Histoire du soir

il y a
4 min
644
lectures
497
Finaliste
Jury
Recommandé

Pourquoi on a aimé ?

Une histoire pour parler de l’art de conter les histoires, et de l’écrit qui évoque la tradition orale ! Un thème traité de façon

Lire la suite

La citation qui explique mon envie de lire et d'écrire: "Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui" (Charles Baudelaire)  [+]

Image de 2019

Thème

Image de Nouvelles

Toute histoire commence un jour, quelque part. Nabou le sait bien, elle qui s'apprête à en raconter une à ses petits cousins. Elle va devoir inventer un « cadre », elle vient d'apprendre ce mot à l'école ; elle va « situer » son histoire, dans le temps et dans l'espace, afin de donner vie à ses personnages. Elle prend une grande inspiration et se lance :
— On racontait autrefois...
— Dis-le-moi.
— Qu'un héros viendrait...
— En effet.

Toutes les histoires du coucher commencent par cet échange rituel entre le conteur et ceux qui l'écoutent. Nabou parcourt l'assemblée des spectateurs du regard, en cette veille de Korité. La fête qui marque la fin de la période de jeûne promet d'être réussie, les parents ont passé les derniers jours à la préparer, à faire en sorte que tout soit prêt à temps, aussi bien les habits traditionnels que le grand repas du lendemain. Les enfants ont hâte ! Djiby et Djimby, les jumeaux, sont assis face à Nabou, sur la natte.
Djimby ne peut s'empêcher de sourire d'une oreille à l'autre. Elle agite la tête à plusieurs reprises, dans le seul but de faire s'entrechoquer les perles au bout de ses tresses toutes neuves. Elle est sans doute en train de penser à sa jolie robe et à ses boucles d'oreilles brillantes, qui mettront sa coiffure en valeur : ce sera elle la plus belle demain, cela ne fait aucun doute, et tant pis si elle a mal au crâne cette nuit à cause de ses nattes trop serrées.
Djiby, lui, a comme à son habitude la tête dans les nuages, ou plutôt dans les feuilles du manguier. Les enfants ont en effet décidé de tenir leur réunion nocturne sous l'arbre fruitier, dans la maison familiale ; les fruits lourds, qui sont surveillés de près par Djiby, se balancent paresseusement sous la douce brise nocturne. Il sera bientôt temps de les cueillir, et il ne s'agirait pas de laisser les autres enfants du quartier les chiper tous. Ils le faisaient si souvent, avant.
À la droite des jumeaux se trouve Pa Daouda, leur frère aîné. En réalité, il s'appelle Daouda tout court, mais il a tenu à ce qu'on lui ajoute la particule « Pa » devant, pour marquer son statut d'aîné ; il trouve que ces deux petites lettres de rien du tout lui donnent de la distinction. Il faut dire qu'il en a bien besoin : avec sa courte taille et son visage de poupon, il a l'air d'être le plus jeune de la fratrie.
Ce soir donc, c'est au tour de Nabou, leur cousine, de raconter une histoire. Elle y a longuement réfléchi, à cette histoire ; elle aurait pu raconter un conte connu, choisi parmi ceux que leur racontaient leurs parents quand ils étaient plus petits. Mais Nabou est la fière descendante de trois générations de griots, ces bardes qui perpétuent la tradition orale en Afrique de l'Ouest ; ce sont eux qui sont chargés de raconter les histoires, la grande et les petites, eux qui gardent en mémoire et transmettent les arbres généalogiques, eux qui inventent les contes si chers aux bambins. Nabou va donc raconter sa propre histoire, pour faire honneur à ses ancêtres, au statut social si controversé. En effet, les griots sont avant tout des artistes, ils sont en marge de la société ; les puissants aiment à les inviter pour s'entendre chanter leurs louanges et celles de leur lignée, tandis qu'ils leur versent une pluie de billets sur la tête. Il est d'ailleurs assez intéressant de constater que les louanges en question ont tendance à devenir de plus en plus extravagantes tandis que le tas de billets grandit aux pieds des griots. Le grand-père de tel ministre, simple fonctionnaire au départ, devient petit à petit le général victorieux de mille batailles, et la mère de telle épouse de député, dont on aurait pourtant juré au départ qu'elle était couturière, se transforme de fil en aiguille en une commerçante aux multiples partenaires internationaux.
Mais Nabou n'a que faire de cette réputation. Elle se moque des préjugés sur sa caste, tant pis si elle est considérée plus tard comme un mauvais parti, peu importe si elle doit vivre ensuite de la générosité de ceux qui daigneront l'écouter – métier souvent ingrat. Nabou, elle, a des histoires plein la tête et des mots plein les lèvres ; ils ne demandent qu'à couler et être entendus.
Alors, Nabou commence à raconter. Elle narre pour ses cousins les déboires de Bouki la hyène, qui fait les frais de ses tentatives ratées de duplicité sur les autres animaux de la brousse et provoque l'hilarité desdits animaux. Elle rugit en même temps que Gaïndé le lion lorsqu'il rend son jugement et assoit ainsi son autorité de monarque. Elle s'essouffle au rythme de la course de Leuk le lièvre, qui traverse la savane pour accomplir ses méfaits et finit par obtenir gain de cause en faisant preuve de rouerie, comme à son habitude. Elle pépie à l'unisson avec les oiseaux qui, loin là-haut dans le ciel, sont si libres et si légers.
Nabou agite les bras pour mimer les scènes de combat épiques entre des lutteurs valeureux, qui dévouent l'entièreté de leur corps, âme et énergie à la bataille. Elle bat des mains pour mimer le son des djembés qui célèbrent le vainqueur, et des pieds pour mimer les pas de danse de la foule en liesse.
Elle piaille les parures des chefs et les atours de leurs épouses, splendides et éblouissants. Elle crie les guerres qu'ils se livrent pour s'accaparer des portions de territoire voisines, aux mains d'autres chefs. Elle fredonne l'issue douce-amère qui suit inévitablement, le chef défait cédant à son rival les terres tant convoitées, pour obtenir la paix.
Daouda, Djimby et Djiby sont pendus à ses lèvres : ils s'imaginent vivre eux aussi les aventures auxquelles leur cousine donne vie. Daouda a la bouche grande ouverte, Djimby en oublie d'agiter ses tresses et Djiby a désormais les yeux fixés sur sa cousine, oubliés les mangues et les chipeurs.
Lorsque Nabou a fini son histoire, ses cousins poussent un long soupir, non pas de soulagement mais d'apaisement, comme s'ils s'autorisaient enfin à reprendre leur souffle et à se reposer, après avoir vécu toutes ces péripéties passionnantes.

***

Soukeyna, la maman de Nabou, jette un œil derrière la porte de la chambre où viennent de s'endormir les enfants. Ils sont allongés pêle-mêle sur le lit, leurs pieds dépassent sous la couette, une expression de béatitude se devinant sur leurs petits visages dans la pénombre, tandis que leurs poitrines se soulèvent au rythme de leur respiration paisible.
Leur imagination l'émerveillera toujours. Cela fait maintenant deux ans qu'ils sont arrivés en France. Ils ont quitté le Sénégal et sont venus rejoindre le mari de Soukeyna, Assane, dans le cadre d'un regroupement familial. Les premiers mois ont été difficiles, surtout pour les enfants, mais la famille d'Assane s'est progressivement adaptée aux changements : de température, de culture, et ainsi de suite. Dans la chambre des enfants, Soukeyna aperçoit les cahiers d'écolier, remplis des nouveaux mots que les enfants ont appris à l'école. D'ici quelque temps, Nabou et ses cousins vont en apprendre d'autres, qui feront partie intégrante de leur vie : immigré, diaspora, origines... Mais ce sont des mots pour plus tard. Soukeyna referme doucement la porte de la chambre et s'éloigne à pas feutrés, pour ne pas les réveiller.
L'histoire du soir est, depuis leur arrivée, une habitude prise par les enfants, et solennellement respectée. Chaque soir, ils recréent le plus fidèlement possible un endroit du Sénégal où ils ont vécu. Ce soir, apparemment, ils ont choisi la maison familiale. Ils ont même reconstitué le manguier de leur ancienne demeure, à l'aide de carton, de papier et de crayons de couleur, et utilisé un ventilateur miniature pour faire s'agiter les feuilles.
Oui, vraiment, leur imagination l'émerveillera toujours.

Recommandé

Pourquoi on a aimé ?

Une histoire pour parler de l’art de conter les histoires, et de l’écrit qui évoque la tradition orale ! Un thème traité de façon

Lire la suite
497
497

Un petit mot pour l'auteur ? 236 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara  Commentaire de l'auteur · il y a
P.S à ceux qui me feront l'honneur de lire mon histoire (et je les en remercie d'avance): il y a une faute de frappe dans mon texte, je voulais écrire "sous la couette" et un "s" s'est malencontreusement glissé à la fin de "couette". Essayez de ne pas trop m'en tenir rigueur :-)
Edit: ça y est, plus de faute :-)

Image de Jeanne
Jeanne · il y a
C'est une histoire de couette, de plumes, de duvets qui n'en font qu'à leur tête et sous la couette, les couettes tressées, c'est chouette dirait la chouette au hibou.
Image de Zutalor!
Zutalor! · il y a
Vraiment beaucoup aimé, et le fond, et la forme...
(Dans un autre ordre d'idée : en Pays Dogon, et sans doute ailleurs, quelque chose m'avait fasciné : dans presque chaque village, une "Maison des palabres" pour discuter des affaires communes. Et gare à celui qui s'énerve : le toit de cette Maison n'est haut que de 80 cm...)
Bonne chance... Et compliments++

Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Merci Zutalor :-) Les maisons à palabres existent aussi au Sénégal, même si elles se font de plus en plus rares.
Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Et pour l’occasion, je mets mon grain de sel, m’immisce dans la conversation. Des maisons à palabres où se réunissent souvent les sages, les anciens du village au Mali, au Sénégal... qui n'oublient pas de pencher la tête ou à se faire des bosses. :-) Ainsi Zut vous êtes allé en pays Dogon, à la rencontre des Dogons qui connaissent la carte du ciel, le sigo so, le langage des oiseaux, excellent dans l’art Dogon, celui des statues, des masques dont un senoufo (modèle réduit) que je porte autour du cou tel un porte-bonheur... qui dit que le bonheur est à portée de main. ;-) Belle soirée.
Image de Zutalor!
Zutalor! · il y a
Oui, ils connaissent tout cela, et certainement bien plus encore...

Je vais vous dire rapidement l’essentiel de ce que j'ai retenu de la semaine passée là-bas dans les années 2000 (en compagnie d’un guide local, nous nous déplacions à pied, de village en village tout près de la Falaise de Bandiagara - cinq villages, si j'ai bonne mémoire - derrière un âne qui tirait une charrette dans laquelle se prélassaient la cantine, le cuisinier, et les sacs de six touristes un peu aventuriers) :
dans les campagnes traversées, toutes choses, arbres, brins d’herbe, pierres, sont considérées comme sacrées, car habitées par des esprits, esprits qu’il ne faut pas mécontenter parce qu’ils pourraient venir vous « chatouiller » en retour.
Voilà l’essentiel…

Maintenant, pour faire le tour de ce qui se rapporte à l’histoire (aux histoires) et au présent du peuple Dogon, il y a un site qui m’a semblé très bien à consulter :
http://culturesdogon.blogspot.com/p/histoire-des-dogons.html

Et puis, le « must » : le livre, on devrait dire « la somme », extraordinaire, écrit de Dakar à Djibouti par Michel Leiris dans les années 30, « L’Afrique fantôme », considéré par les spécialistes comme « le » journal de voyage de la première moitié du XXè siècle…

Et puis, enfin… Bien à vous Jeanne !

Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Et filent les heures, défilent les images, j’imagine la scène, le scénario, le petit âne gris, bête de bât, bête de somme, interdite de brins d’herbe sacrés, qui va cahin-caha au fil du temps, au gré de son chargement, des ornières du chemin, au rythme des soubresauts de la carriole de bois. Tout va bien dans le meilleur des mondes Dogon... tant que ce n’est pas Zut et sa troupe qui tire l’âne et la langue. :-)))
A attraper un coup de chaud, c’est que le soleil tape au Mali. Si vous devez y retournez, faites-moi signe, je vous donnerai les meilleurs tuyaux… et points d’eau et puis les points de chute à éviter.

Zut conteur, Zut aventurier, Zut lecteur, Zut mélomane, Zut unique qui ne court pas les rues mais les petits et grands chemins et qu’il faudrait inventer s’il n’existait pas :-)… mais il existe déjà pour notre plus grand bonheur. Merci pour ce trait d’humour, pour le lien précieux de ce site ainsi que pour ce must, ce nec plus ultra, cette somme de pages réunies, cette mine de renseignements amoncelés… Je ne lis pas ou peu, pour moi la vie n’est pas dans les livres (dit-elle innocemment en tant que Jury de prix littéraire et auteure d’un recueil de textes et d’un futur roman à venir) mais je me ferai une douce violence… quand je serai vieille le soir près de la chandelle :-( à partager mes impressions, c’est toujours et si plaisant de discuter avec vous. Belle soirée et,
Bien amicalement vôtre.

Image de Zutalor!
Zutalor! · il y a
Lyrique Jeanne, volubile Jeanne, enthousiaste Jeanne...
https://www.youtube.com/watch?v=1trDk6uxlyE

Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Merki beaucoup Zut pour les éclats de rire. Un trio de caractère, un trio de drôles de dames qui font le show avec brio. A tantôt !
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Merci d'éclairer cette conversation avec votre poésie Jeanne, belle soirée à vous aussi :-)
Image de Zutalor!
Zutalor! · il y a
Jennyfer, je peux vous conseiller un autre conte ? Voici :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/conte-de-fees-3

Et bonne journée à vous !

Image de Charlie Norach
Charlie Norach · il y a
C'est la seule et unique faute dans tout le texte, je pense qu'on peut en faire abstraction :) J'aime bien le glissement de l'imagination à la réalité, le pouvoir de l'imagination des enfants est sans limite. Et la préservation des coutumes est un enjeu de taille quand on change de pays, le rituel du conte du soir est une si belle solution. La phrase imposée est habilement utilisée, c'est un très beau texte. Bravo !
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Merci beaucoup pour ce beau compliment Charlie, je suis très touchée :-)
Image de JACB
JACB · il y a
Vous avez l'art d'évoquer les histoires magiques du griot et de nous affamer sur toutes les péripéties de Gaïndé, Bouki, Leuk, l'art aussi de nous décrire la gestuelle et la passion de Nabou (le surnom de ma fille cadette Annabelle). Combien vous avez raison de péreniser ce précieux patrimoine, racines de l'Afrique qui m'est chère aussi .*****pour porter la voix des griots.
Ma cavale est en bleu et jaune mais il me tiendrait à coeur d'avoir votre soutien pour:
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-femme-est-l-avenir-de-l-homme#
Merci et bonne chance à NABOU.

Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Merci pour votre soutien JACB! Oh comme c'est mignon comme surnom! Il se trouve que Nabou est aussi un diminutif du prénom Seynabou :-)
Image de JACB
JACB · il y a
Ce n'est pas possible, je crois que j'ai oublié de voter, excusez-moi Jennyfer. Je répare cet oubli
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Pas de souci JACB, merci :-)
Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Et l’on ferme les yeux, et l’on voit la cour, on visualise la scène, le tableau, les enfants, les jumeaux, les parents et l’on entend le vent dans les feuilles de manguier, le chant des grillons et l’on ressent la douceur du soir, on écoute le griot, la griotte, Nabou la conteuse, l’artiste qui fait son show, son numéro avec brio. Et nous voici transporté(e)s dans un coin du Sénégal, un pays cher à mon cœur et à chaque histoire le public ravi, charmé, conquis fait des voyages immobiles sans avoir à se mouvoir, bouger le petit doigt, juste à ouvrir grand ses yeux et ses oreilles.

Conter, conter le temps, la vie des gens, c’est tout un art et la manière, celui, celle de captiver l’attention de son auditoire, c’est tout le pouvoir, la magie des mots, la prestance des gestes.

Au théâtre ce soir, un grand théâtre à ciel ouvert, se tient un événement prisé, se joue un spectacle plaisant comme un film de cinéma projeté sur grand écran. Une tradition orale qui remplace avantageusement la télévision qui nous conte les petites et la grande Histoire dont Nabou et d’autres avant, après et avec elle, perpétuent la coutume, la tradition. Une représentation où le conteur, la conteuse se glisse dans la peau, le costume, endosse l’habit, habite ses personnages à la façon d’acteurs, d’actrices, de comédien(ne)s, anime les mots, et sous ses mots s’animent les animaux, de fil en aiguille déroule son écheveau, son fil conducteur, brode, ourle, image, imagine, enjolive à sa façon selon son talent, son imagination et ce au plus grand bonheur de l’assemblée. Les contes et légendes ont tous et toutes un fond de vérité.

Des conteurs équivalents à nos trouvères, nos troubadours, des passeurs de mots, d’émotions, des porteurs de nouvelles, des messagers qui créent du lien, renforcent le tissu social.

Un texte riche, dense, haut en couleurs, fort bien écrit dans un français parfait, une charmante histoire, vivante, joliment animée sous l’impulsion de Nabou, que j’ai bue d’un trait, compris le trait d’humour ci et là saupoudré. :-) En un mot je me suis régalée de vous lire et au final dans l’histoire la conteuse c’est Jennyfer. Où qu’ils soient, où qu’ils aient posé leurs bagages, tous les enfants du monde en une joyeuse récréation aiment récréer leur bulle, leur univers, redessiner leur îlot, leur île aux trésors, cueillir des fruits, des fleurs sur l’arbre de la vie, composer le passé, le présent, recomposer leurs cocotes de papier, aiment s’émerveiller, ouvrir le grand livre d’images, écouter les histoires du soir, les petits et les grands enfants tout autant, qui les emmènent au pays des rêves après que le griot, le marchand de sable soit passé.

Belle chance Jenny pour la suite des événements, la suite de l’histoire, on va souffler fort pour que le vent la porte par delà les terres, les mers, les océans, vienne à l’oreille d’un Roi lion, ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. ;-)

Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Je ne sais que dire devant un tel compliment (très poétique) à part merci, merci du fond du cœur :-) Je suis ravie que vous ayez trouvé des ressemblances entre les griots et les troubadours, c'est un peu l'une des raisons pour lesquelles j'ai écrit cette nouvelle: je voulais montrer que malgré les différences culturelles d'un pays à l'autre, il est toujours possible de trouver des similitudes et de surmonter ces différences, par exemple en instaurant un rituel tel que celui d'une histoire.
Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Si c’est le message que vous vouliez faire passer Jenny, c’est bel et bien réussi. En effet les contes, les histoires sont fait(e)s pour être contés et les griots, les conteurs, les baladins, les ménestrels, les fées, les magiciens pour faire rêver, s’évader loin par la pensée... L’amour et ses amies l’amitié, l’empathie, la sympathie abolit les distances, rapproche les cœurs, les esprits, des valeurs intemporelles, un langage universel à établir un pont, une passerelle, un parallèle, la pensée traverse le temps et l’espace, n’a pas de frontières.
Où se situe votre récit sans indiscrétion... mes coins préférés sont la lagune aux oiseaux sur la Petite Côte, le Siné Saloum et le vert pays Casamançais. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller à St Louis, la Venise africaine, saluer St Ex et le Petit Prince. Pour l'heure, heure française, joli début de soirée.

Image de Zutalor!
Zutalor! · il y a
(Du côté des "arbre généalogiques", il n'y a pas eu aussi un "s" malencontreusement envolé de l'arbre ? Pas grave... Continuez à bien conter...)
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Effectivement, je n'avais pas remarqué :-) Merci de me l'avoir signalé.
Image de Maddy Clèche
Maddy Clèche · il y a
Quelle histoire magnifique ! Je trouve votre plume très fine, c'est superbement raconté ! On est enveloppé par l'atmosphère du récit qui nous fait voyager, nous transportant dans un autre lieu mais aussi dans l'imaginaire des enfants. On sent un héritage culturel très fort, et en même temps un récit de vie, lorsque l'on retrouve les enfants en France. C'est beau ! Les mots coulent... vraiment bravo !
Image de B Marcheur
B Marcheur · il y a
Merci pour ce beau voyage.
"Oui, vraiment, leur imagination l'émerveillera toujours." Oh que oui, c'est merveilleux de voir jouer des enfants pleins d'imagination.
Et continuer à faire fonctionner notre imagination même quand on prend de l'âge est une très bonne chose à mes yeux.

Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Merci à vous B. Marcheur :-)
Image de J. Chablik
J. Chablik · il y a
La parole des conteurs, bardes, griots, est un puissant onguent sur les âmes en recherche de leur place dans le monde (et pour tout un chacun aussi en fait :) Merci pour ce moment.
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Merci à vous d'être passée J. Chablik :-)
Image de Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Je n'avais pas encore lu les nouvelles du prix RFI et découvre cette nouvelle bien écrite et documentée sur les habitudes d'une fille de griot et sur ses contes. A propos je pensais demander si ailleurs qu'au Sénégal (que j'ai visité l'an dernier lors d'un circuit) les griots avaient été enterrés dans les troncs des baobabs.
Image de Jennyfer Miara
Jennyfer Miara · il y a
Bonne question, il me semble que c'est une coutume typiquement sénégalaise mais je n'ai aucune certitude. Merci pour votre lecture :-)
Image de Odile
Odile · il y a
Moi, c'est la vôtre d'imagination qui m'émerveille ! Je n'étais pas sur ce site il y a 9 mois mais je vous donne toutes mes voix !
Image de Beline
Beline · il y a
Joli et poétique... ces enfants sont merveilleusement attachants
Image de Pherton Casimir
Pherton Casimir · il y a
Très belle écriture ! Je vous invite à lire et à supporter mon texte en final du prix Viva Da Vinci https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-beaute-dun-reve
Merci !

Image de RAC
RAC · il y a
Un bien rafraîchissant récit servi par une bien jolie plume ! COMPLIMENTS ! je vous découvre un peu tard mais je ne suis vraiment pas déçue ! On ressort plein d'énergie après cette lecture tellement elle donne de l'espoir ! A bientôt...
Image de Samia.mbodong
Samia.mbodong · il y a
Bravo Jennyfer c'est chouette.

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Le crime parfait

Jennyfer Miara

Il va mourir. Tout est clair pour Lucie, à présent. Il faut qu'elle le tue, elle n'a pas d'autre option. Elle y pense depuis quelques jours déjà. Bien sûr, la police la suspectera d'emblée... [+]