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Jack.

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Florian Colle

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Il faisait nuit depuis plusieurs heures maintenant. Dans le ciel, s’élevait la lune qui éclairait macabrement les cieux de sa blancheur cadavérique. Londres était endormie. Dans les rues, les lampadaires éclairaient à peine les routes désertes. Il n’y avait pas une voiture, pas un piéton, rien, tout était mort, calme, trop calme.
Dans leur voiture de patrouille, une Ford Fiesta aux couleurs de la Police Londonienne, deux officiers de police attendaient patiemment, garés sur le bord de la route. Ils étaient de garde jusqu’à l’aube. Ils étaient garés le long du trottoir sur Durward Street, une rue du quartier de Whitechapel. Une longue nuit d’ennui se dessinait pour les officiers Carl Tombs et Sophia Walth.
- Il n’y a pas un chat ce soir, c’est bizarre tu ne trouves pas ? S’inquiéta Carl.
- Au moins, s’il n’y a personne, il n’y a aucune infraction de faite, donc on reste au chaud dans la bagnole. De quoi s’plaint-on ? Répondit Sophia.
- Je ne me plains pas, je m’interroge sur le calme du coin ce soir.
- Tu as peur, c’est ça ?
- Peur de quoi au juste ?
- Allons, tu dois savoir que c’est à une vingtaine de mètres que Jack l’Eventreur a égorgé une prostituée il y a un siècle en arrière...Je sais plus comment elle s’appelle d’ailleurs.
- Oui et ? Si j’te dis que le toutou d’Hitler a chié sur ce trottoir en 1923, tu vas pas l’éviter à chaque fois que tu passes dans le coin en te disant que le chien du plus gros enculé de la planète a chié ici ?
- Hitler est déjà venu ici ?
- Bah j’en sais rien moi, c’était pour l’exemple.
Les deux officiers se turent alors. Ils avaient entendu un bruit étrange semblant à un cri. Il venait d’une ruelle qui se trouvait derrière la voiture.
- Tu as entendu ?
- Oui, c’était un hurlement ? S’inquiéta Tombs.
- On devrait prévenir le Central.
Elle se saisit de la radio de la voiture et appela le Central de police.
- Ici voiture 22, nous avons entendu un bruit suspect. Nous allons aller voir ce que c’est. Nous sommes sur Durward Street.
- Reçu Voiture 22, soyez prudent. Central terminé.
Les deux officiers se regardèrent, aucun d’eux n’était rassuré par le fait de sortir de la voiture pour s’aventurer dans la rue obscure à peine éclairée par des lampadaires usés par le temps. Ils vérifièrent tout deux si leurs armes de poings étaient chargées et se jetèrent un regard confiant avant de sortir en même temps de la voiture. Ils quittèrent la voiture en même temps.
Ils mirent leur képi noir sur la tête, fermèrent les portières de leur véhicule dans un claquement quasi-simultané. Il faisait extrêmement froid. Tombs releva le col de sa veste noire recouverte par un gilet luminescent, jusqu’au milieu du visage. Une légère brise glaciale s’était levée. La route était encore mouillée par la pluie qui s’était arrêtée quelques heures avant que la nuit ne tombe.
- J’aurais préféré de la neige.
- Et moi être chaud chez moi devant un film avec mes gosses. Répliqua Walth en marchant vite vers l’endroit d’où le cri semblait provenir.
Les deux agents de police arrivèrent sur la petite rue de Buck’s Row. Ils ne tardèrent pas à voir ce qui s’apparentait à un corps allongé sur un trottoir, sous un lampadaire qui dessinait un cercle jaunâtre autour de celui-ci.
Les policiers se regardèrent, inquiets. Chacun d’eux avait d’abord pensé à une hallucination, mais après s’être dévisagés, ils comprirent que l’autre voyait la même chose.
- Hey ! Vous allez bien ?! Demanda Carl.
Il n’eut aucune réponse, juste un silence de mort. Les deux officiers, bien que très inquiets, s’approchèrent du corps, tout en empoignant leur holster, au cas où ils aient besoin de sortir leur arme de poing. Plus ils s’avançaient vers le corps, plus ils avaient froid. Ils le fixaient, se préparant à l’éventualité que ce soit une mauvaise blague. Leur cœur s’emballait, ils frissonnaient à chaque pas qu’ils devaient faire.
Arrivés à quelques mètres de celui-ci, ils virent qu’il s’agissait d’une femme. Elle était brune et semblait patauger dans une flaque de sang. Sa gorge était tranchée, celui qui avait fait ça semblait s’être acharné tellement l’ouverture était large. Une larme de sang s’échappait hors de la bouche de sa bouche. Elle avait des yeux vitreux et fixait la lune qui s’élevait très haut dans le ciel. Elle était vêtue d’une robe semblant dater d’un autre temps, elle était imbibée d’hémoglobine et lacérée au niveau de l’abdomen, comme si une lame finement aiguisée l’avait traversé à de multiples reprises. La robe était mouillée par le sang au niveau de son entre-jambe. Quelqu’un l’avait massacrée avec un monstrueux acharnement.
- J’appelle le Central. Déclara sèchement Walth et sortant son talkie-walkie d’une main tremblante.
Son équipier lui, s’avançait vers le cadavre, il était subjugué. Son visage était pâle, il fronçait les sourcils, comme si cette scène lui rappelait quelque chose. Il avait du mal à comprendre ce qu’il voyait. L’horreur de la scène était tellement poussée qu’il n’arrivait pas à se représenter tout ça, tout ce sang, cette gorge tranchée en deux, ces yeux vitreux, ce visage livide couvert de sang, tout cela semblait tellement surréaliste tant cette scène similaire à celle qui avait pris place à cet endroit le 31 Août 1888.
- Nom de Dieu... Murmura-t-il. On dirait Mary Ann Nichols...
Il se tourna vers sa collègue qui avait la tête plongée dans son talkie-walkie.
- Saloperie, la fréquence est perturbée on dirait, bordel de merde, c’pas possible ça ! Grognait-t-elle en tapant sur l’appareil qui grésillait.
- Sophia, on dirait une victime de l’Eventreur...Elle lui ressemble vachement et la mise en scène est tellement proche... !
- C’pas le moment de rire avec ça Carl ! Viens on retourne à la voiture pour appeler du renfort, je suis pas à l’aise ici!
Les deux policiers étaient traversés par de violentes sueurs froides, ce n’était pas seulement lié à la présence du cadavre, mais à autre chose. Comme si dans l’atmosphère, il régnait une force aussi malsaine que cruelle. Les officiers se sentaient oppressés, ils ne tardèrent pas à avoir une très forte migraine et des nausées. L’air semblait être empoisonné par la Terreur, par la hargne et la cruauté.
Ils ne savaient pas s’ils devaient laisser le corps là pour retourner à la voiture contacter du renfort. Ils ne savaient pas s’ils devaient respecter la procédure ou non. La voiture était à une cinquantaine de mètres d’eux et depuis celle-ci, ils ne pouvaient pas voir la scène de crime depuis celle-ci.
Les deux officiers se sentaient épiés, ils avaient l’impression que quelqu’un les traquaient du regard, que quelqu’un s’amusait de les voir se faire étrangler par une très forte angoisse. Ils avaient l’impression que le tueur se cachait dans la pénombre. Ils se sentaient dans une insécurité grandissante.
- On retourne à la voiture ! Lança Sophia à son équipier avec une voix étranglée avant de partir en courant vers la voiture, garée dans une rue adjacente à Buck’s Row.
Carl resta encore quelques secondes à fixer le cadavre massacré, il ne comprenait pas comment autant d’horreur avait pu être faite en si peu de temps. Le temps que Sophia et lui entendent le hurlement et n’arrivent, n’était pas assez élevé pour permettre au tueur de s’acharner avec autant de barbarie sur cette pauvre femme. Une très violente sueur froide le traversa en même temps que très forte nausée. Il partit alors rejoindre son équipière. Mais, en chemin, il commença à souffrir de vertiges atroces qui lui donnaient l’impression que le sol tournait à pleine vitesse. Il n’arrivait pas à marcher droit et quand il commença à courir, il s’effondra lourdement sur le bitume gelé. Il resta à plat ventre, sa vision tremblait et se floutait. Il était abasourdit par le silence de mort qui régnait en maître dans cette rue. Autour de lui, une nappe de brouillard se levait et se densifiait très rapidement.
Il était perdu, il ne pouvait plus se relever, ni hurler, ni se repérer. Il avait été dépossédé de ses repères spatio-temporels. Il tremblait de tout son long, le bitume était aussi froid qu’un cadavre. Il sentait une odeur se répandre autour de lui, c’était celle de la mort. Il ne l’avait jamais senti jusqu’à présent, mais cette fois, il le savait que c’était cette odeur, lui-même ne comprenait pas comment il faisait pour la reconnaître.
D’un coup, une silhouette se précisa dans l’atmosphère blanchâtre. Une silhouette qui s’apparentait à celle d’une femme. Il sentit une main l’agripper. Il eut un fort saut au cœur et paniqua avant de se rendre compte que c’était Sophia qui était revenue pour le chercher.
- Punaise mais qu’est-ce que tu nous fais ? Il faut qu’on se barre d’ici !
Elle entoura son cou du bras de Tombs et le remis debout avant de le tirer jusqu’à la voiture. Il était bien plus lourd qu’elle et avait beaucoup de mal à avancer, son collègue était très faible, trop faible pour pouvoir marcher sans aide.
Une épaisse fumée blanche s’échappait de la bouche des deux officiers à chaque souffle qu’ils expiraient. La température semblait s’être effondrée en quelques secondes seulement. La brise était devenue tellement glaciale que même le froid de l’hiver en tremblait. Les deux officiers avaient l’impression que leur gorge se congelait, que leurs yeux se gelaient. La froideur se faufilait entre les vêtements et la peau des policiers.
Le chemin jusqu’à la voiture sembla interminable pour les deux officiers de police. Tombs était devenu aussi blanc que l’oppressante brume qu’il percevait tout autour de lui et de son équipière. Sa bouche était extrêmement sèche et ses lèvres gercés au possible. Sa mâchoire claquait tellement qu’il craignait que ses dents ne se brisent.
Quand ils arrivèrent à la Ford, Sophia installa rapidement son collègue sur le siège passager, ferma la porte et couru jusqu’au côté conducteur. Elle s’assit derrière le volant et essaya de démarrer la voiture. Le moteur ne s’alluma pas, elle força de toutes ses forces sur le contact, mais rien n’y fit. Elle prit la radio de la voiture dans un geste de panique.
- Ici Voiture 22, nous sommes à l’angle de Buck’s Row...de Durward Street ! On a besoin d’aide et vite !!! S’exclama-t-elle à bout de souffle.
A son plus grand désespoir, il n’y eut aucune réponse car la radio ne marchait plus, elle aussi. Elle se tourna paniquée vers son équipier, qui était écrasé dans le fond de son siège, le visage blanc et couvert de sueur, la mâchoire tremblante, les mains lui couvrant le cou, les yeux débordants de larmes.
Inquiète, Sophia lui demanda comment il allait, se doutant bien que la réponse était non, elle voulait cependant vérifier que Carl pouvait parler ; la réponse était là aussi négative. L’officier Tombs semblait être dans un autre monde, il ne semblait pas entendre sa collègue lui parler. Il tremblait anormalement beaucoup, il se basculait d’avant en arrière en respirant très fort. C’est comme s’il avait subi un traumatisme indescriptible sur le chemin du retour au véhicule. Le chauffage ne fonctionnait plus non plus, plongeant ainsi l’intérieur de la voiture dans un climat glacial. Une faible luminosité d’un lampadaire, se trouvant plusieurs mètres à côté de la voiture éclairait un peu les deux policiers.
Compressée par une nouvelle montée de panique, Sophia essayait de démarrer la voiture en tournant la clé continuellement dans le contact, mais rien n’y faisait, c’était peine perdue, la voiture ne pouvait plus démarrer. Elle tambourina alors sur le volant, en espérant que le klaxon réveille les riverains qui eux, pouvaient prévenir des renforts ou même leur venir en aide. Avec son collègue bloqué dans un comportement catatonique, Sophia se sentait dépossédée de tous ses moyens, elle paniquait et ne savait pas ce qu’elle devait faire pour se sortir de cette situation, elle avait l’impression d’être dans un cauchemar, d’être pris au piège dans une cage.
- Il est là...Il est là...Il est là...Il est là...
Sophia frissonna en entendant son collègue susurrer machinalement ces trois mots, d’une voix agonisante.
- Qui ?!
- Il se cache dans la brume...Il m’observe...Il va me tuer...
Sophia regarda par la fenêtre de la voiture, elle ne voyait pas de brume, juste de l’obscurité. Seul Carl percevait ce voile cadavérique autour de la voiture. Il fixait droit devant lui, comme si son regard était paralysé. C’est alors, que devant le capot de la voiture, il vit une silhouette sombre se dessiner, une silhouette qui n’était pas vivante, bien qu’elle soit dessinée sur la toile blanche comme celle d’un homme assez grand, portant un chapeau haut de forme et une sorte de long manteau en cape.
- Non...non...non...non...
Carl fut alors envahit par un sentiment de peur, un sentiment tellement puissant qu’il n’arriva pas à paniquer comme tout être humain normal le ferait. Il se contenta d’accentuer ses mêmes gestes qu’il n’avait eu de cesse de répéter depuis qu’il était dans la voiture.
Devant ce spectacle incompréhensible, Sophia ne savait pas quoi faire et essayait de parler à Carl qui pleurait tout en répétant le même mot d’une voix qui se remplissait d’angoisse au fil des secondes.
Carl porta alors ses mains à son visage et commença à se le griffer jusqu’à l’os, sous les yeux apeurés de l’officier Walth, qui tentait de l’empêcher de poursuivre son acte d’automutilation. Son visage se couvrait de sang tant les entailles étaient profondes. Il se brisait les ongles tellement il s’écorchait la peau. Il se débattait en s’élançant d’avant en arrière continuellement. Il s’arrachait la peau en hurlant et en pleurant à la mort. Sophia essayait de lui bloquer les bras, mais son équipier s’acharnait sur son visage avec une force surhumaine.
- Putain mais arrête ça !!!!!!! ARRÊTE !!!!!!!!! Hurlait Sophia au comble de la panique, en essayant de bloquer les bras de son équipier, qui avait sombré dans la folie. Par désespoir, elle sortit sa matraque télescopique avec comme objectif de lui briser les bras, avant qu’il ne se soit totalement défiguré à mains nues.
Mais, elle ne put lui porter aucun coup. Elle se prit le coude de son équipier en plein nez, ce qui la fit basculer en arrière contre la porte du côté conducteur. Le choc était tellement puissant que Sophia comprit très rapidement que son nez avait été brisé.
Appuyant sur celui-ci avec ses mains gantées afin d’arrêter le sang de couler, elle implora son équipier de lui parler, elle le supplia en pleurant de lui dire ce qu’il se passait. A sa grande surprise, celui-ci s’arrêta de paniquer et tourna la tête dans sa direction. Son visage était passé de la panique, au calme d’un seul coup. Il était exténué, livide, il semblait avoir été vidé de toute humanité, de toute vie. Ses yeux étaient vitreux, comme ceux d’un cadavre, mais pourtant Carl n’était pas mort. Sophia avait très peur. Elle pensa alors qu’il était en plein cauchemar...
- Sophia, tu diras à ma famille que je les aime.
- Quoi... ?
L’officier Walth n’eut pas le temps de comprendre ce que son collègue lui avait dit que celui-ci dégaina son arme de poing, colla le canon à son palais avant de presser la détente. L’arrière de son crâne partit en morceau et s’écrasa contre le plafond de la voiture projetant du sang dans tout l’habitacle du véhicule. De la fumée empestant la poudre et le sang s’échappa alors de la bouche grande ouverte de Carl qui se décrispa, en se blottissant dans le siège qui passait de marron à rouge. Son gilet jaune s’imbiba du liquide pourpre qui dégoulinait aussi sur le pare-brise, le tableau de bord, et la fenêtre du côté passager.
Sophia, bien qu’assourdit par la détonation, hurla de terreur en cherchant la poignée de la portière pour s’échapper de la voiture de patrouille. Lorsqu’elle y parvint, elle se laissa tomber en arrière et chuta lourdement sur le bitume glacé. Elle rampa plusieurs mètres, le bas de visage couvert de sang, en grimaçant et en pleurant. Elle parvint à se relever et commença à courir dans une direction complètement aléatoire, Elle voulait partir le plus loin possible de cet endroit. Elle ne voulait pas croire que tout ça était réel. Elle se pinçait la peau du cou pour se réveiller, elle essaya de s’imaginer des scénarios délirants pour essayer de prendre le contrôle de son cauchemar, mais elle dût se rendre à l’évidence ; tout cela était bien réel. Elle sortit alors son arme de poing et commença à tirer dans les airs afin de réveiller tout le voisinage. Elle voulait rameuter beaucoup de monde. Elle se sentait seule, horriblement seule, mortellement seule...
Sa gorge se gela alors très rapidement et ses lèvres s’effritèrent tant elles s’étaient gercées. Son gilet luminescent était couvert par des gouttes de sang qui provenaient aussi bien de son nez que de la tête de son équipier qui venait de se suicider.
Les muscles de ses jambes se tiraient tellement pour son effort que Sophia eut l’impression qu’ils allaient craquer. Elle commença alors à avoir des vertiges, des nausées. Autour d’elle, le sol tournait de plus en plus vite, elle perdit alors l’équilibre et commença à tanguer au milieu de la route, ses derniers repères spatio-temporels disparurent à leur tour. Autour d’elle, une épaisse brume se levait. Quand elle s’effondra lourdement au sol, elle fut frappée par une très vive douleur au crâne, elle avait l’impression d’entendre des centaines de voix, des milliers de voix. Elle se roulait au sol en se scarifiant le visage avec un caillou qu’elle avait ramassé au sol quand elle était tombée. Elle s’entaillait la peau, s’écorchait à s’en abîmer l’os du crâne.
- Arrêtez !!!!! Arrêtez de me parler !!!! Hurlait-elle en se griffant la peau sur le bitume aussi gelé qu’une lame de hachoir.
Elle avait troqué le caillou contre les petites pierres qui jonchaient la route. Elle s’arrachait les cheveux, hurlait à s’en déchirer les cordes vocales. Elle pleurait et suppliait qu’on vienne l’achever. Elle se roulait parterre de douleur et de panique. Sa vue tremblait, ses yeux s’excitaient dans leur orbite, tellement qu’ils vibraient, Sophia cru qu’ils allaient s’exorbiter, elle essaya alors de se les arracher avec ses mains couvertes par d’épais gants qui l’empêchèrent de s’exécuter. Elle entendait des hurlements autour d’elle. Elle ne contrôlait plus ses mouvements, elle n’avait plus la force pour attraper son arme et se tirer une balle dans le crâne. Elle ne savait même plus où elle était. D’un coup, tout s’arrêta. Le calme revint. Sophia s’immobilisa sur le dos, elle respirait très rapidement et tremblait anormalement beaucoup. Son visage la brulait affreusement, sa peau était déchirée, trouée à de multiples endroits. Au-dessus d’elle, se dessina alors une silhouette, identique à celle que Carl avait vu quelques secondes avant qu’il ne mette fin à ses jours. Sophia remarqua la forme d’un long poignard à la lame obscure et celle d’une canne.
- J’ai faim... Entendit l’officier, dont le visage à la peau lacéré était couvert de sang. C’était une voix très rauque, sinistre, malsaine... et surtout terrifiante. Elle ne chercha pas à s’enfuir, elle était fascinée par la silhouette se dressant dans la livide pénombre. Elle avait à la fois son salue et son tourment en face d’elle. Elle le reconnu alors. Elle sut qui elle avait en face d’elle.
La silhouette noire s’abattue sur elle, comme un aigle s’abat sur sa proie. Elle sentit une lame lacérer son abdomen à plusieurs reprises avant de lui découper la peau sur plusieurs centimètres. Une glaire de sang gicla de sa bouche et ses yeux, vitreux, se fixèrent en regardant la lune dessinant les contours d’un nuage obscure, aussi obscure que la silhouette qui tenait un organe dans une main.
La brume disparue alors, la silhouette aussi. Au loin, des sirènes se mirent alors en route et des gyrophares se précisèrent. Huit voitures de police arrivaient en renfort, mais il était trop tard. Les véhicules de secours s’arrêtèrent devant le cadavre mutilé de Sophia et l’éclairèrent de leurs phares dévoilant ainsi une véritable boucherie. Son thorax était dévêtu, elle avait été éventrée; son gilet pare-balle avait été transformé en confettis tant l’attaquant s’était acharné; son visage et sa gorge étaient tous deux lacérés au point que Sophia en devenait méconnaissable. Son pantalon était en lambeaux, surtout au niveau de son appareil génital. Ses longs cheveux bruns baignaient dans le sang qui se répandait autour d’elle.
D’autres patrouilles ne tardèrent pas à arriver en renfort dans la rue, qui fut rapidement bouclée. Un hélicoptère de la police commença à survoler le secteur, afin de repérer tout individu suspect, pouvant être responsable de ce massacre.
En ratissant les lieux, les nombreux policiers ne découvrirent que deux cadavres : celui de l’Officier Carl Tombs, dans la voiture de fonction, et celui de l’Officier Sophia Walth...
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