Honni soit qui mal y pense

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En compétition

Peindre, écrire, voyager, des mots en osmose, des échappées belles pour la retraite. Et puis deux recueils de nouvelles: "Eaux de vie"et "Par le trou de la serrure" Et encore la lecture: j'aime  [+]

Image de Été 2020

Chemin faisant Tibère lève la patte sur les pots de fleurs au bas du passage Garibaldi. Puis il grimpe vite fait vers la terrasse du Napoli le resto de Luigi. Y’ a toujours des poubelles avenantes pour sa faim de cabot même si les matous du quartier ont déjà tout déballé pour festoyer. Sans compter que Luigi laisse souvent une part de pizza ou bien des pâtes emballées dans un journal sur le bord de la fenêtre. Les grands jours un fond de Rosé de Provence fourni par Mustafa le caviste voisin attend dans sa bouteille. Ça, c’est pour César, artiste de rue, clochard de toujours, maître de Tibère. Après avoir usé ses craies d’art sur le bitume, l’homme suit son chien tard dans la soirée pour le casse-croûte.
Et ce soir il y a encore de la lumière : plein feu sur la terrasse, des gens assis à table, Luigi debout et des voix fortes !
César s’arrête net à l’angle du passage. La lumière le saisit, il se retourne aussi vite qu’il peut, face contre la boutique du caviste. Soudain il perçoit des pleurs puis la voix de Julia !
Inquiet il s’accroupit et se glisse tant bien que mal au coin du pot de fleurs qui pue l’urine de chien. Tibère se tapit entre ses genoux il tremble comme une feuille. Là-haut plantée devant la tablée, la femme de Luigi sanglote la tête baissée. Ça remue dans la tête de César. Entendre pleurer Julia, ça ne lui plaît pas !
Soudain des verres se brisent. D’un même élan, César et Tibère se plaquent contre le mur.
— Eh ! Le pizzaïolo, tu vas cracher le morceau, oui ou non ?
Interloqué par ce qu’il vient d’entendre César se penche prudemment et risque un œil : de dos, un gros homme au crâne rasé martèle des menaces :
— Demain ton resto, là, tu le vois ton resto ? Tu pourras faire des spaghettis sauce Baccarat tellement ta vitrine sera en miettes ! Et ta souris…
Brusquement il se retourne. Sa face ronde et hargneuse harponne la lumière. Il empoigne Julia par le menton, fait chuter une bouteille qui roule sur le pavé et dévale les marches une à une pour atterrir dans les pattes de Tibère qui couine de douleur. Pris de panique le clochard s’empêtre dans l’anse de sa musette et patatras sa boîte de pastels s’éparpille sur le trottoir ! Y’ en a même dans le caniveau, sous les roues de la voiture garée juste au pied des escaliers !
Pétrifié, César ferme les yeux, tout le quartier a dû entendre, l’homme l’a vu, il a croisé son regard belliqueux.
Des fenêtres s’allument. Plus haut des cris, des chaises que l’on pousse.
Tibère courbe le dos, la queue entre les pattes. Vite, très vite son maître se tapit au sol et ramasse à la hâte ses outils de travail, ces bâtons qui mettent chaque jour des couleurs dans son cœur et sur les trottoirs. Encore un, le « terre de Sienne » sous la gomme du pneu et brusquement deux phares balaient les mains affolées de César. Deux rais jaunes dans la rue sombre qui s’éteignent aussitôt.
Le clochard détale à toutes jambes, précédé de Tibère les poils en brosse.
La craie toute neuve git abandonnée sur le pavé.
La portière s’ouvre. Un escarpin chaussant un joli pied puis deux au bout de longues jambes gainées de noir se plantent au déboulé de la dernière marche. La silhouette s’accroupit et une main gantée fait sien l’objet tombé à terre. Les talons aiguilles picotent la pierre de l’escalier touche par touche comme sur le clavier d’un piano, une toccata de Verdi montant dans le silence de la nuit.
Là-haut sur la terrasse, on se tait
… comme César, enroulé maintenant dans sa couverture sous le pont d’Ella Sanità. Il garde un œil sur les étoiles piquées dans l’échancrure du ciel découpée par la voute du cloître Santa Maria. Sur l’écran strié par la pluie il se repasse en boucle le visage du mafieux, son teint bistre, ses poches sous des yeux noirs comme les quelques tifs piqués sur son crâne d’œuf. Nain, gros, moche et violent c’est ce qu’il range dans un petit coin de sa tête avant de chuter dans un sommeil chaotique. Tibère quant à lui fonctionne avec ses références, c’est Horace Badun qu’il a vu chez Luigi, il en est sûr ! Il a beau être cabot des rues, sa robe virer au mâtiné cochon d’inde, il craint pour ses abattis et se niche apeuré contre le corps de son maître.
Quand le cloître s’ouvre au jour et aux prières, César et Tibère déménagent vers les catacombes… Un espace de deux mètres sur deux à droite de l’entrée des galeries mortuaires suffit à l’art du sans-abri. Le cabot fait la manche casquette entre les dents et l’homme crayonne portrait ou paysage selon son humeur. Il récolte toujours de quoi acheter son tabac et ses craies de marque chez le coloriste du boulevard Magenta.
Mais ce matin-là sa rencontre nocturne l’obsède et fait barrage à l’inspiration naturelle qui propulse chaque jour des formes et des couleurs sur l’asphalte.
Sans conviction César esquisse l’ovale d’un visage, marque nez, bouche et yeux d’un trait léger quand un car venu de France se range sur le parking. Vite, de sa boîte de pastels il extrait un blanc irisé, un jaune de Naples, un terre d’ombre et un brun de Venise et voilà un regard qui anime le pavé ; juste un peu de noir de Mars et l’iris prend vie au moment où débarquent les touristes français.
César a sa tactique. Il entame toujours une œuvre à l’arrivée des tour-opérateurs et s’arrange pour qu’elle soit terminée à la fin de la visite. Les gens qui émergent alors de ces boyaux sombres sont toujours réceptifs à la lumière des craies de l’artiste. Surpris et admiratifs ils sont généreux en superlatifs et en euros. Tibère remue la queue en faisant la quête, il a souvent droit aux caresses et ça flatte son ego de cabot.
Seulement, si aujourd’hui est un autre jour, il n’est pas comme hier.
La pluie a lavé Mona Lisa, son dessin de la veille. Le portrait de Léonardo qu’il entreprend et qu’il pourrait croquer les yeux fermés reste en miettes au bout de ses doigts…
Déjà au passage le groupe s’attarde, on entend :
— T’as vu on dirait les yeux de Christophe Colomb… et bien d’autres suppositions qui pour une fois laissent froid César qui semble très soucieux.
Il farfouille dans sa boîte, finit par renverser tout son contenu. La pierre se poudre d’un fard multicolore tandis qu’il compile ses rouges, ses ocres, ses bruns, ses terres d’ombre à la recherche de ce bâton tout neuf acheté il y a deux jours et qui couvrirait à merveille la chasuble de bure que porte de Vinci.
Soudain il blêmit, il se revoit hier soir.
Hier soir à quatre pattes en bas de chez Luigi.
La pluie bombarde tout à coup l’esplanade, le regard de Léonardo fond en larmes tandis que la meute de touristes déboule des catacombes comme si elle avait la mort aux trousses. Tibère a la même impression en suivant César qui court entre les gouttes. Sa truffe lui souffle qu’on monte au Napoli. Pourtant hier c’était plutôt soupe à la grimace. Mais le corniaud colle aux basques de son maître qu’il devine très inquiet. Lui aussi le devient quand il le voit ratisser le caniveau au pied de l’escalier qui mène à la pizzéria, ramper sous le châssis d’une voiture en stationnement puis gravir les marches à pas de loup jusqu’à la vitrine du resto.
Des scellés bâillonnent la porte d’entrée, POLIZIA dupliqué sur le ruban scotché. César est sidéré. Une tape sur l’épaule le fait sursauter :
— Salut l’emp’reur !
— Ah ! C’est toi ! bredouille César.
Mustafa le fixe de ses yeux chafouins. Tibère dresse les oreilles, point de bonnes odeurs chez Luigi à cette heure de midi et le caviste qui semble faire le guet, rien de normal en vérité.
— T’es pas au courant ?
L’emp’reur ne sait sur quel pied danser. Mustafa l’a-t-il repéré l’autre soir ou bien dormait-il du sommeil du juste, le corps tourné vers la Mecque ? Rien ne filtre sur le visage fermé du Tunisien et son regard fuyant n’invite pas à jouer cartes sur table.
— Euh… Non ! Qu’est-ce qui se passe ?
— Tout ce qui se dit dans le quartier, c’est que la polizia a embarqué tout le monde !
— Comment ça « tout le monde » ?
— Le patron, la patronne et le pizzaiolo. Tous dans le fourgon cette nuit vers trois heures.
César a le cœur serré. Il pense à Julia, revoit la scène, maudit ces policiers aux mœurs violentes, cet interrogatoire musclé… Mais qu’a donc fait Luigi pour en arriver là ?
— Tu les connais, toi ! Qu’est-ce qu’ils trafiquent ?
Mustafa donne un coup de pied impatient à Tibère qui renifle la jambe de son pantalon, ce geste ancre la méfiance de César. Il dévale les marches, le chien sur les talons, le persifflage du caviste sur les épaules :
— Tous des mafieux ces Italiens ! Y se disent blancs comme neige !
Le brouhaha de la rue ficelle ses inquiétudes comme araignée sur la toile il est angoissé. Il rejoint tétanisé sa tanière sous le pont d’Ella Sanità. L’heure n’étant pas au sommeil il s’affale sur un banc, pose sa musette et réfléchit la tête dans les mains. Tibère, museau sur les pattes attend la voix de son maître.
Les arcades ont étiré leurs ombres sur le trottoir quand le vent emporte un journal laissé-là par un pèlerin de passage. César le capture, le fourrant machinalement dans son sac ; ce soir il fera un sommier de fortune sous son matelas en carton. La lune pavoise dans le ciel quand se couchent l’homme et son chien ventre vide et tête à l’envers.
Quand au petit matin ils reprennent le chemin des catacombes, une ombre les suit.
Sur place et sans plus attendre, Paolo se remet au portrait de Léonardo. Mais il est très préoccupé. Alors qu’il s’apprête à crayonner de blanc et de gris barbe et cheveux, il reste saisi par le visage qu’il a croqué. C’est celui de l’homme du Napoli… Même regard, même crâne d’œuf… ce type le poursuit !
À peine esquisse-t-il le geste d’effacer au chiffon ces yeux noirs qui le narguent qu’un escarpin verni se pose sur la bouche de craie. Un mollet galbé gainé de soie, un pan d’imperméable anglais, une main gantée qui pointe un révolver et César prend ses jambes à son cou en sifflant Tibère qui le devance à fond de cale dans les catacombes sous le regard médusé du gardien.
Aussitôt rejointe par deux hommes patibulaires la femme remet son flingue prestement dans sa poche. Pas encore de touristes sur l’esplanade, juste un couple d’amoureux et un cantonnier qui balaie le trottoir. L’air menaçant, les trois acolytes décident d’attendre l’artiste et son chien le temps qu’il faudra.
Oh ! Ils n’auront pas longtemps à faire le pied de grue. Les faux tourtereaux et l’employé municipal leur tombent sur le râble, en moins de deux, ils ont les pinces au poignet. Espionné et filé depuis la veille le trio n’a rien vu venir. Tous les trois restent muets comme des carpes quand la policière pointe du pied le portrait esquissé à terre :
— Mais, c’est Vito le Sicilien ?
Visages de cire chez les trois mafieux…
Illico presto, un fourgon déboule face à l’esplanade et coffre tout ce joli monde. Les hurlements de la sirène ramènent en surface César qui se précipite pour ranger tout son matériel dans sa musette. C’en est fini pour aujourd’hui il a eu son lot d’émotions. Hardi, mais pas téméraire Tibère s’apprête à lui emboîter le pas quand le gardien s’approche :
— Alors c’est la tronche de Vito le Sicilien ?
Paolo prend un air outragé pour cacher son malaise :
— Vous reconnaissez pas Léonardo ?
Il plante là le gardien interloqué, mais dans sa tête trotte maintenant Vito le Sicilien.
L’homme et le chien regagnent fissa leur couvent sous le regard du mafieux qu’ils pensent voir à tous les coins de rue. Vito ici, Vito là, et puis Julia, Luigi ! Les pires pensées bouillonnent comme le Vésuve dans la tête de César qui finit par s’asseoir sur un banc dans le square qui jouxte Santa Maria. Tibère jappe après des pigeons. Affamé, il leur vole les morceaux de pain qu’une vieille signorina lance depuis sa fenêtre. Alors ils lèvent le camp, reprennent le chemin du Napoli. Au cas où… Parce que…
Pas de parfum d’origan, mais de la lumière : il y a quelqu’un !
César a le cœur qui bat en s’approchant de la porte. Trop sans doute pour ne pas apercevoir Mustafa qui le guette derrière ses bouteilles de Ratafia. Plus de ruban jaune ! Assis à la première table Luigi se tient la tête dans les mains, et Julia ? Elle lui fait face. Il ne voit pas son visage, mais la ligne de ses épaules porte tout le malheur du monde. Tibère s’impatiente à ses pieds, il couine et Luigi lève les yeux, lui fait signe d’entrer :
— Ave, César !
Une chaleureuse accolade, puis :
— On a été roulés dans la farine !
— La farine ? bredouille César.
— Ils ont tout embarqué !
— Embarqué ? Mais qui ?
— La polizia !
— Mustafa me l’a dit ! Pourquoi ?
— Y’avait de la neige dans plusieurs paquets ! De quoi se faire du blé, mais pas des pizzas !
— Ben ! C’était plutôt musclé comme perquiz !
Julia se tord les mains, évite le regard de César qui cherche le sien. Elle ne dira rien.
Rien du service qu’elle a rendu à Mustafa pour réceptionner une commande de… farine. Luigi taira aussi la visite du Sicilien.
César est invité à partager des lasagnes, Tibère n’est pas en reste pour lécher le plat que déjà il est l’heure de regagner le pont d’Ella Sanità. Deux lamelles de rideaux s’écartent subrepticement chez le caviste qui suit des yeux les ombres de l’empr’eur et son chien.
Une petite demi-heure de marche et les voilà tous les deux allongés sous la voute du cloître. César fourrage dans sa musette pour mettre de l’ordre dans ses pastels quand il tombe sur le journal roulé. Il le déplie et s’apprête à en glisser les feuilles sous son matelas de carton quand !
— Le commissaire Montalbano ?
À la une, un gros titre : « Descente de la Polizia chez un pizzaiolo. »
Et une photo : Montalbano n’a rien de la tête de Vito !
L’article lu mentionne une perquisition qui n’a rien donné.
César fera l’innocent lorsqu’on agitera sous son nez un bâton de pastel terre de Sienne dans un sac en plastique étiqueté « pièce à conviction N° 1 ». Il affichera un calme olympien lorsqu’on lui montrera un cliché de son œuvre à la craie avec collé au dos « Jeudi 7 janvier 9 h 30 ». Et dira d’un ton impérial : — « qui c’est ce Romain ? » à la photo de Vito le Sicilien sous-titrée « Voleva la Mafia ».
Pendant deux jours Tibère pleurera dans le chenil de la fourrière. Nul ne doute que derrière les hublots de l’avion, Luigi et Julia ne l’entendront pas, déjà tournés vers leur paradis des îles Caïman.

Épilogue :
° La Polizia ne pouvant rien retenir contre les protagonistes de cette histoire, César et Tibère officient toujours près des catacombes dont ils savent tirer des lauriers. L’heure n’est plus à De Vinci, mais à l’art animalier.
° Roulé dans la farine, Mustafa leur offre le kebab dans l’attente qu’un jour ils crachent le morceau…
° Vito a pris la poudre… d’escampette, sans renoncer toutefois à ses émoluments !
° Luigi et Julia point ne sniffent, mais en croquent !

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Houda Belabd · il y a
Mon soutien, pour rendre à César ce qui lui appartient :)))
Je vous invite à découvrir mon très très court que je dédie aux sans-abris de l'Isère, ici:
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chienne-de-vie-dun-sans-abri-iserois

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François Personne · il y a
C'est superbement écrit, ce "Godfather" à la sauce "Belle et le Clochard"!!! Vous savez à merveille dérouler le film comme un vieux routier d'Hollywood, on en prend plein les yeux pour neuf minutes de pur bonheur. Félicitations et M... Pour la suite...
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lucile latour · il y a
bravo un beau trait. vous aviez voté pour la demie finale pour ma nouvelle sur le chemin qui mène au puits" elle est en finale encore pour quelques heures seulement vite. puissiez vous rendre 1 instant pour renouveler votre soutien précieux. et aller aussi 'jusqu'à la pointe" ma poésie qui est aussi en finale; bien besoin de soutien. merci.
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JACB · il y a
Vous avez déjà eu mon soutien Lucile ! Bonne chance !
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Anna Mindszenti · il y a
Émouvant ce César embarqué malgré lui dans une histoire trouble.
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Elisabeth LOUSSAUT · il y a
Bien écrit. Mon vote pour ce César !
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Vrac · il y a
Jolis coups de craie, pourvu qu'il ne pleuve pas
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Léonore Feignon · il y a
J'aime bien ce César, cet artiste sans domicile fixe, mais aussi cette écriture et puis cette histoire qui nous parle d'un trafic qui malheureusement s'est banalisé. Merci pour ce moment de lecture.
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Sandrine Michel · il y a
Un univers trouble, aux multiples rebondissements, un bon suspens. Un récit très bien mené
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Daniel Glacis · il y a
Très agréable lecture de ce faits divers, JACB, orné de pastels ! Bonne journée ! Daniel.
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Isabelle Lambin · il y a
Qui est pris qui croyait prendre, finalement. Même la lectrice que je suis s'est fait rouler dans la farine.

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