Graine d'ailleurs

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Je fais court car je n'aime pas trop me dévoiler. Je préfère que mes textes parlent pour moi  [+]

« C’est l’histoire d’une graine, une toute petite graine...Mais pas n’importe quelle graine, Mesdames, Messieurs ! Ce soir, vous allez enfin tout savoir sur l’incroyable odyssée qui, cette semaine, a bouleversé notre planète. »

Si on avait dit à Sam Baker qu’il serait choisi par la Présidente en personne pour annoncer- en exclusivité - une nouvelle de cette importance, le jeune présentateur du journal de BAMTV ne l’aurait jamais cru.

Tout avait commencé un samedi matin de novembre, quelque part entre Halloween et Thanksgiving, deux fêtes que Sam Baker n’appréciait pas particulièrement. Il faut dire que ces fêtes sont plutôt à célébrer en famille, autour d’un bon repas ou d’une veillée au coin du feu. Or, à 28 ans, cela faisait déjà longtemps que Sam n’avait plus cette chance. Orphelin, il avait été élevé par sa tante Alma qui avait péri dans un sinistre accident de voiture le jour même de la remise de son diplôme de fin d’études à la Moutain Brook High School de Birmingham en Alabama.
Grâce au maigre héritage de sa tante et à force de petits boulots par ci, par-là, il avait réussi à s’inscrire à l’université du Mississipi - Ole Miss pour les intimes - et à y suivre des cours de journalisme. Il avait toujours été fasciné par les grandes découvertes scientifiques et les mystères de la nature, ce qui lui avait valu le sobriquet de « Mulder » en référence à l’agent du même nom qui enquêtait à la télévision avec sa collègue, la rouquine Scully.

Sam avait mis à profit sa période universitaire pour écrire et publier plusieurs articles de fond sur des sujets tels que « Sommes-nous seuls dans l’univers ? » ou le plus polémique « Sont-ils déjà parmi nous ? ». Le thème était plutôt fouillé et le style intéressant mais certains éléments de sa personnalité ne l’aidaient malheureusement pas à rendre son travail crédible aux yeux de ceux dont il recherchait l’estime. D’abord parce qu’il était un beau brun ténébreux, à la mèche rebelle, aux larges épaules et aux abdos en béton. Ensuite, son passé de sportif en tant que capitaine des Spartans, l’équipe de football du lycée de Mountain Brook. Les préjugés ont la vie dure : « Il en a dans les jambes, pourquoi en aurait-il aussi dans la tête ? » disait-on.
Mais Sam ne s’en préoccupait guère. Entre les jobs étudiants, les cours, les examens, les entraînements de sport et les articles qu’il écrivait avec passion, il n’y avait pas de place dans sa vie pour les ragots et les diffamations.

En sortant de l’université, il avait trouvé une place de scripte pour une jeune chaîne de télévision locale de Birmingham, BAMTV. Il était bien trop qualifié pour ce poste mais il avait déjà un pied dans le milieu et c’est tout ce qu’il souhaitait. Il pensait qu’on saurait bien reconnaître ses qualités le moment venu. Il ne croyait pas si bien dire...

En effet, par un gris un matin de novembre se produisit un événement qui, tout d’abord, surprit puis terrorisa la planète entière : le soleil ne se leva pas. La nuit noire n’avait pas cédé la place à la douce lumière de l’aube, comme elle l’avait fait tous les jours avant celui-ci depuis le début du monde.
Que se passait-il ? Était-ce la Fin des temps ? L’Apocalypse des Chrétiens ? L’Hadiths des Musulmans ? Le Mappo des Bouddhistes ? Le Ragnarök de la mythologie nordique ?
La pagaille qui s’en suivit était bien entendu inimaginable. Toutes les chaînes de télévision du pays et du monde entier, les radios, les médias ne parlaient que de ça. On filmait le ciel désespérément noir, sans étoiles, sans lune. Un ciel d’encre infini. Partout sur la planète !
Certains priaient, d’autres pleuraient. D’autres encore choisirent de se donner la mort, sans même attendre une explication, persuadé que le Mal était parmi nous et qu’il n’y avait aucun espoir de rédemption.
D’autres enfin réfléchirent au problème de façon logique et scientifique. Ces hommes et femmes astrophysiciens, ingénieurs, et astronomes venus des Etats-Unis, de Russie, de Chine et d’Europe se retrouvèrent à Bruxelles, en terrain neutre, afin de mettre en commun toutes leurs connaissances sur l’espace et confronter toutes leurs théories, de la plus fantaisiste à la plus plausible. Un astrophysicien scandinave émit, par exemple, l’hypothèse que s’il faisait noir, c’est parce que le soleil, au lieu d’exploser dans quatre milliards d’années comme prévu, s’était tout simplement éteint d’un seul coup, comme on souffle la flamme d’une bougie. Cette idée provoqua évidemment un tollé de protestations de la part de ses éminents collègues qui crièrent au fou. Impossible d’annoncer une telle nouvelle au grand public ! Mais force est de constater qu’à ce moment-là, ils n’avaient pas d’explication plus rationnelle à proposer.

Finalement, grâce à l’observation et l’analyse méticuleuse des données fournies par les satellites internationaux, ils découvrirent qu’en réalité, ce n’était pas le soleil qui avait « disparu » mais une nouvelle planète qui était « apparue » dans l’exosphère, la couche la plus élevée de notre planète. Pile entre la Terre et le Soleil, provoquant ainsi, au vu de sa taille gigantesque, une immense éclipse de l’astre roi.
Comment était-ce possible ? Une planète n’apparaît pas comme cela tout à coup. D’où venait-elle et pourquoi ? Était-ce un danger pour l’Humanité ? Une menace pour la vie sur Terre ? Ou au contraire, une opportunité unique d’en découvrir plus sur la vie extraterrestre. Que savait-on vraiment de ce qu’il y a là-bas, ailleurs ?
On ne peut que se réjouir aussi du fait qu’en cette période troublée, le temps n’était plus à la concurrence entre superpuissances mais plutôt à l’entraide entre peuples de la Terre, unis dans l’adversité. C’est ainsi qu’une équipe composée de deux astronautes américains, Walt D. et John F., d’une cosmonaute russe, Zoïa V., d’un taïkonaute chinois, Niu F. et de deux spationautes européens, un belge Mark F. et une française, Aline M. organisa avec l’aide conjointe de leurs gouvernements et de plusieurs autres pays du monde, une mission découverte à bord de la toute nouvelle navette expérimentale Astrocosmos XIII. Il ne restait plus qu’à espérer que ce nombre leur porte chance. Ils allaient en avoir sérieusement besoin. Se lancer ainsi dans l’inconnu le plus total en aurait fait renoncer plus d’un. Depuis l’Observatoire du Cerro Paranal, situé dans le désert d'Atacama au nord du Chili et grâce au Very Large Telescope ou VLT, un ensemble de plusieurs télescopes parmi les plus puissants du monde, les scientifiques avaient la certitude de trouver une planète assez vaste à explorer qui n’était ni une planète à 450°comme la bouillante Vénus avec ses éruptions volcaniques, ni une géante gazeuse comme la massive Jupiter. Mais à cette distance et avec le peu de temps dont ils disposaient, ils n’avaient pu en apprendre davantage. Il leur fallait aller voir sur place, de leurs propres yeux.

Trois jours plus tard, ce qui est – précisons-le -un temps record pour réunir une équipe et le matériel adéquat à une mission de cette ampleur, et tout en négociant au passage des droits de retransmission télévisée d’un montant plus astronomique encore que tout ce qui s’était fait jusqu’à présent, les scientifiques terriens décollèrent de la base de Cap Canaveral sous les yeux attentifs de milliards d’êtres humains tout à la fois angoissés et plein d’espoir.

Quand la navette fut en orbite, ils prirent d’abord le temps le premier jour d’étudier la structure de la planète, son relief, d’évaluer avec précision sa taille, sa température, son potentiel de viabilité, les composants de son air, de chercher la présence d’eau et pourquoi pas, la présence de vie. Ils prirent donc des tonnes de clichés pour l’examiner sous tous les angles et établir une première cartographie de la planète qu’ils baptisèrent provisoirement « November » d’après le mois où elle s’était fait connaître des Hommes.

La partie de November qui était visible depuis les télescopes de la Terre était en fait une immense zone pierreuse et aride, quelques montagnes, des crevasses mais surtout de grandes plaines vides sur lesquelles soufflait un vent violent à plus de 250 km/h. Pas très hospitalier !
En revanche, la partie qui était cachée semblait bien plus prometteuse. Les photos satellites les plus récentes avaient montré des tâches vertes assez étendues et qui semblaient prendre de l’ampleur au fil des heures. Aline M., la biologiste française de la mission ne pouvait cacher son excitation à la découverte de ce qui pouvait être de la végétation extraterrestre. Ce qui hier encore était un doux rêve prenait tout doucement des allures de réalité et c’était merveilleux. « Mieux qu’Alice, je suis Aline au Pays des Merveilles et ce n’est pas de la fiction ! » aurait-elle déclaré, euphorique.

Ensuite, le deuxième jour, ils envoyèrent en éclaireur le SSL, le Space Science Laboratory, robot mobile de haute technicité de plusieurs milliards de dollars, plus grand et plus agile que Spirit et Opportunity, les deux sondes envoyées par la NASA pour explorer Mars en 2004. Equipé de chenilles tout terrain et d’une coque blanc immaculé, sa tâche était de collecter les données les plus précises et complètes possible sur la nature du sol, de l’air, sur d’éventuelles traces de vie. SSL baptisé Sall-E par Walt D., l’astronaute américain de l’équipe était pourvu d’un thermomètre, d’un anémomètre, d’un planimètre, d’un inclinomètre, d’un altimètre, d’un baromètre, d’un hygromètre et de toutes sortes d’autres capteurs en -mètre très performants. Vu le prix, on pouvait en effet s’attendre à ce qu’ils le soient, n’est-ce pas ?
Au retour de Sall-E, les scientifiques eurent l’agréable surprise de constater que non seulement la température était adaptée aux exigences humaines de survie mais, cerise sur le gâteau, que l’air était respirable ! Inouï, inédit, inimaginable...Et pourtant vrai ! Le sol quant à lui était solide et présentait par endroits une légère mousse verte sur sa surface. De plus en plus intéressant. Qui dit végétal dit eau. Si jamais cela se confirmait, il fallait absolument en avoir le cœur net.

Le troisième jour, Aline M. et son collègue chinois, Niu F.se virent confier l’analyse de la matière prélevée avec précaution par Sall-E lors de sa première sortie téléguidée. Malgré la fatigue accumulée depuis deux jours, ils n’hésitèrent pas à s’enfermer des heures dans leur laboratoire flottant et à s’user les yeux sur des microscopes de haute précision, conscients de la portée de leur découverte. Ils entrèrent donc les informations collectées dans leur ordinateur dernier cri dont la base de données reprenait toutes les espèces vivantes jamais répertoriées par l’homme, que ce soit au niveau animal ou végétal.

Pendant ce temps, l’ingénieur géologue russe Zoïa et le spationaute belge, Mark F.se préparaient à effectuer leur première sortie dans l’espace, leurs premiers pas sur une planète inconnue.
L’excitation était à son comble bien entendu mais en professionnels prudents, ils prirent toutefois la précaution de revêtir leurs combinaisons spatiales sophistiquées et bien que l’air ait été reconnu par Sall-E comme respirable pour l’humain, ils mirent leurs casques à air pulsé et à régulateur d’humidité avant de s’en aller fouler le sol de November. « C’était encore plus fou que de marcher sur la Lune. Tintin et Neil Armstrong peuvent aller se rhabiller ! », déclara le belge qui eut le grand honneur d’inaugurer la planète. Plus tard, il avoua que la montée d’adrénaline qu’il ressentit à cet instant valait bien toutes les sensations qu’il avait connues dans sa vie, l’amour y compris. C’est tout dire mais on peut facilement le comprendre !
Le sol fut décrit comme aussi dur que du sable mouillé où les pas des « astro-cosmo-spatio-taïkonautes » se marquaient comme lorsqu’on longe une plage en bord de mer. Se pouvait-il vraiment qu’il y ait de l’eau sur November ?
Ils avaient hâte de rentrer à la navette pour faire part de leurs émotions aux membres de l’équipage restés à bord. Ceux-ci les attendaient avec une nouvelle tellement extraordinaire qu’ils étaient encore sous le choc.
Dans l’échantillon de terre prélevée par Sall-E, une graine, une toute petite graine, un végétal dont l’ADN ne correspondait à aucune espèce vivant sur Terre mais présentant – simultanément - des similitudes avec la fougère ou adiantum pedatum, le lierre grimpant ou hedera helix et une sorte de mousse verte du type thuidium philiberti. Serait-ce un ancêtre commun de ces trois plantes terrestres ? De quel genre de plante s’agit-il ? Une plante comestible ? Une fleur superbe ? Un arbre gigantesque ? Une mauvaise herbe ou peut-être une plante médicinale, promesse d’espoir ?
Depuis combien de temps attendait-t-elle qu’on la trouve ? L’état de graine permet à une plante d'échapper aux conditions d'un milieu devenu hostile soit en s'en éloignant, soit en attendant le retour de circonstances favorables.
« Pour se développer, du moins sur Terre, une plante a besoin de quatre facteurs de régulation, à savoir : la lumière, l’oxygène, la température et l’eau. Sur November, il y avait de l’oxygène, une température adéquate, probablement de l’eau mais visiblement, avant d’apparaître dans notre système solaire, elle était cruellement privée de lumière. Le fait de venir se placer face à notre soleil a réveillé toutes les graines en sommeil dans son sol. Nous avons assisté en direct au miracle de la vie, la création d’une planète et de sa biodiversité. Quelles autres surprises nous attendent encore ? Après la flore, aurons-nous la chance de connaître une faune venue d’ailleurs ? », commenta Niu F., le grand biologiste chinois.
La vie serait-elle possible sur cette nouvelle planète ? Serait-ce une solution pour la survie de l’humanité ?

« C’est sur ces images que nous terminons notre passionnant reportage, chers téléspectateurs. Nous avons maintenant le grand et exceptionnel honneur de nous entretenir avec l’équipage de scientifiques de l’Astrocosmos XIII qui a découvert pour nous la fascinante planète November. »

Sam Baker, les yeux rivés sur le prompteur n’en mène pas large malgré le sourire étincelant qu’il affiche. En coulisses, la présidente Lisa Askins en personne le regarde, entourée de ses gardes du corps personnels. La 46ème présidente des Etats-Unis, fraîchement élue, a en effet la lourde charge de gérer toutes les implications de la découverte en tant que chef de la plus grande puissance mondiale. Au moindre faux pas, ce serait la catastrophe. Elle sait en effet qu’une fois l’euphorie retombée, les enjeux économiques, politiques et bien entendu scientifiques vont faire peser sur elle le regard aiguisé de tous ses adversaires. Et ils sont nombreux.
Mais pour l’heure, elle savoure le moment et écoute religieusement la voix de celui qu’elle a choisi pour représenter l’image de l’Amérique, moderne et fière. Un p’tit gars d’Alabama comme elle, un jeune homme orphelin, courageux et talentueux : la future coqueluche de toute l’Amérique, un symbole fort qui ne pourrait que l’aider à faire grimper sa côte dans les sondages. « Ce n’est pas parce qu’on est déjà élu qu’il faut se laisser aller ! » répète-t-elle sans cesse à ses collaborateurs. C’est ce côté enthousiaste et positif qui a fait pencher la balance en sa faveur lors des élections.
Mais voilà que les interviews des membres de l’équipage sont terminées. L’assistante de production lui fait signe et l’invite à entrer sur le plateau, après la 18ème coupure publicitaire, bien entendu, afin de faire part aux citoyens américains des mesures prises pour la gestion de November.
« Si vous prenez l’émission en cours, je vous rappelle que vous êtes avec Sam Baker sur BAMTV et que nous recevons ce soir une invité de marque : Ma-da-me la Pré-si-den-te Lisaaaaaa...Askins ! » Un tonnerre d’applaudissements retentit sur le plateau 3. La caméra fait un gros plan sur la femme blonde au visage doux qui marche d’un pas assuré et la tête haute en direction du canapé où l’attend le beau présentateur débutant.
« -Prenez place, Madame la Présidente. Je vous en prie. »
« -Merci Sam. Je peux vous appeler Sam ? Après tout, nous étions presque voisins, n’est-ce pas ? Je crois que vous habitez Birmingham depuis presque aussi longtemps que moi. » Rires complices dans la salle. Sourire poli et hochement de tête de Sam Baker.
« -En effet, Madame la Présidente. Mais venons-en au but de votre présence ce soir sur BAMTV, l’émission étant bien sûr retransmise par toutes les grandes stations américaines en temps réel. Vous vouliez nous faire part des projets du gouvernement concernant November et les conséquences des fabuleuses découvertes que l’équipe de scientifiques internationale a faites. »
« -Exactement, Sam. November est une découverte phénoménale et la graine trouvée par Mademoiselle Aline M. est source de beaucoup de convoitise. Mais avant d’entrer dans les détails, j’aimerais toutefois parler d’un problème qui, depuis plus d’une semaine, préoccupe au quotidien des milliards d’êtres vivants sur la planète: l’absence de soleil et de lumière.
Jusqu’à présent, seules les populations vivant au-delà du cercle polaire avaient l’expérience de ces longues nuits de 24 heures. Mais la flore du reste de la planète vivant principalement sur le principe de la photosynthèse, la vie semble compromise pour bon nombre d’espèces végétales et par conséquent, animales puisque la chaîne alimentaire serait dès lors brisée. C’est un grave problème auquel nous cherchons encore des solutions. D’ailleurs, j’ai... »
- « Excusez-moi de vous interrompre, Madame la Présidente mais on m’annonce que l’émission va être coupée en raison d’un flash spécial de la plus haute importance. »

Sam Baker, le doigt sur l’oreillette et les yeux sur la caméra 1, sent le stress le gagner peu à peu. Sur l’écran, on voit un assistant de plateau muni d’un casque à antenne lui remettre un papier blanc. Il s’éclaircit la gorge, la tête baissée, se concentre et lance :
-« Eh bien, Madame Askins, il semble que votre message ait été entendu. On m’annonce à l’instant le retour du Soleil et...la disparition de November. Nous sommes sauvés ! »

FIN
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