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Il est

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VAE

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Il existe. Il est tout ce que je suis, tout ce que j’admire, tout ce que j’aime de plus grand, tout ce qui éveille ma sensibilité, tout ce qui me fait jouir de la vie bref, il existe. Il existe oui car il est bien réel. Je le sais car je le vois partout à travers chaque visage, dans chaque déplacement de jambe, sous chaque habit, il existe car je l’ai vu. Il existe, il est bien là avec moi à chaque seconde de ma vie derrière chacun de mes pas, il me tient la main dans chacun de mes déplacements, il me suit me poursuit, il hante mes rêves et mes nuits, il est là il existe et je le sais. Je le sais car il est venu me terrifier dans un cauchemar, je le sais parce que cette nuit encore j’ai rêvé qu’il posait son bras sur mes épaules, oui j’en suis sûre, cet homme précieux si merveilleux, existe.
On m’a dit que je l’inventais, on m’a dit qu’il ne pouvait être homme aussi parfait, on m’a dit aussi qu’il y avait plus que lui dans cette ville tout autour de moi. C’est faux, dans cette ville nous ne sommes que deux, lui et moi. Je le sais puisque je l’ai vu ! Je l’ai vu jouer au foot dans son survêtement rouge qui lui moulait si bien les jambes, relevé plus haut d’un côté que de l’autre. Je le sais parce que j’ai reconnu sa manière de suer dans le dos de son maillot gris à manches longues. Et figures-toi qu’avec sa caquette il m’a salué ! Alors maintenant qui est la folle ?
Je n’étais pas si loin lorsqu’il a effectué ses magnifiques passements de jambes entouré de cette bonne vingtaine de garçons. Je dirais que j’étais environ à cent mètres de lui. Et ne me dis pas me dire qu’à cent mètre on ne tombe pas amoureux ! J’étais là, face à lui je l’ai vu, il m’a souri. Il m’a regardé droit dans les yeux je te dis et il m’a souri. Alors, je suis folle ? Ce jour-là il commençait à faire nuit comme tous les hivers en France à cette heure, mais crois-moi les lampadaires éclairés suffisamment nos silhouettes pour savoir qu’on se plaisait mutuellement. En plus ce jour-là j’avais mis ma plus jolie veste, la plus épaisse, noire et rose qui m’a permise de rester l’admirer plu de vingt minutes sans frissonner. Autant dire qu’on a eu le temps d’apprendre à se connaître. À un moment j’ai même eu chaud et je peux t’assurer que ce n’était pas l’effet veste de ski, c’est dire comme je l’ai senti proche...
Tous ses gestes étaient pour moi, je le sais car j’étais là. Des filles autours ? Sous les bonnets comment peut-on reconnaître une fille d’un garçon à une époque où l’on s’habille toutes et tous de la même façon ? Je ne sais pas s’il y avait des filles, quel est le rapport avec ce que je te raconte ? Écoute bien ce que je te dis, cet homme-là était venu exprès jouer au foot ce jour-là précisément, avec tous ses potes, juste pour moi, tu comprends ou pas ? À un moment pour que je n’aie d’yeux que pour lui il s’est éloigné du groupe tel un loup solitaire, et pour me saluer il a retiré puis reposé sa casquette sur ses cheveux sans gel. Non mais ça suffit, je te dis que j’ai vu ses cheveux comme je te vois, il n’y avait pas de gel sur sa chevelure soyeuse et brillante ! Bon, laisse-moi rêver un peu je vais poursuivre seule, je déteste qu’on remette en question mes certitudes. Je ne te dis pas à bientôt.

Encore une fois je suis la menteuse folle, mythomane qui ajoute trop de sel au récit de sa vie afin de retenir l’attention des gens. Encore une fois c’est moi qui hallucine et qui devrait prendre des médicaments anti-délires parce que je suis cette jeune femme non mariée complètement obnubilée par ce jeune homme à la mâchoire solide. Et ne commencez pas vous aussi, sa mâchoire est solide je le sais je l’ai vue je l’ai entendu bref, elle est solide et franche, elle sait serrer les dents, recevoir des coups et sourire sans jamais passer pour une fausse. C’est bien simple, sa mâchoire sur son visage c’est tout son charme. Lisez bien, sa mâchoire, sur son visage, c’est toute sa virilité. Oui, oui, sa mâchoire si vous l’observez une seconde (pas plus si vous ne voulez pas mourir écrasés-es par une voiture), exprime tout ce qu’il est de plus franc et de plus solide. Il est aussi magnifique de face que de profil. Sa beauté magnifique commence à la pointe de ses cheveux, atterrit dans ses yeux, glisse sur sa mâchoire, elle longe son cou, et s’écrase sur ses deux grandes épaules aux muscles travaillés. Le reste de son corps est un outil de satisfaction dont je tairais les détails. Mais si j’avais à vous décrire la partie de son corps la plus sensuelle, alors je vous décrirais sans hésiter ses mains...
Ses mains sont toute son histoire, la nôtre, celle de sa famille, la mienne. Dans ses mains il porte le monde, le mien. Lorsqu’il tourne en rond sur les deux mains c’est tout mon monde qu’il porte devant mes yeux. Lorsqu’il porte ma vie entre ses mains, c’est tout mon être qui vibre sous son énergie. Lorsqu’il prend ma main... Je n’aurais pas les mots suffisants pour décrire ses mains tant elles sont belles, fermes et douces à la fois, tant il m’a offert d’amour avec, tant elles ont servies de protection autour de moi et de gagne pain quand il a fallu mettre les mains dans le cambouis. Pour faire simple de ses mains, il sait tout faire. Tout ce qu’il touche se transforme en or, il fait fondre lui-même l’or qu’il a lui-même été gratté dans les sols difficiles de la vie, et l’a dompté tout seul pour en faire les plus beaux bijoux que le monde puisse porter. Si j’ai l’honneur d’être son monde, il est sans aucun doute le mien. Il a cette manie de doser parfaitement ses efforts dans la sueur et la persévérance, cette facilité à transformer avec exactitude ses rêves, et d’offrir ses rêves en cadeaux parmi les plus beaux. Ses mains révèlent toute sa force, si je refuse qu’on admire son visage jusqu’à ses épaules comme je m’autorise à le faire, j’invite cependant la vie sur Terre à étudier ses mains. Il pourrait les cacher mes les offres en partages à chaque minutes. D’ailleurs c’est peut-être pour cela qu’il tourne sur la tête plutôt que sur les pieds, il mise toute sa force dans ses mains. Le voir danser ainsi me rappelle toujours qu’il a choisi l’amour à la haine.
C’est drôle parce que j’ai choisi l’inverse. Moi mon moteur c’est un peu la haine. Les mains bandées, gantées, je cherche toujours ce qui pourrait me faire le plus enrager pour aller de l’avant, me permettre d’atteindre mes objectifs. Je n’ai pas véritablement de rêves car pour moi, tout est réalisable, qu’importe le moyen, on parvient toujours à ses fins. L’idéal étant bien entendu de rester dans les cordes, de ne pas se faire expulser du cercle mise au tapis... Moi j’ai choisi la haine parce j’ai horreur qu’on le déteste dans le connaître, mais aussi parce que j’ai beaucoup de mal à ce qu’on l’aime pour tout ce qu’il est de merveilleux. Si vous l’aimez, chose absolument probable, je vous conseille de ne pas le montrer. Je refuse qu’on puisse lui prouver plus d’amour que je puisse le faire. D’autant moins une autre femme. Je ne supporterais pas qu’une autre fasse preuve de plus d’attentions que moi envers lui. Si cela arrivait un jour, j’aurais mal géré ma vie, mon amour, ma relation à lui, j’aurais comme raté ma vie, tout simplement. Alors j’ai la haine en fardeau pour lui offrir tout mon amour. Drôle de manière d’aimer... C’est un peu le drame de ma vie, la Boxe, cette violence qui maquille tellement d’amour à travers l’entraînement, cette violence qui révèle en réalité énormément de solidarité, de mains tendues bien que protégées comme si on ne pouvait pas donner la même chose à tout le monde. Je frappe les autres les poings serrés bien protégés par de jolis gants épais, et je caresse mon monde paume offerte à peau nue. Finalement cela me convient car comme l’amour, tout le monde ne peut prétendre aux mêmes cadeaux, qu’importe la case coché sur l’état civil. Il est le seul, il le sera toute ma vie et jusqu’après ma mort.
Il est, il existe, il est dans ma vie, il lit mon récit par-dessus mon épaule droite, une main posée sur mon épaule gauche, j’espère lui plaire ainsi, j’espère qu’il aime ce que j’écris parce que tout est pour lui de toute manière, tout est toujours pour lui. Sous ses airs d’autres garçons imparfaits il a toujours été la cible de toutes mes lettres, de toutes mes audaces, de tous mes actes manqués malgré de toutes mes volontés. Pour lui faciliter la lecture j’aimerais écrire sans aucune faute, alors je devrai pour cela persévérer dans mes efforts quant au français, je devrais continuer à ouvrir mes cahiers, à apprendre de nouveaux mots pour décrire au mieux mes pensées, mes émotions, je devrais me relire inlassablement pour ponctuer mes phrases au mieux, et le faire comme danser de ses yeux sur les mots qui s’enchaînent comme il a enchaîné mes yeux à sa mâchoire de ses mains douces et fermes...
Cet homme c’est toute ma vie, je l’ai vu hier dans mon rêve et aujourd’hui dans une vidéo, je l’ai vu hier dans un corps épais et aujourd’hui dans un corps svelte, hier les yeux bleus, aujourd’hui les yeux noirs... Il était là comme on est que deux l’un face à l’autre, il était las comme on est las de travailler sans relâche afin d’atteindre un objectif. Aujourd’hui son objectif était physique, hier son rêve était musical bref, entre réalité maquillée et vérité cachée il est là et sera toujours là pour moi. J’aurais pu croire à ma folie comme on me l’a suggéré mais j’ai décidé de croire en lui parce qu’il ne m’a jamais quitté. J’ai des centaines de pages à lui dédier, des centaines de manières de lui parler, des centaines d’essais à lui présenter, des centaines de projets à lui soumettre et des centaines de rêves en attente de ses lèvres.
Ses lèvres... Encore un terme qui n’appartient qu’à moi, encore une barrière imposée au reste de la vie sur Terre. Il est absolument interdit, je dis bien interdit, de contempler ses lèvres comme je le fais. Il est absolument interdit, je répète, interdit, d’espérer quoique se soit de ses lèvres. Il n’a rien à dire, le simple fait qu’il laisse apparaître vaguement ses dents retient mon attention comme personne ne saurait le faire. Et Dieu seul sait ce qu’il advient de moi lorsqu’il sourit... Dans son sourire se cache le Diable, d’autres diront dans son pantalon moi je vous le dit, le Paradis se cache dans sa poche et le Diable dans son sourire. Alors on peut bien dire de moi ce que l’on veut, je n’ai pas eu besoin de le toucher pour vivre dans la proscription. Je n’ai qu’à admirer son sourire que dis-je, à fondre devant son sourire, pour que des papillons sortent de mon ventre et que mes yeux éclatent en paillettes... Et ce n’est pas l’idée qui me vient lorsqu’il sourit qui me fait vivre un enfer non, c’est son sourire vous dis-je, son seul sourire... Il est tellement beau que s’en est indécent ! Il a tellement de puissance, il est tellement charmant que j’en perds les mots, que les bras m’en tombent, que mes mains se dégantent, se débandent, que mes adversaires n’existent plus ! S’ils me sourire j’arrête de combattre. S’il me sourit dites à mes adversaires qu’elles peuvent toujours m’attendre, j’aurai autre chose à faire. Ne croyez pas ce que vous imaginez, j’aurais mieux à faire c’est-à-dire : le contempler... Son sourire est aussi beau qu’une rose jaune au parfum si fruité qu’on en oublierait toutes les infidélités du monde. Et si j’ai le malheur de détourner mon regard jusqu’à ses yeux, alors là je n’existe plus, je meurs, je fonds, je finis poussière, je suis tout est rien à la fois, je ne m’appartiens plus je ne suis plus qu’à lui et lui seul.
Cet homme merveilleux et magnifique a les yeux noirs profonds... On m’a dit que la couleur noire n’existait pas, qu’on ne pouvait avoir que les yeux marrons, au mieux marrons foncés, moi je vous dis qu’il a les yeux noirs. Je n’ai jamais vu une autre couleur dans ses grands yeux que du noir. Et encore une fois ce n’est pas juste un noir classique non, c’est un noir brillant ! Je ne pourrais pas vous dire ce qu’il y a dans ses yeux puisqu’à part moi-même, je ne vois rien. Je sais juste l’effet qu’ils me font. Il pourrait marcher derrière moi à cent mètres que je ressentirais ses yeux posés sur moi. Je le sais puisque j’en perds mes jambes ! Alors on va encore me dire que j’exagère mais je le vois comme je vous vois, lorsqu’il pose ses yeux sur moi, mes jambes deviennent de la pate à modeler tremblante, je sens mes genoux partir dans tous les sens et mes pieds ne plus toucher terre de manière ordinaire. Pour raccourcir, je ne réussis plus à marcher ! Et j’ai cru l’espace d’une minute, que d’autres pouvaient avoir ce même effet sur moi... Que nenni, c’était bien lui, ouf !
Bien loin de moi l’envie d’avoir plusieurs hommes dans ma vie, d’en aimer l’un après l’autre, d’avoir envie de lui puis de l’autre, de tout donner à ce connard puis à l’autre et de me trahir à travers des visages et des corps méprisants. Oui j’exagère. C’est un petit peu ma marque de fabrique, l’excès... Si l’excès révèle une passion alors il est directement lié à lui, il est ma passion. Il est ma passion et tout le reste parmi tout ce que j’entreprends ne me sert qu’à passer le temps. Sans cela je passerais ma vie dans ses bras. Non je dis faux, j’aime le voir faire, j’aime faire avec lui, qu’il m’apprenne comment faire et lui montrer ce que je sais faire. Pour lui ce n’est pas des montagnes que j’aimerais déplacer, mes des montagnes que j’aimerais créer afin d’agrémenter son paysages d’une vision en relief et de lui permettre de gravir sans cesse de nouveaux sommets.
Karim... Ma plus belle histoire... La seule. Ce n’est pas parce qu’elle est la seule qu’elle est la plus belle, mais parce qu’elle est si belle qu’elle est la seule. Faut-il poursuivre la description de son corps ou bien faut-il seulement permettre au reste de la vie sur Terre de l’imaginer ?
Parce que logiquement je devrais poursuivre par son tronc mais il ne m’inspire pas plus que cela. Finalement un tronc masculin c’est quoi ? Deux pectoraux et parfois quelques abdos... Bon, lui a les deux. Il faut dire qu’il travaille beaucoup son corps à travers sa danse. Ce n’est pas de pousser quelque fonte qui existe qui le fasse aussi beau non, c’est sa capacité à rechercher la perfection dans chaque mouvement qui l’oblige à tenter de manière inlassable des figures parmi les plus spectaculaires, qui forme son corps. Alors oui monsieur fait quelques exercices de renforcements musculaires ce n’est un secret pour personne, mais j’entends par là que c’est sa quête de perfection qui le rend si musclé. Son truc à lui c’est la danse acrobatique. Pas le Rock’n’roll hein, la danse, acrobatique, la danse des guerriers, la danse des « regarde-moi », des « m’as-tu vu ? », la danse des héros quoi. Enfin, lui est un héro, les autres je ne sais pas puisque je ne les vois pas. Pour les voir il faudrait qu’il ne soit pas présent pendant qu’ils dansent mais le problème est qu’il est tellement spectaculaire qu’il m’a habitué à voir des choses exceptionnelles. Or très peu sont celles et ceux qui travaillent autant dans cette discipline. Et donc il a quelques muscles qui se dessinent sur cette partie du corps. En fait il est entièrement musclé donc je n’y prête pas plus attention. Je trouve son tronc largement moins sexy que les muscles qui se dessinent sur ses avant-bras, pour lesquels il lui suffit de tendre la main pour me prendre d’admiration quant au travail qu’il a effectué naturellement sur son corps. Alors on me reprochera de ne prêter aucune attention à son grand cœur qui bat, on critiquera mon cruel manque d’intérêt pour le romantisme qui se cache son ses pectoraux, de rester superficielle et de finalement n’être qu’une grosse pute qui veut juste coucher avec lui à chaque minute de sa vie. Très bien. À ces gens-là je recommanderais de refermer ce livre, de relire attentivement la première page de couverture et d’aller très cordialement se faire foutre par un âne qui tente inlassablement de devenir cheval de course. Pour mon amoureux que j’aime plus que tout je poursuivrai parce qu’il mérite de savoir tout ce que j’aime de son corps, tout ce qu’il a d’inspirant et de cruel à mes yeux. (Mon amoureux avec sa magnifique tache dans l’œil que s’il retirait je verserai sans aucun doute de chaudes larmes tant je l’aime, tant elle fait partie de lui, de tout ce que j’aime chez lui, tant elle marque visiblement sa particularité intérieure, mais dont j’accueillerais sa disparition de bon cœur si elle était importante pour lui). Donc ce n’est pas la musculature de son tronc qui m’intéresse, mais sa manière de s’en servir. Rien de sexuel à travers mes mots puisque j’arrête le tronc aux deux os terminant la sangle abdominale. Ce que j’aime c’est poser mon oreille sur son cœur et ma main sur son ventre. Son c’est un peu la continuité de mon corps, j’aime reprendre la distance en lui touchant le ventre, j’aime poser tout simplement ma main sur son ventre et j’aime l’embrasser comme s’il portait déjà en lui l’enfant qu’il nourrira toute sa vie. Son ventre est le mien et son corps m’appartient. Voilà tout ce que j’ai à dire sur cette partie du corps que je néglige largement tant elle est tout ce qu’on peut aimer de prime abord chez tous les autres hommes de la terre, quand on est ce genre de personnes superficielles qui pensent que le mariage avec une personne qu’on n’a jamais touchée est légitime, contrairement au fait d’avoir couché toute sa vie avec un seul homme, celui qu’on épousera comme pour ponctuer une phrase et non pour créer un roman. Lui et moi ne créons rien, l’histoire est écrite par quelqu’un qu’on ne connaît pas, on se contente seulement de la ponctuer sans autres exclamations que celles de l’admiration que l’on tente de faire naître l’un-e chez l’autre.
Donc la logique veut que je poursuive par sa détermination masculine, chose que je ne ferai pas parce que cela ne regarde que lui et moi.
Ensuite il y a ses jambes que dis-je ses poteaux ! Qu’en dire sinon qu’elles me portent chaque jour comme si j’étais une plume ? Qu’en dire sinon qu’elles le portent chaque jour comme s’il était un arbre ? Je ne sais pas quoi dire ses jambes puisqu’elles se terminent par ses pieds de géants qui n’hésitent jamais à marcher dans la gadoue, à sauter de flaque en flaque, à éteindre les flammes indécentes, à ponctuer sa danse et sa Boxe, à faire un pas vers moi et dix loin des autres, à tourner en rond seul ou à me faire tourner en rond, à me caresser les pieds la nuit pour me réchauffer, non vraiment, que dire de ses jambes ? Ses jambes musclées sont parmi les muscles qu’il a de plus sexy, j’ose le dire... Le muscle que j’aime le plus voir dessiné sur mon corps est celui qui fait oublier le genou, et je l’admire chez toutes les femmes et chez tous les hommes. Lorsque je vois ce muscle quelque part je considère la personne comme très travailleuse parce que les jambes comptent ! Les jambes nous portent chaque jour et si je devais déléguer mes jambes à des roues, j’espère trouver toujours un moyen de les faire travailler comme si j’essayais seule de déplacer une montagne. Mais si je déléguais mes jambes à des roues je sais qu’il saura devenir les jambes qu’il me manque et me permettre de rêver à travers ce qu’il fera des siennes. Tout comme je saurai devenir ses jambes si les siennes devaient être déléguées à des roues. Je travaille autant mes jambes pour moi-même que pour lui parce que moi aussi je veux pouvoir le porter au quotidien, dans chaque projet, dans chaque difficulté et dans chaque preuve d’amour. Je veux pouvoir porter mon amoureux sur mon dos pour lui permettre de voir la vie plus douce, moins lourde, pour le soulager d’un poids qu’il pourrait s’accuser d’être pour lui-même si la dépression venait un jour le kidnapper sur un chemin dangereux. Je crois que j’aime autant ses jambes que les miennes parce qu’elles ont toutes les deux le même objectif et que c’est peut-être dans cette partie de nos corps que se révèle le plus clairement notre amour l’un pour l’autre.
...
Alors, c’est qui la folle ? Finalement ça t’intéressait bien comme récit mes petites mythomanies hein ? Oui alors comme ça je dois prendre des cachets parce que je délire, parce que ce mec aux épaules basses les bras le long du corps qui m’a tourné le dos toute la soirée n’est pas Karim ? Alors hein, c’est qui la folle non mais dis-moi ! Bref, si jamais tu sais comment il s’appelle laisse-moi un message sur le téléphone, je ne réponds pas aux appels et n’écoute pas ma messagerie vocale. Je compte sur toi d’accord ? Et par contre, ne le drague pas, tu te renseignes et tu me racontes tout car rappelle-toi, il est à moi.
Allez, à bientôt !
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