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J'ai touché la main d'un Dieu

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Alina Szanto

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Titre : J’ai touché la main d’un Dieu
Lettre de motivation :
Mes genoux ont heuré les éclats de rire et de joie d’un petit garçon – devant la mémoire d’un GRAND CHIRURGIEN
MONSIEUR KEHRLI




















J’aurai voulu écrire une lettre adressée à un grand « HOMME », Monsieur le Professeur KEHRLI – neurochirurgien mais, me voilà en train d’écrire une histoire qui commence par « Il était une fois » !
Il était une fois un GENIE qui est parti au-delà, discrètement, au mois de mai 2014 laissant derrière lui un immense vide dans le monde médical et... dans notre cœur.
Après l’opération d’un petit garçon, j’ai eu la chance de le connaître et de « toucher la main d’un DIEU ». Ecrire un roman, c’est ma manière de lui dire « MERCI».
Je m’appelle Ana, je suis roumaine et je fais partie de ceux qui ont émigré dans les années ’90 de l’Est vers l’Ouest avec mon mari et nos deux filles. Nous n’avons pas quitté notre pays pour des raisons politiques ni économiques, nous sommes partis pour chercher des docteurs compétents qui pourraient aider notre fille ainée Alina qui avait des problèmes de santé. Elle ne voulait pas grandir et surtout elle ne voulait pas manger. Nous avons fait le tour de tous les spécialistes de Roumanie et le seul diagnostique que notre fille a eu fut celui de : RETARD sans aucun autre suivi...
Alors en 1990 quand les frontières se sont ouvertes mon mari a décidé d’affronter le monde de l’inconnu...à la recherche des meilleurs spécialistes. Il avait à l’époque 35 ans et quelques sous en poche. Les sous provenaient de la vente de notre modeste petite voiture de la marque TRABANT. Ce n’a pas était facile mais nous avons réussi. Nous avons réussi à trouver les spécialistes qu’ils nous ont fallu. Le premier, Monsieur le docteur Alain PHILLIPS qui a posé un nouveau diagnostique à notre fille : C.I.A (Communication Inter auriculaire). Elle a été opérée par ce professeur même quand Alina a eu 19 ans.
...les années sont passées, notre vie était presque normale mais le « RETARD » persiste encore. Finalement, c’est notre quotidien, notre vie...
Comme chaque année pendant le mois d’août nous rentrons chez nous à la maison, dans notre pays d’origine, pour passer des vacances avec la famille, les amis et surtout passer du temps avec « nos souvenirs ».
En 2009, j’ai fait la connaissance avec bébé, IONUT, le bébé d’un voisin, un beau bébé, robuste. A sa naissance, il a été diagnostiqué C.I.A...les symptômes devraient disparaitre vers l’âge d’un an d’après les dites des spécialistes roumains.
Moi, tout de suite, j’ai commencé à donner toutes les informations dont j’ai disposé à sa maman. Elle ne m’a pas pris au sérieux...je n’étais qu’une vieille mamie de 52 ans au contraire d’elle qui était une jeune maman qui faisait partie de la génération connectée à toutes les informations.
Des autres vacances venaient de commencer...en 2010...
Avec mes deux petits-fils, Victor âgé de 6 ans et David âgé d’1 an, nous avons fait connaissance avec des nouveaux copains de jeu dans la rue. A côté de nous, sous un arbre il y avait mon voisin avec Ionut dans la poussette.
J’ai vite couru vers eux pour les saluer et pour prendre des nouvelles d’Ionut.
J’ai été secouée par l’image que j’ai vue.
Un énorme bébé de 25 kg, avec les yeux presque fermés, la bouche ouverte qui laissait couler de la bave en continu sur un morceau de tissu que son grand-père utilisait pour lui essuyer la bouche. Il gémissait de temps en temps et après un spasme il commence à pleurer et à gémir de douleur.
Le grand-père Vasile m’a fait signe de partir, car mon petit fils David s’est mis à pleurer en voyant cette horrible scène.
Plus tard quand j’ai confié mes petits-fils à leur maman, ma deuxième fille, je suis allée chez eux.
La maman d’Ionut était aussi là et elle m’a raconté qu’il n’agissait pas d’un C.I.A mais d’une épilepsie sévère.
Ionut a été suivi de certains spécialistes à Bucarest, sa prise de poids a été due à la prise de médicaments.
Je me suis effondrée, l’image d’Ionut m’a suivie jour et nuit, les jours de vacances sont devenus lourds à supporter, chaque jour je voyais leur combat contre la maladie.
En tenant compte que j’avais dans la tête l’idée que les spécialistes roumains sont là pour ses remplir leurs poches avec des enveloppes pleines des euros ou des dollars (gagnés par les pauvres gens avec des efforts énormes, immenses, ils s’affament pour économiser en espérant qu’ils font tout le possible pour sauver leur santé mais non...ils sont une race à part qui décide de gagner vite et n’importe comment des milliers d’euros pour s’acheter des villas sur la Côte d’Azur ou dans des endroits féeriques.
J’ai été enragée et épuisée de voir tout ça...
Je vivrai les mêmes moments d’impuissance que j’ai vécue avec Alina, des moments de révolte...
Après quelques jours je me suis calmée...j’avais pris la décision de recommencé à me battre pour Ionut, cette fois-ci.
J’ai été contente pour la première fois de quitter mon pays. J’ai regardé derrière la vitre de la voiture, mes Carpates, mes grandes montagnes qui m’ont donné la force de grandir et surtout d’affronter la vie, la vie noire qu’on a dû traversé avec le régime tyran sous Ceausescu...Même la vie en étant noire, nous avons su la colorier en rose et finalement en regardant en arrière tout était beau parce que nous étions jeunes.
Alors...en regardant mes montagnes j’ai fait une promesse – de leur restituer Ionut en bonne santé.
J’ai prié aux montagnes de me donner leur force. Derrière notre voiture les feuilles jaunes de septembre dansaient en rond avec le vent...
Toutes les années, j’ai été triste ce jour-là, quand il fallait laisser tous nos souvenirs et surtout nos parents très vieux, les laisser face à la maladie et à la solitude...avec leurs larmes de désespoir avec leur crainte que ça pourrait être la dernière fois qu’ils nous voient.
Le premier jour de travail en France était toujours très lourd.
Après le travail, moi et mon mari nous sommes présentés au cabinet du docteur Phillips. Nous avons attendu que le dernier patient sort et un peu gênés nous avons commencé à raconter l’histoire d’Ionut. Sans hésiter, il nous a donné l’adresse d’un grand spécialiste neurologue, docteur CHASSAGNON.
Déjà un pas a été fait et le plus important.
J’ai commencé à revivre.
Le soir d’après j’ai appelé Laura, la maman d’Ionut, en lui expliquant la décision que j’avais pris et je l’ai demandé si ’ils étaient d’accord de venir jusqu’ici à Strasbourg pour rencontrer le spécialiste.
« Mais, Ana, j’attendais ceci depuis un an...je ne savais pas comment faire. J’ai supplié tous les docteurs de nous envoyer quelque part dans ce monde ou nous aurions pu trouver une solution, un espoir, mais aucun n’a voulu, pour eux il n’y avait rien à faire. Continuer avec les médicaments et s’était tout...sauf que les médicaments lui ouvre l’appétit et il mange sans s’arrêter. Pendant la nuit c’est très difficile parce qu’il pleure et il réveille tous les voisins de l’immeuble. Nous habitons au troisième étage et nous réveillons tout le monde.
- Ana, tu m’as donné de l’espoir!
- Mais ne pleure pas, arrête, peut-être nous arriverons au bout de ce cauchemar...
- Maintenant je ne pourrai pas dormir à cause de cette bonne nouvelle...
- Donc je prends rendez-vous avec le neurologue ?
- Oui, oui, bien sûr... »
Le matin à 9h j’étais la première à appeler le cabinet du docteur. Le rendez –
vous était prévu dans un mois. Le 10 octobre.
J’étais confiante que tout va être bien, mais je me demandais si Ionut va
supporter le voyage, deux jours dans la voiture.
Il aime se promener en voiture quand les crises étaient un peu espacées mais il arrivait qu’il ait vingt crises par jour.
Il faillait qu’il résiste, je savais qu’il doit être opéré.
J’ai fait « connaissance » avec cette maladie après un accident survenu à mon père. Après une chute sur la tête. Il avait 60 ans. Alors je me suis intéressée s’il existe une possibilité de guérir. J’ai entendu qu’ici en France il y a des cas où l’opération est efficace. J’ai essayé de le faire venir, mais c’était très difficile. A part les visas qu’il fallait obtenir pour traverses tous les pays et les assurances médicales, c’était impossible de les obtenir dans son état, une seule journée à l’hôpital coûte 1000 euros sans aucun traitement. Je ne pense même pas au prix de l’opération. J’ai renoncé et ceci seulement parce que j’avais peur d’affranchir toutes les barrières et parce qu’il aimait boire...peut-être cette maladie à lui, m’avait préparé à combattre celle d’Ionut. Chez moi rien ne se passe par hasard !
Quand Alina avait un an, une amie à moi m’avait emprunté un livre, mais il fallait que je le lise très vite, le lendemain il faillait le redonnait à la personne qui lui avait emprunté aussi.
Au travail, je me suis cachée après ma planchette de dessin et j’ai commencé à lire...
Ce livre raconte l’histoire d’une maman qui avait un garçon de 11-12 ans souffrant d’une maladie de cœur. Dans un soir elle entend à la radio que Christian Barnard a fait le premier transplant de cœur en Afrique du Sud...L’espoir est née en elle et la lutte commençait avec les papiers pour obtenir le visa pour arriver au bout de la terre. Elle n’avait même pas la somme « astronomique » de l’argent qu’il lui fallait. Mais elle vend sa maison, celle de ses parents, elle fait des emprunts chez des amis et chez des connaissances et à la fin elle ouvre toutes les barrières, elle lutte avec tous les obstacles « communistes » et elle arrive « au bout de la terre ». A l’aéroport elle se faisait des soucis car elle pensait ne pas pouvoir monter son garçon sur ses bras jusqu’à l’avion, mais les pilotes se mobilisent, ensuite tout monde jusqu’au Cap ou les pilotes hollandais ont fait appel à l’ambassade roumaine de venir les chercher à l’aéroport...l’opération s’est bien passée et cette lutte s’était gravée à tout jamais dans mon cerveau et elle me suivra jusqu’à la fin...Dans son livre elle ne raconte jamais de son mari et,...ici à Strasbourg après l’opération d’Alina, j’ai discuté avec un ami roumain, la coïncidence que j’avais avec cette femme et cet ami il me raconte qu’il a connu très bien son mari. Donc après 20 ans j’ai connu aussi la suite du roman...Bien sûr qu’au fil des années j’avais oublié cette histoire...mais quand le cardiologue m’annonce qu’Alina doit être opérée mon cerveau a commencé à dérouler le film de cette histoire et de me donner la même rage de vaincre tous les obstacles. J’ai réussi à me retrouver à la place de cette maman...et s’était assez facile à suivre cette période de notre vie. Surtout qu’après 20-25 ans de la opération de cœur la science et le docteur prof. Bernard EISENMANN de Strasbourg, était loin, très loin et pour moi s’était un peu plus facile...
J’ai été contente que j’ai pu faire le premier pas, avoir un rendez-vous chez un spécialiste pour beaucoup de gens sur cette planète c’est un rêve intouchable et quand je vois ici des gens qui réclament toutes sortes d’absurdités, c’est triste...mais c’est comme ça.
J’attendais impatiente le jour « J » mais un appel téléphonique me coup ce « pas ». Laura est tombée malade, très grave, elle avait la tuberculose. Inattendu, de l’impensable...
Que faire ?? Rien, j’annule le rendez-vous. J’ai été perturbée et je me suis dit que le destin a décidé ainsi.
Je ne pouvais pas demander à quelqu’un d’autre d’accompagner parce qu’il fallait prendre de décisions et à la place de maman...NON.
Si elle a transmis la maladie à Ionut ?
L’automne passe vite et nous nous préparons pour un nouvel Noël. De nouveau en voiture vers le père Noël en Roumanie, chez nous. Nous sommes restés une seule fois ici à Noël, nous avons trouvé l’ambiance très triste...
Chez nous tout le monde prépare de la saucisse de cochon, du boudin, des choux farcis, des brioches et des gâteaux. L’odeur de fumée se mélange à l’odeur des sapins, la joie des enfants qui s’entrainent pour chanter les jolis chansons de Noël devant chaque maison, fraichement nettoyer de la grosse neige, le froid qui fait rougir le nez et les joues...Quand la pleine lune fait son apparition derrières mes montagnes habillés avec leurs manteaux blancs, c’est à ce moment-là que les enfants partent dans chaque maison pour prévenir les hôtes que Jésus est né et si nous regardons bien vers les montagnes nous voyons aussi « Papa Noël » et nous entendons même le loup mais les chiens leur répondent parce que ces sont eux qui ont la garde...cette nuit...
Nous avons trouvé la famille en plein préparations mais Ionut absent avec un visage crispé et très gros. Laura avait l’air d’aller mieux et surtout elle était très heureuse qu’Ionut n’avait pas attrapé la maladie. Ils ont décidé de venir à Strasbourg le mois de février. Le papa il pouvait avoir le congé, il travaille comme chauffeur et l’argent pour le voyage il pouvait l’avoir qu’au mois de février.
Je laisse derrière moi mes blanches montagnes avec père Noël et j’appelle à nouveau le cabinet du docteur Chassagne...
Les routes étaient dégagées au mois de février très peu de neige, pour le nuit il s’arrête en Hongrie dans un très beau hôtel moins cher là où nous nous arrêtons d’habitude.
Pour Ionut et Laura c’est pour la première fois qu’ils voyagent à l’étranger. Elle était préoccupée par les nouveaux paysages et Ionut était content d’être en voiture. Mais les crises...ne cessent pas de le secouer...
Après deux jours de voyage de 1800 kilomètres, ils sont arrivés enfin chez nous jusqu’au 4-ième étage où nous habitons, c’était dur mais ce n’était que le début... Quand il est rentré dans la maison, Ionut nous a regardé et nous a fait un sourire. Il commence à nous reconnaitre. Nous avions peur qu’il va commencer à pleurer et il va déranger les voisins mais il a été très sage. Après deux jours nous arrivons enfin devant la porte d’un grand spécialiste. En dernier moment j’ai demandé à mon mari de rentrer avec eux pour les traductions, moi je n’avais pas le courage...
Après une longue consultation et une longue attente pour moi tout le monde sort souriant...Moi j’étais impatiente de savoir tout ce qui s’est passé...
Le docteur a décidé d’envoyer Ionut chez un autre spécialiste à l’hôpital de Haut-Pierre, madame Anne de Saint Martin spécialiste pour les épilepsies rares, mais pour les bébés qui ne parlaient pas. Comme Ionut il parlait seulement 2-3 mots donc le choix fut excellent...
Pendant la consultation Ionut a fait une crise et le docteur a pu voir comment le niveau de la maladie était grave.
Le docteur Anne de Saint Martin pouvait consulter que les lundis et les vendredis.
Pendant le week-end nous nous sommes promenés dans les rues de Strasbourg émerveillés par la beauté de cette ville, ils sont restés sans souffle devant la grandiose cathédrale.
« - Nous avons trouvé Dieu ! dit-elle Laura émue et avec les yeux en larmes...
Nous avons été traversés par un terrible frisson.
Ionut a peine remis après une courte crise, lève les yeux vers le haut de la cathédrale et tend les bras signe qu’il veut entrer.
Les roues de la poussette de David, mon petit-fils, faisaient un bruit énervant dans la magnifique cathédrale, nous avons décidé de la laisser à l’entrée...
Il traine ses pieds, sous les dalles de pierre mail il me semblait qu’il aime cet endroit-là...
Assis sur une chaise il regarde vers le haut, vers Dieu peut-être...
Alors j’ai décidé de faire une visite au monastère Sainte-Odile.
C’est dans cet endroit précis que notre liaison avec l’Alsace avait commencé...
Il fallait qu’on s’installe à Strasbourg pour l’opération d’Alina. Mais nous ne connaissions personne.
Nous sommes rentrés dans une boîte d’intérim pour trouver un travail et ensuite il nous fallait un logement.
C’était au mois d’août, pendant les vacances, les filles étaient en Roumanie et moi et mon mari on dormait dans la voiture. Nous avons attendu pour avoir un rendez-vous dans une entreprise d’Obernai à 25 km de Strasbourg.
Comme il faisait très chaud dehors, nous nous sommes réfugiés dans une église. Pas pour prier, nous sommes croyants mais pas pratiquants, nous croyons à notre façon et non pas comme les prêtres nous le dictent.
Une femme s’approche de nous et elle nous donne une petite carte qui représentée Sainte-Odile et au verso une prière qui disait que tous ceux qui prient à Sainte-Odile vont trouver un toit de la paix.
Tout de suite après nous avons trouvé un travail et un logement. E toutes les barrières se sont ouvertes.
Dimanche nous sommes montés à Saint-Odile. Nous avons fait le tour du monastère et Laura et Ionut sont rentrés dans l’arbre creux là où tous ceux qui rentrent voient leurs vœux se réaliser. Après moi aussi je suis rentrée et j’ai prié...fort, fort pour qu’il retrouve la santé...
Nous voulions descendre à la source miraculeuse mais il y avait la barrière à cause de la neige.
Nous n’avions pas la poussette et Ionut était très fatigué.
Nous sommes restés longtemps devant la tombe de la Sainte-Odile pour la prier de tout notre cœur...et aussi pour nous réchauffer, dehors il faisait très froid. Les crises se sont arrêtées.
Lundi après-midi nous avions rendez-vous la spécialiste Saint-Martin. J’ai tremblé, je me demandais si je serai capable de lui expliquer tout ce qu’il ressent Ionut.
Dans la salle d’attente de l’hôpital une douce dame s’approche de nous et elle nous fait rentrer dans son cabinet.
Après deux, trois phrases, elle n’a même plus besoin de moi, elle commence le « dialogue » avec Ionut.
Alors elle décide de commencer les analyses dès que possible...
Dans une semaine il fallait commencer les examens les plus complexes.
J’ai étais au septième ciel tellement j’ai été heureuse. Les portes se sont ouvertes...sauf que dans la voiture sur notre trajet ver la maison nous avons raconté au papa le dialogue avec le docteur et que tous les examens coûteront approximativement 3000 euros, mais peut-être y a une modalité de remboursement, il fallait que moi je vois avec l’assistant social de l’hôpital. Quand il entend le montant de cette somme il refuse tout de suite...
J’avais un nœud dans la gorge, je les ai proposé cette somme à condition de me la rembourser quand ils peuvent, en sachant que la mère de Laura était en Autriche pour le travail et qu’elle pouvait facilement leur prêter cette somme. En plus de ça, toute la famille et tous les amis, auraient pu faire un effort. Ils espéraient par contre que moi et ma famille, nous leur donnons tout...
J’aurais fait cet effort pour Ionut mais ce n’était pas juste pour les miens surtout que la mère de Laura dans les années ’80-’90 quand la tyrannie de Ceausescu était en pleine expansion, elle était vendeuse dans un magasin alimentaire et elle servait seulement leurs amis et les connaissances desquels elle en avait besoin, docteur, professeur et plus pire communistes avec des aliments et légumes frais et nous les autres, nous devrions attendre des heures dehors dans le froid, dans la pluie ou encore dans une chaleur de plomb...jusqu’au moment où elle range les colis pour les plus « méritants» de la société...et après s’il restait quelque chose de pourri c’était pour les autres mais tout ça rationné, 2-3 kg d’oignons pourris, 2kg de pommes de terre et tout ça devrait nous suffire pour un mois.
Je me rappelle qu’après le travail j’ai fait la queue et en même temps je lisais pour faire passe le temps et pour oublier l’humiliation dans laquelle nous sommes rentrés, mais les filles étaient petites 3-4 ans, ma mère s’occupait d’elles. Nous faisions la queue sans savoir ce qu’il y avait dans le camion de livraison garé derrière le magasin. Tout était camouflé par des grillages. Mais tout était bon car les frigos étaient vides et les enfants étaient heureux quand nous dénichions quelque chose de sucré. Heureusement que ma mère était une excellente cuisinière à la maternelle de notre village et elle inventait des plat tellement bons avec très peu de choses. Nous avions aussi notre jardin, nos poules, un cochon donc finalement nous nous sommes débrouiller. Il ne reste que pour les aliments de base, il fallait les chasser et ils étaient rationnés : 1 kg de chaque par personne et par mois quand les vendeuses étaient obligées de les partager avec les habitants du village. En fait, ce n’était pas un village, c’était une colonie, pendant la guerre c’était une unité militaire avec tout le confort pour les officiers et après la guerre c’était transformée dans une usine pour la fabrication des remorques agricoles. Nos parents ont quitté leur région pauvre et ils sont devenus des employeurs dans ces usines et ils sont retrouvés une vie plus facile.
Ils étaient jeunes et nous les enfants de l’époque tous comme des frères et des sœurs, élevés en liberté avec la clé autour du cou, indépendants et responsables. Nous n’avions pas ni de l’église ni poste de police. Les gens se respectaient et les grands-parents en visite ou à la charge de leurs enfants veillent sur nous. Mais quand, Ceausescu dans les années ’80 voulait payer les dettes externes (nous étions le seul pays au monde sans dette) la vie a changé et aussi les gens.
Donc avec un livre passionnant « La brute » de Guy des Cars et devant le magasin, je ne voyais pas le temps passé...Il faisait presque nuit, le magasin était toujours fermé et les vendeuses qui sortaient par derrière en riant et en criant qu’elles n’ont rien à vendre...parmi ces vendeuses, il y a avait aussi la mère de Laura. Je suis partie avec un goût amer, pleine de dégoût mais très éblouie par ce roman qui parle d’un enfant né muet, sourd et aveugle devenu après éducation d’un fascinant moine, un très grand écrivain. Toute l’action se passe dans la région de Limoges.
Après 1990 quand mon mari s’est décidé de quitter le pays, nous voilà à Limoges. Bien sûr qu’après 10 ans après la lecture du roman, j’avais oublié le nom de la région, mais quand je suis arrivée à Limoges, j’avais le nom dans la tête ainsi que les différents endroits...mon mari me disait que peut-être dans une autre vie j’avais vécu là-bas. Quand je suis revenue chez moi je regardais avec nostalgie mes livres et je suis tombée sur ce roman et je me suis mise à le relire. Ça me rappelle le rire ironique de la vendeuse mais j’avais découvert d’où venait le nom de la région ou j’avais habité les deux premières années...en France.
Après la chute du communisme les gens parlaient que certains communistes ont trouvé plein de bijoux en or à la maison de la maman de Laura. Donc je pensais qu’ils avaient assez d’argent pour contribuer eux aussi à la guérison de leur petit-fils.
Après deux jours les parents d’Ionut ont fait leurs valises et ils sont repartis.
Il fallait alors expliquer au docteur SAINT MARTIN leur décision, pour qu’nous puissions annuler tous les rendez-vous, tous les examens...mais je lui ai dit que si je trouve l’argent nécessaire je reviendrai.
Vite je suis allée à l’hôpital pour voir l’assistante sociale.
Je lui ai expliqué l’histoire et je lui ai dit que je savais que la Roumanie depuis son entrée dans l’Union Européenne peut rembourser les frais de l’hôpital dans certains cas. Elle m’a promis qu’elle s’en occupe et elle va envoyer un courrier à la maison. J’ai attendu un moi et rien...l’était d’Ionut s’empirait et je suis allée de nouveau à l’hôpital pour voir l’assistante sociale. Tout ça a durait jusqu’au mois de juillet chaque semaine je m’absentais deux trois heures du travail, mes patrons ont compris la situation mais il fallait avoir des limites...j’ai été gênée mais il fallait oser, moi j’avais la chance de pouvoir récupérer après le programme les heures dont j’ai été absente.
Laura de son côté s’était renseigner pour démarrer le remboursement et la Roumanie voulait le coût et les dates des examens médicaux.
L’assistante sociale ne voulait pas m’aider, à chaque fois elle criait elle s’énervait quand j’allais devant sa porte.
Là j’ai crié moi aussi, j’ai descendu vite l’escalier et je me suis laissée tomber par terre en pleurant.
Quoi faire ? Ou aller ? Je me suis levée et je me suis retrouvée devant l’admission. Mais oui c’est là que je dois être...Et tout s’est déroulé merveilleusement bien jusqu’au FAX.
Il fallait envoyer les programmations avec le prix en Roumanie rapidement parce que les vacances approchaient et les miens aussi et aussi à l’assurance maladie en Roumanie et les examens se déroulaient au mois de septembre. Ils voulaient retourner avec nous pour économiser et parce que le papa n’avait pas des vacances.
J’ai couru la moitié de Strasbourg après le travail pour trouver une boutique avec un fax. Le monde fonctionne avec internet sauf en Roumanie. Au final j’ai trouvé chez un turc et j’ai pu mener ma mission à la fin.
Quand je suis arrivée chez moi en Roumanie Ionut ressemblait à une brute...3 ans et 30kg incapable de bouger dans une poussette transformée et renforcée avec les yeux fermés en train de gémir. Je me demandais s’il va résistait encore un mois.
Les vacances se sont passés vite le papa a pu avoir quelques jours de congé et ils sont venus tous seuls avec leur voiture.
Pout les examens je les ai accompagné à l’hôpital.
J’ai couru à droite et à gauche pour les traductions, les plus intéressés était les docteurs résidents je croyais que eux aussi peuvent s’occuper de cas. Après j’avais compris ce que signifie docteur résident, mais j’ai été contente de leur expliquer dans le moindre détail.
Le troisième jour a eu lieu le contrôle psychologique.
Quand je suis entrée avec eux chez la psychologue elle nous a dit que nous sommes beaucoup de personnes. Je lui ai expliqué que la personne ne comprend pas le français. Elle m’a répondu qu’elle a prévu un docteur roumain pour la traduction. J’ai été contente et je suis sortie. J’ai vu alors une fille très jolie et jeune rentrait dans son cabinet.
Après une longue attente je vois Ionut en courant vers moi en trainant ses pieds difficilement. Il s’est jeté dans mes bras et il m’a embrassé en me serrant fort. Nous sommes restés longtemps enlacés comme ça et j’ai senti qu’il n’était plus « qu’une brute », entre nous une histoire venait de naître...
Magda la jolie docteur roumain voulait se présentait et m’expliquer ce que s’est passé dans le cabinet il n’avait pas de place pour elle. Ionut restait collé à moi.
Après elle m’a expliqué qu’il est autiste aussi, je ne comprenais pas trop j’ai été trop perturbée avec cette épreuve d’amour. Je lui ai promis que je me battrai jusqu’il ira mieux.
Magda m’a expliqué qu’elle est aussi résident et qu’elle travaille avec docteur SAINT MARTIN. J’ai été bien contente parce mon travail était du coup allégé.
Je l’ai invité chez moi un dimanche pour analyser mieux Ionut et comme il faisait chaud dehors je les ai proposé de monter à nouveau au monastère. Magda avait entendu de ce monastère mais elle n’était jamais allée alors elle a été très contente à l’idée de faire cette promenade surtout après un repas roumain très copieux. Je tenais beaucoup à faire boire Ionut de cette eau miraculeuse. Elle regardait attentivement le comportement d’Ionut et me regarde curieuse quand nous sommes rentrés dans le creux de l’arbre pour souhaiter à Ionut une réussite.
Quand nous sommes arrivés à la source tout le monde a commencé à boire avec un très grand appétit. Ionut avait une grosse soif...Je me suis dit : « Il est guéri ! »
Je les ai raconté l’histoire une amie venue en visite chez nous avec son mari, ils étaient des jeunes mariés. Cette amie ne pouvait pas avoir des enfants à cause d’une grossesse antérieure d’un précèdent mariage avec un autre homme. Ce problème fut d’ailleurs la cause de leur divorce. Elle avait eu une grossesse extra-utérine et on lui a donc extirpé un ovaire. Le deuxième mari ne tenait pas avoir des enfants. Mais je lui ai proposé de l’amener dans un endroit plein des enfants. Et nous sommes montés à Sainte-Odile. Sans savoir que la source était miraculeuse elle se précipite vers l’eau pure et fraiche. Elle ne pouvait pas s’arrêter de boire, tellement l’eau était bonne! Je lui ai dit de s’arrêter sinon elle aura des jumeaux. Nous avons rigolé bien sûr. Après 2-3 semaines elle m’appelle pour m’annoncer qu’elle est enceinte. A 7 mois elle a donné naissance à une jolie fille, Daria. Quand la petite fille avait trois mois ils sont venus chez nous pour nous la présenter. Et à nouveau nous sommes montés à Sainte-Odile pour lui présenter la petite. Et de nouveau elle a commencé à boire...et après 7 mois de nouveau elle a donné naissance à une autre fille. Le temps est passé, elles sont grandes maintenant, 15 et 14 ans, de très bonnes élèves sur Paris.
J’ai dit alors à Magda de faire attention mais elle a bu pour un autre « souhait ».
Après 2-3 semaines Ionut est reparti avec ses parents en Roumanie en attendant les réponses et les décisions des docteurs.
J’ai eu après quelques jours rendez-vous avec docteur SAINT MARTIN. Le docteur m’a dit que la maladie d’Ionut était très grave et qu’elle va prendre certaines décisions suite à une conférence qui aura lieu à Madrid. Elle présentera le cas d’Ionut pendant cette conférence.
L’automne est passé, les vacances de Noël approchent et nous ne savions pas si Ionut sera opéré. Magda ne savait rien non plus...
Ionut commence à aller mieux grâce aux médicaments achetés en France et surtout parce que docteur Saint-Martin a prescrit une bonne dose. Mails il était toujours gros : 35 kg et il mange énormément.
Laura était très inquiète et très nerveuse presque impolie avec moi.
Moi j’avais mon « ange gardien », Magda, qui me sauvait de toutes les questions de Laura. Magda ne savait pas grande chose non plus, mais elle trouvait toujours les mots pour m’encourager.
Après les fêtes d’hiver la décision était prise. Le 11 février Ionut sera opéré.
J’ai vite appelé Laura pour lui annoncer la bonne nouvelle. Elle était contente et inquiète parce qu’il fallait d’autres papiers pour le remboursement. Moi de mon côté j’avais à faire plein de papiers.
Nous ne demandions si nous allons arriver à avoir tout sinon tout s’aurait pu s’arrêter.
Ils sont arrivés le 8 février très fatigués, au bout des forces mais Ionut quand il m’a vu il m’a embrassé très fort.
Avant l’opération l’anesthésiste et le chirurgien voulaient le consulter aussi pour les dossiers qu’il fallait faire.
A l’anesthésiste c’était moi qui les ai accompagnés mais le chirurgien avait une psychologue roumaine, Adela. Moi je ne le savais pas, j’ai été contente d’un côté, mais j’aurais voulu savoir moi aussi pour les éventuelles prochaines questions.
Je suis restée toute seule dans la salle d’attente en regardant par la fenêtre du 7-ième étage, je regardais la vie dehors et ma main sur laquelle j’avais noté en vitesse le nom du chirurgien KERLY. La secrétaire du docteur SAINT-MARTIN m’avait rappelé que le professeur DE SAINT MARTIN voulait le voir rapidement. En vitesse j’ai noté son nom et il est resté écrit sous la paume de ma main.
J’ai été fière d’avoir pu arriver jusqu’à là j’étais confiante.
Je voyais dans des films à la télé des opérations sur le cerveau mais s’était qu’un film. Et maintenant les films sont devenus réalité.
J’étais fière parce qu’aucun docteur en Roumaine ne l’aurait dit que ça existe aussi cette possibilité et moi j’ai suivi mon destin...j’en ai cru...
Ils sont sortis tout souriants et confiants. Ils discutaient entre eux...
Moi j’ai les ai regardé en essayant de comprendre’ quelque chose. En route vers la maison ils m’ont raconté vaguement la rencontre. Laura et Adela elles ont sympathisé tout de suite. Moi, j’étais mise de côté, mais Ionut me serre la main, celle avec le nom de KERLY...
Dimanche c’était l’admission à l’hôpital. Mais avant j’ai demandé aux parents de me noter sur un papier que s’il arrive quelque chose se sont eux qui ont souhaité cette opération avec mon aide, bien sûr.
Elle s’est précipité sur le téléphone et elle parle avec sa mère. Au bout de quelques minutes elle me dit que sa mère n’était pas d’accord que je les « humilie » en faisant ce papier. Peu importe si après tout ca, s’aurait été moi l’ «  l’humiliée » !!!
Ionut avais un espoir. Nous avons fait le détour par Sainte-Odile et nous sommes rentrés dans l’après-midi à l’hôpital.
Heureusement que mon « ange » Magda est venue toute de suite à l’hôpital car moi j’étais malade...fièvre, toux, frissons.
J’essayais d’être loin d’Ionut. En même temps ma fille elle avait aussi une opération d’utérus pas si difficile mais moi je ne pouvais pas ne pas être à côté d’elle. Toute la famille s’est divisée entre les opérations.
La nuit a été courte j’ai réussi à m’endormir vite. A 5 heure du matin moi et le papa d’Ionut nous sommes partis parce que à 6heure du matin Ionut avait encore des scanner à passer et les préparations commence de bonheur.
A la maison tout le monde se prépare pour l’opération d’Ela et pour l’organisation de Victor et David à l’école.
Ella est partie avec sa meilleure amie, Claudia, avec elle, Ela se sentait rassurée.
Arrivé à l’hôpital Ionut était préparé pour le scanner.
Papa l’avait conduit à la radiologie et moi et Laura nous avons fait les bagages et nous avons commencé à nous essuyer les larmes.
Nous n’étions pas sur la terre, nous avions l’impression d’être dans un rêve.
Nos pas se sont perdus dans les labyrinthes des couloirs jusqu’au bloc opératoire. Nous avons marché sans force, poussées par les émotions et l’inconnu. Nous étions au bout de nos forces.
La toux m’agaçait, la fièvre montait, j’étais aussi inquiète pour ma fille mais Claudia me rassurait de temps en temps avec un sms.
Laura et Sorin ont commencé une discussion contradictoire, sans aucun sans...j’étais au bout.
Alors j’ai décidé d’aller à la cafeteria pour leur changer les idées et de les faire taire.
Vers midi Ela était prête en route vers la maison. Tout s’était bien déroulé.
J’étais tranquille ils se sont calmés et nous sommes partis à nouveau vers le bloc opératoire. J’ai demandé des nouvelles d’Ionut mais l’opération ils ont estimé qu’elle va être finie seulement vers 15 heures. Les infirmières nous ont montré la chambre de soin intensif ou il resterait quelques heures après la réanimation.
J’ai me suis rappelé qu’à McDonalds ils ramassent des pièces pour financer cette maison. Heureusement que David et Victor m’amènent souvent à McDonald’s. Ça m’a servi à quelque chose cette fois-ci.
J’ai laissé Laura dans la chambre de soin intensif pour reprendre ses esprits en regardant par la fenêtre la neige qui tombait en abondance sur les premières fleurs printanières.
Cette atmosphère tranquille fait voyager son esprit très loin, loin au point qu’elle s’imaginait son petit garçon en train de récupérer les 4 ans de souffrance...elle voyait le bonheur enfin venir.
Moi avec le papa nous sommes allés pour trouver la maison. McRegan pour faire l’inscription et les papiers nécessaires.
Tout était parfait : une chambre chaleureuse, un lit confortable et une salle de bain pour laver leur stress...
Après une heure nous avons retrouvé Laura en train d’analyser toutes les machines qui entouraient le lit où va être mis Ionut par la suite.
Je me suis camouflée derrière un masque j’ai dérangé beaucoup l’atmosphère de paix qui régnait au tour avec ma toux.
Mais j’ai été très contente quand la directrice de la maison m’avais raconté que l’assistante sociale elle était mise à la porte à cause de ses incompétences...j’ai été vraiment contente.
Vers 17 heures Ionut arrive dans la salle de soin intensif, réveillé. Il a commencé à pleurer.
Moi je suis restée au fond de la chambre pour leur traduire. Heureusement que Magda rentre en vitesse dans la chambre. Moi je sors vite derrière une porte de couloir, je me plonge sur une chaise.
Mon mari vient lui aussi, il me rassure qu’Ela va bien aussi les enfants et il rentre aussi pour avoir des nouvelles d’Ionut.
Curieux comme il est, Magda lui explique tout en détail.
Docteur SAINT MARTIN passe elle aussi par-là, en sortant elle me voit et s’approche de moi en me rassurant que tout s’était bien passé super bien avec l’équipe du professeur KERLY.
Les larmes, la toux m’empêchaient de lui remercier au plus profond de moi.
Mon mari sort avec les filles et il nous invite dans la voiture pour manger une pizza. La meilleure pizza.
Nous avons commencé à nous détendre un peu, après je lui ai montré la chambre à Laura au cas où elle voulait prendre une douche.
Ensuite Laura est repartie à côté de son petit et le papa est venu lui aussi manger un morceau.
Nous sommes partis tous et il était 21 heures, il fallait que je travaille le lendemain et suivre Ionut.
Après le travail j’ai couru à l’hôpital, j’étais impatiente. Il était déjà transféré dans l’aile neurologie. Il avait mal, il gémissait mais s’était un bon signe. Il avait tous ses réflexes en plus, il voulait partir.
Je les ai apporté quelque chose à manger, je les ai traduit tout ce que les docteurs et les infirmières avaient besoin et Laura est sortie avec moi pour prendre un peu d’air et une douche.
Les jours suivants le même programme sauf que j’ai trouvé Ionut avec une tête immense. Elle était gonflée au point qu’on ne pouvait pas voir ses yeux. Il faisait quelques pas dans la chambre, il était soutenu par ses parents mais il ne pouvait rien voir. J’ai été inquiète mais les docteurs m’ont expliqué que c’est normal que ce sont des phases qu’il doit parcourir.
Le 3-ième jour Ionut commença à dégonfler, il pouvait enfin voir. Il voulait me toucher avec sa main, moi aussi mais j’étais encore malade. Laura m’a raconté qu’ils ont eu la visite du prêtre roumain, Iorgulesco et Adela lui a offert un petit livre de prière son mari étant lui aussi prêtre.
Jeudi soir ils ont pu sortir, l’évolution était bonne et en plus l’assurance roumaine a payé juste 4-5 jours.
A la maison il a commencé à pleurer, mais il a réussi à s’endormir vendredi toute la journée il a pleuré, alors j’ai demandé à Magda qu’est-ce qu’on doit faire. Elle m’a répondu : « Vas aux Urgences ! » Je les ai appelés en leur disant qu’on se voit à l’hôpital. Mon travail n’est pas très loin.
De nouveau des explications de radios le docteur SAINT MARTIN n’était pas joignable, Magda elle les a tout expliqué par téléphone. Ils ont voulu le garder seule à l’hôpital mais ils ont refusé, il fallait payer 1000 euros pour chaque jour. Ils n’avaient pas cette somme. Le papa gagne 400 euros par mois en Roumanie et la moitié coûte les médicaments pour Ionut.
Donc nous sommes revenus à la maison. En route il s’était endormi et il s’est calmé.
J’ai demandé tout le temps s’il a eu une crise mais non elles sont disparues définitivement.
Mardi le professeur KERLY voulait me voir.
J’étais intimidée à l’idée de parler avec un « HOMME » si grand avec son talent scientifique a pu donner un bonheur absolu à un garçon, à une famille de nulle part...C’était énorme pour moi.
Nous avons attendu sagement notre tour devant son cabinet. Je l’ai analysé quand il est sorti après chaque malade.
Notre tour maintenant. Mon cœur sortait de ma poitrine comment pourrais-je parler à ce gigantesque Homme ?
Une fois rentrée toutes les émotions ont disparues, un Homme simple passionné jusqu’à la perfection !
Il a commencé à parler avec Ionut et lui il a suivi avec les yeux tous les mots toutes les commandes.
Finalement il m’avait dit qu’il est bien et qu’il aimera avoir des nouvelles de son évolution. Il m’a demandé si c’était facile pour eux de venir de temps en temps voir son évolution.
Mais bien sûr quand vous voulez, mais par internet chaque jour vous pourriez communiquer.
Il était content parce que Ionut était le deuxième cas avec cette grave maladie.
Avant de sortir presque timide...il m’a demandé : les parents sont-ils contentes ? qu’est-ce qu’il dit....
Alors moi avec les larmes sur les chaussures, je lui ai répondu qu’ils ne sont pas content ils sont aux cieux de bonheur pour le moment ils ne savent pas comment s’en prendre avec la nouvelle vie, mais moi je sais une chose :
- En ce moment j’ai touché la main d’un Dieu, le plus grand qu’il existe dans l’Univers !!!
Il avait lui aussi les larmes aux yeux.
Je lui ai promis que j’allais lui donner des nouvelles tout le temps.
Le jour suivant le docteur SAINT MARTIN l’avait consulté elle aussi et donne des consignes, des traitements à suivre quelque temps et elle a fait la liaison par internet avec le neurologue en Roumanie. Cette fois c’était Adela qui les a accompagnés.
Après ils sont repartis à leur maison. Le voyage a duré deux jours. Le soir quand ils sont arrivés devant leur immeuble Laura l’avait installé par terre jusqu’à ce qu’elle cherche la sacoche avec les clés. Quand elle se retourne pour chercher Ionut, Ionut avait disparu. Elle regarde à droite à gauche, elle monte les escaliers désespérément. Ionut attendait devant leur appartement.
Une fois qu’il est rentré il commence à regarder les objets avec intérêt et il serre très fort ses jouets.
Jusqu’à ce moment-là jamais il n’a donné signe que quelque chose l’intéresse.
Il a été heureux de retrouver son lit.
Le matin au réveil il apporte ses chaussures à sa maman pour sortir.
Avant de partir ils m’ont supplié de leur trouver un fauteuil roulant pour lui faciliter les sorties...et maintenant il marche tout seul après quelques jours de l’opération seulement.
Ils sont sortis main dans la main en découvrant la vie. Il était impressionné par les chiens dans la rue, par les enfants qui jouent dehors et il était très content de rencontrer ses grands-parents.
Tout le monde n’arrêtait pas de dire que c’était un miracle.
Dimanche à l’église quand ils sont rentrés pour remercier à tout la communauté du village pour leur soutien, le prêtre s’est arrêté et ils ont fait une prière pour le miraculeux docteurs français et surtout pour le docteur KERLY.
Moi j’avais envoyé un mail au docteur SAINT MARTIN en lui racontant comme s’était déroulé leur arrivée... elle a envoyé le mail aussi au professeur KERLY.
Arrivée moi aussi au mois d’août en Roumanie j’ai trouvé Ionut dans un parc, sur le toboggan bien maigre, en pleine forme. Quand il m’a vu il a couru vite vers moi en me serrant dans ses bras. Je lui ai demandé s’il me reconnait...Tout de suite il a commencé à crier : ANA...ANA
Au retour j’ai apporté deux photos d’Ionut  : une pour docteur de SAINT MARTIN et une pour le professeur KEHRLI. Sur ces photos Ionut était vraiment heureux.
La vie a commencé à se dérouler presque normalement. Il a commencé une maternelle spécialisée. ET ils vécurent heureux jusqu’au jour après un an de l’opération Magda nous annonce que docteur KEHRLI nous a quitté à cause de ses problèmes de cœur.
Nous ne savions plus quoi dire, quand faire, nous étions abasourdis...
Depuis, chaque dimanche Ionut va à l’église et il allume un cierge à la mémoire de son ange gardien, MONSIEUR LE PROFESSEUR KEHRLI.
Ionut a appris une poésie en français, Laura, sa maman est en 2-ième année d’école d’infirmières, Magda à la suite de cette histoire est devenue neurologue quant à moi, j’ai touché LA MAIN d’un DIEU.

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