Histoire vécue - 3

il y a
3 min
4
lectures
0
« Que voulais-tu vraiment dire en disant encore ? »
« Encore tout, encore plus, encore vous. »
Elle ne cesse de me regarder en essayant de défaire ma ceinture.
Je pose la main sur la sienne, je vois sa surprise.
Pas tant pour l’empêcher, mais j’ai tellement transpiré que l’étoffe de mon pantalon à la taille est humide
et je n’aime pas trop, enfin je ne sais exactement !

« Je n’ai quasiment jamais pris d’initiative avec les hommes que j’ai connus, par crainte, par pudeur, par dégoût, par timidité.
De toutes façons, ils n’ont pas été si nombreux. »

Elle parle à voix basse, sa voix est comme enrouée.
Elle se penche vers moi, pose ses lèvres sur mon torse qu’elle lèche, effleure mes seins, je sens qu’elle essaie à nouveau de défaire ma ceinture.
Toujours dans un murmure « je vous ai dit que j’aime le goût de votre transpiration... Ne m’empêchez pas...»
« Arrête de me vouvoyer, ça n’a pas de sens ! »

« Je ne peux pas, je n’oserai pas, vous m’impressionnez, vous... »

« Alors, si je vous impressionne à ce point, Madame, c’est que nous avons atteint les limites de notre intimité. »
Je m’échappe de son étreinte, je me relève du lit, je prends la serviette pour m’essuyer le torse.
Elle me regarde, je la regarde. Elle s’assoit au bord du lit, les jambes légèrement ouvertes,, une main sur son sexe.
Sa poitrine est luisante de ma transpiration.

« Je voudrais qu’un jour il n’y ait pas de limite à notre intimité... »
« Tu n’as jamais pris d’initiative, par pudeur, par dégoût. La pudeur, je comprends.
La crainte, je comprends moins. Par dégoût, mais dégoût de quoi ? Explique. »
Elle lève les yeux vers moi, son regard me paraît comme fiévreux, elle ne soutient pas mon regard,
Elle se triture les doigts, nerveusement, me regarde à nouveau, brièvement.

Et, là, c’est comme si les vannes s’ouvraient, elle se met à parler, dans le désordre, me semble-t-il.
Son premier amoureux quand elle était en terminale qui la pelotait, la première fois avec son mari, maladroit, sans caresses,
le souvenir de ses parents qui faisaient l’amour bruyamment, une tentative d’un collègue chanteur qui voulait une fellation,
ses envies d’amour sage et fou, la hantise de sentir mauvais, sa découverte du chant avec un professeur aux mains baladeuses,
la détestation de son propre corps, incapable de jouir, ressentir du désir, bref, une véritable débandade verbale qui me surprit tant elle révélait d’elle-même un état d’être obsessionnel.
Impossible de tout retranscrire. J’étais touché par cet abandon, cette sorte de mise à nu intime.

Je me rapproche d’elle, lui tends les mains pour qu’elle se relève, elle tremble ou frissonne, je ne sais.
« Regarde-moi. Dis-moi. »
« Je vous suis... »
« Non, ne me vouvoie pas. »
« Je ne peux pas, ce n’est pas correct... je vous suis, vous serai toujours reconnaissante, J’ai découvert le plaisir par vos mains, j’ai joui comme je n’avais jamais joui, mon cœur sourit. »

« Ton cœur sourit, quelle belle expression !
Je sens que ton sexe sourit aussi...
Dis-moi encore, livre-toi, délivre-toi.
Tu ne m’as pas invité à déjeuner seulement pour ton audition,
n’est-ce pas ? »

« Non, enfin, si, quand même, il y a des semaines que je voulais... »
« Continue, ne me cache rien, ose. »

« Je me rappelle un jour, nous répétions un concert dans cette église du 4ème, Non, avant cela, quand je respirais mal, votre main sur mon ventre pour que je prenne conscience du diaphragme,
une sensation profonde, vos mains larges, fermes, et puis pendant la répétition, vous portiez un pantalon léger, qui vous serrait, j’ai regardé votre braguette, je devinais, enfin, j’ai imaginé, fantasmé...
En fait, vous êtes le premier à me faire fantasmer. »

Elle est rouge comme un coquelicot.
« Continue. »
Je l’avais prise dans mes bras. Elle a presque aussi chaud que moi.
Je la prends par la main, la fais s’assoir sur son canapé.
Je m’agenouille entre ses jambes, lui dis de les ouvrir, que je veux regarder le sourire de son sexe. Je pose ma tête sur son ventre, d’elle-même je sens ses mains sur ma nuque.
Je mets mon nez sur sa toison.
« Je t’assure que tu ne sens pas mauvais, bien au contraire. »
Je me mets à la lécher, l’intérieur des cuisses, les aines, le nombril,
ses mains serrent ma nuque, mes épaules.
Je suis tout à fait conscient que j’ai tort, c’est un peu tard !
Je lèche sa vulve, glisse ma langue entre ses lèvres, je débusque vite son bouton, elle tremble, soupire ou gémit, elle murmure des mots que je ne comprends pas.
Je prends tour à tour ses jambes pour qu’elle les mette sur mes épaules.
Elle est à présent toute ouverte, ma langue virevolte, glisse entre ses lèvres,
Elle est toute mouillée, je frotte mes doigts sur son sexe,
subrepticement je glisse ma langue plus bas, jusqu’à effleurer son petit trou, elle sursaute, gémit de plus belle, je la sens qui se tend, se cambre presque, elle jouit abondamment, inonde mon nez, ma bouche.
Je l’entends presque crier.
Elle me dit qu’elle a honte, qu’elle n’est pas propre, qu’elle a honte d’aimer cela, qu’elle a honte que je la trouve égoïste, j’ai continué à lécher ses fesses, glissant ma langue.
Ses mains me font mal aux épaules tant elle m’étreint.
Je lui dis que la honte n’a rien à faire entre elle et moi,
j’ajoute que c’est elle qui m’a invité sans le savoir peut-être lorsqu’elle s’est changée tout à l’heure et qu’elle est revenue sans culotte.
Je me libère de ses jambes, de son étreinte, de ses mains.
Elle a tellement joui que son canapé est mouillé !

« Dis-moi, maintenant, dis-moi tes émotions. »
Elle se redresse, s’assoit sur ses fesses, je reste entre ses jambes,
elle se penche vers moi, pose ses lèvres sur les miennes, passe sa langue sur mon menton, sur mon nez.
Je sens qu’elle voudrait parler, dire son ressenti, je sais qu’elle n’ose pas, pas encore.
Elle tente de se lever, je la laisse faire, je me redresse aussi, elle a les yeux d’une brillance étonnante.
Elle me dit dans un souffle de la laisser faire, de ne pas l’empêcher, même si elle se sent incapable...
Je ne réponds rien, je la laisse défaire ma ceinture, ses mains sont maladroites d’impatience, je suppose.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !