12
min

In Memoria

Image de Delf In

Delf In

11 lectures

2

Il fait sombre... Noir... Je ne distingue absolument rien ! Pas même mes mains ! Ces mains que j’arrive à peine à bouger. Je ressens des douleurs dans tout le corps, je veux bouger mais rien n’y fait ! Je reste allongée... Depuis combien de temps suis-je ainsi ?
Je tente de me remémorer... Ma mémoire est trouble, je dois la forcer... Ça y est ! Je me rappelle ! Enfin des bribes plutôt... Je me souviens du brouillard... Et surtout, de cet homme ! Magnifique, de beaux cheveux couleur corbeau tombant légèrement sur ses épaules, des yeux dorés dans lesquels on se perd... Une beauté parfaite ! Je me concentre davantage, qui est-il ?
Et là, une partie de ma mémoire revient !

**********
New York, la grosse pomme... J’étais en vacances là-bas !... Enfin, je crois... Et, un soir, je l’ai vu ! Un soir de brouillard... Une brume à couper au couteau, il était là, au coin de la rue, immobile. Il s’est, soudain, tourné vers moi et m’a souri. Un taxi a ralenti près de moi, je l’ai regardé et quand je me suis retourné vers cet inconnu, il n’était plus là ! Il avait disparu... Je suis rentrée à l’hôtel et j’ai passé la nuit à rêver de cet homme... Comme envoûtée, ensorcelée ! Le lendemain, j’en ai parlé à mon amie, qui m’avait accompagnée aux États-Unis. Elle en a ri :

— Toi, faut que tu te trouves un mec ! Fantasmer sur un inconnu vu dix secondes, t’es vraiment en manque, ma vieille !

Je me souviens m’être sentie penaude, d’avoir rougi... Rouge comme une pivoine ! J’ai balbutié, essayé de répondre... Mais rien à part des « Mais euh », « Arrête »,... Une vraie gamine !

**********
Mais oui ! Qui suis-je au fait ? Pourquoi je me souviens de ce genre de choses ? Pourquoi je ne me rappelle pas de mon identité ? Ma mémoire s’amuse avec moi...
Mon pouls s’accélère, j’angoisse ! J’ai du mal à respirer, je suffoque ! Je tente de me calmer, je dois me calmer ! Je ferme les yeux, inspire profondément, expire. Je recommence jusqu’à retrouver ma sérénité, mon calme... Le stress a disparu, je tente à nouveau de me remémorer ma vie...

**********
Une ville, des bâtiments, du monde... C’est chez moi ? L’autoroute et un panneau avec un nom : Nancy... Oui, c’est ma ville ! Je me rappelle ! J’y vis depuis quatre ans ! Je suis étudiante... J’ai obtenu une licence à la faculté de Lettres et je viens de finir ma première année de master à l’IECA... Je suis en culture et jeunesse ! Et pour décompresser, j’ai voulu voyager... Passer l’été aux States !
Ma meilleure amie, Érica, a décidé de m’accompagner... Elle avait peur : « Une jeune femme ne voyage pas seule ! Surtout dans un pays inconnu ! »... Mais, elle voulait surtout partir s’amuser à l’étranger ! Je me souviens qu’elle m’a harcelé jusqu’à ce que j’accepte. Nous avons pris les billets sur internet et fin Juin, nous partions pour Bâle en Allemagne... Direction l’aéroport... Nous avions prévu de visiter plusieurs villes : New York, Washington, Miami, Nouvelle Orléans, San Francisco et Los Angeles !
Le trajet s’était très bien passé, et nous avons débarqué à New York sans encombre ! Nous avons déposé nos affaires à l’hôtel et visité la ville toute la journée...

**********
New York était donc la première escale... Mais pourquoi j’étais seule ? Où était Érica le soir où j’ai croisé cet homme ?
Mes yeux s’habituent à la pénombre... Et pourtant, je ne vois toujours rien... Comme s’il y avait une barrière à, à peine, dix centimètres des deux côtés de ma tête... Je dois savoir où je me trouve ! Mais pour ça, je dois me souvenir ! Me rappeler tout ! Les réponses à mes questions se trouvent dans ma tête, ma mémoire...

**********
Le premier soir, nous sommes sorties. Nous avons fait le tour des bars... Je me rappelle, nous avons bu mais aussi rencontré de beaux new-yorkais ! Les petites françaises se sont fait draguer... Érica m’a lâché pour un américain... Son premier « plan cul » du voyage... Je suis partie pour me changer les idées, Érica, elle, avait prévu d’essayer un maximum de mecs durant nos vacances !
Esseulée, j’ai décidé de rentrer à l’hôtel... j’ai quitté le bar et me suis mise à marcher... C’est là que je l’ai vu... Mon bel inconnu !

**********
Voilà pourquoi j’étais seule, le soir-là ! Et après ? Qu’ai-je fait ? Pourquoi suis-je ici ? Comment suis-je arrivée là ? Je dois savoir ! Je veux savoir ! Je dois me concentrer davantage, me rappeler ensuite !

**********
Les jours suivants, nous avons continué sur notre lancée, visite la journée et bar la nuit. Mais... Je me souviens ! Cet homme était devenu une obsession ! À chaque sortie, j’espérais... Je voulais le revoir... Je rêvais de lui, de ses bras autour de ma taille, ses lèvres posées contre mon cou, son étreinte, ses baisers,... Chaque matin, je me réveillais haletante, moite... Il était dans mes pensées, mon esprit, mes rêves !
Et je faisais désespérée mon amie... Les hommes me draguaient durant nos sorties mais aucun ne m’intéressait, aucun n’était à la hauteur de mon bel inconnu ! Jamais je n’avais eu autant envie qu’un homme m’embrasse, me caresse, me prenne... Mon obsession se transformait en perversion ! Mais, honteuse, je n’en parlai pas à Érica... Vu sa réaction la première fois que je lui en avais parlé, je savais qu’elle me prendrait pour une folle !

**********
Oui, c’est ça ! J’étais devenue une obsédée, une perverse ! Mais pourquoi cet homme m’attirait tant alors que je ne l’avais croisé, vu qu’une seule fois ? Je l’avais juste entrevu, même pas parlé et pourtant je ne voulais que lui ! Il faut croire que son physique... Son visage m’avait ensorcelé ! Je ne me souviens que de ce magnifique sourire, de son regard transperçant... Rien d’autres ! Pas même ses habits, sa taille... Rien que son visage... Pourquoi ? Qui est-il ? L’ai-je revu ? Je dois me concentrer, me souvenir ! Vite avant que... Que quoi d’ailleurs ? Je ne sais pas où je suis, il fait si noir que je ne vois rien, je peux à peine bouger... Que pourrait-il m’arriver d’autres ? Réfléchis... Réfléchis ! Que m’est-il arrivé ensuite ?

**********
Tous les soirs, je l’ai cherché... Sans résultat... Et pendant ce temps, Érica changeait de mec chaque jour ! Et moi, la vierge effarouché, j’étais incapable de revenir dans la réalité, incapable de m’intéresser au moindre type ! Je passais mes soirées à le chercher et, lui, me trouvait, la nuit, dans mes rêves... Des rêves devenant de plus en plus réels... Au point de me réveiller haletante... Comme si je venais d’atteindre l’extase... Je prenais mon pied, je montais au septième ciel chaque nuit mais virtuellement !
Jusqu’à ce soir-là... Cela faisait presqu’une semaine que j’errais chaque jour à la nuit tombante... Et là, je l’ai revu ! En sortant du bar, il était là ! La brume aussi... Il marchait, s’éloignait de l’endroit où je me trouvais... Et sans réfléchir, je me suis mise à le suivre ! Soudain, il tourna à un angle, j’accélérai le pas pour ne pas le perdre de vue... Chose que je fis malheureusement... Lorsque je tournai, il n’était plus là, envolé comme la première fois ! Enfin, je le crus... Une main se posa sur ma bouche, je sentis un corps contre moi, dans mon dos... Il me força à me retourner, c’était mon bel inconnu !
Il me fixa de ses yeux dorés et m’embrassa... Il me plaqua contre le mur et tandis que sa langue jouait avec la mien, sa main droite se mit à me caresser la cuisse puis à remonter ma jupe pour atteindre ma fesse... Il arrêta son baiser, recula son visage du mien avant de m’embrasser dans le cou... Tout en continuant à me caresser la cuisse et la fesse... Je sentais le feu enflammé mes joues, il était en train de réaliser tous mes désirs... Et puis, il s’arrêta, redressa la tête vers mon oreille et me souffla un « pas encore » qui me fit l’effet d’une bombe !
Il me relâcha de son emprise au moment où mon nom retentit plus loin... Érica me cherchait ! Je tournai la tête dans la direction des appels et quand je me retournai, il n’était plus là ! Mon bel inconnu s’était à nouveau évaporé... Au pire moment...

**********
Je me rappelle... J’étais tellement excitée que j’en ai parlé à mon amie dès qu’elle m’a rejointe... Elle a cru que j’avais rêvé... « Une hallucination »... Mais je le sais, ce soir-là, tout était bien réel ! La seule question qui me hantait à cet instant n’était autre que ce « pas encore »... Que voulait-il de plus qu’une femme prête à tout pour qu’il l’embrasse, la caresse, la prenne même dans la rue ?! J’étais vierge et je ne souhaitais que lui pour ma première fois, lui un inconnu ! Ma mémoire me revient... les choses deviennent de plus en plus claires...

**********
Le lendemain, j’ai subi les railleries d’Érica... Toute la journée... Et puis, le jour a laissé place à la nuit et elle m’a totalement oublié ! Trop occupée à boire et à draguer tout ce qui bougeait dans le bar... Encore une soirée de beuverie... Encore un nouveau bar... Et pendant ce temps, moi, j’étais accoudée au zinc, un verre de mojito dans la main... Toujours en train de penser à cet inconnu chaud comme la braise... Comme il embrassait bien ! Comme dans mes rêves ! Après deux-trois verres, j’en ai eu marre et j’ai voulu partir... Rentrer ou errer dans les rues... J’ai prévenu mon amie qui était en bonne compagnie ! Deux hommes faisaient tout pour gagner ses faveurs... J’en ris intérieurement... Deux partenaires ne la dérangeaient pas ! Tous leurs efforts étaient inutiles puisqu’ils l’avaient déjà charmé !
Je quittai donc le « Pub Irlandais », regardai partout... On ne sait jamais, il aurait pu être là, dans le coin ! Personne... Je pris donc la décision de rallonger mon trajet... Quelques détours n’allaient pas me gêner... Surtout si c’était pour le revoir ! Je marchai, tournai à gauche puis à droite au carrefour suivant !
Cela faisait un moment que j’errai dans les rues de New York... À l’affut du moindre bruit, du moindre mouvement ! Et à force, je me perdis... Impossible de retrouver mon chemin ! Et, comme rien n’allait ce soir-là, je me fis accoster par un groupe de petits loubards... « Une aussi belle femme seule dans la rue, ça peut être dangereux ! » Ils me reluquaient, tout excités... Je voulus reculer pour fuir mais l’un d’eux me bloqua la route... J’étais encerclée, seule, sans défense ! La peur aurait pu me figer mais non, je tentai de forcer le passage, l’un des loubards m’attrapa par le bras, me tira vers l’arrière... Je perdis l’équilibre et tombai, ma tête cogna le sol dans un bruit sourd. Je perdis connaissance...
À mon réveil, j’étais allongée dans un lit... J’étais revenue dans ma chambre d’hôtel... Je me redressai, ma tête me faisait souffrir. Je posai ma main à l’endroit où se trouvait la douleur, j’avais une belle bosse... Et puis, soudain, je remarquai une présence... Il était là, assis dans la pénombre ! Il me fixait sans rien dire... Je rougis, balbutiai, il sourit... Avant de se lever et d’approcher du lit, il s’assit à côté de moi tout en continuant à me fixer... Tel un prédateur prêt à attraper sa proie ! Il posa sa main gauche de l’autre côté de mes jambes, approcha son visage du mien et m’embrassa fougueusement. Il se pencha en avant, me forçant à me recoucher... Je me laissai aller, je le laissai faire... Une fois couchée, il arrêta son baiser, recula sa tête et tout en me laissant me perdre dans son regard perçant et profond, me dit tout doucement « Bientôt »... Il posa son index sur mes lèvres pour m’empêcher de parler ! Il se redressa, se leva et quitta la chambre... Je restai coi face à cette scène surnaturelle !

**********
Je n’ai jamais su si c’était lui qui m’avait sauvé... La seule chose que je savais, c’est qu’il était là à mon réveil ! Comment avait-il su le nom de l’hôtel ? Le numéro de la chambre ? Aucune idée ! Mais personne ne l’a su non plus ! Personne ne l’a vu ! Personne n’a remarqué mon retour, évanouie !
La seule chose que je savais, c’est que j’en voulais plus ! Je le voulais tout entier ! Tout ça ne me suffisait pas, ne me suffisait plus ! Ses baisers m’excitaient plus qu’ils ne me calmaient... Je dois continuer à fouiller mon esprit, ma mémoire ! Je dois savoir ce qui m’est arrivé ensuite !

**********
Le jour suivant, Érica, en voyant ma bosse, m’avait demandé des explications... S’en était voulu... Me laisser seule dans les rues d’une ville que je connais à peine ! Avec tous ses dangers ! Elle m’avait même fait la morale : « Plus de détour ! Rentre directement en taxi ! T’aurais pu te faire violer ! »... Elle ne m’avait pas lâché de toute la journée... Jusqu’au soir...
Et, encore une fois, trop occupée à s’amuser, elle m’avait oublié ! Et moi, le danger de la veille ne m’avait nullement refroidi ! J’ai attendu que mon amie soit trop occupée pour disparaître... Et, à nouveau, j’ai erré dans les rues de New York ! Je me fichais des dangers ! Lui seul m’intéressait... J’ai tourné, tourné, à droite, à gauche... Je ne sais combien de temps j’ai marché... En vain... Et puis, je suis rentrée à l’hôtel !
Arrivée dans ma chambre, je ne voulais que me coucher ! J’étais tellement déçue... j’ai jeté mon sac sur le lit et suis partie pour la salle de bain... Je pris une douche rapide, mis une serviette autour de mon corps et lorsque j’en sortis, il était là, à un mètre de la porte... Face à moi, me fixant comme toujours... Je m’arrêtai et le fixai à mon tour ! Mon cœur battait la chamade ! Il s’est avancé, a approché son visage du mien... Son regard a dévié vers ma poitrine... Et d’une main, délicatement a fait tomber ma serviette... J’étais totalement nue... Il m’a regardé de haut en bas, s’arrêtant sur mes formes... Puis il m’a entouré la taille d’un bras, m’a embrassé fougueusement tout en me faisant reculer... j’étais plaqué contre la porte de la salle de bain ! Et pour la première fois, je lui rendis son baiser...
Le bras m’entourant, se baissa, frôlant mes fesses, sa main s’arrêta sur ma cuisse... Elle descendit légèrement pour ensuite remonter jusqu’au niveau de ma hanche... Ses lèvres passèrent des miennes au cou, du cou à ma poitrine, de mes seins à mon nombril,... Jusqu’à atteindre mon entrejambe... Je sentis mes jambes défaillir... Il me fit jouir juste avec sa langue...
Il fit ensuite le chemin inverse, s’arrêta à mon cou avant de me susurrer « Encore un peu... ». Il se recula, regarda une nouvelle fois mon corps, tout en souriant, avant de quitter la chambre... Totalement abasourdie et emplie de plaisir, je ne fis rien d’autres que le regarder partir et me laisser là, mes envies à moitié assouvies !

**********
Oui, il était de plus en plus entreprenant... À chacune de nos rencontres, il m’offrait de plus en plus mais jamais il n’allait jusqu’au bout ! Un mystère, il n’était qu’un immense mystère que je voulais ! Mais où tout cela avait-il dérapé ? Comment étais-je arrivée ici ?... Je dois me concentrer encore ! Je suis sûre que j’y suis presque ! Bientôt j’aurai le fin mot...

**********
Après sa visite, je passai la nuit à rêver de mon bel inconnu, de tout ce qu’il aurait pu me faire... Et le lendemain, j’eus droit à des réprimandes d’Érica « Où t’étais ? Pourquoi t’écoutes jamais ? »... Ce matin-là, j’étais sur un nuage et elle me gonfla dès le petit déjeuner ! Je me pris la tête avec elle, lui faisant comprendre qu’elle n’était que mon amie, pas mes parents, que j’étais adulte, je savais ce que je faisais ! Elle ne m’adressa pas la parole de la journée...
Je passai la journée à la flâner, et au final, prise de remords, j’achetai un petit cadeau à Érica, une petite robe d’été bleu clair, légèrement transparente. Le genre de vêtement qu’elle raffole ! À mon retour à l’hôtel, elle faisait les cent pas devant la porte de ma chambre... Lorsqu’elle me vit, elle se figea, toute penaude... J’étais pas mieux... Nous sommes entrées, avons discuté, je lui ai offert la robe, elle m’a offert un livre... Nous avons pleuré, ri et réconcilié... Au final, cette avant-dernière journée sur New York passa vite...
Ce fut d’ailleurs à ce moment que je compris que, bientôt, je ne pourrais plus voir mon inconnu ! Érica remarqua ma gêne et mon inquiétude... Elle me posa des questions et je lui parlai de la veille, de lui venu dans ma chambre, de notre échange langoureux, de sa dextérité... Elle se mit à rire, elle qui était persuadée que je m’y connaissais en homme, elle découvrait que j’étais une novice !
Nous passâmes la soirée dans ma chambre à parler de mon bel inconnu et de l’effet qu’il me faisait... Je perdis une nuit... Il ne montra pas le bout de son nez... À croire qu’il savait que je n’étais pas seule ! Érica quitta ma chambre tard le soir... Ou plutôt tôt le matin... Je m’endormis déçue de ne pas l’avoir vu, touché...

**********
Oui... Je me souviens de ma déception... De mes désirs... J’avais besoin de lui, de ses mains, de sa bouche, de lui... J’avais envie de cet homme plus que tout ! Je me rappelle ce dernier jour à New York !

**********
Mon dernier jour avant de partir pour Washington... Le lendemain matin, nous devions prendre un bus en partance de notre nouvelle destination... Et moi, ma joie de découvrir les States s’était évaporée... Savoir que je risquais de ne plus le revoir, de ne plus le toucher, le sentir, me donnait envie de pleure... En clair, je me préparais à un jour de déprime !
Érica me proposa une journée d’investigation... Elle avait acheté un plan détaillé des rues de New York et me demanda tous les endroits où j’avais vu mon bel apollon... Elle les marqua sur la carte et s’amusa à créer un périmètre de recherches... Elle s’amusait comme une folle tandis que moi... Moi, je ne voyais pas comment tout cela pourrait nous faire avancer ! Une fois tout cela fait, elle se leva de sa chaise, me prit le bras et me força à la suivre... « Allons trouver ton homme ! »
La journée fut courte... Nous marchâmes beaucoup, posant quelques questions à des passants, des habitants... Mais rien... Personne n’avait jamais vu cet homme... Pourtant un beau gosse aux cheveux noirs et aux yeux dorés, ça ne pouvait pas passer inaperçu ! Je déprimais de plus en plus, et ma meilleure amie tentait désespérément de me faire retrouver le sourire... En vain... J’avais absolument pas envie de rire, plus envie d’être joyeuse... Je voulais juste retourner à ma chambre, m’effondrer sur mon lit et me cacher sous les draps pour pleurer ! Le jour laissa place à la nuit...
Elle me proposa de boire et de me saouler pour oublier mon chagrin... J’acceptai et nous partîmes pour notre bar préféré du coin ! Je bus quelques verres, mais pas au point d’être saoule, juste joyeuse... Érica, elle, m’avait une nouvelle fois oublié ! Elle avait retrouvé un de ses amants... Qui était toujours aussi accro ! Ils se reléchaient tellement qu’on aurait pu croire qu’ils allaient coucher là, sur la table... À cet instant, mon esprit divagua et je m’imaginai à la place de mon amie... Avec mon inconnu... En train de m’étreindre... De me prendre sur cette table... Et, au moment, où nous arrivions au paroxysme, je retrouvai mes esprits... Je rougis, honteuse.
Mais, prise d’une envie inconcevable de le voir, je quittai le bar... Et là, je fus sous le choc... Il était là, au coin de la rue ! Il me fixa puis me signe de le suivre avant de disparaître... Sans réfléchir, je le suivis... J’avais besoin de lui ! J’avais envie de lui ! Je tournai à mon tour au coin de la rue... Il m’attrapa par le poignet, à peine dans la ruelle, et me plaqua contre le mur.
Il m’enlaça, m’embrassa langoureusement... Avant de reculer son visage... Je me perdis dans ses yeux... Il souriait puis il prit la parole.

— Je te veux ! Et toi ?

Sans aucune hésitation, je lui répondis à l’affirmative ! Si je le voulais ? Bien sûr que oui ! Depuis la première fois où j’ai croisé son regard !
Il m’embrassa une nouvelle fois puis glissa sa bouche au niveau de mon cou...

**********
Oui... À cet instant, je perdis la vie... Je me souviens avoir senti un liquide chaud coulé sur ma gorge, ma poitrine... Ma vue s’est troublée... Et j’ai perdu connaissance... Sereine... Comme si j’avais accompli mon devoir...
Ce soir-là, je suis morte... ?... Alors, dans ce cas, pourquoi suis-je consciente ? Et ce lieu si sombre, si exigu ? Non ! Je suis vivante ! Je... Je suis enterrée vivante !... Réfléchit ! Comment est-ce possible ?!... Attends... Vivante ? Aucun son, aucun bruit... Pas de battement de cœur... Je respire mais ma cage thoracique ne bouge pas...Pourquoi ? Que m’est-il arrivé ? Le silence devient pesant... Silence ? Non... J’entends quelque chose... Une voix au loin... On m’appelle ?

**********
La jeune femme, à force d’entendre cette voix, s’affole, tente de bouger et tape contre une paroi. Elle est bel et bien dans une boite, elle tape de plus en plus fort jusqu’au moment où la paroi cède. De la terre s’écoule du trou mais cela ne l’arrête pas. Elle doit sortir de là, retrouver l’air frais. Elle arrive à percer le sol, sa main sort de sa prison. Elle sent du froid sur son avant-bras et puis, soudain, une main l’agrippe et la tire.
La jeune femme retrouve sa liberté. Et, dans un cri de délivrance, elle se retrouve enlacée par un homme aux cheveux couleur corbeau et aux yeux dorés. Il l’embrasse, recule son visage et la fixe, en souriant.

— Te voilà toute à moi pour l’éternité mon amour ! Bon retour à mes côtés !
2

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,