L’ascension sensationnelle

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Jury

Salut, Je m’appelle Solène, j’ai 15 ans, et j’aime par dessus tout les fictions d’aventure !

Image de Short Paysages - 2020

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« Allez Emma, tu peux le faire ! »
Ma main tâte désespérément le mur à la recherche d’une prise qui pourrait soulager le stress que produit cette ascension.
« Vas-y, tu y es presque ! »
Le souffle court, la poitrine collée contre la roche, les muscles tendus, et sous les encouragements de mes amis au bas du mur, je parviens enfin à lever la tête pour observer l’amas rocheux qui s’arrête à quelques mètres de moi.
« Une, deux... »
Trois prises.
À peine trois prises sont nécessaires pour atteindre le sommet.
Ça y est, je l’ai, ma main moite agrippe un espoir dans le creux de la roche.
Là, il n’y a qu’un mur gris et laid auquel je m’accroche, mais plus haut, je le sais, quelque chose de sublime m’attend. Quelque chose de léger.
En réalité je ne le sais pas, mais tout le monde le dit. On me dit qu’ici il n’y a pas d’horizon, mais il y a autre chose de plus beau encore. Quoi donc ?
C’est dans un réel effort et en pensant de tout mon cœur à ce nouvel et étrange horizon qui m’attend que je parviens enfin à hisser mes jambes. Puis mes bras. Et ça y est, je sens l’herbe fraîche au bout de mes doigts et met toute ma force pour que mon corps entier la rejoigne.

La première chose que je sens est la sensation du soleil sur ma peau. Je viens d’entrer à la lueur du soleil.
Puis la brise légère de l’altitude qui m’incite à expirer tout mon souffle accumulé dans la montée au rythme du vent.
Enfin le silence. Je me sens seule, mais une solitude étrange, comme si j’étais aussi en sécurité, protégée par quelque chose.
Et enfin, j’ouvre les yeux.
Et ce que je vois dépasse toutes les sensations que j’ai vécues jusqu’alors.

Des quelques nuages bas dépassent des piques de toute sortes, innombrables et semblant s’étendre jusqu’au bout du monde. Certains sont gris, durs et pointus et reflètent même un peu de neige malgré ce mois de juillet, mais d’autres sont verdoyants, semblables à d’immenses collines dont les sapins imitent une longue robe qui s’étend jusqu’à la plaine, où je peux déjà m’imaginer en randonneuse marchant le long de la rivière et de la forêt.
Je vois la montagne. La nature. La vie.
Et un bonheur incompréhensible me fait sourire devant ce paysage merveilleux, épanouissant, où je me sens non seulement dépaysée, mais aussi étrangement à ma place, chez moi, loin de ces plaines sans fin et de la ville sombre et étouffante. Et j’essaye de capturer chaque détail de ce paysage, chaque fragment, de les ancrer dans ma mémoire pour que plus jamais elle n’en ressorte. Mais cette vue me dépasse.
Et lorsque je parviens enfin à détacher mes yeux de la beauté de la montagne, c’est pour me laisser tomber dans l’herbe fraîche, le cliquetis de mes mousquetons résonnant de ma ceinture jusqu’à mes oreilles, et fixant le ciel bleu au dessus de moi en songeant que je pourrais escalader la plus haute de ces montagnes pour l’atteindre, ça ne me ferais pas peur.
Et je ferme les yeux pour que les images me reviennent...

« Alors, Emma ? C’est cool, l’Isère ? »
Je tourne subitement la tête pour découvrir que Thomas a à son tour atteint le sommet, et je souris.
La magie ne s’estompe pas, elle diffère.
Parce que finalement, la beauté du paysage, c’est peut être plus beau à deux.
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