III - Perdre pour rendre

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Chapitre III – Perdre pour rendre

Vidéo de lecture avec effets sonores disponible :
https://youtu.be/cKrEPtfs160

La température de la pièce chute, l’air froid et glacial me coupe la respiration. J’étais tout juste à l’entrée, derrière Vassili, mon esprit me disait de fuir mais mon corps lui restait là, immobile et saisi par la situation.

La créature était à présent avancée assez près pour que les rayons du soleil éclairent une partie de son corps répugnant. Tandis que Vassili inspectait les faces de ce disque, cette chose semblait étrangement fascinée. Son visage me faisait penser à celui d’une peinture achetée par Sarah dans une brocante en Espagne. Sa peau était d’une couleur blanche et pale, presque momifiée, la courbure de son dos sur lequel poussaient quelques rares poils noirs et gras lui donnaient une allure inégale et gondolée. Ses maigres bras étaient plus longs que son corps tellement que ses griffes frottées sur le parquet. Des flocons de poussière se posaient sur ses larges yeux blancs sans expression et se fondaient dans la membrane sombre de ses pupilles. Sa respiration lente et sans doute chaude laissait paraître de légers nuages de fumées dans la pièce.

Après quelques instants à la contempler, une légère brise de vent provenant de la fenêtre me caressa le visage, cette sensation suffit
à retrouver mes esprits. Un cri aigüe et grave à la fois s'échappa alors de mes cordes vocales pour dire à Vassili de se retourner en direction de cette créature nauséabonde. Au son de ma voix, la bête pris peur et tenta de s’échapper par une porte dérobée. Lorsque Vassili vit la créature, il lui fallut un court instant pour réaliser la situation. Il lâcha le vinyle qui tomba et se brisa en mille morceaux sur le sol, il empoigna son arme et tira à de multiples reprises sur la bête en mouvement au niveau de son abdomen. La créature chuta alors en tentant de se rattraper à ce qui s’apparentait être une commode délabrée, dans l’élan cette vielle pièce en bois chavira avec la créature dont l’impact au sol provoqua une nuée de poussière. Lorsque les particules retombèrent, nous apercevions là, gémissant dans l’ombre, la créature recroquevillée dans un coin de la pièce. Nous observions tous deux la scène, nos yeux fixés vers cette abomination. Vassili se tourna vers moi, puis dirigea son regard vers l’encoche de son couteau, il l’empoigna alors et s’approcha de la bête d’un pas décidé. Le regard endolori et impuissant devant son exécution imminente, la créature me regardait, une fine larme noire et brillante coulait de ses yeux vides. Vassili leva son arme, la lame fût un bref instant éclairée par un halo de lumière quand un homme armé d’un fusil me bouscula de derrière et cria d’une voix roque à Vassili de lâcher son couteau ! Pour l’amour de dieu disait-il. Vassili se retourna alors puis freina son mouvement à la vue du fusil. Aussitôt le couteau déposé à terre, l’homme couru en direction de la bête, dans une langue inconnue il s’adressa à elle comme pour s’assurer de son état physique. Le genou à terre, une main appuyant sur l’abdomen, il sorti de sa tunique une fiole en verre contenant un liquide épais et transparent. Lorsqu’il déversa le liquide sur les plaies, un cri retenti dans la pièce, faisant écho jusqu’au hall principal. L’homme se leva et couru en direction de la table, avec son avant-bras il chassa tous les objets, si fort que le gramophone fut projeté en direction de Vassili, qui eut seulement le temps d’esquiver sa trajectoire pour laisser enfin l’engin se briser contre le mur.

Dans l'action l’homme me désigna du doigt et m’ordonna de lui venir en aide pour porter la créature qu’il nommait Maa jusqu’à cette table. Durant le court trajet son corps bien que léger gesticulé dans tous les sens, une énergie et une force étrangement indescriptible se dégageaient de lui. Malgré cela nous parvenions à déplacer la bête jusqu'à cette table. L'homme ramassa la couteau de Vassili alors déposé sur le sol puis il entama l’extraction des balles. Le produit qu’il avait administré semblait avoir calmé la bête, en quelques minutes 5 morceaux de fers éclatés recouverts de sang jonchés le sol. Le pronostic vital de la créature était dorénavant d’apparence sous contrôle.

Aussitôt la couverture en laine déposée avec soin sur le corps de la créature, l’homme se tourna vers Vassili, il s’approcha de lui le regard fébrile, de sa main droite il empoigna Vassili par la gorge et d’un effort presque surhumain il souleva son corps qu’il plaqua contre le mur de la pièce ! C’est alors que je senti dans mon dos un léger courant d’air évoquant une respiration, j’eus tout juste le temps de me retourner qu’une large masse noire heurta mon front, me plongeant dans un évanouissement immédiat.

L’ouverture confuse de mes paupières laisse deviner une pièce jonchaient de vielles pierres, le sol lui est recouvert de morceaux de pailles éparpillés de manière aléatoire. Un mal de tête insistant me pousse à vouloir toucher la zone d’impact sur mon front, seulement, lorsque j’essaie de bouger mes bras, une résistance se fait sentir. Mes deux mains sont ligotées à ce qui s’apparente être une chaîne. L’environnement est humide et froid, et la résonance des déplacements de rats au loin laissent deviner qu’il s’agit d’une pièce du sous-sol de l’église. Ma vue se précise, c’est alors que je vois allongé dans un coin le corps inanimé de Vassili, lui aussi attaché à des chaines rouillées. J’ai beau lui parler, il ne répond pas.

Un temps passe quand j’entends des bruits de pas descendre des escaliers en pierre. C’est alors que la silhouette de l’homme apparaît. Il portait une longue tunique noire délavée, son col romain presque encore blanc présageait qu’il s’agissait d’un homme d’église. Les traits de son visage étaient ramassés par le temps, son œil droit grisonnant luisait dans la pièce et une cicatrice allant du haut de l’arcade droit jusqu’au bout de sa lèvre lui donnait un ton grave et vieilli. Ses manches retroussées nous permettaient de distinguer sur son avant-bras musclé un tatouage. Le temps avait probablement effacé les détails de ce dernier car la scénette était méconnaissable, seuls les traits grossiers d’une femme assise sur un rocher perdurés. Cet homme était accompagné d’une autre créature presque identique à la dernière. LA créature restait à l’écart, le regard presque timide. L’homme s’approcha de la cellule, prit un trousseau de clefs et ouvrit la grille.

Il s’adresse alors à moi d’une voix rauque :
« Votre ami a tenté de tuer Maa, ici sur Artos la nourriture n’est pas rare, mais mes monstres ne guérissent qu’en consommant ce qui les a tués. Je suis désolé mais votre ami devra donner de son corps, comme notre christ l’a fait autrefois pour nourrir ses enfants ».
C’est alors que je vis sortir de sa main gauche une machette sale affutée dont l’embout au niveau de la lame présentait des vagues argentées. L’homme s’approcha de Vassili encore endormi et commença à découper son bras au niveau du biceps, la lame pénétra tout d’abord doucement, le bruit de la chair découpait me donnait la nausée, ce bruit s’arrêta jusqu’à ce que la lame n’atteigne l’os. C’est alors que d’un élan sec l’homme brisa l’humérus. Le bras était désormais détaché du corps de Vassili. La créature qui accompagnait l’homme s’approcha alors et régurgita une substance noire sur la plaie, quand elle finit de déposer ce fluide, l’homme administra à son tour quelques gouttes du liquide transparent sur la plaie. Une fois ce supplice terminé, l’homme et la créature s'en allèrent. Le bras de Vassili suspendu à un crochet s’éloignait avec eux laissant quelques gouttes de sang tomber sur le sol. Je ne comprenais pas réellement ce qu’il venait de se passer, Vassili venait de perdre son bras putain de merde ! Je commençais tout juste à réaliser quand j’entendis quelqu’un arriver. L’homme entra de nouveau cette fois si seul et tenait dans ses mains une prothèse en cuir marron qu’il enfila à Vassili.

Le mélange de haine et d’adrénaline qui coulait dans mes veines m’obligea à médire cet homme : « Comment avez-vous pu faire ça ?! votre créature n’est pas morte nous l’avons sauvé ensemble tout à l’heure je l’ai vu respirer de mes propres yeux. »

Ce à quoi le vielle homme répondit : « Ah oui ? en êtes-vous certain ? mes créatures réagissent très mal aux armes à feu, le minerai utilisé pour faire les balles que votre ami s’est procuré administre des doses mortelles de poisons à ceux qui les reçoivent. Seule la consommation d’une chaire coupable empêche sa propagation. Je n’avais pas bien le choix vous comprenez ? »

« Le choix ? nous sommes en train de parler de créatures qui ne sont même pas humaine, à quoi bon les sauver au péril de la vie d’un autre homme ?! »

« Ces créatures ont beau ne pas être humaines, elles éprouvent des sentiments tout comme vous et moi, si elles n’avaient pas été là je serais probablement mort depuis longtemps, je leur dois bien ça. Puis votre ami s’en remettra, la prothèse substituera aisément son ancien bras le temps qu’il se la fasse remplacer par un bras mécanique du Parti. A quoi vous attendiez-vous sur Artos, vous pensiez que tout serait ordinaire, que vous n’auriez qu’à venir et puiser toute l’essence de cette planète si facilement ? Artos est loin d’être une planète docile qui se plie aux désirs de l’Homme. Vous devriez faire attention à vous, ce que je viens de prendre de droit à votre ami n’est rien aux regards de ce que les autres créatures d’Artos peuvent vous prendre. Je vais vous libérer mais vous devrez me promettre de ne jamais remettre les pieds dans cette église et par-dessus tout ne jamais parler de mes créatures à qui que ce soit, les hommes du Parti viendraient leur faire du mal sans hésiter. »

Au milieu de la conversation je senti des gémissements provenant de Vassili. La douleur l’avait sans doute réveillé. Lorsqu’il vit enfin ce qu’il venait d’arriver à son bras, il fût pris de panique, il avait désormais une seule main attachée à la chaine et l’autre en cuir balbutiait dans le vide tel un pantin désarticulé. L’homme était assis sur un tabouret en bois en face de lui, et assista à la scène, contemplant chaque trait agité de Vassili. Il profita d’un moment de lucidité pour lui expliquer la raison qui le poussa à lui pendre son bras. Vassili devenu fou et insulta l’homme de tous les noms, il essaya de lui décocher plusieurs coups en vain, il réussit néanmoins à l’atteindre avec un crachat au niveau du visage. Une fois calmé par la fatigue et la douleur, Vassili s’effondra en pleur sur le tas de paille. L’homme essuya la salive de sa joue avec un morceau de tissu, puis administra à Vassili de nouveau ce fameux élixir contenu dans sa fiole. Il lui expliqua qu’après la troisième fois il ne sentirait plus rien et que la douleur disparaitrait naturellement. Cet élixir provenait selon lui d’une plante sacrée présente sur Artos, elle a la capacité de guérir beaucoup de maux sauf bien entendu la mort. Le ton de l’homme devint maintenant plus calme, malgré la situation nous devions lui faire confiance et à son tour il devait s’assurer que nous ne parlions pas de ses créatures au Parti. Il nous expliqua qu’il était prêtre ici depuis l’arrivée des premiers hommes sur Artos. Lorsqu’il nous demanda la raison de notre présence sur Clarke, nous lui expliquions que nous étions ici pour nous faire de l’argent, ayant tout perdu sur terre. Bien que surpris par cette raison quelque peu originale, l’homme ne chercha pas à en savoir davantage. Mon visage se tourna vers la seule fenêtre de la cellule, depuis celle-ci nous pouvions voir une esquisse du ciel d’Artos, celui-ci commençait à virer au rose, la planète voisine Rana commençais tout juste à être visible et les rayons de soleil avaient disparu. C’est à ce moment-là que je réalisai que nous avions manqué le convoi vers les mines ! Ces convois n’ont lieux que très rarement sur Artos, et nous n’avions clairement pas assez d’argent pour dormir indéfiniment dans la seule auberge de la ville. Nous devions rejoindre les mines coûte que coûte ! Le voyage à pieds rallongerait la durée qu’il fallait pour aller aux mines mais nous n’avions pas le choix. Le prête nous proposa de dormir dans l’église cette nuit-là, il était impensable selon lui de s’aventurer dans la forêt d’Artos de nuit. Mais pour cela il devrait nous détacher et nous libérer. Il choisit néanmoins de prendre le risque. Au moment de libérer la main de Vassili, un air de tension flottait dans l’air, je craignis qu’il ne saute sur le prêtre, mais rien ne se passa et Vassili évita du regard l’homme. J’étais soulagé et la douleur sur mes poignets infligés par les chaînes avaient laissé place à une sensation de délivrance. Nous suivons le prêtre qui nous indique la direction vers la salle à manger. C’est lorsque nous arrivons en haut des escaliers que je me rends compte que nous n’étions pas tout à fait sous l’église mais plutôt sous une cabane en bois près de la bâtisse religieuse. Dehors l’air est frais, quelques oiseaux chantent au loin, nous parvenons à voir dans le ciel les premières lueurs d’étoiles apparaitre. Nous traversons la cour et arrivons par le côté de l’église où se trouve une porte en bois tout juste assez grande pour nous. Cette porte mène alors dans un petit hall, très vite nous nous retrouvons au centre de l’église là où se trouve l’autel, sur la droite un escalier en colimaçon mène vers un second étage dissimulé. Là-haut nous découvrons une grande pièce qui s’apparente être les quartiers du prêtre. Au fond de celle-ci, une énorme marmite bouillonne sous un feu de cheminé, à ses côtés se trouve une des créatures, entrain de remuer son contenu avec une louche en bois. A l’écart de la pièce, séparé par un long rideau blanc se trouve un lit à l’épaisse couverture. Nous pouvons distinguer que des maigres pieds noirs dépassent de la couverture, il s’agissait probablement de la créature ayant reçu les balles de Vassili. Le prêtre nous fait signe de nous assoir à la table qui se situe au centre de la pièce.

Il en profite pour nous présenter la créature : elle s’appelait Grendel, il s’agissait du frère de Maa, deux créatures d’Artos que l’on appelait des Cheïns. L’homme continua : « Grendel et Maa sont nées depuis des siècles, ces deux frères et soeurs étaient présents sur la planète bien avant notre arrivée. La première fois que je croisai leur visage, c’était lors d’une expédition avec des soldats du Parti en pleine forêt. L’expédition visait à rechercher des zones exploitables par l’homme. Pendant le trajet les trois véhicules militaires furent attaqués par des créatures de l’ombre d’Artos. Ici nous appelons ces créatures les Naraï, des sortes d’immenses loups à dent de sabre, aussi grand que des rhinocéros et aussi rapide que des léopards. C’était la première fois à l’époque que j’en croisais, ils vivaient en meute et leur pelage vert tacheté de noir leur doté d’un camouflage parfait dans cet environnement. Ils nous prirent par surprise, les coups de feu résonnaient dans la vallée quand le véhicule dans lequel je me trouvais fut projeté contre un rocher après la charge d’un de ces loups. Je n’étais pas seul dans la voiture, un autre homme, Yourri étaient assis à côté de moi. » A l’entente de ce nom Vassili regarda enfin le prêtre dans les yeux et sorti de son état silence et demanda avec insistance de décrire cet homme. Tous les détails montraient qu’il s’agissait bien du père de Vassili ! Il lui demanda alors de continuer son histoire. Le prêtre légèrement surpris de son enthousiasme soudain, se mit à continuer son histoire.
« le véhicule était alors retourné quand nous vîmes la tête d’un de ses loup à la fenêtre du véhicule, le loup brisa la vitre et tenta de rentrer nous dévorer, mais ce dernier était trop gros pour rentrer bien évidemment. Il commença alors à mordre la portière avec frénésie, quand je vis à la base du rocher contre lequel le véhicule était adossé une étrange créature, dont les yeux luisaient dans l’ombre. Il s’agissait de Grendel, nous avions par chance atterrie contre l’entrée de leur grotte. C’est alors que je vis Grendel se rapprocher et de ses bras frêles me transporter jusqu’à la sortie de la grotte plus loin, sa sœur quant à elle fût la même chose avec Yourri, malheureusement le véhicule fini par recevoir une balle perdue et explosa, le souffle de l’explosion pénétra dans la grotte et détruis tout sur son passage, condamnant à jamais l’antre de nos deux sauveurs. Bien évidemment tous les soldats périrent et leurs corps suffit à rassasier les Naraïs. Nous en profitions pour rentrer au camp avec les deux créatures qui venaient de nous sauver et je me promis de veilleur sur elles jusqu’à ma mort, quant à Yourri, il promit de ne pas dire un mot au Parti quant à leur existence. Et depuis je vis avec ces deux adorables créatures, nous avons même inventé une langue dans laquelle nous pouvons communiquer, ils m’aident dans les tâches quotidiennes et moi je les nourris ». Vassili attendit la fin de l’histoire pour demander quand est-ce qu’il avait vu Yourri pour la dernière fois ?! C’est alors que le prêtre s’équipa de lunettes de fortune et commença à examiner Vassili de plus près. Il comprit alors en devinant quelques ressemblances qu’il s’agissait de son fils ! L’homme ne posa néanmoins aucune question et répondu tout simplement en disant qu’il ne l’avait pas vu depuis cet épisode. Il savait seulement qu’il avait été dépéché par le Parti pour s’occuper en personne des voyages exploratoires et qu’il finit par trouver l’emplacement des mines de clavium. Après ça il ne mit plus les pieds dans les mines, n’y à Clarke d’ailleurs et fût envoyé sur le front de l’est d’Artos pour diriger les opérations d’éradication des peuples autochtones. Ces peuples nous en avions entendu parlé avant notre arrivée sur Artos, il s’agissait de créatures suffisamment intelligentes pour avoir développé des villages aux alentours des ripisylves de la planète. Elles étaient la seule raison pour laquelle le Parti ne pouvait accéder à toutes les ressources, la propagande disait qu’il s’agissait d’être cruels et dépourvus de sens de la justice. Dans l’ombre de propriétés matérielles un décret décida qu’il fallait détruire entièrement ce peuple, pour la gloire et la splendeur du Parti disaient-t-ils.

Nous avions fini de manger et le prêtre nous accompagna jusqu’au clocher, c’est là que nous dormirions, allongé sur des sacs de tissus. L’endroit était calme et frais et la fenêtre était composée des bandes en bois horizontales permettant à un léger courant d’air de traverser la pièce. Une fois installé le prêtre nous rendis de nouveau visite accompagnée de deux bols dont la consistance semblait chaude et délicieuse. La mienne contenait une infusion de plantes dont j’ignorais la provenance, malgré tout je parvenais à reconnaitre des odeurs de Jasmin et d’érable, quant à celle de Vassili, elle contenait également la troisième dose de liquide qui lui permettrait de guérir pour de bon. Nous remerciions le prêtre puis discutions un bon moment avec Vassili, de nos craintes pour demain, de son bras, de son père, de Sarah quand la boisson de Vassili eu raison de lui avant moi et le plongea dans un sommeil profond. Quant à moi j’en profita pour me lever et regarder à la fenêtre du clocher. Au loin je pouvais apercevoir, alors éclairé par le reflet des lueurs d’étoiles l’immense étendu de forêt au-delà des enceintes de Clarke. Demain le périple jusqu’aux mines sera long, tout ce que j’espère c’est que là-bas au-delà de l’épaisse forêt, de ces immenses montagnes jonchées de créatures obscures se trouve enfin le chemin qui nous mènera vers notre rédemption. En attendant le climat calme de cette douce nuit mêlé à l’apaisement provoqué par la boisson me plongent dans mes rêves et cauchemars les plus profonds.
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