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Ich bin ein Berliner !

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Pascal Gos

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FINALISTE
Sélection Public

Le jour se levait à peine sur Berlin, ce 4 novembre 1989. Lorna, assise à son bureau, regardait par la fenêtre depuis son studio, le mur couvert de barbelés. Près du poste-frontière, les sentinelles transies de froid arpentaient les trottoirs, prêtes à faire feu sans sommation. Les soldats surveillaient le moindre mouvement de fugitif. Du haut des miradors, les gardes pointaient les puissants projecteurs sur le passage et ne perdaient pas de vue les allées et venues.
Il y a deux semaines, Lorna fut réveillée par les claquements d’armes automatiques. Dans la pénombre, elle souleva l’épais rideau puis elle entrebâilla la fenêtre avec une infinie précaution. Discrètement collée au mur, elle épia la scène qui se déroulait à quelques mètres à peine.
Deux soldats parlaient. L’un, pistolet au poing, observait nerveusement la rue, l’autre, agenouillé, fouillait le corps inanimé d’une femme. Il inspectait désormais le sac à main et en sortit ses papiers d’identité. Lorna tendit l’oreille et perçut nettement leur conversation.
— Katarina Rosenberg ! Oui, c’est bien elle ! Il faut appeler le central ! Demande-leur de venir, je crois qu’on la tient cette fois !
— Tu l’as butée ? s’inquiéta l’autre soldat qui se dirigeait vers la Jeep stationnée à quelques mètres.
— Non, elle respire encore. Grouille-toi ! Elle saigne. J’y en ai mis une dans le dos ! Appelle ! Vite !
Il composa le numéro sur le poste placé à l’arrière du véhicule.
— Ici le sergent Gärtner ! Passez-moi le capitaine !
Il attendit quelques secondes :
— Oui, capitaine.
Le téléphone grésilla. Lorna ne comprit pas les réponses.
— Affirmatif ! On l’a eue !
Nouveaux grésillements.
— À côté du poste-frontière Bornholmer. On est deux, le caporal Herman Keller et moi... D’accord ! On l’emmène ! accepta le soldat avant de raccrocher.
— On la fout dans la Jeep. On fonce à l’hôpital militaire ! ordonna le sergent revenu près de la jeune femme.
— Ils font chier ! C’est à l’autre bout de la ville ! Qu’ils envoient une ambulance, nom de Dieu ! Elle va crever si on la transporte comme ça ! vociféra le caporal Herman Keller.
— Non ! On la met à l’arrière et on y va !
Elle vit les deux soldats charger le corps inerte. Il s’affala sur le siège quand le chauffeur accéléra, faisant crisser ses pneus sur les pavés.
Lorna referma sa fenêtre. Elle resta adossée au mur, figée. Des frissons la parcouraient. Après un long moment, elle s’allongea sur son lit. Les yeux dans l’ombre, elle sentit les larmes l’envahir.
« Qui était-elle ? Pourquoi ? Elle semblait si jeune, si pâle ! »
Elle se tourna, mais ne parvint jamais à trouver le sommeil.

Ce matin-là, donc, Lorna travaillait depuis une heure. Elle relisait l’allocution qu’elle avait rédigée pour la cérémonie de départ à la retraite de son chef de service de la section locale de la Stasi, quand soudain, on frappa. Elle sursauta ! Elle regarda la pendule accrochée au-dessus de la cheminée : huit heures. Qui cela pouvait-il être ? Elle rangea les feuillets du discours dans une pochette rouge qu’elle posa sur le meuble de l’entrée. Près de la porte, elle entendit de nouveau toquer, doucement. Une voix qui se voulait retenue insista :
— Lorna... Lorna c’est moi ! Ouvre !
Elle perçut encore :
— C’est moi ! Niklaus ! Ouvre ! Ouvre s’il te plait.
Elle reconnut son frère et déverrouilla le loquet. Il pénétra brusquement et claqua la porte derrière lui. La sueur perlait sur son front. Dans un essoufflement prononcé, il pria sa sœur :
— Cache-moi chez toi. On nous a dénoncés, ils m’ont découvert. Il faut que tu me planques.
— Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu es fou ! C’est trop dangereux ici ! Tu sais que je travaille à la Stasi. Ils vont tout de suite faire le rapprochement avec toi !
Elle s’arrêta quand elle le vit blêmir. Ses yeux se posèrent sur sa jambe gauche. Son pantalon déchiré était couvert de sang.
— Mon Dieu, qu’est-ce que tu as ?
— Ils m’ont tiré dessus. La balle m’a juste éraflé la cuisse. Ça ne saigne plus.
— Entre là ! proposa-t-elle en lui montrant la salle de bain. Enlève ton pantalon !
Elle examina la blessure de son frère.
— C’est superficiel, tu as eu de la chance ! Je vais te mettre un pansement et ça ira. Mais avant, tu vas prendre une douche. Ce n’est pas possible, tu pues ! fit-elle avec une moue de dégoût.
— Je me suis caché dans une poubelle pendant deux heures. Ensuite, je suis venu ici par les égouts. C’est là qu’ils m’ont tiré comme un lapin. J’ai eu de la chance. Il y avait un trou dans le mur. Ils sont passés sans me voir. J’ai attendu toute la nuit, recroquevillé dans la boue, avant de sortir.
— Le monde ne va pas bien ! dit-elle en lui tendant un savon et une serviette. Il y a deux semaines, ils ont tiré sur une fille devant mes fenêtres.
— Oui, je sais, je la connaissais bien. C’était notre contact dans le quartier. Ah les salauds ! Une gamine de vingt ans ! Mais ne t’inquiète pas p’tite sœur, on va en finir bientôt. On va le faire tomber ce mur de la honte, ce rideau de fer ! Depuis soixante et un ! Tu t’en rends compte ! Je suis né avec !
Lorna lui prépara un repas qu’il avala en quelques minutes tant la faim le tenaillait. Elle rangeait son assiette qu’elle avait nettoyée quand soudain, elle entendit frapper. Elle considéra son frère :
— Merde ! Planque-toi sous le lit.
La porte résonna une seconde fois.
— J’arrive ! cria -t-elle
Elle attendit un instant et inspecta sa chambre. Tout semblait satisfaisant. Elle se rendit dans l’entrée et claqua la porte de la salle de bain. Elle ajusta son chemisier, tira sur sa jupe et se racla la gorge. Elle ouvrit, gardant une main sur la poignée.
— Ah ! Bonjour, Ghunter !
Ghunter, un individu de trente ans, anormalement maigre, travaillait depuis six mois avec Lorna qui ne l’appréciait guère. Son visage immensément long, sans fin, ne souriait jamais. Il était de ceux qui s’occupaient de tout, voulaient être au courant de tout. Il écoutait, fouinait, fouillait, épiait. Quand il tendait sa main molle, jamais il ne soutenait le regard de la personne qu’il saluait.
Il était secrètement amoureux de Lorna. Secret de polichinelle ! Tout le service était informé de sa tendre passion qu’il avait confiée à une amie de Lorna.
— Bonjour Lorna, je viens chercher le papier pour le chef. Tu l’as terminé ?
— Bien sûr ! Mais pourquoi débarquer aujourd’hui ? Je te l’aurais donné au bureau, lundi.
— Lorna, je te rappelle que c’est moi qui fais le discours. Je veux me préparer et répéter avant. J’y mettrai aussi quelques mots ! ajouta-t-il en clignant de l’œil.
Sans même lâcher la porte, elle attrapa le dossier rouge qu’elle avait posé sur le meuble. Espérant qu’il partirait, elle lui répondit sèchement en lui collant la pochette sur la poitrine :
— Puisque tu as envie de le compléter, tu n’avais qu’à l’écrire toi-même !
— Oh là là ! Ne le prends pas mal. Excuse-moi ! Allez, offre-moi un café pour me faire pardonner.
Il s’avança d’un pas.
— J’allais sortir. Euh... Je dois aller voir ma mère qui est malade... bafouilla-t-elle.
— Un café et je pars ! insista Ghunter.
— D’accord ! Entre un instant, lui proposa-t-elle, cachant son air résigné sous un sourire forcé.
Il s’exécuta, satisfait.
— Plutôt sympa chez toi ! dit-il en promenant son regard sur l’ensemble du mobilier.
Il avança jusqu’à la fenêtre. Écartant le rideau, il resta un long moment à observer la rue. Prenant la tasse que Lorna lui tendait, il s’étonna :
— Tu as une sacrée belle perspective sur le mur !
Il continua tout en regardant la rue quelques instants.
— Es-tu au courant ? Ils ont eu Katarina Rosenberg !
Lâchant la tenture, il ajouta :
— C’était dans le coin. Tu as vu quelque chose ?
— Non, rien. J’en ai juste entendu parler à la radio, précisa Lorna qui s’impatientait.
— Elle est toujours dans le coma !
— Tu sembles bien au courant ? interrogea-t-elle en le fixant.
Elle crut voir sur son visage un rictus de satisfaction. Un sourire de bourreau. Il ouvrit grands les yeux et ferma son poing. Tapant le bureau de son index et en serrant les dents, il proféra :
— Elle parlera quand elle se réveillera. Ils la feront cracher, j’en suis sûr ! On les aura ces putains de fascistes !
Son visage ne se détendit pas, il leva le ton :
— Tous à la solde de ces foutus capitalistes de l’Ouest ! Ces chiens !
— Oui, acquiesça Lorna semblant lui donner raison et espérant qu’il se calmât.
Il arpenta nerveusement la pièce. Sans gêne, il s’assit sur le lit, poussant une robe et un chemisier qu'elle avait posés avant qu’il n’arrivât.
— Iras-tu à la réunion du Parti lundi soir ? On pourra prendre un verre après.
— À quelle heure est-ce ? demanda Lorna qui avait blêmi lorsqu’elle le vit prendre place sur le lit.
— Dix-huit heures.
— Je viendrai, mais je ne resterai pas, car je dois rejoindre ma mère.
Il se leva et traversa de nouveau la chambre. Il contourna le lit et examina les livres dans la bibliothèque. Il fronça les sourcils.
— Tu n’as pas celui du Parti ? Hugo ? Zola ? Sartre ? Mais tu n’aimes que la littérature française ? Pourquoi possèdes-tu tous ces bouquins ?
— Ces livres étaient là quand j’ai loué ce meublé.
— Ah bon ! C’est très étonnant.
Il attrapa un ouvrage :
— Sartre, Les mains sales. Haha ! Une belle histoire de traître ! grogna -t-il en reposant le livre.
Il se détendit enfin et ironisa :
— Tu n’as vraiment rien entendu dans ta rue ? Pourtant, ils ont tiré. Tu prends des somnifères ?
— Tiens ! Les voilà mes somnifères, s’amusa Lorna en lui pointant la boite de boules Quiès placée sur le chevet.
Il se leva, posa délicatement la tasse sur le bureau, s’approcha d'elle, lui prit une main et bafouilla :
— Euh... Je voulais, enfin... euh... tu sais... j’aimerais...
— Non ! l’interrompit-elle sèchement. Non !
Il lâcha sa main et lui saisit les deux poignets qu’il serra.
— Fais attention, Lorna, fais bien attention ! Ne te trompe pas de camp ! On sait pour ton frère !
— Tu me fais mal ! Arrête !
Il desserra son étreinte. Niklaus, prêt à jaillir, n’en fit rien quand il comprit qu’il avait relâché sa sœur. Après quelques secondes de silence, il demanda :
— On peut se voir demain ?
— Je t’ai dit que ma mère était malade. Je dois me rendre chez elle. T’es bouché ou quoi ?
— Mouais... soupira-t-il avec un doute non feint dans la voix. Bon, j’y vais.
Il attrapa la pochette rouge qui s’ouvrit. Les feuilles s’éparpillèrent sur le sol.
Lorna se précipita pour les ramasser. Accroupie, elle aperçut, sous le lit, Niklaus qui la regardait les yeux écarquillés, empreints de stupeur.
Ghunter, toujours incorrect, ne fit même pas un effort pour l’aider. Pour la première fois, Lorna appréciait son impolitesse.
Il sortit. Lorna, adossée contre la porte, posa ses mains sur son visage et pleura.
Niklaus s’extirpa de sous le lit. Il s’approcha de sa sœur qu’il serra longuement dans ses bras.
— Embrasse maman, pour moi. Dis-lui que j’irai la voir dès que je le pourrai.
— Oui, Niklaus, je le ferai.
— Ne t’inquiète plus. Tu sais, depuis début octobre, des manifestations se déroulent partout. Depuis qu’Erich Honecker a abdiqué et qu’Egon Krenz lui a succédé, on parle « du grand tournant ». Ils ont relâché des prisonniers accusés d’avoir voulu fuir. On annonce la démission de la direction du Parti dans quelques heures. Nous allons revivre !

Effectivement, les jours suivants, tout se précipita. Le 9 novembre, vers vingt-deux heures trente, le poste-frontière Bornholmer fut le premier à ouvrir ses barrières. Une marée humaine traversa le pont et gagna Berlin-Ouest. Au check point Charlie, Rostropovitch joua les suites de Bach. La Stasi fut dissoute.
Niklaus, dans les mois qui suivirent, trouva un emploi au siège de l’administration de Berlin à la mairie de Schöneberg, là même où le président Kennedy avait lancé son fameux « Ich bin ein Berliner ».
Gunther avait disparu. Ses parents pensaient qu’il avait fui en Pologne ou en Russie. Mais, en février 1990, on découvrit son corps inerte dans un sordide studio de Berlin. L’enquête bâclée fut classée sans suite. Certains règlements de compte évitaient parfois de longues explications.
Lorna garda son meublé encore quelques mois. Elle retrouva un travail de pigiste au Berliner Zeitung le principal quotidien berlinois. Sa mission consistait à écrire une chronique hebdomadaire sur les prisonniers libérés après la chute du mur et à commenter leur intégration dans la future « grande Allemagne ». Elle entreprit des recherches sur Katarina Rosenberg, la jeune femme qu’elle avait vue tomber sous ses fenêtres.
Elle était restée neuf mois à l’hôpital. Elle accepta une interview et elles s’étaient donné rendez-vous dans un restaurant près du Berliner Dom.
Assise à la terrasse, Lorna relisait son questionnaire quand elle arriva. Elle s’installa, cognant son fauteuil roulant sur le côté de la table.
Lorna sursauta et la regarda, étonnée.
— Ah bonjour Katarina. Je... Je ne savais pas que...
— La balle s’est logée dans la colonne vertébrale.
Elle souriait. Ouvrant les mains en signe de résignation, elle ajouta :
— Ça va faire un an bientôt.
— Je vous remercie d’avoir accepté de venir me parler.
— Je vous lis toutes les semaines. Vous écrivez de belles choses. C’est top !
— Merci.
Elles commandèrent un thé avant de commencer l’échange. En apportant leur consommation, le serveur chantonna :
— Un thé pour les jolies dames !
— Merci ! fit Katarina en détaillant le garçon qui souriait.
Quand il repartit, Katarina regarda Lorna et lui lança avec un air complice :
— Quel beau mec, ce serveur !
Lorna leva les yeux de ses notes et tourna la tête vers lui. Elle tressaillit. Elle le dévisagea. Elle reconnut le caporal qui avait tiré, ce soir-là, dans la rue obscure. Elle lui fit signe, il s’approcha.
— Vous êtes Herman Keller ?
Il s’assombrit.
— Oui, pourquoi ?
— Je vous présente Katarina Rosenberg.
Herman Keller fixa Katarina. Il baissa les yeux. Ses mains tremblaient. Il lâcha son plateau et les verres se brisèrent au sol.
Il releva la tête et croisa le visage de Katarina.
— Je ne voulais pas, je ne voulais pas, répétait-il le regard embué.

Le soleil brillait sur l’Allemagne désormais réunifiée.

PRIX

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Pascal Gos  Commentaire de l'auteur · il y a
Attention ! Cette nouvelle est totalement romancée et fictive et je ne la voulais aucunement historique. Je ne veux qu'une ambiance. Toutefois, tous les noms et quartier sont existants.
Pour info : le 26 juin 1963, le président Kennedy prononça un discours à Berlin-Ouest, confirmant le soutien des États-Unis à l'Allemagne de l'Ouest après la construction du mur de Berlin par l'Allemagne de l'Est bénéficiant du soutien de l'Union soviétique.
il a terminé son discours par
All free men, wherever they may live, are citizens of Berlin, and therefore, as a free man, I take pride in the words "Ich bin ein Berliner."
Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest et pour cette raison, en ma qualité d’homme libre, je dis : Ich bin ein Berliner. »
https://www.youtube.com/watch?v=2Ha9GJwlus8
Quelques vues du mur en 1984; https://www.youtube.com/watch?v=PAtfYNit3R8

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Jarrié · il y a
Bonne finale Pascal.
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Pascal Gos · il y a
Merci Jarrié.
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Duje · il y a
J'ai relu avec plaisir , j'avais déjà voté . Bonne finale .
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Pascal Gos · il y a
Merci Duje.
Ce sont vos avis qui m'importent.

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Claudine Lehot · il y a
très belle histoire !
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Pascal Gos · il y a
Merci Claudine
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Musical · il y a
Trop bon ce texte !!! du théatre dans une nouvelle .... j'adore
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Pascal Gos · il y a
Merci Musical
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Unanemo · il y a
L’histoire et les personnages sonnent justes. L’intrigué est bien menée, on s’attend à ce que Lorna ou son frère ne soient les victimes du récit, pas à ce qu’un jeune homme « aux ordres », sans doute pas plus mauvais ou plus criminel dans l’âme qu’un autre, soit confronté à la réalité de ses actes. Thumbs up, Pascal !
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Corinei · il y a
Je ne me lasse pas de cette nouvelle
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Dranem · il y a
Un texte qui aurait largement mérité une mention , bravo pour ce texte Pascal !
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Pascal Gos · il y a
Merci Dranem.
Je connais la qualité de ta plume aussi, ton avis m'est important.
A bientôt sur nos mots.

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Mumu · il y a
Ce fut un plaisir de lire
Cette nouvelle qui semble tellement réelle
Félicitations Pascal

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Isabelle Lambin · il y a
Mes votes renouvelés
Bonne chance Pascal !

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Ambre Dorr · il y a
Bonne finale :)
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Manodge Chowa · il y a
Vous avez mon soutien. Bonne chance +5.
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