Josépha

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Pas très bricoleur, plutôt rêveur, je me suis mis hier à écrire des histoires et j'éprouve aujourd'hui le besoin de les partager.J'aime lire les textes des amis qui ne sont pas forcément  [+]

Image de Été 2019

C’est encore un sacré bazar sous ma caboche, pourtant, ils prétendent que le plus dur est maintenant derrière moi. J’ai récupéré les effets personnels qu’on m’avait confisqués à Sainte Anne. Je me sens bien ici et je ne suis pas sûr d’avoir envie d’aller mieux.
Du long sommeil qui a précédé mon arrivée dans ce doux cocon, il me reste un épais brouillard fait de barreaux sans fin, de portes verrouillées et de zombies qui ne retrouvaient jamais leurs lits. Je me souviens surtout d’horribles poids qu’on accrochait sous mes paupières pour m’empêcher de voir.

Ma fille Mélanie s’est occupé de tout.
C’est sans doute grâce à elle qu’on m’a transféré dans un hôpital psychiatrique plus proche de mon domicile. Me voilà donc, ironie du sort, à Nicolas de Staël où je récupère d’une sévère dépression. Je dis ironie du sort car il paraît que le Nicolas, bien qu’il peignît avec talent, était plutôt fêlé. Moi, j’ai voulu écrire à la manière d’un peintre, mais le talent s’est montré cruel.
La rencontre déterminante remonte à quelques mois. La confrontation avec la peinture extraordinaire d’une mystérieuse Claude Bébéar provoqua un choc inédit. Elle révéla la flamme du créateur qui étouffait en moi par la simple volonté d’un éditeur mercantile.

Je déambulais quartier des antiquaires à Saint-Ouen. Je chinais à la recherche de porte-plumes ou d’encriers. Des pièces que je collectionne et qui me font rêver tant elles semblent éloignées de l’écriture qui me nourrit. En fait, je tape au kilomètre des textes insipides qui se vendent comme des petits pains dans les halls de gare. J’étais alors loin d’imaginer que, par je ne sais quel alignement de planètes, j’allais tomber foudroyé devant LA Peinture qui bouleverserait ma vie.
L’émotion fut si grande qu’elle me paralysa. Fasciné par l’extravagance et la puissance qui s’en dégageaient, je compris immédiatement ce qui manquait à mon écriture.

L’huile plutôt sombre représentait une broussaille impénétrable dans laquelle disparaissait, je dirais, une Chrysler coupé sport. Le véhicule s’était encastré dans une colonne romaine. La végétation dévorait la carcasse rouillée. Les ronces étranglaient la colonne de granit. À la place du squelette, une femme à la beauté diaphane, toute de blanc vêtue refusait son destin. Elle croyait encore à l’éternité de son Éden perdu.
Nulle trace de sang, on eût dit qu’elle dormait. Elle serrait dans son poing les lanières d’un casque de cuir souple... Son bras, épargné par les épines, pendait le long de la portière.
Porte du paradis ou de l’enfer ?

J’avançais dans la caverne afin d’approcher au plus près du chef-d’œuvre.
Le trésor dormait dans le dos indifférent d’un tenancier plus occupé par sa pipe que par un acheteur éventuel.

La toile imprimait tout sans rien dévoiler. L’émotion sans la solution. Les nuances recelaient une énigme qui restait à interpréter. Elles formaient un ensemble cohérent, tellement déstabilisant. Mystérieuse magie des pigments, de la soie du pinceau sur la toile. Tout cela offert en un seul regard. Dire qu’il me fallait des pages et des pages d’une inutile écriture pour balbutier le millième de ce que contait ici Bébéar. Plongée vertigineuse dans le néant. Je mesurais alors l’étendue de mon ignorance.

J’explorais le détail des nuances de la toile. À la recherche d’une clé pour comprendre. Je devais me donner les moyens de reproduire par l’écrit ce qu’à cet instant j’éprouvais. L’œuvre me pénétrait. Des feuilles tournoyaient dans le ciel. Des ronces me griffaient l’épiderme, elles s’enroulaient pour m’emprisonner. Josépha ouvrit les yeux pour m’encourager. Ses yeux d’un gris bien plus clair que celui des nuages défiaient un ciel d’orage. Elle lâcha la sangle de cuir, me tendit la main, et m’invita à la suivre. Je me mis à trembler. Mon nouveau roman s’intitulerait Josépha.
J’allais l’écrire à la manière d’un peintre. Tremper mes doigts dans la palette des lettres. Faire vibrer les mots, les assembler pour qu’ils se télescopent. Les sublimer. Les enduire de sorte que chaque phrase, chaque page devienne tableau. Mes doigts en guise de pinceaux !

Cette toile me transportait. Tout était là, dedans, il me la fallait !

Le type a lâché sa bouffarde puis s’est tourné vers moi.
— Il vous plait ce buffet Art-Déco on dirait ?

Le gars m’est tout de suite apparu antipathique. Comment avait-il pu se méprendre à ce point ? Ainsi, dans sa petite tête de gagne-petit, seul le truc en bois sur lequel reposait le diamant brut présentait un intérêt.
Josépha, qui illuminait de sa splendeur son minable bric-à-brac, lui jeta un regard désapprobateur. Il passa la main dans ses cheveux gris et sales puis se gratta le nez.
— Ah mais c’est que ce tableau n’est pas à vendre monsieur !
Je reculais d’un pas afin que son haleine infâme n’empoisonne pas le délicat parfum de Josépha.
— Qui est cette géniale et mystérieuse Claude Bébéar ?
Le propriétaire des lieux ajusta ses lorgnons afin de découvrir la signature de l’artiste.
— Et qui vous dit, cher monsieur, que ce Claude Bébéar est une femme d’abord ?

Décidément, ce type était un abruti. Nous n’allions pas pouvoir nous entendre. Il m’expliqua que ce tableau provenait d’une succession. Qu’un de ses collègues le lui avait racheté il y a quelques mois et qu’il tardait depuis à l’en débarrasser.
L’imbécile n’accepta pas que je lui offre, trois fois le prix que son collègue avait mis sur l’affaire. À ce moment je compris qu’il y avait baleine sous cailloux, et que tout cela finirait par mal tourner.

Je suis resté quelques heures devant la toile, à m’imprégner des couleurs indispensables à la préparation de ma première véritable création. Le bibelotier n’apprécia guère ma présence. Je le dérangeais. Il me le signifia en ne m’adressant plus la parole. Ça tombait bien je n’avais nulle envie de bavarder avec ce vieux machin, qui d’entrée m’avait claqué la porte au nez.
Quand vint l’heure de fermer le magasin, malgré notre différend, nous nous saluâmes poliment.

De retour à mon atelier, je me jetais sur l’ordinateur, persuadé d’entreprendre alors l’œuvre de ma vie. Je désirais plus que tout éclairer le monde des allégories dont la peinture se faisait messagère. Raconter certes, mais autrement. Pas un instant, je n’aurais pu imaginer que la divine princesse resterait parée de son éclatant linceul blanc. Pas un instant non plus je n’aurais imaginé qu’elle me conduirait ici à Nicolas De Staël.
C’est qu’écrire à la manière d’un peintre ne s’improvise pas.

Comment ce tableau avait-il pu éveiller en moi pareille frénésie d’écrire... Enfin je veux dire, écrire pour de vrai !
Josépha finissait par me hanter. Elle prenait totalement possession de moi. Pendant des jours et des nuits, j’écrivis sans discontinuer. Je produisais. J’évitais de retomber dans mes travers, mais ne réussissait qu’à produire. Les pages s’imprimaient sans imprimer la manière. Je recherchais en vain le style, la beauté du trait. Je ne dormais plus, ne mangeais plus. Mon reflet dans la glace m’ordonnait de me ressaisir. Pour qu’il me laisse en paix, j’ai jeté ma parka par dessus.
Je devais réussir. Il le fallait.
Puisque Bébéar restait l’élément déclencheur de ma renaissance, c’est dans son travail que je devais trouver l’inspiration. Dans sa mise en scène. Dans l’inquiétante nature morte sublimée par la seule grâce de Josépha. Par le grain de sa peau. Par ses pupilles à moi seul offertes.
À mes lettres qui ne vibraient pas encore, j’ajoutais de grandes rasades de whisky afin qu’au moins elles dansent.

Je rendis de plus en plus souvent visite à l’antiquaire.
Il se méfiait de moi, et moi tout autant de lui. J’examinais à la loupe le prodigieux travail de Bébéar. La lumière émanait de la main de Josépha. Une main fine, émouvante et sensuelle, aux longs doigts graciles qui enserraient le cuir de lanières pour le moins équivoques. On pénétrait le domaine des émotions. Chasse gardée du peintre. Alchimie de la matière qu’aucun photographe ne saurait saisir. Un relief en écailles, sans la moindre boursouflure. Les gestes du pinceau, du couteau étaient précis, directement connectés à l’âme. Le maître avait mélangé, nuancé, lissé, gratté tout un camaïeu de gris pour enfin faire surgir l’unique gris capable de rallumer les ténèbres. Le seul qui puisse laisser une chance à Josépha.
J’étais un écrivain raté, encore moins peintre ou photographe, mais j’étais l’élu. Désigné par Josépha ! Elle m’accordait sa confiance, me suppliait de ne pas l’abandonner. Je devais poursuivre le chemin tracé par Bébéar. Ne pas trahir. Pour elles, je devais relever le défi.

Tandis que le vieux me prenait pour un cinglé, je tentais de gagner sa confiance.
Juste, je le menaçais de mort, pour le cas où il lui prendrait l’idée de se débarrasser de mon tableau.

Pour nourrir mon roman, j’éprouvais l’impérieux besoin d’une profonde intimité avec Josépha.
Une nuit, armé d’un pied de biche et d’une lampe torche, je forçai le rideau métallique derrière lequel sommeillait ma belle. Je pus passer ainsi une nuit entière, baigné de lumière, à réincarner la gisante, à fourmiller d’idées colorées. Et puis, installé sur le cuir de l’épave oubliée, à jouir de sa tendre chair.
Au petit matin les flics sont venus me réveiller.

J’ai dû payer la réparation du rideau métallique. L’antiquaire n’a pas porté plainte, je m’en suis tiré avec un simple rappel à la loi.
Pendant la semaine qui suivit je ne fis qu’écrire. Mon vénal éditeur souhaita connaître la date d’envoi de ma nouvelle daube. Il fut surpris de m’entendre répondre que je n’écrirai plus, désormais, qu’au pinceau.
Chaque mot sur la page formerait une image. Fondus l’un en l’autre ils exhaleront l’odeur de la térébenthine si chère à Monet. Mais moi, je gommerai l’obscénité de ses couleurs. Pour ne pas perdre Josépha. Pour rester dans l’esprit de Bébéar. Les lettres tresseront entre Josépha et moi une guirlande que nous roulerons chacun de notre côté, jusqu’à nous retrouver et nous pelotonner l’un en l’autre.
Mes méninges carburaient à l’alcool et à la coke mais je redoutais la panne. Sur mon écran se dessinait le fruit d’un étrange délire. Je tournais autour du but sans jamais l’atteindre. Je m’embourbais.
Il me fallut demander conseil à Josépha.


C’était un samedi sans âme. Les nuages crachouillaient une bruine collante qui se mélangeait à mes larmes. J’allais triste et désemparé sur le pavé gluant. Le salaud s’était débarrassé du tableau et je ruminais ses paroles assassines.

— Arrêtez maintenant de me faire chier sinon j’appelle la police.

Moi je voulais simplement retrouver Josépha. Pas la kidnapper. Il n’avait pas à me confisquer le tableau. Il n’aurait pas dû hausser le ton. J’ai fait mine de l’étrangler, il a couiné bizarrement avant de s’écrouler sur son buffet Art-Déco. La vie ne peut pas toujours sourire aux imbéciles.

Finalement, je suis bien ici, je ne manque de rien. Je fume des joints dans un mignon petit jardin. Je les achète à Dédé un garçon débrouillard qui garde ici ses entrées. Les médecins sont compréhensifs, le personnel aux petits soins. Ma chambre est plutôt cosy. Les petites salles à manger sont bien aménagées. Dans les couloirs, il y a des canapés partout. Et puis dessus, des patients hagards qui, parfois, émergent de leur torpeur, et qui, pour se distraire se montrent inventifs et rigolos.
Les couleurs acidulées sur les murs sont d’un bien bel effet. Il y a un coiffeur qui me taille les cheveux mais pas la barbe que je laisse pousser pour ressembler à Camille Pissarro. Je participe à des groupes de paroles. Comme je suis aussi devenu gourmand, je fréquente assidûment le fameux atelier pâtisserie. Aussi, je regarde des films à la télé, mais ce que je préfère c’est l’atelier d’art-thérapie.
Certains barbouillent, et moi je peins. Je peins des broussailles, et puis des ronces qui s’enchevêtrent. Un déferlement de gris puisque Josépha s’est enfuie. Les épines me fascinent. Elles simulent des barbelés sur la pointe desquels s’écorche la lumière. Elles sont des aiguilles qui tricotent les chairs. Oui je peins tout ça, et je dois dire que je m’en sors plutôt bien. Mes gouaches seront prochainement accrochées dans le hall.
Mélanie sera fière de son papa.

Ce n’est pas au fait d’avoir tenté d’étrangler l’antiquaire que je dois l’opportunité d’avoir été admis à Nicolas de Staël. C’est surtout parce que je me suis acharné à écrire à la manière d’un peintre. Déçu par mon écriture, j’ai poursuivi mon œuvre en peignant mon angoisse et mon exaltation directement sur l’écran de l’ordinateur. Ça n’a pas marché.
J’ai déraillé.
Fou de rage, je me suis emparé de l’engin et l’ai balancé par-dessus bord – j’habite au deuxième étage. Au même moment, un homme a eu la malencontreuse idée de passer dessous. Il n’est pas mort, mais hospitalisé, là-bas, de l’autre côté de la rue. Il paraît que ce n’est pas si bien qu’ici, parce qu’il n’y a pas d’atelier pâtisserie.

C’est heureux que je sois à Nicolas de Staël. Même si des fois ça barde un peu, surtout quand il faut mettre des contentions aux excités. Grâce à un traitement léger, moi je dors profondément. On m’écoute, on prend soin de moi et mon travail est considéré. Je ne pourrais pas vivre de ma peinture, mais je l’assume. Je signe les œuvres de mon vrai nom, pas comme les bouquins que je signais River Stone, un pseudo ridicule pour faire américain.

Voilà, le grand jour est enfin arrivé.
Mon travail est à l’honneur.
J’ai participé à l’accrochage de mes cinq toiles préférées. Une de dimension imposante, les autres, plus petites, mais non moins intéressantes. Toutes sont des variations sur la thématique des broussailles et des ronces. L’œuvre, appréhendée dans sa globalité, peut paraître sombre, austère, voire tourmentée mais, pour qui saura les deviner, les minuscules points de lumière qui s’infiltrent entre les épines offrent la fulgurance que mes mots n’ont jamais su trouver. Mélanie qui s’y connaît en peinture sera scotchée.

Je me dirige vers le hall et mon cœur bat la chamade. Il est encore tôt, pourtant devant la grande toile, une silhouette blanche s’apprête à entrer dans le cadre. Mes yeux se brouillent.
Serait-ce possible ?
Je ne retiens plus mes larmes. Je m’approche, pose délicatement la main sur l’épaule de la jeune femme.

— Josépha ?

Elle se tourne vers moi et sourit.

Elle n’est pas Josépha mais une infirmière de l’hôpital d’en face... et moi je hurle ! Elle prend peur.
On me ceinture... Je me débats... Non je ne veux pas de piqûre. Je ne suis pas malade !
On ne m’écoute plus. Je ne me souviens plus.

Ma fille est venue à mon chevet.
Elle m’embrasse et elle pleure... Sûrement parce qu’elle a dû voir mes gouaches... Elle ne me dit rien. Je crois bien qu’elle est fière de son père.

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M. Iraje · il y a
Rien n'est plus proche de la folie que le fantastique. Et c'est fantastique.
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Alain.Mas · il y a
Un magnifique texte. Félicitations.
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Felix Culpa · il y a
A cheval entre le réel et l'irréel, la raison et le délire ! Une histoire parfaitement maîtrisée !
Mes 5 voix Jipe !

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jusyfa *** Julien · il y a
Très bon texte, on est vite accroché par votre plume ! Bravo ! +5*****
Bonjour Jipe, je reviens vers vous car J'ai eu le plaisir d'apprécier votre belle plume et vous avez été sensible à certains de mes écrits.
Si vous en avez l'envie, Je vous propose une nouvelle (policier/ thriller) en lice du GP été :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/sofia-4
Si vous êtes déjà passé(e), je vous prie de m'excuser et de ne pas tenir compte de ma proposition.
à bientôt.
Julien.

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Calire · il y a
Super ce voyage dans un cerveau captif d un tableau !
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Petit Soldat De la Poésie · il y a
Mes voix
Je vous invite à découvrir Ô amour

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Trez · il y a
La démence qui progresse, la folie qui s'acharne... Terrorisant.
Mes voix

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Doria Lescure · il y a
Une ambiance étrange et une progression qui nous emportent assez vite dans ce récit où l’on hésite entre fantastique et folie. Cher Jipe, j’avais loupé ce récit à sa sortie, mais une balade sur votre page me l’a fait découvrir, voici mes voix.
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Kiwi · il y a
Très beau texte
Bravo jipe

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Jipe GIRAULT · il y a
Compliment qui vient de si loin, merci Kiwi.
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Keith Simmonds · il y a
Mes voix pour cette œuvre superbe et délirante ! Bonne chance ! Je vous invite à venir vous imbiber de lumière “Sous la Pleine Lune” qui est en lice pour le Prix Ô 2019. Merci d’avance et bon dimanche!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/sous-la-pleine-lune

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Jipe GIRAULT · il y a
Un dérapage mal contrôlé qui m'a amusé pourtant... Merci Keith je viendrai m'imbiber de lumière.

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