n'avait personne à qui parler. Mon petit Junior si doux, si innocent; par ma faute, par mon absence, j'ai permis à cette monstrueuse bête de lui faire du mal. Je ne me le pardonnerai jamais. La vengeance de Dieu ne pourra pas réparer le mal qu'il lui a fait.
- Tu es sûre de ce que tu as vu Marie ?
- Ce n'était pas sa première fois. J'avais remarqué que Junior avait beaucoup maigri, qu'il passait la plupart de son temps chez sa tante et il avait peur d'être en présence de son père.
- Mais Marie.
- Non mon père il n'y a pas de mais. Déjà on disait que j'étais déprimée, suicidaire. Là, personne n'allait me croire. On me traiterait de folle. Donc, j'avais décidé de réagir.
- Ne me dit pas que c'est toi qui...
- Si mon père. J'ai accepté d'être l'instrument du Tout-Puissant à cet instant, lui dit-elle des sanglots dans la voix. Juste avec quelques billets on peut se procurer ce qu'on veut. Même si je n'étais pas calée en biologie et en chimie, je ne séchais pas ces cours.
- Tu n'as pas osé un truc pareil ?
- Mon père quand il s'agit de son enfant une mère est prête à tout. J'avais remarqué que mon mari prenait toujours une tisane avec de la vanille avant de dormir. N'oubliez pas mon père qu'il était asthmatique. De ce fait, j’ai versé de la toxine botulique dans le flacon de vanille pour que l'effet soit lent, à peu près 4 ou 5 jours et elle lui a provoqué une détresse respiratoire.

Père Marcel transpirait en écoutant le récit macabre

- Puisque je devais me rendre à une retraite avec soeur Nadine, donc j'aurai un alibi en béton et Junior était allé en camp. Ce fameux 5 août, en rentrant chez moi c'était Nadine qui avait découvert le corps sans vie de Jacques assis sur le sofa.

Marie ! disait père Marcel.
Elle lui sourit en le regardant dans le blanc des yeux tandis qu'il faisait le signe de la croix.

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Gandy Olivier Bastien · il y a
Interessant interessant, c'est sure que dans la suite on va lire que marie avait dit des mentris au curé. Je pense que son mari la batait parce qu'elle le trompait puis elle finit par s'arranger avec son copin pour tuer son mari.
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Revce · il y a
Intéressant. Peut-être que Marie disait la vérité. On attendra la suite.
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Iyer Smidy · il y a
Waoooo..... Querido Amigo eso fue impactante. Me gusto muchisimo. felicidades!
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Revce · il y a
Merci
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Marckenson Exavier · il y a
J'attends la suite très intéressant
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Revce · il y a
Pas de souci. Patience mon ami.
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Jennifer Dayana Estil · il y a
vengeance bien planifiee
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Revce · il y a
Tout à fait.
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Cyto · il y a
Marie est folle à lier, elle a voulu se venger de son mari parce qu'il la battait. Elle l'a tué et a inventé cette histoire de viol.
C'est pourquoi elle a sourit à la fin, parce qu'elle a bien eu sa revenge et le père a cru a son histoire.

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Revce · il y a
Beaucoup d’hypothèses.
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Kesnel Victorin · il y a
J'ai EU le souffle coupé...
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Carlandie Joliva · il y a
Intéressant,en effet une mère est capable de tout pour protège son enfant.
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Revce · il y a
Oui maman. Lol
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