5
min

GUET-APENS

65 lectures

19

Par cette fin de matinée d’octobre, le soleil illuminait de ses rayons encore chauds, le feuillage d’automne du tilleul devant la fenêtre du salon. Jean profitait de sa matinée en solitaire, son compagnon Louis était parti courir aux bords du fleuve, comme à son habitude, le samedi matin. Jean avait terminé le ménage, préparé le repas et il savourait pleinement cet instant d’inactivité.

C’est à ce moment là que quelqu’un sonna à la porte de l’appartement. Jean quitta avec regrets son fauteuil moelleux pour aller ouvrir, pensant que Louis avait oublié ses clefs, et qu’il rentrait plus tôt que de coutume. Ce n’était pas son compagnon, mais la voisine du dessus, « bonjour Jean, j’ai un petit service à te demander » lui dit -elle. Il était en effet coutumier, qu’une des trois colocataires de l’appartement du dessus, vienne lui demander de l’aide, pour réparer quelque chose dans leur appartement. Cette fois-ci il s’agissait de la porte de son armoire de sa chambre qui s’était dégondée, lui expliqua-t-elle.

Jean toujours prêt à rendre service, accepta de monter pour leur venir en aide. Il prit sa caisse à outils et suivit sa voisine à l’étage supérieur, après avoir laissé un mot à l’intention de Louis, sur la table de la cuisine de son appartement. En pénétrant dans l’appartement du dessus à la suite de sa voisine, il fut quelque peu surpris d’y trouver les deux autres colocataires légèrement vêtues. Mais il ne prit pas tellement garde à leur tenue, et suivit sa voisine dans sa chambre. Effectivement la porte de l’armoire était dégondée, et pendait lamentablement vers le sol. Jean se mit au travail aussitôt, et après avoir extrait la vis cassée, il la remplaça par une neuve de même taille qu’il trouva dans sa caisse à outils. Après avoir refixé le gond il remit la porte en place, et s’apprêtait à regagner son appartement.

C’est à cet instant là que son calvaire débuta. Tout d’abord sa voisine s’approcha de Jean pour pensa-t-il le remercier par une bise. Mais pas du tout, elle se colla à lui d’une façon non équivoque, et appela ses copines, qui semble-t-il n’attendaient que cela pour venir lui prêter main forte. En deux temps trois mouvements, elles se saisir toutes les trois de Jean et le renversaient sur le lit tout proche.
Et là tout semblait avoir été bien préparé, car avant qu’il ne puisse opposer une quelconque résistance, Jean fût attaché sur le lit avec des liens qui devaient se trouver tout proches dans la chambre. Jean tenta bien de se libérer, mais comme le moucheron pris dans une toile d’araignée, il ne fit que de resserrer ses liens.

Alors sa voisine qui entre temps s’était mise dans son plus simple appareil, s’approcha de Jean et commença à le dénuder. A ses supplications elle lui répondait comme à un enfant, qu’il allait aimer cela, qu’il prenne un peu patience. Puis à tour de rôle ou ensembles, elles entreprirent de le caresser aux endroits sensibles. Malgré touts ses efforts, son corps ne résista pas, et il se retrouva en érection, comme jamais cela ne lui était arrivé avec Louis. Malgré ses supplications et ses pleurs, à tour de rôle, ces nymphomanes déchainées, le chevauchaient jusqu’à l’orgasme. Et quand sa nature déclarait forfait, elles savaient avec une expérience diabolique, lui rendre à nouveau sa vigueur.

Satisfaites, rassasiées, elles mirent fin au calvaire de Jean. Après l’avoir soigneusement lavé et parfumé elles l’aidèrent à se rhabiller après l’avoir détaché. Complètement épuisé, Jean récupéra sa caisse à outils, et s’enfuit de l’appartement de ses tortionnaires, dans un état second. En pénétrant dans son appartement il fut soulagé de constater que Louis n’était pas encore rentré. Il eut encore la force de ranger sa caisse à outils et de détruire le mot qu’il avait laissé en partant sur la table de la cuisine pour Louis. Puis il bondit littéralement dans la salle de bains où il s’enferma. Après avoir enlevé touts ses vêtements, il se précipita sous la douche. Il se frotta sur tout le corps vigoureusement, à l’aide du gant de crins, mais il lui semblait qu’il ne parvenait pas à enlever cette odeur qui imprégnait tout son corps. Il était désespéré, anéanti, il ne savait plus quoi faire !
Epuisé par ces ablutions vigoureuses, il s’arrêta enfin pour se sécher à l’aide de serviettes. Puis après s’être inondé de Hugo Boss, il passa dans la chambre pour revêtir d’autres vêtements, quant à ceux qu’il venait d’ôter il les jeta tous dans le vide ordures.

Jean avait l’intention de s’allonger un moment pour reprendre ses esprits, mais l’arrivée de Louis contraria ses plans. Pendant que Louis prenait sa douche, Jean mis en route le repas.
Pendant le repas Jean répond évasivement à Louis qui tout heureux lui raconta avec force détails sa course du matin, aux bords du fleuve. Pui Jean demanda à Louis s’il pouvait s’occuper de desservir et faire la vaisselle car se sentant pas très bien, il désirait faire une petite sieste.


121



Jean ne dit rien à Louis, il avait trop honte, il appréhendait un peu la réaction de Louis, connaissant sa jalousie, il avait peur. Puis il se sentait tellement sale, souillé, il ne pouvait pas se raisonner, son cerveau semblait comme engourdi par tout ce qui s’était passé, dans cet appartement. Il s’allongea sur le lit et s’enfonça dans un sommeil agité, mais quand même réparateur.

Au cours de l’après-midi, après une sieste quand même un peu réparatrice, Jean alla retrouver Louis au salon, où celui-ci regardait un match à la télé. Après un geste affectueux à son compagnon, Jean prend place dans son fauteuil dans le but de regarder aussi le match.
Il ne peut toujours pas parler à Louis de ce qui s’est passé le matin, dans l’appartement du dessus. Il ne sait pas comment aborder le sujet, il a toujours aussi honte, et il a peur. L’après-midi se passe, calmement, enfin pour Louis en tous les cas, car Jean est au supplice.

Ce n’est que le soir, sous la couette, que Jean, en pleurs, ose enfin parler à Louis, et lui raconter ce qui s’est passé avec leurs voisines. Ce dernier, tout d’abord incrédule, entre dans une grosse colère. Il reproche à Jean de ne pas avoir parlé plus tôt. Il ordonne à Jean d’aller le lendemain matin à la première heure, porter plainte contre leurs voisines.

Jean ne veut pas porter plainte, se retrouver devant un policier pour lui raconter son histoire est au-dessus de ses forces. Puis surtout, les filles lui ont dit quand il quittait leur appartement, que s’il parlait, elles diraient toutes le trois, que c’était lui qui avait commencé. Ce serait alors leurs paroles contre la sienne. Qui la police croirait-elle ? Rien n’y fit Louis maintenait sa position. Jean ne se faisait pas d’illusion, il ne porterait pas plainte. Il avait tellement honte, cette souillure physique et surtout morale l’obnubilait, il se dégoutait.

C’est alors que Louis quitta le lit, pour aller dormir dans le salon, sur le canapé. Laissant Jean seul avec ses démons. Après avoir pris quelque chose pour dormir, Jean plongea enfin dans un sommeil peuplé de cauchemars. Le lendemain matin c’était dimanche, quand Jean s’éveilla la bouche pâteuse, il se rendit à la cuisine pour prendre quelque chose. Le silence dans l’appartement l’intrigua. C’est à cet instant, qu’il prit conscience que Louis n’était plus dans l’appartement. Il avait laissé un mot laconique, sur la table de la cuisine ; « J’ai besoins d’air, je retourne chez mes parents, je te laisse avec tes souvenirs ! ».
Alors Jean s’effondra.

Ce n’est que le lendemain après-midi, que l’employeur de Jean contacta la famille de ce dernier. Ne l’ayant pas vu au travail ce lundi matin, il l’avait appelé sur son portable, et n’avait obtenu que sa boite vocale. La sœur de Jean, la seule à être restée en contacte avec lui, après son installation avec Louis, se rendit à son appartement avec le double des clefs. Arrivée devant la porte de l’appartement de Jean, elle sonna, puis frappa, n’obtenant aucune réponse, et le pensant profondément endormi, ce qui lui arrivait quelque fois, elle introduisit la clef dans la serrure. La porte n’était pas fermée, cela la surprit. Elle pénétra alors dans l’appartement, où tout était parfaitement rangé. N’obtenant pas de réponse à ses appels, elle commença par visiter la cuisine, puis la salle de bain, rien. Enfin elle passa la porte de la chambre qui était entrebâillée. Là dans la peine-ombre, car le store était baissé, elle aperçut Jean dans son lit. Il semblait dormir du sommeil du juste. Elle s’approcha du lit avec l’intention de secouer le dormeur pour le réveiller, puis elle eu un mouvement de recul, quand elle comprit !

Une boite de médicament vide et un verre d’eau à moitié plein, sur la table de nuit, ne laissaient aucun doute.

Jean n’avait trouvé que cette solution pour résoudre son problème !



+
19

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Dranem
Dranem · il y a
Je découvre ce texte sur un sujet sensible et douloureux... certaines blessures parfois ne se referment jamais ... peut être viendrez-vous lire Le dernier voyage en finale du GP d'hiver ?
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/le-dernier-voyage-4

·
Image de Symphonie
Symphonie · il y a
Original et bien écrit.
·
Image de Jusyfa
Jusyfa · il y a
Un sujet pas facile à traiter, votre écriture précise le rend convaincant. Bravo, un seul j'aime me semble peu.
Julien.
Je vous remets le lien pour votre oubli :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/pour-un-dernier-sourire
merci

·
Image de Daniel Grygiel Swistak
Daniel Grygiel Swistak · il y a
Ok Gérard J'y vais de ce pas !
·
Image de Gérard Aubry
Gérard Aubry · il y a
J'ai oublié de te demander de lire "Nos ombres" et "Apocalypse" Merci G.A.
·
Image de Gérard Aubry
Gérard Aubry · il y a
Peux-tu, à présent, lire "Liberté"? Merci! G.A.
·
Image de Gérard Aubry
Gérard Aubry · il y a
J'ai connu dans ma jeunesse un homme qui avait été violé à quinze ans par une femme de quarante. Il y eut procès, il gagna et l'enfant né de l'accouplement fut donnée à la mère du jeune homme. Rien ne s'invente, tout se crée dans la nature! G.A
·
Image de Cruzamor
Cruzamor · il y a
et oui, juste à changer les prénoms et on jugera ce texte exagérément ... féministe ! lol ! en fait on parle enfin d'êtres humains de manière neutre, enfin on commence à parler ainsi ... et j'ai apprécié à Lyon du moins (?) la manif samedi : femmes, hommes, enfants BATTUS, tourmentés, harcelés ... Enfin : un peu de jugeote !!! je n'en reviens -presque- pas ! Félicitations pour ce texte qui a (encore ! lol !) le mérite de l'originalité et il est bien écrit.
·
Image de Oxo.
Oxo. · il y a
Un récit inattendu et bien mené, une écriture minutieuse, sur un ton entraînant qui aborde de façon légère un fait divers captivant. C'est bien écrit.
·
Image de Paul Thery
Paul Thery · il y a
Un récit palpitant (le mot est-il bien choisi ?) avec une conclusion malheureuse pour le pauvre Jean. Très agréable à lire !
(juste quelques coquilles à corriger "elles se saisir" "aux bords du fleuve" "j'ai besoins" , et de concordance des temps, mais c'est du détail)

·
Image de Randolph
Randolph · il y a
Un récit d'une grande qualité d'écriture !
·