Hasard(s) - 6

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« Vous me vouvoyez, vous me tutoyez, je suis dans un manège qui m'étourdit, je suis sur votre manège enchanté !
Je me suis mariée très jeune, bien trop jeune, après avoir connu quelques flirts superficiels avec des copains de fac.
Je finissais ma thèse de doctorat, le professeur qui était mon référent était brillant et je m'étais aperçu que je ne le laissai pas insensible.
Nous sortîmes un peu ensemble, sans jamais consommer, si je puis dire.
Bref, l'ingénue que j'étais se retrouva mariée avec un homme de près de trente ans mon aîné.
J'étais encore vierge, assez niaise, sans expérience.
Souvenirs ridicules d'une nuit de noces avortée.
Nous fîmes l'amour trois fois en tout et pour tout. Sans le moindre plaisir. Ce qui suffit à me retrouver enceinte.
Je compris qu'il me jugeait assez belle et intelligente pour me « sortir » et briller auprès de ses collègues et amis.
Très vite, je sentis que je ne lui inspirai aucun élan amoureux.
Il m'avoua un soir qu'il était profondément homosexuel.
J'étais abasourdie et furieuse d'avoir été trompée.
Après la naissance de mon fils, nous nous séparâmes plus ou moins bien, mais à notre soulagement mutuel.
J'étais dans un mal-être permanent. Intellectuellement, je fonctionnai à 1000 à l'heure.
Moralement, j'étais sur la pente de la déprime.
La présence de mon enfant me donnait le courage de lutter contre des pensées négatives.
Quelques temps plus tard, après avoir reçu les félicitations du jury, dans lequel se trouvait mon foutu ex-mari,
j'acceptai une nomination temporaire en province.
J'éprouvais une sorte de répulsion envers mon corps, envers l'acte physique.
Je ne doutais pas que j'étais frigide. Quelques tentatives hasardeuses avec des collègues qui me draguaient,
j'avais essayé de me caresser... Rien, absolument rien !
Je ne connais donc rien à l'amour, je ne peux pas être une amante qui rendrait un homme heureux... »

« Tais-toi, tu sais si peu de choses sur toi-même, sur ton toi profond. Tu ne connais rien à l'amour, dis-tu...
Tant mieux, tu es donc vierge de mauvaises habitudes, tu pourras apprendre plus facilement...
Il y a juste quelques minutes, tu as reçu la preuve irréfutable que tu n'es pas frigide et je suis là pour en témoigner ! »

Des larmes coulèrent à nouveau sur ses joues, je me penchai pour les essuyer de ma langue.
Elle prit mon visage entre ses mains, posa sa bouche sur mes lèvres.

« Merci... d'être là, de m'écouter, de ne pas me juger.
Près de vous, je suis vivante. Je revis.
Merci aussi de... ce plaisir incroyable que vous m'avez fait découvrir. »

« Croyez-vous un seul instant que vous allez vous en tirer à si bon compte ?
Croyez-vous que j'aurais oublié que la visite n'est pas terminée...
Je connais ce salon très cosy, je connais la chambre d'amis, je connais la salle de bains, vous ne m'avez pas encore fait les honneurs de votre chambre... »

« Pardon, Monsieur, mon salon sera le vôtre, ma chambre vous sera ouverte...
Apprenez-moi l'amour... Ne soyez pas impatient... »

« Il est parfois difficile de faire la différence entre impatience et fougue. Je sais être patient lorsque l'enjeu est important, lorsqu'il est évident que l'élève a besoin de temps pour apprendre... »

« je cours le risque... je sens que je vais tomber accro de vos mains... mais votre esprit me touche, me séduit.
Il y a la trace d'une vraie sagesse, ou de la connaissance de la vie... la vie que je connais si mal. »
« Dis-moi, Catherine, as-tu des obli... »
« Comment connaissez-vous mon prénom ?
Je ne vous l'ai pas dit ! »

« Dis-moi, Catherine, ne m'interromps pas, petite effrontée, as-tu des obligations en cette fin d'après-midi ?
As-tu des invités ou rendez-vous ce soir avec un amoureux ou une amie ? »

« Non, Monsieur qui devine tout, je n'ai strictement aucune obligation jusqu'à demain, aucune autre que celle de vous regarder, de vous écouter... »

« Sur ce joli petit bureau, bien peu rangé, il y a du courrier, j'ai aperçu une enveloppe ouverte adressée à une certaine Madame Catherine... ! »

Elle se serra plus étroitement, je sentais sous mes bras la vivacité de ses petits seins. Je les enserrai dans mes doigts, pressant doucement leur fleur.
A fleur de peau, avait-elle dit ! O combien réactive, sa peau, o combien vivants, ses seins qui recommencèrent à bander.

« Oh, non, vous êtes redoutable et terriblement observateur.
Oh, Monsieur, mon découvreur, quel philtre m'avez-vous inoculé ? Vous envoûtez ma peau, vous transformez ma poitrine en... en... »
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