2
min

Je m'appelle Caillou

15 lectures

1

La vie suivait son cours.
Un jour, cependant...

... « Je m’appelle Caillou.

Le Chapelier fou a fait « toc toc » sur mon crâne et il m’a dit :

- Toi, tu t’appelles « Caillou » !

Caillou.
Je suis un caillou.
Mais Mahey dit des fois que j’ai un gros caillou sur l’oreille gauche.
Il a dit au Chapelier fou :

- Tu as vu son oreille gauche ?

Le Chapelier fou a fait « toc toc » sur mon crâne et il m’a dit :

- Alors toi, tu t’appelles « Caillou » !

Mahey aussi, il l’a vu, le Chapelier fou.
Il était à l’école.
Hélène avait fabriqué « Le Thé chez les fous ».
Avec un Papillon.
Si !
Hélène, c’est la Directrice, mais on dit « Hélène » et le Chapelier fou faisait entrer les gens en disant :

- Pas de place ! Pas de place ! Entrez, mais il n’y a pas de place !

Et tout le monde rigolait.
Et comme c’était la fête de l’école, Maman est entrée, elle aussi.
Pour acheter des gâteaux.
Le Sourire du Chat de Cheshire.
C’est un gâteau.
Et même que le sourire se mange.
En dessous, il y a un gâteau au chocolat, mais le sourire se mange aussi.

- C’est du pain asile, a dit le Chapelier fou. Tu peux manger, et le feutre pour dessiner les dents, l’ami l’enterre ! Tu peux manger ! C’est du feutre « L’ami l’enterre » !

Sur un gâteau rond, quelque chose était écrit :

- Mange-moi. Et l’ami l’enterre ! a dit le Chapelier fou.

Maman a dit : « Ah bon ! Si c’est alimentaire...».
Et elle a acheté une assiette de gâteaux : Les « Mange-moi », les cartes à jouer de la Reine de cœur qu’on avait faites avec la Dame des gâteaux, les anneaux du vers à soie... C’est des gâteaux bleus ! Il y avait aussi de la gui-gui au citron et des pâtes de fruit à la fraise.

- Des fraises de la Baronne ! Et pas de problèmes pour les étiquettes : L’ami l’enterre, répétait le Chapelier fou !

Papa, lui, il dit toujours qu’on a raté mes étiquettes.

- Et ça, c’est quoi ? a demandé Mahey en montrant les lunettes du Chapelier fou ?
- Ça, c’est ton doigt !
- Mais non, ça !
- Ça ? Ça ? a répété le Chapelier fou... Des glaces !
- Et ça ?

Mahey montrait la chemise du Chapelier fou.

- Ça, c’est une limace !

Hélène riait avec son Papillon.

J’ai montré mes lunettes au Chapelier, et alors, j’ai dit que c’était dégueulasse.

- C’est dégueulasse !

Tout le monde a rigolé !

- Des glaces !

Hélène a répété et elle faisait les gros yeux.

- Elle est à quoi, ta glace, m’a demandé le Chapelier fou en montrant mes grosses lunettes bleues.
- A rien, j’ai répondu.
- Ah ! ça, c’est bon, rigolait le Chapelier fou. C’est le meilleur. Une glace à rien !

J’ai montré la chemise blanche du Chapelier et j’ai demandé :

- C’est quoi, ça ?
- Ça, c’est une limace, je t’ai dit, a répondu le Chapelier en faisant « toc toc » sur ma tête !

Tout le monde a fait : « Aaaahhh ! » qui voulait dire « Beuuurk ! ». Et j’ai arraché le chapeau du Chapelier qui criait :

- Mon chameau ! Mon chameau ! Il a volé mon chameau !

Alors, Maman a dit :

- Maintenant, demande pardon !

J’ai demandé pardon, et puis, je suis allé m’asseoir au bord de la Manse. J’ai jeté des cailloux en disant à chacun d’eux :

- Moi aussi, je m’appelle Caillou ! »


Dans le soir qui s’avançait, les gouttes d’eau, en retombant, brillaient comme des étoiles.
Il aurait bien voulu les apprivoiser.
Un jour, il saurait.
Il ramassa un dernier caillou et l’embrassa avant de le lancer dans le ruisseau.

Et puis, il se dit qu’un jour il serait dresseur de ruisseaux !
Oui, ce serait bien, ça.
Dresseur de ruisseaux.

En attendant, dans la grande prairie, le Lapin blanc serait en retard.

Thèmes

Image de Nouvelles
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,