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Imprégnation

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Oriane

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LAURÉAT
Sélection Public

Quand Renesmée avait deux ans (ou du moins, quand elle semblait avoir deux ans), elle était comme une nièce pour Jacob. Il s’occupait d’elle dès qu’il le pouvait. Sans vouloir voler leur rôle de parents à Edward et Bella mais ne pouvant s’empêcher de toujours couver la petite. Il s’émerveillait de ses exploits, de sa beauté, de son rire cristallin. Les meilleurs moments de ses journées étaient ceux qu’il passait avec l’enfant, lorsqu’elle s’installait sur ses genoux, posait sa petite main sur sa joue et lui racontait en pensée ses rêves.

La petite fille atteint de manière anormalement rapide l’apparence d’une enfant de huit ans. Vive et intelligente, elle était un véritable rayon de soleil pour tous ceux qui l’entouraient. Tous avaient eu si peur de la perdre lors de la venue des Volturi, que l’amour qu’ils lui portaient s’était encore renforcé. Jacob n’échappait pas à la règle. Il passait son temps à jouer avec elle. Quand elle décidait de jouer du piano ou lire de la poésie, il restait simplement assis près d’elle à l’écouter. Il pouvait être là pendant des heures. Jacob avait avec Renesmée l’attitude d’un grand frère. Quand Nahuel, un autre hybride, leur rendit visite, il surveilla d’ailleurs avec attention et une certaine agressivité refoulée les discussions et entrevues des deux amis.

Vers l’âge de quatre ans, Renesmée semblait en avoir treize. Jacob était alors le meilleur ami dont elle puisse rêver ; ils passaient leur temps ensemble, à courir dans les bois, sauter le plus haut possible, chasser. Il se transformait en loup et l’emmenait sur son dos, quel que soit l’endroit où elle voulait aller. Elle lui confiait ses peurs, ses rêves, ses espoirs. Il lui racontait les légendes Quileute, dont elle ne se lassait jamais. Jacob était plus âgé qu’elle mais l’étonnante maturité de la jeune hybride comblait cet écart. Il remplaçait à lui seul tous les amis dont une jeune fille de cet âge a besoin autour d’elle... Du moins, quand elle est humaine !

Ses sentiments ne cessaient d’évoluer avec l’âge de la fillette. Sept ans après sa naissance, elle avait alors l’apparence d’une belle jeune fille de dix-huit ans.

Renesmée arrêta de courir et détacha ses longs cheveux aux reflets cuivrés. Elle éclata de rire quand le loup qui la précédait bondit vers elle, feignant de vouloir la renverser. Puis il s’enfuit derrière elle, entre les arbres. Quelques minutes après, un beau jeune homme apparut, simplement vêtu d’un jean coupé, aussi enjoué que Renesmée.

— Tu as encore perdu, la taquina-t-il alors qu’elle se laissait tomber par terre pour reprendre son souffle et calmer son hilarité.
— N’importe quoi, maugréa la jeune fille.

Elle observa discrètement Jacob, qui, les mains sur les hanches, observait la clairière autour d’eux.

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacob avait toujours fait partie de sa vie. Tour à tour oncle bienveillant, grand frère protecteur ou meilleur ami complice, il avait été présent comme son ombre. Sans lui, Renesmée ressentait un vide au creux de l’estomac. Comme si elle était incomplète.

Jacob était un modificateur, ce qui signifiait qu’il avait le pouvoir de se transformer en loup. Quant à Renesmée, elle était un hybride. Lors de sa conception, sa mère était encore humaine et son père un vampire.

Quel drôle de couple ils pourraient former !

Renesmée se fustigea en pensée. Un couple... N’importe quoi. Jacob la voyait comme une petite sœur et c’était tout. Jamais il ne pourrait rien y avoir entre eux. Et en plus, c’était le meilleur ami de sa mère !

Elle se leva et s’éloigna un peu dans les bois.

Elle devait bien reconnaître que cette idée, cependant, lui avait déjà traversé l’esprit. Après tout, elle ne s’imaginait pas avec qui que ce soit d’autre. Depuis quelques temps, elle se surprenait parfois à fixer le jeune homme, le cœur battant. A le voir autrement que comme son protecteur et son confident de toujours. A rêver d’un avenir à leur histoire.

Elle était toujours obligée de cacher ses pensées à son père, bien qu’il s’efforçât la plupart du temps d’ignorer celles des membres de sa famille.

Toute à ses pensées, Renesmée ne remarqua pas que Jacob l’avait rejointe. Elle sentit son souffle contre sa nuque et se figea. Les bras musclés du jeune homme l’entourèrent, tremblants. Il semblait tout aussi anxieux qu’elle. Renesmée avait l’impression que son cœur n’avait jamais battu si vite.

Elle se retourna entre ses bras et plongea son regard dans les yeux sombres de Jacob. Ils se fixèrent ainsi longuement.

Jacob écarta une mèche de cheveux du visage de Renesmée. Il semblait sûr de lui, même s’il continuait de dévisager la jeune femme, jaugeant ses réactions. Quant à elle, elle était incapable du moindre mouvement. Elle fut tentée de montrer à Jacob ce qu’elle imaginait, ce dont elle rêvait : leurs mains enlacées, ses bras autour d’elle pendant qu’elle dormait, leurs baisers brûlants d’amour. Mais elle n’osa pas. Pétrifiée, elle se contenta d’appuyer sa joue contre la main chaude de son Jacob, tentant vainement d’ignorer les battements frénétiques de son cœur qui menaçait de sortir de sa poitrine.

C’était donc ça, être amoureux ?

C’était ça aimer ? C’était ce sentiment qu’elle voyait dans les yeux de ses parents, de ses oncles et tantes, de ses grands-parents Cullen, de son grand-père Charlie et de Sue ? C’était cet indéfectible lien qui semblait toujours vouloir vous pousser vers l’autre, ce vide en son absence, ce cœur affolé par cette main sur cette joue, ce sentiment d’être entier comme deux pièces d’un puzzle enfin réunies ?

Leur relation avait évolué en douceur, comme se succèdent les saisons, si vite qu’on ne voit plus le temps, si doucement qu’on ne sent pas la neige fondre sous nos pas avant que les premières fleurs ne pointent le bout de leur nez.

Etrangement, cela ne lui semblait pas si perturbant. L’affection qu’elle ressentait pour Jacob n’avait plus rien de fraternel et cela, depuis qu’elle était arrivée à maturité. Et lui s’était lentement adapté à la situation. Devenant à chaque fois, à chaque instant de sa vie, exactement la personne qu’elle avait besoin qu’il soit. Comme s’il l’attendait.

Jacob se pencha lentement vers elle et leurs lèvres se rencontrèrent enfin. Leurs bouches se cherchèrent, tendrement puis avec force, comme pour rattraper le temps passé l’une sans l’autre. Renesmée et Jacob étaient comme deux planètes irrémédiablement attirées et il lui devint évident à cet instant qu’elle serait prête à tout pour lui, comme lui-même l’avait toujours été, car une vie sans lui perdait tout intérêt.

Jacob fit courir ses lèvres le long de sa mâchoire, puis dans son cou. Il écarta le col de son pull et mordilla doucement la clavicule de Renesmée, puis rechercha le chemin vers sa bouche et l’embrassa avec passion. Ils restèrent là longtemps, serrés l’un contre l’autre à en perdre haleine, isolés au milieu de leurs baisers enfiévrés.

— Je ne laisserai plus jamais Nahuel s’approcher de toi, murmura-t-il avec ce sourire en coin qu’elle aimait tant.

C’est main dans la main qu’ils rejoignirent lentement la maison des Cullen. Renesmée s’arrêta à quelques pas de l’entrée et murmura à l’oreille de Jacob, en lâchant sa main :

— On devrait peut-être...
— Ne t’inquiète pas, il n’y a pas que le don d’Alice qui les aura aidés à prévoir ceci, ironisa-t-il en l’attrapant par la taille.

Sur ces paroles mystérieuses, il prit une grande inspiration et entra dans la pièce.

Une tornade brune aux cheveux courts bondit aussitôt sur Renesmée et l’enlaça avec force.

— Il était temps ! s’exclama Alice. J’ai bien cru que tu ne te déciderais jamais, Jacob !
— Rien ne pressait, grogna Edward sans pouvoir dissimuler son sourire.

Incrédule, Renesmée observa tour à tour les visages ravis et pas le moins du monde surpris, de sa mère, Esmée, Carlisle, Emmett (qui lui fit un clin d’œil ironique) et même son père.

— Vous... saviez ?

Elle qui pensait avoir bien caché ses sentiments au sujet de Jacob à son père...

— Tu ne lui as pas dit ? demanda Bella à Jacob.

Celui-ci haussa les épaules en rougissant de plus belle.

— Me dire quoi ?
— Je me suis... comment dire... imprégné de toi, chuchota-t-il avec un léger sourire.

Renesmée soupira. L’imprégnation était une autre légende Quileute dont Jacob lui avait souvent parlé, toujours en évitant soigneusement son regard et les sourires ironiques des Cullen. Elle comprenait pourquoi désormais. Dire qu’elle-même avait, il y a peu, ressenti de la jalousie à l’égard de la fille dont Jacob s’imprégnerait un jour !

— On était au courant depuis que tu es venue au monde, déclara Edward en réponse à la question silencieuse de sa fille.

Tentant vainement de dissimuler son léger malaise à l’idée que sa famille savait tout de sa vie privée avant elle, Renesmée se tourna vers Jacob. Et elle éclata de rire devant son air embarrassé malgré son immense sourire béat, puis blottit sa tête dans son cou, enfin elle-même.

PRIX

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Coraline Parmentier · il y a
Super !
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Aude Muller · il y a
trop bien
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Sériba · il y a
Félicitations... http://seriba.canalblog.com/
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Oriane · il y a
Merci beaucoup !
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Axel Nisse · il y a
Oui moi aussi je suis d'accord Félicitations !! :)
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Oriane · il y a
Merci Axel ;)
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Thara · il y a
Heureuse d'être la première à te laisser un commentaire, et bravo pour être devenue la lauréate de cette "fanfiction" !
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Oriane · il y a
Merci beaucoup :D
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