HAMID BUTTER

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Auteur de six manuscrits en vente sur le site Amazon -Trafic sans Escale 06/2016 -Wanted 04/2017 -Un indigène dans la Carlingue 06/2017 ->Une ligne de trop 01/2018 -Alliance douteuse -Angel  [+]

Hamid aimait Aïcha, mais cette dernière ne partageait pas cet engouement, une histoire somme toute très banale de notre époque, elle se passe en Afrique du nord plus précisément au Maroc, elle n’était pas de mœurs légère, et souffrait d’un orgueil démesuré, son attirance pour la gente masculine, aux atours parfaits, les apollons au physique subliminal, hantait son esprit, elle était, il faut l’avouer une belle femme, d’une sensualité débordante, notre malheureux ami, ne reflétait pas la silhouette du mannequin de rêve, un mélange de fauve taciturne, au relent d’ingratitude, il baignait dans la suffisance, une allure propre au simple d’esprit, que le seigneur dans sa compatissante bonté accueille avec un regard bienveillant.
Un pauvre bougre que la nature a insolemment privé d’un semblant de beauté, il est, il faut le reconnaître d’une mocheté sa race, et d’une intelligence propre à la rudesse de son esprit, un déséquilibre qui fait de lui le summum, de la disgrâce le Mister Love des bas-fonds, rendant grâce à cet énergumène que rien n’arrête, un caractère qu’il tient de son oncle, Bachir, un attardé mental, qu’il chérit par-dessus tout, son mentor en quelque sorte.
Son tonton, n’est pas très rationnel, il prodigue des conseils ardus, peu appréciables, la bienveillance n’est pas sa principale qualité, de nature douteuse, il entretient une relation ambiguë avec son neveu, le malotru s’est accaparé une place enviable au sein de l’impressionnante bâtisse, il se rassasie de mets onctueux, la farniente son passe-temps favori, le quidam empeste la fumisterie, son esprit tortueux a conduit Hamid vers un raisonnement absurde, basé sur des recommandations inappropriées, la sorcellerie peut résoudre les problèmes de cœur.
Hamid est la victime parfaite, la bêtise qu’il véhicule, n’a son apogée qu’au firmament de son incrédule cupidité, mais il faut rendre à César ce qui est à moi, ce curieux primate jouit d’une richesse immense, un héritage prodiguait par la malchance dont furent victime ses parents, un accident regrettable, un embranchement d’autoroute, que leur coutumière attrait pour la boisson, n’avait pu élucidé, les vapeurs de l’alcool étant proportionné à la vitesse du véhicule, et leur aptitudes à freiner dans des conditions raisonnables, les avaient conduit dans les dédales de l’oubli, paix à leurs âmes torturés.
Parents d’un seul enfant, dont ils étaient peu fiers, ils laissent derrière eux une opulente fortune, à ses vingt ans, le ténébreux, comme le voisinage a coutume de l’endiguer, jouit d’une respectable existence, mais Aïcha n’a que faire d’un millionnaire aux abords peu recommandables.
C’est en maître qu’il règne, à Casablanca son fief, la ville qui la vue naître, il aura tout essayé pour séduire sa promise, des costumes de marques aux bijoux reluisants, il a même songé à la chirurgie esthétique, mais le délabrement de son visage ingrat, ne trouva pas de mains délicates, pour tromper le mystère de sa disgracieuse anatomie, son ossature noueuse, l’arborait d’une stature imposante, un Quasimodo des temps modernes, dont se délectent les filles de joies.
Il jouit d’une incroyable virilité, les prétendantes se prosternent devant sa médiocrité, il n’est pas dupe, elles lorgnent bassement ses biens, il n’est pas né de la dernière pluie, ou plutôt ouragan, seul un fléau peut engendrer un tel phénomène.
Dure ressentiments, d’un cœur refoulé, la tristesse et l’ennui, l’ont acculé vers un refuge qu’il s’était pourtant obstiné à répudier de sa conscience, la boisson, il en consommait plus que de raison, au volant de son bolide, il a maintes fois récusé, la fin d’une inéluctable destinée, partir, quitter ce monde, sans laisser une progéniture, un héritage sans compromission, un légataire tiré au sort par le fait du hasard d’une société sans scrupule, trop peu pour lui, Aïcha sera sienne, qu’elle le veuille ou non, l’argent à ce puissant argument, que les infortunés négligent à leurs corps défendant.
Ce que Dieu ne peut unir, la bassesse et la cupidité, dans sa trompeuse miséricorde accorde sans mansuétude, des prêtresses aux senteurs lubriques ont parait-il apprivoisé au fil du temps les rudiments de l’incompréhension, et se sont enrichies dans tous les sens du terme, des pratiques démoniaques, qui frôlent souvent la bestialité, mais qui prônent avec véhémence une singulière passion, l’ésotérisme inné pour certains, revendiqué par d’autres, est à l’origine de cette ténébreuse aventure.
C’est ainsi qu’il fut guidé, malencontreusement, vers l’Iles aux Sorcières de Casablanca, un îlot cher à Sidi Abderrahmane, un saint homme qui aurait vécu ici au début du dix-neuvième siècle, et qui bizarrement par une curieuse controverse est devenu, le refuge de nos jours de chouwafates en tout genre, le supermarché du mysticisme.
L’apparence guindé de ce curieux visiteur fait naître au passeur, une satisfaction enclin à la bonne fortune, l’arrivée de ce curieux personnage, ne passe pas inaperçu, ses louanges parcours la rue de ce petit village, aux devantures accueillantes et colorées, des vieilles femmes à l’œil avisé, escortent ce messie des nouveaux temps, la Bonaventure, ou le sempiternel plomb fondu, tout est offert dans ce lieux hors du temps, sa démarche bestial, donne l’illusion d’un djinns, est-il ici pour consulter, ou à la recherche d’un démon enfoui, qu’il aurait égaré une nuit au cours d’un mauvais songe, une mégère l’aborda d’une curieuse incartade :
—Que recherchait-vous dans ces bas-fonds mon seigneur ?
Cet être ingrat au nez crochu, directement sorti d’un film de série B, interpella Hamid, un court instant, mais il ne fut pas séduit par sa proposition et l’écarta :
—Je suis à la quête du Graal, mais je ne pense pas que vous soyez, à la hauteur de mon jugement, ma pauvre amie.
Un peu taquin et présomptueux, l’horrible bonne femme ne lui teint pas ombrage, et l’entraina dans son antre, puis lui confia :
—Qu’à cela ne tienne, vous paraissait homme à tenir tête au malin, jusqu’où êtes-vous prêt à aller sur le chemin de la vérité, les chemins tortueux ne semblent pas vous mécontenter, mais vos avez du répondant, ça me plait.
Ses yeux scintillèrent d’une lueur macabre, un ricanement rauque se fit entendre, Hamid resta de marbre et lança :
—Fumisterie que tout cela, je ne suis point impressionné, qu’avez-vous d’autre à m’offrir, vos sortilèges sont-ils à la hauteur de mes souhaits ?
La sorcière l’examina, posa ses mains crochus sur sa tempe et interpréta :
—Aïcha sera à toi, mais il te faut accepter une offrande, ira tu au bout de cette ténébreuse aventure.
Il jeta quelques billets au visage, de l’impure et maugréa :
—Rien ne peut s’opposer à moi, je te couvrirai d’or si tu m’offres son cœur, je suis prêt à tous les sacrifices.
L’oracle incisa son doigt, le sang jaillit, un mélange subtil de poudre et d’insectes déconfits s’ajouta à la mixture, quelques incantations firent trembler les murs, une odeur putride et suffocante inonda la pièce, l’enchanteresse l’invita :
—Bois sans réserve, cet obole t’accordera la grâce, mais le temps est compté, jusqu’à la prochaine lune, ensuite il faudra cracher au bassinet Monseigneur, me suis-je bien fait comprendre ?
Il avala d’un trait ce curieux breuvage, et fut pris de convulsions, son corps métamorphosé, il sorti des griffes du Diable, avec les louanges propre à sa nouvelle destinée, l’ensorceleuse était satisfaite, le résultat était sans attente, Hamid n’était plus, Georges Clooney avait pris sa place, elle lui recommanda :
—Un petit café ?
Il répondit :
—What else ?
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